‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 2)Chapitre 73 sur 141 · I. Chabot veut parler de la Feuille villuf/eo/ae · texte numérisé non relu

I. Chabot veut parler de la Feuille villuf/eo/ae

■2. En eliet, quand fAssemliIéc législative noniniu les ministres le 10 août 1792, (ironvelle, à un premier tour de scrutin, obtint 1)1 voix pour le poste de ministre des alfaires étrangères, contre 10!l voix iloiinées .'i ]>c linm. Cehii-ci l'ut élu nu second tour.

;]. Cf. Recueil des mies du Cuinité de sali/l pi/bl/c 1. W . [i. m(1. H'.).

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son discours soit surchargé d'erreurs ; j"eii indiquerai puurlanl quelqu'unes.

Chabot m"a paru trop exalté; il s'indigne de ne point voir arriver le domité de salut public à une perfection qu'il ne cesse il'envisager. Il la croit donc possible? Il s'abuse en ce cas. Si quelqu'un a jamais partagé ses sollicitudes pour la patrie, c'est moi. Si quelqu'un suivit ardemment et pas à pas chaque événement qui pouvait influencer le moins du monde la Répul)lique, c'est moi. Si quelqu'un s'est sacrifié pour les faire tourner à son }»ro(it, c'est moi. Mais j'ai appris, depuis quatre ans entiers que j'ai parcouru les difi'érentes vicissitudes de la Révolution, à approprier les choses aux circonstances.

La Convention nationale actuelle ne ressemble pas plus à cette assemblée pervertie, abusée par des hypocrites, des traîtres, que la liberté ne ressemble à l'esclavage, et la vertu au crime. Depuis que je l'ai vue enfin délivrée des espions de police, des Brissot, des Cuiadet, je soutiens que la Montagne est la majorité de la Convention.

On confond les époques; on parle à celte tribune comme si nous étions encore au mois de février dernier.

La Convention a nommé un Comité de salut pulilic, non pour rinfluenccr, non pour lui dicter des décrets ou lui prescrire d(,'S mesures, mais [lour lui donner la première impulsion vers un objet déjà préparé i»ar un grand travail, mais pour aider ses discussions d'observations judicieuses, de réflexions profondes et solides. Rendons-lui nous-mêmes la justice de dire qu'il a quelquefois bien mérité de la patrie, et ce matin même encore, il nous a présenté un rapport qui porto cependant l'empreinte et le cachet du grand talent et de l'àme vraiment républicaine de celui qui en est l'auteur'.

Oui, nous lui reprocherons des fautes. Devons-nous oublier celle qu'on commet envers la patrie? Est-ce moi qui tendrai à l'indulgence, moi qui crois qu'on n'a rien fait, quand on n'a pas tout fait, moi qui crois que la liberté exige tous nos vœux, tous nos sacrifices, que la plus légère de ses faveurs nous dédommage amplement?

Mais il y a une grande différence entre des erreurs qu'on peut reprocher a un corps, et un arrêt de proscription dont on veut l'envelopper. Oui, il est dans son sein des membres purs, qui pourraient remonter la machine, lui imprimer un nouveau caractère de révolution et la mettre au niveau des circonstances.

En un mot, vu les grandes et importantes affaires dont il est

1. Robespiorro fait allusion au rapport présenté par Saint-Just. au nom du Comité de salut pulili<\ svu- les députés mis eu état d'arrestation. Moniteur, t. XVII, p. 7(i.

20G SOCIKTK DES .lACOHINS [8 .r:illet 1703]

chargé dans ce nionient, jo crois qu'il ?ei'ait im politique d'appeler la défaveur du peuple sur un Comité en qui réside le salut de l'État. Quoiqu'il n'ait pas l'agrément des sœurs révolutionnaires, il faudra bien tâcher de s'en passer.

[Un membre annonce quo Rossignol, (jui avait vlv aiirlé par l'ordro de Biron, est à Paris. — Un autre membre rappoi'te (pie rarniéo de la Moselle est en marche sur Mayenco et que son clicl', lloucliard, délivrera certainonienl la garnison de celle ville.]

La séance a été levée à onze lieures.

