I'HÉSU)ENCE DE SIMOND
[Le Président dénonce Le H(iis<iuririir\ de Trenck, dont le premier numéi'O renrerme, à mots couverts, luie apologie de C.ustine et (\o Hiron.]
Ferrières se plaint de la poste, qui ne fait point passer aux abonnés le Journal de la Montagne, et qui met tant de négligence dans son service que quelques-uns n'ont reçu que six numéros, tandis qu'on est au seizième.
Châles observe qu'on en est au renouvellement de cette administration, que pourtant il est plusieurs commis dans le nombre qui sont d'excellents patriotes. D'ailleurs il observe que le Journal de la Montagne ne manque que parce que la Société n'a pas la nomenclature exacte de ses abonnés, ni des Sociétés qui lui sont aniliées. Il demande qu'on passe à Tordre du jour. {Adopté.)
[Ilobespierre jeune demande que la Société fasse connaître à la b'rancc combien Marat, que Ton a dépeint comme un cannibale, était bienfaisant et humain. Diifoiirn!/ appuie la ])roposition et termine son discours |)ar les mots suivants :]
Il faut que le peuple reu)[)lisse deux devoirs importants ; il faut
' Sur c? j(HU'iial, vdir Tounicux, Hilillniiniiildr. t. Il, u" lOSlKi.
qu'il dépose 3Iarat au Panthéon, il faut qu'il en fasse sortir Mirabeau ! (Applaudi.)
Quelques réclamations se font entendre. On divise les deux questions. Après une courte délibération, la Société arrête que Marat, comme homme public, sera remplacé par une Société de gens de lettres, qui s'attacheront à perpétuer son esprit, propager ses principes et sa morale, et ajourne la question sur les honneurs à rendre à sa mémoire.
Une citoyenne fait l'hommage à la Société d'un petit bijou contenant le portrait de Marat.
Le Président la remercie, l'embrasse et lui accorde les honneurs de la séance.
Terrasson fait hommage d'une afïiche intitulée : Le vrai Jacobin. [Mention honorable.)
Robespierre, par un amendement, demande que les presses de Marat soient acquises par la Société.
La Société entendra le rapport de son Comité d'administration.
Un membre demande que, quelque détermination que prenne hi Convention à l'égard de Marat, son cœur reste à la Société, dont il est la propriété naturelle.
Halm répond (jiie les Conleliers, dont Marut fut membre avant que d'être Jacobin, s'en sont déjà emparé et ne consentiront jamais à s'en défaire.
On propose de conserver, au lieu du cœur de Marat, son esprit. [Applaudi.)
[Une di'putation de la ville d>- Tours et du conseil (jénêral du departeviont d' Indre-et-Loire est admise et donne lecture d'une adresse contre les IV'déralislos.— Une députât ion de la section de la Fontaine-de-G venelle vient déplorer la porte que la patrie a faite on la jjorsonno de Marat.]
La séance a été levée à dix heures.
SÉA.NCE DU MERCREDI 17 JUILLET 1793
PRÉSIDENCE DE SIMOND
[Trenck envoie à la Sociélé tous les numéros du Raisonneur, afin qu'ello puisse juger sur ces i)ièces de Finjuslicc de la dénonciation (pii a été l'aile Tome V. 20
306 SOCIÉTÉ DES JACOHLSS [17 juillet 1793]
contre lui dans la dernière séance'. — Hunriot avertit qu'une foule de gens suspects sont entrés dans Paris. — La Société pojjulaire de Chartres envoie un de ses arrêtés, que les autorités constituées de Chartres ont fait placarder sur les murs de la ville : c'est une invitation au déi»artement et à la nuinicipalité de faire arrêter les suspects, afin que la mort de Marat soit vengée. — Lechard, qui s'intitule VAmi de Marat, prononce l'oraison funèbre de l'Ami du peuple.]
La séance a été levée à neuf heures et demie.
PRÉSIDEXCE DE SIMOND
Une députation de la Société révolutionnaire des cito^'ens de Liège, Franchimont, Stavelot et autres lieux, réfugiés maintenant en France, séante au ci-devant Palais-Cardinal, vient demander l'affiliation ; elle fait sa profession de foi civique, qui est accueillie par de nombreux applaudissements.
[Châles lit une adresse des citoyens de Nogent-le-Rotrou à la Convention nationale : ces citoyens déplorent la mort de Marat et demandent qu'on punisse Buzot et ses amis. — Valmont, colonel du 37= régiment de cavalerie, à Versailles, dit que les dragons de la Manche désertent en foule l'armée des rebelles pour venir à son régiment. Il demande que la Société appuie auprès du ministre la demande qu'il fait d'olijets d'équijioment et d'habits pour son régiment.]
Hassentratz. — Je demande que deux commissaires soient envoyés au ministre de la guerre, pour accompagner le citoyen Valmont, et lui obtenir le sujet de sa réclamation.
Je demande aussi qu'on ne dise plus « mon » bataillon, « mon » escadron, « mon » armée. J'estime que ce n'est pas là le langage d'un républicain, et l'on doit dire : « le bataillon de la République que je commande ».
[Félix Le Peletier donne lecture d'un ouvrage posthume de son frère sur l'éducation publique *.]