C'était Hanriot
2. Vergniaud avait fait décréter que les sections de Paris avaient bien mérité de la Patrie. Cf. F. -A. Aulard, Les Orateurs de la Léf/islafive et de la Convention, t. 1, p. 3o6, et Mortimer Ternaux, t. VII, p. 538.
voix et que les citoyens qui sont ici soient invités à passer la nuit avec moi.
Cette proposition est mise aux voix, et la séance est déclarée permanente.
Un Militaire. — J'ai dîné au faubourg chez, un traiteur. Un député a parlé de l'insurrection avec une espèce de dédain. Il a dit que la Commission des douze tenait le fil d'une grande conspiration et qu'on l'a anéanti au moment où Rabaut allait donner des lumières qui devaient sauver la chose publique. Je lui ai observé que le Comité de salut public pouvait donner ces lumières. Il a répliqué : « Ne me parlez pas du Comité de salut public ! » Je lui ai tourné le dos et je l'ai entendu faire le plus grand éloge de Vergniaud et autres députés du côté droit. Voilà ce que j'avais à vous dire.
BiLLAUD-VARENNii;. — J'arrivc de la Convention ; la séance vient de se lever. On a décrété le projet qui avait été proposé par le Comité de salut public ; la Montagne, qui a lutté toute la journée, s'est contentée de ce triomphe (de la cassation du Comité des douze). Moi je pense, d'uprès l'audace des conspirateurs, que la patrie n'est pas sauvée. Certes, il y avait de grandes mesures de salut public à prendre, et c'est aujourd'hui qu'il fallait porter les derniers coups à la faction. Je ne conçois pas comment les patriotes ont pu quitter leur poste sans avoir décrété d'accusation les ministres Le Brun et Clavière. C'est contre les c<mtre-révolutionnaires du côté droit qu'est dirigée l'insurrection; elle ne doit consèquemmeut cesser que quand ils seront tous anéantis.
Ne vous dissimulez pas que le mouvement qui vient d'avoir lieu à Paris va tourner contre nous dans les départements. On a envoyé dans les départements des courriers extraordinaires pour annoncer qu'on égorgeait les députés. Je déclare ici que j'ai entendu dire à un membre de la Montagne que le temps était venu où la nation devait se choisir un chef. Je déclare aux Jacobins, je déclare à l'univers que je ne veux courber ma tète sous aucun chef, et je demande que tout homme qui osera faire cette proposition soit puni dans les vingtquatre heures.
Nous devons nous attendre que nos ennemis, qui sont d'intelligence avec la faction pour faire une trouée... '. J'ai entendu dire à des hommes faibles que c'était une trop forte mesure d'arrêter trentedeux députés. Je déclare que nous ne devons point transiger avec la tyrannie. Paris doit rester debout. Il faut, comme Brutus, se poi-