‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 2)Chapitre 72 sur 141 · Cost-à-ilire la jnnria-e du 10 anùt 1792. T,.Mr. V · texte numérisé non relu

Cost-à-ilire la jnnria-e du 10 anùt 1792. T,.Mr. V

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200 SOCIKTK ï)i:S .lACOUI.NS 7 hillkt [l'XV.

Des traîtres siéf;eai('iit au sénat ; On les nommait hommes d'Etat :

Ils servaient les despotes.

Paris en niasse se leva ; Tout disparut, il ne resta

Que les vrais sans-culottes !

De la Montagne sans effort Sortit à Finstant ce trésor,

L'espoir des patriotes.

Car, mes amis, à qui doit-(in Enfin la constitution ?

Aux membres sans-culottes !

La première offerte à nos aïeux.

Etait faite pour ces messieurs,

Bas-valets des despotes; Celle-ci veut l'égalité, Consolide la liberté,

Et tout est sans-culottes !

Nous l'acceptons avec transport, La maintiendrons jusqu'à la mort,

En dépit des despotes ; Amis, leur règne va cesser.

Et le notre va commencer ;

Vivent les sans-culottes !

Par Aristide Yalcouk*.

1. Ai'istiilc Plancher de Valcour, connu aussi connne aiilcur dramatique et nunancier, était employé aux bureaux du Comité de salut luililic : il rédii^ea j)lns lard la Soirée dit camp, feuille officieuse. — CI'. l'.-A. Aiilard. Eludes el leçons sur la Révolution française, p. 215.

[8 .luiLLET 1703] SOCIÉTÉ DES JACOHI.XS

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[Brntdhole propose et la Société arrête que CoUot (rilerbois sera adjoint aux coniniissaires désignés pour appuyer devant la Convention l'adresse des citoyens de Versailles relative à la pénurie dos subsistances «."i

Bourdon (de l'Oise). — C'est dans trois jours que le Comité de salut l>ublic doit être renouvelé ; il aurait dû déjà l'être ; mais ïait-on .tout ce qu'on peut ou tout ce qu'on désire ? Au milieu des reproches dont vous l'accablez de toutes parts, n'oublie/, pas les services qu'il a rendus à la chose publique ; nous lui devons de grandes vues politiques et d'arlrainistration. Il est vrai qu'il fut souvent d'une grande négligence, et je ne citerai pour exemple qu'un fait : Lindet, l'évêque*, et moi lui avions proposé des moyens de salut public, relatifs au département de l'Eure; nous avions la i.reuve démontrée de leur excellence ; c'est au bout de douze ou quinze jours seulement qu'on s'avisa de s'en ressouvenir; il n'était plus temps.

Beaucoup de eitoyens fourniraient aussi des preuves que le Comité de salut public n'a pas toujours su mettre à profit les dénonciations 1 importantes, les découvertes utiles, les plans ingénieux d.mt on lui avait fait part. Tout cela le rend coupable, sans doute. Ce n'est pas , que je ne lui éroge [sic] de bonnes intentions ; mais un malheur attaché ! à l'espèce humaine est de n'avoir d'énergie que pour quelques jours ' seulement. Leur temps est passé ; il en faut nommer d'autres. 11 ^ nous faut aujourd'hui des hommes révolutionnaires, des hommes à qui sans crainte on puisse confier le sort de la République, des hommes qui nous en répondent corps pour corps.

Je voudrais que le Comité de salut public fût composé maintenant de dix-huit membres, qui, .se partageant leurs fonctions, pourraient se livrer chacun de leur côté à celles auxquelles ils se croiraient plus propres; trois seront chargés de recueillir les pétitions, les rédiger ou les extraire pour être lues ensuite au Comité général. Trois seraient chargés de la partie des finances, de la

1. Voir pins haut. p. i'81. .-.u .lébut de la séance d.i 1- juillet ITlJS -'.Il sagitde Thnnia.s Li.ulet, frère de Robert Lindet et évèque constitutiounel 'i'' I hiiro. en ni-mc temps que député de ce département à la Convention

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guerre, de la marine, ou de l'intérieur, etc. ; ils se réuniraient tous les jours et se concerteraient ensemble pour les déterminations générales.

