‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 2)Chapitre 62 sur 141 · Tome V. K · texte numérisé non relu

Tome V. K

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été reconnu que la livre de viande ne revenait qu'à dix et onze sous. Je me suis rendu à la section des Gardes-Françaises, où l'on a arrêté qu'on rendrait compte à la Commune d'un fait aussi intéressant.

PoRTALLiER. — Il cst évident qu'il y a une espèce de gabegie entre les marchands pour augmenter arbitrairement toutes les denrées. La voie de bois, au lieu de 22 livres, vaut actuellement 32 livres. Il en est de même de toutes les denrées ; je demanderais qu'on en fixât le prix pour mettre un frein à la cupidité des marchands, qui sont de vrais aristocrates. [Applaudissements.)

[Voralcur demande ({ue les Jacobins présentent à la Convention une pélition pour l'inviter à taxer le prix des eoniestibles.]

La Société, sur la proposition du Président., arrête qu'elle n'entendra que les orateurs qui proposeront des mesures de salut public.

[Billaud-Va renne a la jiarole sur les niesm-es de salut publie. Après un exposé rapide de la situation, il dit :]

Il est temps que le glaive de la loi s'appesantisse sur des hommes qui, par l'élévation de leurs fonctions, doublent la gravité de leurs forfaits. Il faut que la Convention ordonne le licenciement des otficiers d'un grade supérieur qui appartiennent à la noblesse ; il faut aussi qu'elle prononce la destitution de tous les officiers civils et militaires nommés par Dumouriez et Beurnonville. Le crime ne va jamais chercher la vertu. Un autre décret, non moins essentiel, serait de rendre les généraux responsables sur leur tète, non pas du sort des combats, mais de toutes les défaites qui seraient évidemment la suite de Timpéritie. Sans doute la guerre exige que l'on donne quelque chose au hasard

Ici l'orateur est interrompu par l'arrivée d'une compagnie composée des sections du Mont-Blanc, de Molière et la Fontaine, du Mail et des Gardes-Françaises. Cette compagnie défde dans la salie au bruit de la musique militaire.

L orateur prononce un discours et jure, au nom de ses frères, de porter partout l'esprit ré[)ublicain qui les anime ; il demande la correspondance de la Société et les discours de Dorfeuille.

Le PRÉsmENT. — Un vaste plan de contre-révolution a été tramé d'accord avec les ennemis extérieurs et ceux que nous avons dans notre sein. Nous connaissons leurs projets. Allez, braves défenseurs de la patrie, traversez avec vos armes victorieuses les départements de la ci-devant Bretagne et de la Normandie. Nous ne vous demandons point de serments ; votre fidélité nous est connue ; nous

vous invitons à maintenir parmi vous une sage discipline. Nous vous accordons avec plaisir notre correspondance, et nous vous invitons à la séance.

Un citoijen lit une lettre de Saumur, qui annonce que les citoyens fie cette ville, qui d'abord étaient modérés, sont actuellement au niveau des principes.

Billaud-Varenne continue : « Mais quand un général n'a pas pris toutes les mesures que la prudence exigeait, il doit compte du sang qui a coulé. On ne peut mettre dans la même balance un bomme et les destinées d'une grande République. Sans doute, citoyens, vous supprimerez toutes les élections à la disposition d'un seul homme; vous déclarerez les ministres personnellement responsables des agents choisis par eux. Si vous aviez adopté ces mesures, vos armées ne seraient point composées d'anciens amis de La Fayette et de Cazalès, et vos bureaux ne seraient point infectés de l'excrément de la finance et de l'aristocratie.

« Ordonnez la détention dans nos villes des femmes des émigrés. Non seulement elle perpétuent l'enlèvement du numéraire, mais elles fanatisent le peii|)le. Il faut, pour première mesure, les réduire à une pension alimentaire égale pour toutes. Occupons-nous du soin de récompenser les défenseurs de la patrie, c'est la dette la plus sacrée des législateurs. Jamais vous ne pourrez trop faire pour les hommes étonnants qui prodiguent leur sang, leur existence, pour soutenir des intérêts qui leur sont encore étrangers. {Applaudi.)

« Citoyens, voulez-vous sincèrement la liberté? Voulez-vous terminer cette lutte entre l'aristocratie et le patriotisme? Suspendez l'exercice du droit de citoyen envers tous les hommes anti-sociaux qui méprisent ou qui usurpent ce droit ; repoussez du sanctuaire politique tous les individus qui le profanent.

