‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 2)Chapitre 84 sur 141 · Cette phrase est extraite du Journal de la Montaf/ne · texte numérisé non relu

Cette phrase est extraite du Journal de la Montaf/ne

[27 SEPT. 1793] SOCIÉTÉ DES JACOBLXS 4-2o

OÙ l'on cessera de leur accorder celle (la confiance) qu'ils méritent par leur attachement pour le peuple. {On applaudit.)

[Le troisième escadron de cavalerie, levé par Maziiel, sous la surveillance du ministre de la guerre, se présente avec ses trompettes en (èle oi défile au milieu de la Société.

Vue (h'putdtion de la ville de Bordeaux est introduite; elle assure la Société que celte ville est enfin rentrée sous l'olïéissance des lois; que les sans-culottes s'y sont montrés comme de vrais répuldicains, et cpie la force armée est déjà prête à marcher à la défense de la République. L'orateur est interrompu. Il continue et affirme que la cavalerie bordelaise va laver dans le sang des Espagnols la honte dont elle fut couverte par sa rébellion. On apjdaudil. — Prreira, ([ui a interrompu l'orateur, est rappelé à l'ordre.]

G.vuTuiER. — Le salut de la France dépend du chui.\ qu'on va faire pour l'organisation des Tribunaux révolutionnaires ; presque tous ont été choisis parmi les Jacobins, et ceux-là, nous sommes sûrs de leur zèle, de leur pureté, et ce n'est pas pour eux que je parle. Mais j'y vois un homme (|ui pour moi est un monstre exécrable, un homme qui voudrait voir anéantir tous les patriotes de la République, un homme dont la vie entière n'est qu'un tissu tle crimes, c'est Copin...

« Non, non ! » répondent plusieurs voix, « il n'u est pas 1 » Tant mieux ! reprend (jauthier ; je dois avertir la Société qu'un (iauthier qui se trouve sur la liste de ces jurés n'est pas moi, comme beaucoup de personnes m'ont semblé le croire.

Une députai ion de In Socirtr di- fa luis vient reconnnander à la Société le nommé Desliayes, commandant de leiii' place, destitué par les représentants du peuple. C'est un homme dont le patiiolisnie est connu, alleslé de toute la ville. Elle demande en outre que tous les .Vnglais soient ciiassés do France.

Brichet demande qu'on ne relàciie aucun détenu <[u'a])rès l'avoir entendu contradictoirement avec les Comités qui l'auront fait arrêter. Il demande ({u'une députation porte toutes ces propositions au ("ioniilé de sûreté générale. — Arrêté.

On annonce l'arrestation de Kersaint.

Benaudin se plaint cpie, malgré la loi, on ait couvert d'un voile noir huit assassins qu'on a envoyés aujourdiuii à réchafaud.]

L'ordre du jour appelait la discussion sur l' état-major de l'armée révolutionnaire. On lit les noms des citoyens qui le composent. On demande que ceux qui se trouveront dans la séance paraissent à la tribune. (AnvJ^f'.)

LiiONARD BouRDo.N. — Il est sur la liste plusieurs noms qui ne me

420 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [27 h^EPr. 1793]

sont pas connus ; ils peuvent l'être de beaucoup d'autres. J'appuie la demande qui vient d'être faite, que celui qui sera nommé se présente, afin qu'en appliquant son nom à sa figure, chacun puisse le reconnaitie et dire ce qu'il sait sur son compte. Je demande en outre que tous ceux qui le connaissent attestent qu'il est bon citoyen ; car ce n'est pas assez de n'être pas connu pour un mauvais patriote, il faut encore que de bonnes raisons fassent présumer qu'on est capable et digne d'occuper une semblable place, et de remplir toutes les conditions qui y sont attachées. [Applaudi et arrêté.)

On nomme pour général Ronsin. Il paraît à la tribune : il déclare qu'il arrive de l'armée des côtes de La Rochelle, appelé par le Comité de salut public pour lui rendre compte de l'état de cette armée, qui est le plus déplorable, par la faute du général Ganclaux et de Dubayet. Il particularise sa dénonciation, et ajoute que quiconque a un mot à dire sur lui peut le faire, qu'il est prêt à lui répondre et à donner sur son compte tous les renseignements que paraîtra désirer la Société. 11 prouvera qu'il fut patriote et qu'il aima toujours la liberté.

