Cf. J. Guillaume, il)id.. p
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Milscenl-Crcole fait part à la Société que le despotisme des fédéralistes l'avait forcé de discontinuer son travail, mais que, soustrait depuis le 31 mai à leur empire, il allait reprendre de nouveau la tâche d'instruire le peuple, et de propager les meillcui's principes de notre sainte Révolution, ceux consacrés par la Montagne. Il demande qu'on lui permette de le faire débiter aux portes de la salle.
On passe à l'ordre du jour.
[Bcntcibole lit une lettre dans hKjiielle le maire de Strasbourg aiuionce que les citoyens de celte ville ont accepté la Constitution à l'unaniniité, moins une voix. — Baudot demande qu'on prenne des mesures contre les départements fédéralistes.]
Il annonce que plusieurs départements reviennent aux vrais principes et à la Convention, particulièrement le Jura, dans lequel il ne reste plus qu'un procureur syndic, qui, comme tous ses confrères, est extraordinairement royaliste. Ces messieurs ont une autorité sans bornes et singent en tout les anciens intendants de province ; entourés d'une cour nombreuse de protégés, ils parcourent les départements, qui les considèrent bien plus que le reste des administrateurs, d'abord parce qu'ils sont mieux payés, secondement parce qu'ils ont plus de pouvoir.
Ce n'est point au Comité de législation, qui est le sépulcre des bonnes motions, mais à celui de sûreté générale qu'il faut porter la dénonciation de ce dernier abus. Cassez tous les procureurs syndics', et faites remplir leur place par tous les administrateurs alternativement.
[I/orateur demande qu'on excite les sans-culottes des départements à frapi)er les riches et les aristocrates : « Il faut assurer aux sans-culottes la propriété de tout ce qu'ils jjrendront sur eux de vive force. » — Hébert prononce un long réquisitoire contre Gustine et ceux qui le défendent, soit dans des journaux, comme la Chronique de Paris, soit à la Convention. 11 dit :J
Je ne me dissimule pas que des hommes, amis secrets de Custine dans la Convention, chercheront à soustraire cet illustre scélérat à la vengeance des lois : mais s'ils sont susceptibles de quelques sentiments d'honneur et de probité, qu'ils tremblent I
L'exemple de Danton et de Delacroix ne doit-il pas effrayer tous ceux qui défendront un homme généralement suspect? C'est ainsi que ces législateurs égarés, s'ils ne furent vraiment qu'égarés, sont responsables à la République de tous les maux que lui a faits leur protégé ! [Très applaudi.)
1. 11 est probable que l'orateur veut siutout parler des procureurs généraux svndics.
[Vincent parle dans le même sons qu'Héhcrt.]
HÉBERT. — Ce n'est plus seulement Custine qu'il faut bannir et destituer', ce ne serait qu'un remède imparfait au mal. Ce sont tous les nobles que nous devons proscrire. Le temps est venu de nous débarrasser des traîtres qui ont surpris notre confiance, et qui en ont toujours si cruellement abusé. Votons leur destitution générale, leur nullité absolue. Que le peuple la demande, le peuple lui-même ! Il l'obtiendra à coup sûr. Allons à la Convention, rappelons leurs attentats, et déclarons-nous en permanence jusqu'à ce qu'elle nous accorde leur destitution.
Tout le monde. — Oui, oui ! Nous irons tous ! HÉBERT. — S'il faut un successeur à Marat, s'il faut une seconde victime, elle est toute prête et bien résignée : c'est moi! Pourvu que j'emporte au tombeau la certitude d'avoir sauvé ma patrie, je suis trop heureux ! Mais plus de nobles!... Plus de nobles ! Les nobles nous assassinent !
Tout le monde se lève, et par un mouvement unanime promet d'appuyer cette juste demande.
HÉBERT. — Jacobins, peuple qui m'entendez, je m'attendais à ce subliuie élan. .le savais bien qu'il existe parmi vous des zélés défenseurs de la liberté ; aussi je ne désespérerai point de ma patrie, tant qu'il existera des Jacobins! (Trrs applaudi.)