Je veux qu'à l'exemple des représentants du peuple près les armées, ils rendent compte à la Convention toutes les vingt-quatre heures de tout ce qui peut intéresser le salut public.

[Un des coniniissairos envoyés dans l'Eure dit (jue les adniiinslrations sont contre-révolutionnaires et qu'elles aiïanicnt le peuple.]

CuABOT. — On a parlé du Comité de salut public ; on vient de vous parler encore des moyens de remédier aux maux qui accablent les départements de l'intérieur. J'approuve les mesures du préopinant, surtout piiur l'institution. Quant au Comité de salut public, sur lequel j'ai des connaissances plus approfondies, voici ma profession de foi.

11 est parmi eux des hommes dont j'estime les talents révolutionnaires et dont je préconise la probité; mais ils sont usés les uns par les autres. On doit le renouveler après-demain ; mais j"ignore si son renouvellement vaudra mieux que sa formation, car tout va un peu plus mal qu'à l'ordinaire ; ce qu'il y a de sûr, c'est que, dans la Montagne même, il y a une apathie qui de jour en jour devient plus funeste au bien public.

Mais comment faire pour que sa recomposition vaille mieux que sa composition ? Voilà la première question qui se présente. Comment l'organiser ensuite? Voilà la seconde. Sans doute il est dans son sein des hommes qui iraient bien, s'ils étaient bien associés. 11 faudrait y laisser Jeanbon Saint-André, Saint-Just et Couthon, dont les preuves sont faites, dont le patriotisme et la probité sont connus de toute la France.

Comment le renouveler de manière à ce que la majorité soit en faveur du peuple ? C'est de les nommer par appel nominal, car si vous les nommez au scrr.tin fermé, vous pouvez compter sur une nomination cent fois pire que la première.

Dès la fin du mois dernier, le Comité de salut public vous a mis dedans. 11 vous a dit : « Nos pouvoirs sont expirés; voulez-vous en nommer d'autres? voulez-vous nous les continuer? » Le choix n'était pas fixé; le président met aux voix avec précipitation, et le Comité fut conservé. Ceux qui réclamèrent étaient le haut de la Montagne; cela fit peu d'effet.

On vous tendra sans doute un piège qui n'est pas moins dangereux. On pourrait proposer d'y adjoindre quelques membres de ceux qui

sont reconnus pour les vrais amis du peuple. Gardez-vous bien d'y consentir; c'est ce qui arriva lors de l'adjonction de Couthon et de .Teanbon Saint-André. On crut avoir fait un grand coup, cela ne servit à rien. Ils sont paralysés par le Comité ; que pourraient-ils faire contre une majorité si nombreuse? 11 faut renouveler tout, ou ne pas s'en mêler.

J'ai vu Mathieu à la Société révolutionnaire professer les principes les plus anti-révolutionnaires, indigner les sœurs, qui sont des patriotes ardentes. Je l'ai rappelé à l'ordre, et je le crois contre-révolutionnaire.

Ramel a écrit à Toulouse que les propriétaires seuls pourraient sauver la chose pubhque. « Quoi, leur dit-il, vous avez confié vos intérêts aux sans-culottes? Vos armes devaient-elles passer dans leurs mains? »

Cambon ne voit qu'avec une loupe; aussi chaque objet est un géant pour lui ; il n'y voit que des montagnes. C'est un fou. Pourtant il n'est pas d'accord avec les contre-révolutionnaires brissotins. . .

Plusieurs voi.\. — Oui, oui.

