Extrait du Journal de la Montaçin
i. Voir l'rocès-vei'hal de la Convention, t. XXJ, p. 1:21, le décret rendu à ce sujet, le même joui', par l'As e nbk'e.
soir, les bases du projet de décret qui en fixera le prix vont être arrêtées. (On applaudit.)
|0n dénonce :Moo1, substilul du procureur de la Commune au triluinal dr police correctionnelle. 11 a fait condamner le patriote Brochcton, qui. ayanl exprimé son indignation contre les aristocrates de la section du Mail, avait été assailli et grièvement blessé par ceux-ci. De plus, comme Broclieton avait obtenu des défenseurs officieux de la Société des Jacobins et de plusieurs autres Sociétés, dont il est membre, Moël a déclaré que les Sociétés populaires ne devaient pas prétendre à influencer les tribunaux.
Une dcputation de In Sorirté populaire et du bataillon de la ville dr Tonnerre annonce que douze cents jeunes gens de cette ville sont })artis pour Farmée, aussitcM cpu" le décret de réquisition a été jiromulgué. Elle dénonce une Société ■< anti-i)0|»ulaire » de Tonnerre, connue sous le nom de Société de IHùintal. — Le Président donne à Toraleur de la dépulation l'accolade lialernelle et lui répond par un(> alloculion dont voici la conclusion :]
« Oui, citoyens, tous les tyrans coalisés et leurs hordes d'esclaves auraient déjà mordu la poussière, si la diversion de nos armes n'eût été surveillée, épurée et soutenue par nos frères les sansculottes, armés pour combattre les ennemis du dehors, suivant le même exemple que nos frères de la ville de Tonnerre viennent de donner pour combattre nos ennemis du dedans.
« Ayons pour principe, citoyens, que la seule existence des malheurs publics suffit pour rendre criminels ceux qui sont à la tête de la chose publique, et pour autoriser le peuple à se lever et à punir les coupables '. »
[Sentex demande que les Sociétés qui sollicitent l'alTdiation donnent la liste des membres qui les composent, pour savoir s'il n'est pas parmi elles quelques faux frères déguisés, (jui s'arrogent le droit d'émettre au nom des Jacobins des opinions réprouvées par ceux-ci. La Société nomme une commission pour s'occuper de la nécessité d<! cette mesure.
Lejeune se plaint que la Société perde de vue la guerre. Il recommande l'usage des piques :] i
« Je demande que le Comité de salut public appelle auprès de lui un Comité d'anciens militaires, (jui organise un plan d'attaque et de défense avec cette arme, et nous donne le moyen d*en armer avec fruit nos défenseurs. »
Cette proposition est appuyée par Terrasson , et la Société arrête l'envoi des commissaires pour demander au Comité de salut public qu'il forme auprès de lui le Comité en question.
■ l. Extrait du Journal de lu Montorjne.
416 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [21 sept. 1793]
Lejeune. — Autre motion d'ordre. Un illustre Romain terminait chacun des discours qu'il prononçait dans le sénat en disant : « Je conclus à ce que Carthage soit détruite ! » Et moi, j'ai toujours dit comme lui, je répète encore : que Brissot soit jugé avec tous ses complices, qu'Antoinette soit jugée ainsi que tous les aristocrates. [On applaudit) *.
Quelques orateurs parlent sur le même sujet.
Plusieurs députations sont introduites. L'une d'elles lit des rétlexions sur quelques articles du projet de loi concernant les propriétés, les engagements et les successions, qui doit faire partie du code civil.
Séance levée à dix heures.
PKÉSIDEXCE DE COUPÉ (DE l'oISE)^
DuFOURNY. — Voici le temps où tout le monde sans exception, soumis à la loi, peut se trouver dans le cas de l'arrestation ; cette mesure de sûreté peut être provoquée par diflerentes raisons ; toutes ne se trouvent pas également légitimes, et alors il est essentiel que le détenu voie promptement cesser une captivité qui n'était qu'une mesure de précaution. Je propose de faire afficher tous les noms de ceux qui auront été arrêtés; ceux sur lesquels il n'aura rien été allégué de positif dans les preuiiers huit jours de leur détention seront mis en pleine liberté après l'expiration de ce terme, et leur élargissement sera pour eux un véritable certificat de civisme. Je demande qu'on fasse une adresse à la Convention pour la prier de décréter cette mesure. [Arrêté.)