« Il est important que vous décréliez à l'instant cette garde soldée, qui doit procurer à tant de citoyens des moyens de subsistance. Quant à la défense de Paris, qu'il faut anéantir pour détruire la liberté, vous pouvez établir une force imposante en formant des com- [)agnies de canonniers, et en mettant sur pied une cavalerie pour laquelle nous prendrons les chevaux de luxe. Il faut enfin que cette race de Sardanapales soit restituée à l'ordre de la nature. Désormais n'attelez vos chevaux qu'à des charrues ou à des chars de triomphe ; il est temps que l'orgueil cesse de fouler aux pieds la vertu modeste.

« Telles sont les mesures de salut que j'ose soumettre à votre déhbération, et. je répondrai à ceux qui les trouveraient trop fortes que

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ce sont les demi-mesures qui ont causé tous nos maux. C'est le modérantisme liberticide qui a encouragé les trahisons de Dumouriez.

« Terrassons nos ennemis d'une main, et de l'autre présentons au peuple une Constitution. Il y a quatre ans qu'on dit que la patrie est en danger : hâtons-nous de lui dire que la patrie est sauvée ! » [Applaudi.)

On demande l'impression de ce discours. La Société arrête par acclamation que ce discours sera imprimé, envoyé aux départements, aux Sociétés afTdiées et aux armées ',

[Un militaire, qui se déclare envoyé par quinze mille hommes, dénonce Custine comme un général imprévoyant et l'accuse d'avoir rejeté à tort la faute de ses échecs sur le général Ferrier*. — Lerjcndre demande que la Société nomme des commissaires pour suivre cette affaire. — Billaud-Yarenne lit une lettre de Cambrai, datée du 4 juin : elle annonce que le 1" bataillon des républicains de Paris a combattu i)endant vingt heures de suite, qu'il a perdu et repris cinq fois de suite une redoute qu'il occupait. La lettre renferme contre Custine les accusations suivantes :]

« Quant au général Custine, il a un ton et des opinions anti-républicains. Il dit que Pache est un scélérat. Marat et Robespierre sont, I suivant lui, des conspirateurs, et il témoigne de l'impatience de ce \ que l'on ne découvre pas leurs trahisons. Tous les soldats sont in- I dignes de se voir commandés par des otïiciers femelles, etc. » — « Je demande, s'écrie \'oraleui\ si nous devons souflVir qu'on livre ainsi nos soldats à la boucherie et qu'on mette dans de pareilles mains le sort de la République ! »

[La discussion continue sur les accusations portées contre Custine et contre les généraux nobles.]

BoissEL. — D'après les nouvelles que nous recevons de l'armée, il est nécessaire et urgent que le Comité de salut public présente incessamment à la Convention un projet de décret pour exclure tous les ci-devant nobles des fonctions civiles et militaires. Il faut que la Montagne se lève pour faire adopter une mesure sans laquelle il n'y aura jamais ni confiance ni sûreté dans l'armée.

TuiRiON. — Sur la proposition de Danton, il a été décrété qu'il se-

1. Discours (le BiLi.Arn-VAUKNxi:. député à la t'onvenlion natiuiiule, sur des mesures de salut public indiquées par les circonstances, prononcé à la Société des Amis de la Liberté et de l'Égalité dans la séance du 9 juin 1793, Van second de la République française, une et indivisible. Iniprhncric patriotique et républicaine, s. d., in-S" de .34 p. — Bibl. nat., Lb 40/757.

2. Sur le général Ferrier, voir lo Recueil des actes du Comité de salut public, t. V, p. 443.

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rait formé une armée révolutionnaire. Il n'a été fait aucunes dispositions à ce sujet. Il y a un plan arrêté parmi les ex-nobles pour dégoûter tous les officiers qui n'appartiennent pas à leur caste. Custine lui-même a calomnié les talents du citoyen Houchard.

Bouchard est un général patriote, un vrai sans-culotte, et cependant on cherche à le discréditer. Plus la classe ci-devant noble fait d'efforts pour se maintenir exclusivement dans les états-majors des armées, plus nous devons faire d'efforts pour la chasser et la remplacer par des sans-culottes.

Le citoyen^ qui avait obtenu la parole pour dénoncer le général Paoli, reparaît k la tribune. La Société arrête qu'il sera entendu à la prochaine séance.

La séance a été levée à onze heures.

PRÉSIDENCE DE B<»URDON (DE l'oISE)

\TJti des Secrétaires fait le n'c-il des t'vr'nomfMils qui viennent de se passer à Lyon. Les muscadins se sont emparés de l'arsenal et du mai,Msin à poudre. Ils ont mis en prison le j)atriote Clialier. Ils ont publié une fausse correspondance des Jacobins avec les puissances étrangères. — Le<ieiulre dit que, pendant sa mission à Lyon, il a constaté que le déparlement était faible, le district également, et que la municipalité seule était patriote. Il conclut en invitant les Jacobins à soutenir la municipalité.]

