‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 2)Chapitre 7 sur 141 · Nous n'avons pas retrouvé cette Adresse · texte numérisé non relu

Nous n'avons pas retrouvé cette Adresse

[24 FKv. 1793] SOCIETE DES JACOBINS 39

Le Président a invité l'orateur à se résumer, attendu qu'il était temps d'ouvrir la séance. Sur la réponse de celui-ci que la lecture de son ouvrage pourrait durer encore huit minutes, le Président a annoncé que la séance était ouverte, et un des secrétaires a commencé la lecture du procès- verbal. [Bruit.)

Un militaire engage les tribunes à chasser sur-le-champ les citoyens suspects.

Le Président autorise les citoyens des tribunes à faire la police parmi eux et à maintenir le calme.

La lecture du procès-verbal a été aciievéc, et n'a éprouvé d'autre changement que la suppression de Tarlicle relatif à ce qui s'est passé dans les tribunes.

[Lecture de la correspondance'."

Un citoijen de Paris fait hommage à la Société d'un ouvi-age qui portera le titre de la Faux de V égalité'-, et qui, semblable à celui de Milscent-Gréole, sera entièrement dévoué aux vrais principes, à ceux des Jacobins. Il a besoin de leur protection, qu'il sollicite.

[Constantin, se plaint qu'on Tait onip('cli('" de dislrilHici- à la porte un ouvrage ((ui ilénunci' rarislocralie du citoyen .Monge.

Plusieurs connnunicalions sont faites relativement aux subsistances et à i'approvisionnonieul de Paris. — Le Président annonce que les Comités d'agriculture et des finances réunis vont faire un rapport sur ce sujet à la Convention. — Thuriot dit «pie les troubles qui se sont élevés sous le prétexte du mampie de subsistances sont le commencement d'une conjuration contre l'Etal, qu'il faut réprimer. — TalUcn rapporte (jue les trois Comités de sûreté générale, de l'agriculture et du commerce ont arrêté, après une discussion de près de trois heures avec le maire de Paris et le j)rocurcur de la commune, qu'on donnerait quatre millions à la nuuiicipalité de Paris pour assurer les subsistances de la ville ^.]

La Société a arrêté, conformément à la rédaction de Thuriot, que

1. Le Journal de.t Jacobins ne fait pas mention ici dune lettre de la Société des sans-culottes de \imes, en date du 17 février, et imprimée en vertu dun arrêté de la Société du 21. Paris, imprimerie Pottier de Lille, 1793, in-8% Bibl. iiat., Lb 40/2303.

2. Il s'agit évidemment d'un journal, dans le genre du Créole de Milscent ; mais nous ne croyons pas que cette Fanx de réf/al/té ait jamais paru.

3. En elTet, le matin, il y avait eu à la Convention, au sujet des subsistances et des troubles amenés par la cherté des v'ivres, une grande discussion, à laquelle Tallien et Thuriot avaient pris une part active. {Moniteur, t. XV, p. 543-544). Sur la proposition de Thuriot, la Convention décréta que les trois Comités cidessus se réuniraient pour s'entendre au sujet des subsistances de Paris « avec le ministre de lintérieur, les administrateurs du département, le maire et le procureur de la commune ». [Procès-verbal de la Convention, t. VI, p. 421.)

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deux citoyens de chaque section se transporteraient sur-le-champ dans la section à laquelle ils appartiennent, et qu'ils inviteraient leurs frères à prendre les mesures de police les plus efficaces pour découvrir et faire arrêter les émissaires qui circulent dans Paris pour répandre l'alarme et exciter un mouvement contre-révolutionnaire.

f ' [Les citoyennes qui avaient promis d'apporter une couronne civique pour le buste de Michel Le Pclctier se présentent pour accomplir leur promesse.]

Le Président a donné, au milieu des applaudissements, le haiser fraternel à la citoyenne qui a parlé au nom de la députation.

Collot d'Herbois a appelé l'attention de la Société sur les faits qui se sont passés à Lyon. « Dans cette ville, a-t-il dit, l'arbre de la liberté a été coupé, les patriotes ont été emprisonnés. » Je demande que le citoyen Tallien nous rende compte de ces faits.

[Tallien fait le rapport demandé '.

Collut d'Herbois insiste sur les faits racontés par Tallien; il incrimine « l'aristocratie » du maire de Lyon, Nivièrc-Chol. — Voici la conclusion de son discours :]

Il n'y a pas de supposition que Nivière n'ait faite. Il a dit qu'on avait désigné quatre cents personnes pour les égorger. 11 a accusé jusqu'à la guillotine, qui a rendu de si grands services à la liberté. . . On a investi, assiégé et pris d'assaut le Club, tandis qu"il délibérait sur le salut de la patrie ; on a tout brisé ; on a brûlé les registres.

Lyon est devenu le premier poste de la contre-révolution; c'est là qu'il faut combattre nos ennemis. C'est au moment que nous avons besoin d'électriser les âmes, qu'on veut étouffer l'esprit public, énerver le courage des forts et décourager les faibles. Demain, il faut nous réunir en force à la Montagne, et périr s'il le faut, pour faire approuver la municipalité et nommer quatre commissaires à l'effet de requérir l'armée de Kellermann, s'il est nécessaire.

DoppET. — Citoyens, il est certain que maintenant le même fil, qui veut opérer la contre-révolution, joue dans le département du Mont- Blanc. J'apprends que tous les prêtres de ce département refusent de prêter le serment et qu'ils ont un parti parmi le peuple, que leur hypocrisie a séduit... Il faut que nous volions au secours des patriotes de Lyon. Tous les départements nous ont envoyé des fédérés,

1. Nous ne reproduisons pas le discours de Tallien. C'est mot pour mot le rapport sur les troubles de Lyon, qu'il présenta le lendemain à la Convention, au nom du Comité de sîu-eté générale. (Cf. Moniteur, t. XV, p. ÎJo6-5u8.)

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quand ils ont su que nous étions en danger. Il faut que nous soyons les fédérés de Lyon. (Applaudi.)

J'ai vu sur la place de Grève plusieurs brigands déguisés en sansculottes; ils en veulent à Pache, ils veulent anéantir les patriotes. Il est temps que le rasoir national se promène. [Applaudi .)

[Un militaire, chef de la légion dos Alpes, propose d'envoyer un courrier pour faire niettre en état de permanence toute la garde nationale de Lyon.

La Société accueille une députation des gendarmes, qui viennent lui soumettre une pétition qu'ils présenteront à la Convention au sujet de leur solde.

Le Président, au nom d'une députation de cordonniers, invite les gens de la même profession à se réunir demain, à quatre heures, dans la salle de la Société fraternelle, |»our y délibérer sur les intérêts de la Hépiildiipu' '.

C... annonce que le tribunal de conuuerce a convaincu cintj l'ournisseurs de chevaux pour l'armée d'avoir gagné 1, 1*00, 000 1. sur une fourniture de 2,900,000 1.]

La séance a été levée à dix heures.

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