PRESIDENCE DE DAVID

Maillard \'\i une lettre^ des administrateurs du Puy-de-Dôme, qui écrivent à la Société pour la prévenir que Colin, président de la section de la Butte-des-Moulins, qui était allé prêcher une croisade brissotine dans les départenuMils de l'intérieur, vient d'être arrêté.

[On donne lecture du j)rocès-verbal d'arrestation. — Desfieux propose que la Société envoie aux Sociétés affdiées des exemplaires do l'édition de la Constitution que les Jacobins l'ont inq)rimer. — (lotie proposition est adoptée. — Despomarède, président de la Société de Cam!)rai, donne lecture d'une i)étition que cette Société l'a chargé de ])résentcr à la Convention : elle demande la création d'un journal pour les armées, un décret qui frap])e de la ])einc de mort les agioteurs, la création d'un (^lomité de secours. — La Société arrête qu'elle nommera des défenseurs oflicieux pour appuyer celte pétition auprès de la Convention. Elle lui accorde une mention honorable au procès-verbal. — Un membre lit une adresse du département, des districts et des municipalités du Pas-de-Calais, rédigée en faveur de la Montagne. La Société en vote l'impression et l'envoi à toutes les Sociétés pojiulaires.]

IzoAHD. — Il vint à noire connaissance que le ministre de la marine devait envoyer à Toulon le citoyen Peyron pour y inspecter les ports, nommer aux places et y faire droit aux réclamations du corps de la marine. Nous allâmes sur-le-champ trouver le ministre pour lui faire révoquer cette nomination, vu l'incivisme et l'incapacité du citoyen qu'il en chargeait. Il nous répondit qu'il ne connaissait pas l'homme en question, qu'on le lui avait présenté, qu'il l'avait cru capable et l'avait envoyé. Je lui demandai si c'était lui ou le citoyen

qui avait présenté Peyron qui serait responsable à la nation du tort que l'incapacité et laristocratie de Peyron allaient lui causer.

Le ministre me dit: « Concertez-vous avec le citoyen qui me l'a présenté. S'il veut entendre votre déuonciation, je consens à retirer ma numiuation ; jusque là je ue saurais qu'y faire. »

Quelques voix : « Nomuiez-lel »

IzoAiui. — Je vois qu'on désire savoir le nom du citoyen qui a recommandé le citoyen Peyron : eh bien ! c'est le citoyen Danton ! [Murmures). Nous fûmes plusieurs fois pour le voir, et jauiais nous ne pûmes le rencontrer ; et la mission eut lieu.

[Vn vif (l(''l)al s'engage au siijcl de rincivisiue du ininistro de la marine]

Rossir.NOL. — Oui, sans dnute, le ministi'e île la marine est coupable, mais il ne l'est pas seul; et j'ai bien d'autres contre-révolutionnaires à vous dénniu:er. Tous ses bureaux sont infectés d'aristocratie, et ses commis aussi sont conspirateurs.

RoBESi'iKRHE. — Je demande que la farce cesse et que la séance commence.

Russie, NUL. ^- Oui, ce sont des Iraiires, et je prends l'engagement. . .

RoiJKSfMKiuŒ. — Je ne connais Dalbarade que comme le public, pour l'avoir ju^é d'après ce qu'il a montré île lui, depuis qu'il est au ministère. Jus(pi'à ce moment, je ne vois i)oint que cela puisse lui faire tort ; j'ai vu en lui un liMiiunc promu au ministère par l'opinion |)uldiqiie, par la coidiance de tous ses concitoyens. L'a-t-il trahie? Nous a-l-il trompés? Voilà ce tpi'il faut examiner, mais c'est avec le calme de la réilexion. ce n'est point en nous emportant légèrement à des dénonciations vagues et qui servent si bien nos ennemis.

[L'orateur se plainl de voir qu'on idierclie à exi-itor la défiance des citoyens contre tous les patriotes. 11 ajoute :]

Je me suis aperçu qu'on avait joint à une dénonciation du ministre en général une dénonciation particulière contre i^anton. Voudrait-on essayer de nous le rendre aussi suspect? 11 est donc bien vrai que la calomnie ne cesse de poursuivre un homme en place, par cela seul qu'il est employé, et que vainement on sacrifie toute sa vie à la liberté, puisque un malveillant peut, en un quart d'heure, ruiner la confiance que vous méritez à tant de titres, et vous enlever le fruit de vos travaux.