Je demande donc que douze ou six de vos membres soient nommés pour aller sur-le-champ au Comité de salut public demander la destitution des nobles des emplois civils ou militaires.
Desfieux. — Deux propositions vous sont faites : d'envoyer une commission de douze ou de six membres au Comité de salut public. Je demande la priorité pour le nombre de six, qui, choisis parmi les plus anciens et les plus éclairés de la Société, aillent sur-le-champ au Comité de salut public et appuient la demande qu'a faite Hébert de la destitution de la race nobiliaire à tous les emplois. {Adopté.)
Simond invite tous les membres qui voudront accompagner cette députalion au Comité de salut public à le faire.
Les trois propositions suivantes : « Que le peuple en masse aille à la Convention demander la destitution de tous les nobles ; qu'une commission de six membres soit nomméi- pour continuer l'ouvrage de Marat sur Custine ; que toutes les précautions possibles pour s'as-
1. Le 22 juillet, Basire, au nom du Comité de sûreté générale, fit décider par la Convention que Custine serait arrêté. Danton appuya cette proposition. Monifeti>\ t. XVll. p. 196.
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surer, clans le jour même, de Custine, soient prises, « sont adoptées. La commission part.
[Lf Pi'i''si<li'nl annonce que Ratlior fait hommage à la Société du premier numéro d"un journal intitulé l'Ombre de Marat. — Desbarres demande (jue Maras soit expulsé de la Société.]
La séance a été levée à dix heures.
PRÉSIDENCE DE SIMOND
[Un citoyen annonce que Basirc a eu le crédit de faire incarcérer Custine au Luxembourg; un autre dément cette assertion et annonce que Custine est à FAbbaye. La Société envoie des commissaires pour vérifier le fait. — Lejeune se plaint qu'un seul des généraux coupables, Miaczynski, ait j)ayé son crime de sa vie. Il déclare qu'il faut demander pour demain la mise en accusation de Cusiine et celle des ministres Le Brun et Clavière.]
BoissEL. — En m'entretenant avec le membre le plus pur du Comité de salut public, il est convenu avec moi qu'on ne connaissait point ceux qui pouvaient remplacer les hommes qu'on s'apprête à destituer. Je demande donc qu'il soit fait un tableau indicatif do tous les hommes à talent qui ont du patriotisme et qui sont propres à occuper avec succès des places militaires ou civiles. [Applaudi.]
[Châles se plaint que Saint-.Iust, Lindct, Billaud-Varenne, dans leurs ra|tports à la Convention, aient oublié les deux princii)aux coupables du comjdot contre-révolutionnaire, c'est-à-dire Roland et Gensonné. — Un membre déclare qu'il a remarqué hier dans les tribunes de la Convention un officier qui manifestait son dégoût contre les accusateurs de Custine.]
Un citoyeyi se plaint que le Comité de salut public n'ait pas encore fait un rappf)rt sur la mesure présentée par nos frères les Lillois de se lever en masse et d'étouffer dans une insurrection générale toute la nomenclature de nos ennemis. Pourtant cette mesure, parfaitement révolutionnaire, est la seule aujourd'hui capable de nous sauver.
Robespierre jeune rétablit la vérité du fait : la Convention avait chargé son Comité de salut public, non^pas d'un rapport, mais de l'exécution de ce projet. Or il s'en occupe en ce moment même.
« Je profite, dit-il, de la parole pour vous annoncer que déjà on
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nous avertit que les députés détenus ou qui devraient l'être, les émigrés de l'Eure et du Calvados, les Petion, les Buzot, etc., se disposent à passer en Angleterre.
« Je demande qu'on se transporte chez le ministre de la marine, et qu'après lui avoir communiqué cet avis, on l'engage à faire croiser sur nos côtes des vaisseaux qui enlèvent tous les bâtiments qu'ils rencontreraient dans ces passages. Cela me paraît aisé, et je crois qu'on pourrait rendre le ministre responsable du succès de cette opération. »
[Châles annonce (iii'il se i)ultlio dans deux cheCs-lieux de district des journaux intitulés Ombri' de Mni'dt. Il denuuide qu'on encouraiie ces productions et «luon établisse dans cliaciue district une imprimerie nationale. — Hassenfialz annonce que Vandermondc, chef d'un des Imieaux du ministère de la guerre, vient d'être arrêté ; sur sa proposition, la Société donne à Vandcrmonde des défenseurs officieux.]