Un invalide dénonce plusieurs abus de l'administration des Invalides ; il montre le triste souper de chacun des défenseurs de la
1. L'auteur du compte rendu du Journal de la Monta f/ne, Aristide Valcour donne, après avoir reproduit les i^aroles de Lejeune, une analyse sommaire et élogieuse d'une pièce rèpul)licaine de la citoyenne Villeneuve, intitulée Le véritable Ami des loin.
2. Le Journal de la Montagne, dans la première partie de son compte rendu, indique comme président Ct>upé (de roise} ; dans la seconde partie, il indique comme président Léonard Bourdon.
patrie, et cite d'autres vexations qu'ils éprouvent ; il termine en demandant à la Société des défenseurs ollicieux, pour obtenir du ministre de la guerre la cessation de ce cruel état.
[Senie.r raniône la ((uostion sur le chapitre des sœurs du pot, qui, aux Invalides coninie jtartout ailleurs, sont un loyer d'aristoeralie. Parmi un grand nombre de traits inciviques, il en est un d'un nouveau iîcnre : c'est qu'elles traitent avec beaucoup plus d'aménité rofficier que le soldat.
L'adresse à la Convention, pour demander l'expulsion des sœurs du pal et régalité de traitement entre les soldats et les olTiciers qui s'y trouvent, est mise aux voix et arrêtée.
Un cilni/1'n s'étonne (|u"on ait passé outre sur la ipieslion de savoir si les officiers à rbùpital devaient recevoir une paie plus considérable cpie les soldats.
Dircrs orrdeurs se présentent pour parler pour ou contre. On passe à Tordre du jour. — Huirriot lit une lettre de Strasbourg, annonçant les avantages remi)ortés le 0 et le 7 par l'armée ilu Uhiii sur les Prussiens, les Autrieliiens et les émigrés, et la déconvenue dos aristocrates et des feuillants à Strasbourg. Il lit ensuite une autre lettre, datée du camp devant Lyon: elle contient sui- le siège de cette ville et les progrès de l'armée républicaine des détails déjà connus.
Les sections réuides du PanllK-on-Fiançais et des Ai'cis demandenl à délller dans le sein de la Société. Arntrdr.
Un dos cilinjrns de rellf drpnlatiini fait hommage à la Société d'une cantate civi(pie composée sur l'air de l'hymne aux Marseillais. HanrUit proj)Ose et la Société arrête (|ue celle caulalc ^era imprimée à cinquante nulle exemplaires et envoyée aux armées, aux Sociétés populaires, distriluiée aux membres de la Sociéh' cl aux citoyens des tribunes. — Brochet fait remarquer que l'orateur de la section des Arcis a dit (|ue sa section, ne pouvant aux termes de la loi se réunir (pie deux fois ])ar semaine, a imaginé de se constituer tout entière en Société populaire, pour se réunir tous les soirs. <> Cependant, dit Brochet, la comndssion des douze que vous avez nommée u arrêté qu'elle ne reconnaîtrait comme Sociétés jjopulaires de sections que celles dont le Comité révolulionnaire aurait formé le noyau, après s'être épuré lui-même, cpie celles eudn dont les membres auraient passé par le scrutin épuratoire de ce même Comité. Or, dans le cas pi('seiil, la Société i)opulaire est formée de tous les citoyens de la seclion; de plus, la section des Arcis a été longtemps intluencéc par les malveillants. » — La Société, afin de ne pas " paralyser le sage décret de la Convention nationale », arrête qu'elle accordera l'affdiation et la correspondance aux seules Sociétés populaires et sections qui se seront constituées dans les formes indiquées j)ar Brochet '.^ Une di'putation de la Société patriotique de la seclion régénérée de la Montagne vient demander à la Société des Jacobins de lui communiquer sa correspondance et ses arrêtés. Accordé. — La même déclare qu'elle « a jilus qu'aucune autre besoin des aliments patriotiques qu'on ne trouve que dans la Société ; elle demande en conséquence (jue la Société comnuuiique à celle de
1. Ce débat est résumé d'après le compte rendu du Journal de la Montagtie, beaucoup plus explicite sur ce point que le compte rendu du Moniteur.