On vous parle de la marine. Sans doute, il faut porter sur cet

208 SOCll'iTl': IH:S .IACOIUNS [IO .luiu.KT 170:il

objet un omI de sollicitude; mais nous dira-t-on qui réunit plus de talents, qui est plus capable d'occuper en ce moment un poste si diflicile? Connait-on le digne remplaçant de Dalbarade ? Qu'on me nomme donc celui qu'on veut lui sub-^Lituer, et qu'on me dise en même temps : celui-là sera exempt de toutes fautes, inaccessible à l'erreur, évitera tous les pièges, et n'aura que des idées lumineuses, des plans heureux, dont le succès est déjà assuré.

On dénonce Bouchotte. Où est-il, ce républicain austère, qui plus que lui a travaillé pour le bien de son pays? Suffit-il donc de dire : « Un tel est coupable, je l'accuse ! » Et se verra-t-on pour cela condamné? Exempterons-nous toujours des preuves l'homme qui a une dénonciation à faire? Je voudrais que la Société des Jacobins sentît enfin combien il est ridicule, combien il est mortel pour la chose publique de divaguer perpétuellement d'objets en objets. Je voudrais qu'elle restreignît beaucoup les sujets qu'on doit traiter à ses séances, et qu'elle adoptât enfin un ordre du jour, qui seul est capable de leur rendre ce caractère de grandeur qui distingue cette Société.

[La clfoyeinw L'uni, au nom des ivpuljlicaiucs ri'volulionnaii'cs, présenli' une pétition qui demande l'exclusion des nobles de lous les emplois. — Beiitabole déclare qu'il demandera demain au ministre de la justice pourquoi plusieurs conuiiunes de son département n'ont pas encore reçu la Constitution. — Le Prrsideni invile les citoyens qui l'ont partie de la section de la Buttc-des-MouIins à se rendre à l'assemblée de leur section, où leur présence est nécessaire.]

La séance a été levée à onze heures.

CXYII

PRl':;Sn>E.NCE DE DAVID

[Esciidicr reprend les accusaliuns lancées lu veille contre le minisliv tie la marine. — Thuriot propose ([ue, pour éparii,'iier le lemps de la Société, on renvoie ces accusations et louies les all'aires de c(> i^cnre à un Coniilé spécial. — Bentahole s'y oppose. ;

Danton. — Je demande que la lettre du miuistre me soit communiquée, car c'est moi qui , après avoir pris des renseignements de Granct (de Toulon) et autres patriotes, ai dit au ministre que, tout

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compté, on pouvait envoyer Peyron inspecter le port de Toulon, mais sans autres pouvoirs et avec la précaution de le faire surveiller lui-même par d'autres.

[On lit la lettre du ministre de la marine.)

Danton. — Je n'ai qu'une très petite explication à donner à la Société. Je ne m'occupe pas de la dénonciation contre le ministre, je n"y suis pour rien; c'est à lui de se disculper ; s'il est comme moi, il ne les [sic) craindra jamais.

Je n'ai qu'un point de contact dans cette affaire, c'est ce qui regarde la recommandation que j'en ai faite.

J'ai vu Peyron cinq à six fois, singulièrement, lors de l'arrivée des Marseillais à Paris. Peyron, qui me parut un bon patriote, me dit qu'il avait commandé les six mille liommes levés à Marseille par nos commissaires, pour la défense de nos frontières, qu'il fut emprisonné par le trihuual anti -populaire qui siégea queicpie temps dans cette ville, et qu'il en fut toujours persécuté.

Que voulait-on que je lisse? Quel intérêt avais-je à son avancement ? Mais il me semblait patriote, et, comme tel, il dut m'intéresser. D'ailleurs, je n'ai point répondu de Peyron. Si j'eusse dit au ministre : « Je vous donne un liommc (huit je suis sûr, » je serais vérilajjlement coupable de ses fautes; mais je n'ai voulu qu'on l'employât qu'en le faisant surveiller lui-même par d'autres espions. et l'on sait que c'est là la vraie, la seule politique. C'est de faire toujours surveiller celle espèce de gens-là les uns par les autres.

Voilà mes torts : sans doute on les a un peu chargés.