David déclare qu'il connaît Ronsin depuis dix années, qu'il était républicain longtemps avant qu'il fût question de république. {On applaudit.)

DuFOURNY. — Je distingue Ronsin de la nouvelle qu'il nous a donnée. Je le crois un bon patriote, mais il me permettra d'ajourner mon jugement sur sa dénonciation jusqu'à plus ample confirmation. Il peut avoir été trompé, et la Société ne doit pas fixer son opinion sur une simple assertion.

Boulanger et Parein n'éprouvent aucune réclamation.

Mazuel est trouvé, par Blanc/iet, trop peu instruit dans le métier de la guerre pour être nommé un des chefs d'une armée qui doit être le coup de grâce des aristocrates.

Léonard Bourdon dit que c'est moins les talents que le patriotisme qui sont nécessaires aux chefs de cette armée ; il demande que Blanchet s'explique, s'il a quelque autre objection à faire sur Mazuel, celle-ci n'étant pas suffisante pour arrêter sa nomination.

Blanchet répond que Mazuel souffrit chez lui des propos inciviques, et n'eut pas le courage de brûler la cervelle au contre-révolutionnaire qui les tenait.

5«;'as justifie Mazuel, et assure qu'il dénonça l'homme en question, qui aujourd'hui est destitué et détenu. Du reste, il cite de Mazuel des traits qui prouvent que son patriotisme est de vieille date.

Vient le tour de Doucet \ dont Audouin et Mayenne - racontent des traits de patriotisme et de bravoure admirables.

Mollin, Mauban sont nommés ; trop peu connus de la Société, elle ajourne la discussion sur leur compte.

Halm et Thurelle passent avec applaudissements.

Lemaire, rie la section rie la Montagne, en reçoit aussi ; cependant un citoyen observe qu'hier, dans cette section, on lui reprocha de n'avoir point aimé Marat, et d'avoir parlé contre ïAmi du peuple.

Lemaire répond que depuis quatre ans il fait la guerre aux aristocrates et aux muscadins. Chargé par la section de la partie des jeux, il a fait rentrer au trésor national plus de 12,000 livres surpris dans les tripots. Il est vrai que Marat dit beaucoup de mal de lui dans une de ses feuilles, et qu'alors il se plaignit que ^hiral ne le connaissait pas, mais il offre de prouver que l'accusation ne provenait que d'erreurs.

Di/Jérenls citoyens font son éloge ; d'autres veulent que les inculpations de Marat soient examinées.

Benaudin, qui rKailIeurs ne s'y oppose point, déclare que, lors du dernierépurement de la Société, on cita celte feuille de Marat comme un des griefs allégués pour empêcher Lemaire d'être reçu de nouveau. La feuille examinée, la Société passa à l'ordre du jour, motivé sur ce que les inculpations n'étaient pas fondées. A celte occasion, il dit (pril vient d'apprendre qu'on a fait à la commune un scrutin épuratoire des membre-; qui la composaient. Il s'indigne qu'on n'ait [)oint chassé Real ; que les membres qui composent la Commune, entre autres le père Duchesne, n'aient point tonné pour exclure un homme qui a dit des horreurs de Danton, Marat, Robespierre, etc.

Léonard Bourdon demande qu'auparavant, sur l'observation que vient de faire un membre, que Lemaire, lors du scrutin épuratoire de la Société, fut trouvé innocent des imputations contenues dans une feuille de Marat, on passe à l'ordre du jour, en adoptant Lemaire. (Arrêté.)

Hébert. — Lorsqu'on fit à la commune le scrutin dont il s'agit, je présidais la Société des Jacobins. Le lendemain, on me dit qu'il fallait que je fusse épuré moi-même ; Real était passé la veille. Au surplus, ceux qui ont des faits à citer contre lui peuvent s'adresser à la Commune ; il est toujours temps de faire chasser un intrigant.

1. Il n'y a aucun ciU»yen de ce nom dans la liste de lëtat-major de laruiée révolutionnaire (voir plus haut. p. 422. note 1". Nous pensons cjull s'agit de Iloussaye.

Page 1