SÉANCE DU MERCREDI -1\ JIILLKT nU3
PRÉSIDENCE DE SIMoMI
[DcsficKX demande que la Société invite le Comité de salut |tuldic à presser le jugement de Cusline. — Xivel, aide-dc-camp du général La Valette, vient défendre ce général contre les accusations du général La Marlièrc. — Portallkr s'écrie : « Plus de nobles ! » — Châles l'approuve et se plaint que la Convention ail passé à l'ordre du jour sur la proposition qu'il avait faite de destituer tous les fonctionnaires et tous les officiers nobles. — Robespierre |)arle assez longuement pour accuser La Marlière de trahison et affirmer que La Valette est patriote, quoiqu'il soit noble. — Une voix crie : « La Valette ne vaut rien ! •■ — Brichet demande que la Société envoie une députation au Comité de salut public pour l'inviter à réorganiser promptcment le ministère de la guerre.]
Robespierre. — C'est user le crédit de la Société que d'envoyer à chaque instant des députations au Comité de salut public ; c'est le compromettre peut-être, s'il arrivait qu'on n'y eût point d'égard.
[Brichet insiste pour que la Société adopte sa i>roposition. — Un citoyen appuie la demande de Brichet.]
Robespierre. — Il est ridicule de vouloir tenir le Comité de salut
M2 SOCIÉTÉ DES JACOBl.XS [2'f ,iriLLi:i ITÎCi]
puldic en lisières. On doit supposer que Je Comité est composé d'hommes d'esprit et de politiques, qu'il sait jusqu'à un certain point comment il doit en u?er, et l'on devrait bien s'en rapporter à lui un peu davantage. Au surplus, j'observe qu'il y a bien de la différence entre l'avis d'arrêter sur-le-champ un conspirateur, qui peut prendre la fuite, et des avis sur des mesures très générales, qui ne peuvent avoir sur-le-champ leur exécution. Enfin, si l'on veut parler absolument à quelqu'un, c'est à la Convention elle-même qu'il faut aller porter cette réclamation.
Briciiet. — Oui ! Et dans ce cas, je suis de votre avis.
[Escmficr dénonce le niinistfc de la marine : il l'accuse d'être coupable de la trahison de Toulon, parce (ju'il a laissé douze mille matelots dans l'inaction, sous lo commandement de nobles conlre-révolutionnaires. Il termine son discours par la proposition suivante :]
Je demande, citoyens, qu'il soit nommé une commission qui, séance tenante, se rende au Comité de salut public pour lui demander : 1° que le ministre soit mis en état d'arrestation; 2° que l'adjoint de la sixième division soit remplacé, que Labarre soit rappelé à ses fonctions; 3° que les capitaines nobles, qui commandent au port de Toulon, soient destitués sur-le-champ, et que votre commission vous rende compte, dans cette séance, des mesures qu'aura prises le Comité de salut public.
PoRTALLiEH. — J'appuic de tout mon cceur la proposition du préopinant ; si vous l'eussiez écouté, il y a un mois, Toulon serait encore patriote, et Marseille peut-être hors d'état de nuire.
Izoord appuie, dans un discours très détaillé, la motion d'Escudier et rappelle que le ministre de la marine, malgré leurs dénonciations contre Peyron, ne voulut pas prendre sur son compte le plus léger renseignement, parce qu'il était protégé par Danton. Il finit par dire que les bons patriotes de Marseille et de Toulon sont maintenant sous le couteau, et que, si l'on eût pris les précautions ci-devant indiquées, il y a deux mois, Toulon serait dans le devoir et Marseille n'oserait pas encbahier les patriotes et les guillotiner.