Bentabole. — Depuis environ trois semaines, vous avez ordonné l'impression d'une adresse circulaire pour éclairer les départements sur l'existence de la faction rolando-brissotine ; cette adresse, qui est du plus grand intérêt dans les circonstances actuelles, n'a pas encore paru.

Le Journal de la Montagne, rédigé par un excellent patriote, est imprimé avec tant de négligence et offre des fautes typographiques si grossières, que le citoyen Laveaux m'a déclaré qu'il serait forcé de l'abandonner, si l'imprimeur continue de répondre aussi peu à la confiance de la Société. Je demande que le citoyen Nicolas soit mandé pour rendre compte de sa conduite, et, s'il ne se justifie pas, nous nous occuperons de son remplacement.

J'ai fait ces observations au Comité de correspondance ; il m'a ré-

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pondu qu'il n'était pas en son pouvoir de réloriner cet abus. Je demande que l'imprimeur soit tenu de s'expliquer, séance tenante. La Société arrête que cet imprimeur sera mandé pour la prochaine séance.

[Desficux annonce qu'il revient de Bàle et que, dans cette ville, la nouvelle de la victoire du « parti des maratistes » a fait hausser le cours des assignats. — Diipraf aîné l'ait lecture d'une pétition rédigée par (iaillard et adressée à la Convention pour l'inviter à déclarer que les autorités constituées de Marseille sont en état de rébellion. La pétition est adoptée.]

Robespierre. — Tandis que les destinées du peuple français flottaient dans l'incertitude, tous les intrigants tâchaient de s'emparer des débris du gouvernement, et appelaient les despotes pour aider leurs projets criminels. Tous les bons citoyens demandaient une Constitution, et craignaient de la demander en vain. Elle a été enfin décrétée ce matin % et elle a rempli les vœux du peuple. {Applaudi)

Nous pouvons présenter à l'univers un Code constitutionnel, infiniment supérieur à toutes les institutions morales et politiques, un ouvrage susceptible sans doute de perfection, mais qui présente les bases essentielles du bonheur public, qui offre le dessein sublime et majestueux de la régénération française. Aujourd'hui la calomnie peut lancer ses traits empoisonnés. La Constitution, voilà la réponse des députés patriotes, car elle est l'ouvrage de la Montagne. [Applaudi.)

Voilà notre réponse à tous les calomniateurs, à tous les conspirateurs, qui nous accusaient de ne vouloir que l'anarchie. Nous les accusons à notre tour ; car les intrigants ne voulaient point de notre Constitution ; mais nous la soutiendrons, et tous les amis de la liberté se rallieront à ce signal. {Applaudi.)

Il s'est trouvé dans la Convention des hommes purs, qui ont prouvé que les bonnes institutions n'étaient point puisées dans l'esprit subtil des intrigants, mais dans la sagesse du peuple. Cette Constitution est sortie dans huit jours du sein des orages, et elle devient le centre oîi le peuple peut se rallier sans se donner de nouvelles chaînes.

C'est en vain que les amis des intrigants ou leurs dupes ont de-

1. La rédaction de Tacte constitutionnel avait été conliée à une comnùssiou de cinq membres, qui étaient Hérault-Séchelles, Ramel, Mathieu, Saint-Just et Couthon. Le 30 mai, ces cinq députés furent adjoints au Comité de salut pubUc, et le Comité, ainsi augmenté, reçut la mission de préparer la Constitution. La rédaction définitive fut présentée par Hérault-Séchelles à la Convention le 10 juin. (Yoir Beciieil des actes du Comité de salid putjlic, t. IV, p. 381, 492, 498, et Moniteur, t. XYI, p. 616-618.) — L'expression de Robespierre : « Elle a été décrétée ce matin.., », doit donc être rectifiée ainsi : « Elle a été présentée ce matin... »

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mandé que cette Constitution ne fût point décrétée, que les hommes arrêtés ne fussent rappelés dans le sein de la Convention ; en vain ont-ils protesté contre cette Constitution et même contre tout ce qui a été fait en l'absence des chefs de la faction des hommes

d'état : les patriotes n'ont fait aucune attention à leurs clameurs

Les aristocrates sont confondus ; les intrigants ne pourront poursuivre le cours de leurs perfidies sans se déclarer ouvertement ennemis de la lil)erté, sans prouver qu'ils voulaient un tyran. Actuellement, il faut nous occuper des grandes mesures du salut public ; il faut opposer une force invincible aux ennemis armés dont nous sommes environnés.