Chabot. — Guyton-Morveau est un parfait honnête homme : mais c'est un quaker, il tremble toujours. Il en est trois que je crois de véritables patriotes, et je n'en voudrais pas citer un de plus.

Quels moyens l'on prend pour sauver la chose publiciue 1 Un jour, je fus leur proposer des moyens elficaces, des mesures réelles. Ils m'ont dit : « Vous allez tout perdre; gardez -vous, gardezvous bien de croire vos idées! » C'est notre fermeté cependant, à Vadier et à moi, qui a sauvé Toulouse et conservé tout le Midi à la République. C'est nous qui avons payé de notre personne et que les poignards ni les baïonnettes n'ont point vu fuir. On pouvait finir tout en ti'ois jours dans le Calvados; mais c'est que ce n'était point du tout l'intention de ceux, qui s'en étaient mêlés. Si l'on eût envoyé un courrier dire seulement aux départements : « Nous venons d'opérer une grande régénération, nous avons chassé des traîtres, des conspirateurs, mais la Convention est restée intacte et pure ! » Mais ils ont dit : « Notre silence a parlé suffisamment ; le peuple nous jugera et prononcera entre nous et nos ennemis! »

Qu'a donc fait ce Comité de salut public! quels sont ses choix ?

11 a nommé : M. Doucier (?), l'homme au cheval blanc, qu'on vous amène lié et garrotté ; M. Guadet', général d'armée (certes, cela lui était bien dû); Texier, premier commis militaire, àme damnée de

1. 11 s'agit du frère du dcputt', officier dans l'état-majur de larmée du lîhia.

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Delmas, qui ne nomme aux emplois militaires que des contre-révolutionnaires.

Je suis loin d'accuser le Comité de salut public ; mais M. Delmas^ qui avait la partie des nominations, est coupable seul des choix horribles qu'il a faits et des maux qui en ont été la suite. J'appelle sur sa tète toute la responsabilité d'une conduite aussi criminelle.

J'ignore si Bouchotte a des torts à se reprocher ; ce que je sais, c'est qu'il a de grands ennemis dans le Comité de salut public; cependant il est patriote ; c'est peut-être pour cela. Le Brun, cet homme que toute la France accusait avec raison, était la créature du Comité.

Peut-être l'Amérique anglaise se déclare en ce moment contre nous, parce que le frère de Brissot, qu'il y a envoyé comme notre agent, l'a sans doute brissotisée d'importance.

Vous savez que Grouvelle, auteur ou co-auteur avec Tinfàme Rabaut Saint-Etienne d'une feuille contre-révolutionnaire ', depuis que le feuillantisme fut inventé, ce Grouvelle, qu'on ballotta avec Le Brun pour le ministère des affaires étrangères-, a été chargé de l'ambassade la plus épineuse et la plus intéressante pour la République, après celle de Turquie, celle de Danemark ^.

Je me résume. Pour former ce Comité, il faut que chacun de nous refuse à voix haute le membre qu'il croit incapable d'y être utile ; la plus petite tache doit être un motif d'exclusion.

Il n'est pas nécessaire d'avoir, comme Defermon ou l'abbé Fauchet, le front couvert d'ignominie pour en être éloigné. Ayons le courage de dire à nos collègues : « Vous n'êtes pas l'homme qu'il faut. » Je vous en donnei^ai l'exemple.

[F/orateur conlinue en (Icuiandant (juc la Convention s'oceuiu.' de l'instruction publique, du Code civil, des finances. Il dit à ce propos : « Le Connté des finances est contre-révolnlionnaire enragé, s'il n'est pas de ranimalité la plus dégoûtante. »

Robespierre appuie une demande de secours faite par des citoyennes du faubourg Sainl-Antoine, femmes de volontaires. Puis, il critique le discours de Cliabot dans les ternies suivants :]

J'ai reconnu dans le discours du citoyen Chabot le patriotisme le plus vif et le républicanisme le plus épuré. Je suis loin de croire que

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