11 est possible que, quand j'étais enchaîné au Comité et qu'il n était pas en mon pouvoir d'assister à vos séances, on ait bien profilé de ce moment ; qu'on ait fait circuler sur mon compte toutes les petites histoires qu'on aura cru devoir mettre en jeu, pour me rendre suspect à mes concitoyens. Mais, en rétablissant la vérité, j'espère qu'on sentira que j'ai pu être trompé moi-même, qu'il n'est pas un mortel qui n'y soit sujet comme moi, mais que pourtant mon intention n en était pas moins de donner à la République un sujet qui la servit avec zèle et fidélité.

[Un membre donne qiieltiues rensoigncnients sur Peyron. Il dit qne Peyron est venu ù Paris en même temps que Barras, et qu'on la surpris à dillanior ce dernier dans les calV-s du l*alais-I\oyal.'

Danton. — Encore un coup, il avait été persécuté à Marseille par le tribunal. Je ne pouvais que le croire un bon patriote. (Murmures. Oui ! Aujourd bui que vous êtes instruits, vous ne pesez pas assez l'in-

:W0 SOCIKTK DES .lACOniXS [12 .iiillkt 1793]

lliuncc d'une présomption aussi forte ; au surplus, il fallait qu'on m'écrivit un mot, et ce qui est devenu depuis un si grand mal n'aurait souffert alors aucune difficulté.

Mais je vais écrire an ministre que je le prie de retirer à Peyron tous pouvoirs, de le faire arrêter et traduire même, s'il est besoin, (levant un tribunal.

Le PRÉci^DKNT ouAïEUR. ■ — Nous fiuies des démarches de toute espèce, et nous ne pûmes jamais nous faire accorder une audience du citoyen Danton, et nous nous trouvâmes réduits au ministre, qui ne nous fit jamais d'autre réponse.

Legendre. — Je n'ai jamais tant senti combien il était nécessaire que les vieux patriotes fussent surveillés par les jeunes. Si Peyi-on était venu me prier de l'appuyer auprès du Comité de salut public, de lui faire donner un poste dans la marine ou ailleurs, je m'y serais mis jusqu'au cou, et vous en jugerez |)ar les faits suivants.

[L'orateur expose que Peyron l'a boaucouj) aidé à organiser une société populaire à Lyon, lorsqu'il était en mission dans celle ville avec Basirc et lîovère. — Carrier prononce un discours, dont l'idée principale est exprimée dans celte phrase : <' J'apj)roiive cette pensée de Legendre, qu'il tant que les jeunes patriotes surveillent les anciens ; mais j'ajoute qu'il devient bien essentiel de surveiller les dénonciateurs eux-niènies. »

Bossif/nol rend très longuement conq)tc de sa conduite en Vendée. — Maure, chargé avec quelques autres membres d'aller voir Marat, qui esl malade, fait le rapport de sa visite cliez l'Ami du peuple.]

Besfieux raconte qu'ayant rencontré Calvet, bon patriote, celui-ci lui a dit que la section de 1792, ci-devant de la Bibliothèque, a nommé des commissaires pour aller fraterniser avec les départements de l'Eure et du Calvados ; ils ont osé s'aboucher avec les rebelles et leur promettre la paix.

Danton. — Ce n'est pas assez de dénoncer de tels abus. Il y a ici un crime positif, celui d'avoir usurpé les droits du souverain et outrepassé leur mission, qui était de fraterniser, en promettant la paix à des rebelles.

Je demande qu'ils soient traduits au Tribunal révohitionnaire ; Je demande qu'on surveille toutes les sections où de pareils abus ont lieu.

Un vieux coquin, Dupont de Nemours, de l'Assemblée constituante, a intrigué dans la section (celle de l'Ile ') pour envoyer des connnissaires, qu'il avait préalablement corrompus, dans les départements qu'il avait initiés à sa conjuration.

I. Il s'agit de la section de la Kraleriuté, ci-devant de riIp-Saiut-Loais.

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Un citoyen. — Je viens de la commune, et j'annonce que le Conseil vient de prendre un arrêté pour pai^^ir ces contre-révolutionnaires qui vont fédérali?er les départements, et spécialement le président et le secrétaire de la section de la Frateriiité.

'Une (IrpiifalioH du Calrutlns se invscnk" U'Op tard pour (Mre roruc.] La séance a été levée à onze heures.