Nos ennemis intérieurs ne sont [)as moins dangereux par les intelligences qu'ils ont avec les despotes étrangers. On prétend que les députés éloignés de la Convention se sont répandus dans les départements, où ils secouent les brandons de la guerre civile. On prétend que des bataillons s'avancent sur Paris. Sans examiner si ces bruits sont fondés ou non, je proposerai de déjouer tous les complots en éclairant l'opinion publique. Je n'indiquerai qu'une mesure pour arrêter les elTorts des intrigants, c'est que nous nous appliquions sans cesse à éclairer les départements b;ur ce (|ui s'est passé, et il est certain que nous avons autant d'amis qu'il y a de patriotes et que nous n'aurons d'ennemis que parmi les feuillants, les modérés, les administrateurs; car c'est la même intrigue que celle que nous avons combattue et anéantie le 10 aoiH.

Pour éclairer les départements, je demande que la Société fasse une adresse sur la Constitution qui vient d'être décrétée ; que dans cette adresse elle développe ses principes ; qu'ensuite nos séances soient toujours consacrées aux grands objets, et que la discussion sur les mesures de salut public et sur la Constitution partage les travaux de cette Société.

Je demande qu'il y ait une union intime entre la Municipalité et les Sociétés populaires. Je demande, quant à présent, qu'il soit rédigé une adresse aux départements sur l'heureux événement qui parait concilier les suffrages du peuple et de tous les amis de la hberté. [Applaudi.)

DuFOURNY. — La majeure partie de l'assemblée ne connaît point la Constitution que l'on a décrétée, et ce serait céder à un mouvement d'enthousiasme que de célébrer ce qu'on ne connaît pas. Je demande qu'on commence par faire lecture de cette Constitution.

CiiAiiOT. — Le projet qui vous a été présenté aujourd'hui mérite sans doute de très grands éloges, parce qu'il surpasse tout ce qui

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nous a été donné jusqu'à ce jour ; mais s'ensuit-il que les hommes de la Montagne doivent le prôner avec enthousiasme, sans examiner si le honheur du peuple est assuré par ce même projet? On ne s'appesantit pas assez sur le sort du peuple, et c'est ce qui manque à l'acte constitutionnel que l'on a présenté. Il y manque d'assurer du pain à ceux qui n'en ont pas. Il y manque de bannir la mendicité de la République. [Applaudi.)

L'Assemblée constituante l'avait décrété, et cependant j'ai la douleur de voir l'aristocratie éclabousser l'indigence ; j'ai la douleur de voir les infortunés, aux prises avec le désespoir, lutter en vain contre légoisme et la dureté des riches. C'est un assassinat que de tolérer l'indigence, que de tolérer la mendicité dans une République.

Premier défaut de cette Constitution : elle ne parle pas des droits naturels de l'homme.

Second défaut : elle laisse à l'arbri traire de la législature l'établissement des contributions ; car, quand bien même vous auriez décrété que l'impôt doit peser davantage sur les propriétés foncières que sur les propriétés individuelles, vous devez prévoir que des législatures (il y en aura longtemps d'aristocrates) viendront renouveler votre ouvrage, si vous ne décrétez pas l'impôt progressif.

Troisième défaut : cette Constitution élève un pouvoir colossal et liberticide. Lorsqu'on établit un pouvoir exécutif, on sème les racines de la royauté. On dira : mais ce pouvoir n'aura pas un veto. Mais s'il s'introduit dans le Conseil exécutif un Brissot, il paralysera par son inaction toutes les mesures d'utilité et même de salut public. On me demandera quelle sera la garantie de la liberté; je réponds : la garantie sera la guillotine. [Applaudissements.]

La Constitution que l'on a présentée offre la racine du bien, et avec des amendements on peut en faire la base du bonheur public. Je demande donc l'ajournement jusqu'à ce que nous ayons discuté tout ce qu'il y a de désastreux aux yeux de la philosophie et des amis de la liberté.

Robespierre. — Je déclare que je désire la discussion, et que je ne regarde point cette Constitution comme un ouvrage fini ; j'ajouterai moi-même des articles populaires qui y manquent, et je ne demande qu'une adresse analogue aux circonstances, dont le but soit de relever l'esprit public abattu, et de répondre aux calomnies de nos ennemis.

Jeanbon-Saint-André. — La Constitution que l'on a présentée a frappé quelques membres du côté droit, qui n'avaient été qu'égarés, mais dont le cœur est pur. CetteConstitution ralliera tous les esprits,

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elle porte avec elle le principe de sa réformation et de sa perfection, et je crois que la proposition que vous a faite Robespierre de la discuter avec méthode et détail ne contribuera pas peu à son perfectionnement.