[Hébert parle contre les officiers nobles ; il fait la proposition suivante :]
Je demande que la Société ordonne à la commission qu'elle a chargé d'examiner les crimes de Custine de prendre connaissance de ceux de tous les nobles, et d'adjoindre à son rapport les renseignements qu'elle aura su se procurer sur toute la noblesse. Je demande qu'en suite de son rapport, nous nous levions en masse et qu'avec le peuple
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et au nom du peuple, nous allions tous à la Convention lui demamler impérativement la destitution des nobles aux emplois civils et militaires.
La proposition crHébert est mise aux voix et adoptée.
[Deschamps annonce qu'il s"cst Iransportt', par ordre de la Société, chez le ministre de la marine, ol que celui-ci lui a répondu sur sa tête que les côtes étaient gardées et que les députés en l"uit(Mir pourraient pas s'cmbaniuer jiour rAngletcrre.]
La séance a été levée à dix heures.
SÉANCE DU VENDHLDI 20 .HILLKT 1793
PRÉSIDENCK DI-: SIMOND
[Un invrditle parle au nom de ses camarades et demande que la Société lui accorde des défenseurs olTicieux ])Our demander au ministre l'augmentation du prêt des invalides. — On donne bn-tiue d"uu(> lettre de la Société de Cambrai, dont voici un extrait:]
<( On lut dernièrement à la Société, où assistaient plusieurs soldats, le n" 230 du Pure Duchesne, qui lut applaudi avec transport. L'article qui regarde Custine fournit à un vieux soldat l'occasion de démontrer à ses camarades combien il était essentiel pour la République et pour l'armée qu'un traître, un conspirateur ne commandât plus une armée républicaine. Dans ce moment on vint annoncer qu'il était destitué. Qu'on se peigne la joie de ces bonnes gens 1 »
[Brichet propose qu'on demande à la Convention de destituer les noliles dos fonctions civiles aussi bien que des fonctions militaires.]
Un citoyen veut combattre cette motion par la raison que Robespierre a donnée avant hier, qu'il ne fallait pas user le crédit de la Société.
Les cris et les huées le forcent au silence et à descendre de la tribune.
Le Peletier donne lecture d'une adresse aux Français sur la mort de Marat. (Il avait été nommé commissaire à cet effet avec Camille Desmoulins, Robespierre et trois autres membres de la Société.)
:Ul- SOCIÉTÉ DES JACOBINS [20 .iriLurr 1793]
L'impression, l'envoi aux départements, la distribution aux tribunes et aux troupes sont arrêtés •.
Châles demande que les députés des communes, qui arrivent de toutes parts dans la capitale, soient admis dans la Société et reçoivent le baiser fraternel du Président. [Applaudi.)
Boy, fédéré du 10 août., (lemande, au nom de la Société des Défenseurs de la République une et indivisible, que les membres de la Société des Jacobins veuillent bien se réunir demain avec eux dans la salle des Jacobins pour aviser aux moyens de recevoir nos frères des départements.
Une députadon dp la Société républicaine révolutionnaire , séante à la Bibliotbèque des ci-devant Jacobins, vient lire l'extrait de son procès-verbal :
[Il s'agit dans co procès-verbal d'ouvrir une souscrijjlion pour élever un obélisque en Tlionnour de Marat. — Une députation de la Société fraternelle des deux sexes vient lire tui extrait du }irocès-vcrbal de sa séance du i") juillet : cet extrait porte que la Société rralernelle a arnMé :1
1° Que quatre de ses membres se transporteront demain au Conseil général de la Commune pour l'inviter à former dans son sein une commission de dix ou vingt membres, qui recevront les déclarations des citoyens qui voudront loger cbez eux des députés des assemblées primaires ;
2° Ces citoyens seront soumis par la commission à la censure du Conseil général ;
3° Nul cito3'en n'en pourra loger plus d'un ;
A° Cette liste sera imprimée.
Le présent arrêté sera communiqué au Conseil général de la Commune et à la Société des Jacobins.
Signé : d'Espainville, Président, etc.
La séance a été levée à neuf lieures et demie.