SÉANCE DU DIMANCllU li JUILLKT 17<j:{

PRÉSIDENCE DIl SIMOND

[r/M/it'?n5/v annonce Tassassinal tic Marat. — Sur la proposition de Boissel et sur celle de Portallier, la Société arrête (ju'elle invitera le nùnistre à retirer à Carra ses fonctions de bibliolliécaire de la Bibliothèque nationale, qui sont inconq)alibles avec son mandai de (lc|)uté. — L'n mmubrc annonce que le courrier, chargé de porter la destitution de Cusiine, est parti la veille. On ap|)lauilil.

Une ((('■piddlinii (le la Sin-ii'-li- palridlii/ne du J.ii.reinboiiiy l'ail connaître aux Jacobins rarrèté par le(|iu'l la Société du Luxembourg a décidé qu'elle se rendra en corps aux funérailles de Maral. — l.e Président félicite la dépulalion."

Cu.\LES. — Un attendant que la pairie reconnaissante ait rendu à Marat les honneurs que sa mémoire a droit d'en allendre, nous rechercherons les effets et les causes des malheureux événements. Nous devons examiner d'où viennent les unes et nous empresser de prévenir les autres.

La principale raison de la haine qu'avaient vouée à Marat tous les aristocrates, c'est la lutte ferme et courageuse, c'est la guerre journalière qu'il leur faisait sans repos. Souffrirons-nous que ces monuments éternels de son esprit et de sou courage passent dans l'omhre et demeurent inconnus à la postérité ? Il ne faut pas que son travail soit perdu, que son œuvre cesse; je demande que la Société arrête que Y Ami du peuple sera continué. [Appaudi.) C"est un titre trop cher pour que nous puissions le laisser perdre.

Je demande que dès demain, s'il est possible, les feuilles de Marat soient continuées, avec cette énergie, avec ce feu brûlant qui les caractérisèrent; que dévouées, comme de son lenq.s, à dénoncer les traîtres, les fripons, elles embrassent la circonférence de la Repu

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liliqiie et fas>ent constamriKMit et à toute heure jus lice des conspirateurs de tout genre.

(Ici un bruit, qui, dc[)uis le commencement de la séance, se manifestait à l'un des itouts de la salie et interrompait les orateurs, devient si l'oit (|ue toute la Société en est scandalisée. On se porte en tcuile vers h' perturbateur.)

hç. Président se couvre; le silence enfin renaît; le Prc&idcnt adresse des reproches aux: mutins ou aux traîtres qui perdent ainsi le temps de la Société et, par suite, les intérêts de la République qu'elle discute.

Ghales. — Je demande que tout ce (]ui i'ut la |)ropriété de Marat, que ses presses surtout ne passent pas en des mains étrangères ; que les Jacobins, à qui seuls elles doivent appartenir, se hâtent d'en faire l'acquisition.

Je demande que son journal continue sous un nom qui rappelle et son but et son instituteur, en adjoignant pourtant d'autres à ce nom respectable, afin de présenter encore une fois aux aristocrates celui qui les combat et la victime qu'ils doivent frapper. Les vrais apôtres de la liberté ne craindront pas sans doute de se dévouer en combattant pour elle. On doit faire peser sur ce journal une responsabilité individuelle, et j'offre la mienne sans crainte : il n'est pas un Jacobin qui n'en doive faire autant.

Bentabole. — Il est beau sans doute de voir des citoyens se proposer pour remplacer Marat, mais cette tâche n'est pas si facile qu'on le croit.

Quand nous aurons trouvé un homme qui, comme Marat, ait passé depuis quatre ans les nuits entières à méditer le bonheur du peuple et la chute des tyrans; qui ait combattu, avec une égale audace, les rois, les prêtres, les nobles, les intrigants, les fripons et les conspirateurs ; qui ait bravé le fer, le feu, les poisons, les cachots, l'échafaurl même, celui-là sera digne d'être substitué à Marat. Il en fut un qui, sans égaler Marat, devait après lui, sans doute, tenir le premier rang : VOrateiw du peuple^ (|ui rappelle un nom cher aux sciences et à la liberté, Fréron (jui, maintenant, est en commission ', et qu'on pourrait rappeler pour continuer ['Ami ou l'Orateiw du peuple ; mais prêtons-lui secours et assistance.