J'appuie la proposition faite par Robespierre d'annoncer, par une adresse, l'acte constitutionnel. Vous leur direz : « Le Comité nous a proposé un ouvrage où les droits du peuple sont établis; nous avons donc tout lieu d'espérer que la liberté triomphera. »

Qu'attendent les départements? une Constitution. On leur a dit que les Jacobins n'en voulaient pas ; vous prouverez à vos frères, qu'en vous opposant à la Constitution que les intrigants avaient rédigée, et qui était encore plus vicieuse que celle de 1789, vous n'avez fait que défendre les intérêts du peuple ; quand vous direz à vos frères que les racines sont plantées, ils arroseront ces racines pour en développer les ramifications, et vous raUierez une foule d'hommes égarés qui n'attendent que cette explication pour serrer dans leurs bras les patriotes de la Montagne. Il n'entre point dans l'esprit de la Montagne qu'il existe un être laborieux et malheureux. Nous serons martyrs, s'il le faut, pour faire triompher ce principe, fondé surThumanité et l'éternelle justice.

Je me résume, et je demande la rédaction de l'adresse proposée par Robespierre et l'envoi à tous les départements.

La Société arrête cette proposition et nomme pour rédacteurs de l'adresse les citoyens Robespierre, Chabot et Jeanbon Saint-André.

[Dufourni/ demande qu'on renvoie à trois jours la discussion sur la Constitution. — Simo7id répond qu'il est nécessaire, pour mettre fin aux désordres, de faire savoir aux départements que la Constitution est définitivement arrêtée.]

La séance a été levée à onze heures.

PRÉSIDENCE DE BOURDON (dE l'oiSE)

[L'ordre du jour porte la discussion des mesures de salut public. Un l'Uoyon invalifli' demande qu'on fixe un tarif du prix des denrées.]

Benlabole annonce qu'il a reçu copie d'une adresse à la Convention,

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présentée par la Société populaire de Strasbourg. Cette adresse, qui réunit grand nombre de signatures, parmi lesquelles on voit les noms des meilleurs citoyens, exprime leur adhésion à toutes les mesures adoptées par les patriotes contre les Girondins et leurs complices.

La Société, sur la proposition de Bentabole, ordonne l'impression et l'envoi de cette adresse aux Sociétés affiliées, et arrête qu'avant son impression, il en sera envoyé copie à la commune de Paris.

Un des secrétaires fait lecture de plusieurs adresses des Sociétés populaires qui expriment leur adhésion à l'insurrection du 31 mai,

C... — Je demande que toutes les adresses qui approuvent notre sainte insurrection soient imprimées dans le Journal de la Mon^ ta<}ne, et qu'il soit fait un rapprochement de toutes celles qui expriment des principes contraires, telles que celles des villes de Hennés et de Nantes, qui se sont déclarées en état de contre-révolution.

Jeanbon-Saint-Andi'é invoque l'ordre du jour sur cette proposition, et observe que le Journal de la Montagne ne doit pas être souillé par des adresses inciviques.

lIa'cUht de la correspondance. On lit une adresse de la Société de Metz au Iteuple français, dans lacpielle celte Société se déclare pour la Montagne. On lit une lettre de Hoyer-Fonfrèdc à la Société des Récollets de Bordeaux, dans laquelle il invite cette Société à ne pas envoyer de force armée à Paris, attendu qu'elle y serait égorgée, et que lui-nuhne n'y est pas en sûreté. Sur la proposition de Desfieux, la Société arrête que cette lettre sera imprimée et placardée avec des notes, envoyée à la Municipalité, aux quarante- linit seclions et aux Sociétés populaires.!

Le citoyen Osselin obtient la parole pour se justifier du reproche qu'on lui a fait, dans une des précédentes séances*, d'avoir inséré dans sa feuille la phrase suivante : Sit'ge de la Convention par la Montagne.

« Jamais, dit-il, je n'ai donné mon assentiment; j'ai prêté mon nom à l'imprimeur, sous la condition qu'il n'en abuserait pas. Il m'a compromis, je retire ma griffe, et je déclare que mon nom ne paraîtra plus dans ce journal. »

Une députation des citoyens de Versailles est admise ; l'orateur informe la Société que les départements du Cantal, du Finistère, du Calvados et du Morbihan les ont sollicités de se réunir à eux pour marclier sui- Paris; mais qu'ils leur ont répondu qu'ils leur fermeraient les barrières et qu'ils n'arriveraient à Paris qu'en marchant sur eux. {Applaudissements .)

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