Il faut soutenir les amis du peuple, car tous n'ont pas le courage de se vouer à la mort pour la liberté.

I. FrL'nm. driHiti' dr P.iris .-'i la ÇnnvciiliiHi. avait élé eiivtiyr en mission avee Barras dans les llaiites-Alpcs e( les Basses-Alpes.

[i't .iriLLKT 179:!] SOCIPÎTÉ DKS JACORIXS :U);{

Il existe un grand système de calomnies et de dénonciations pour perdre les patriotes. Thirion vous on a dénoncé un en la personne du citoyen Laveaiix '.

Ici le bruit recommence à l'autre bout de la salle et iuterrouii)l longtemps l'assemblée. La foide y est extrême. On en voit enfin sortir Legendre, menaçant du geste et de la voix plusieurs citoyens qui l'entourent. Il paraît à la tribune du bout :

[Lrtjrndrf' exiilifinc (luil a rlé saisi à la gorge par un ciloycn, (pii l'a pris pour un aristocrate, parce (|u"il disait cju'il trouvai! inutile de continuer le journal de Marat. — Rohrspicrfr ])rononce un discours, dont voici le passage principal :]

Je croyais (pTuue séance, ((ui suivait le mcurti-e d"un fies plus zélés défenseurs de la i»atrie, serait tout entière occupée des moyens de le venger en la servant mieux qu'auparavant. On n'en a point parlé; et de quoi vous entretient-on dans ce tem|is précieux, de l'usage duquel nous sommes coupables? On s'occupe d'hyperboles outrées, de figures ridicules et vides de sens, qiu" n'apportent point de nmiède à la chose et empêchent de le trouver.

On vous demande par exemple, et l'on vous d(Mn;iude sérieusement, de discuter la fortune de Marat. Kh ! (prim[)orle à la llépid)li(|ue la fortune d'un de ses fondateurs? Est-ce d'un mémoire qu'on va nous entretenir, lorsqu'il s'agit encore de combattre pour elle ?

L'on réclame les honneurs du Panthéon. Et que sont-ils, ces honneurs? Qui sont ceux qui gisent dans ces lieux? Excepté Le Peletier, je n'y vois pas un homme vertueux. Est-ce à côté de Mirabeau qu'(Ui le placera, de cet homuie inlriganl, dont les moyens furent toujours criminels, de cet homme qui ne mérita de réputation que par une profonde scélératesse ? Voilà les honneurs qu'on sollicite pour l'Ami du peuple !

Bent.vbole. — Oui, et qu'il obtiendra malgré les jaloux !

Robespierrl;. — Occupons -nous <Mifin des mesures qui peuvent encore sauver notre patrie; rendons nul l'efiet des guiuées de Pilt ; faisons rentrer les Cobourg, les Brunswick sur leurs territoires.

Ce n'est point aujourd'hui qu'il faut donner au peuple le spectacle d'une pompe funèbre, mais quand, enfin victorieux, la République alTermie nous permettra de nous occuper de ses défenseui's. Toute la France alors le demandera, et vous accorderez sans doute à Marat les honneurs que sa vertu mérite, que sa mémoire exige.

1. Laveaux avait prévenu la Société qu'il était menacé de mort par des lettres anonymes, depins qu'il rédio-cait, dans le .li>iirniil de hi MonUi;jn<\ dos notes liostiles à (".ustiiie.

Wt SOCIKTK DES JACOllI.XS [14 juillet 1793]

Savez-vous quelle impression attache au Cd'ur humain le spectacle des cérémonies funéraires?

Elles font croire au peuple que les amis de la liberté se dédommagent par là de la perle qu'ils out faite, et que dès lors ils ne sont plus tenus de le venger ; satisfait d'avoir honoré l'homme vertueux, ce désir de le venger s'éteint dans leur ca-ur, et l'indifCérence succède à l'enthousiasme, et sa mémoire court les risques de l'oubli. Ne cessons de voir ce «{ui peut encore nous sauver.

[Robespierre conclul en disant que la municipalité devrait s'occuper do poursuivre les traîtres et de soulager la niisére, an lien de l'aire une fête funèbre.]

La séance a été levée à onze heures.

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