‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 2)Chapitre 85 sur 141 · Ce nom propre est sans doute défiguré · texte numérisé non relu

Ce nom propre est sans doute défiguré

428 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [27 sei't. 179;{]

[Hébert (leniiuidc (lu'on ramène « rAutricliicniu' » au Tcmiile, d'où elle a été tirée par « rancieii Comité de sûreté générale », ((ui était jikis que véreux. — Sentex demande le })romj)t jugement d'Antoinette.

Une députât ion de la Société de Lazoïvsky, section du Finistère, vient avertir qu'elle a changé le lieu de ses séances, et indiquer son nouveau local; elle avertit ensuite que la section où elle se trouve n'a pas toujours été au pas. Des drapeaux blancs et rouges décorent encore son enceinte ; mais, dimanciie j)rocliain, en allant faire la chasse aux aristocrates de cette section, la Société de Lazowsky se propose de les arracher et de les remplacer par le drapeau de Lazowsky ; elle demande des commissaires pour les aider dans cette sainte entreprise. Arrêté.]

Séance levée à dix heures et demie.

PRÉSIDENCE DE COUPÉ (dE L'oISE)

La Société républicaine de Charlestown, dans la Caroline septentrionale, demande à celle des Jacobins son afTiliation.

[Gauthier dit : « Nous avons versé notre sang pour l'établissement de la liberté américaine ; je crois que les Américains doivent en faire autant pour la nôtre avant que nous leur accordions notre affiliation. »

Collot-d'Herbois répond qu'il ne faut pas négliger ce que cette avance peut avoir d'avantageux. Il conclut à ce qu'on accorde l'affiliation. Arrêté. <]o]lot-d'Herbois avertit la Société qu'elle renvoie au Comité de salut public bien des objets qui sont de la compétence de celui de sûreté générale ; il indique les caractères auxquels on peut reconnaître ces objets et engage la Société à ne les plus confondre. Il annonce ipie Hentz a i)roduit au Comité de salut public la correspondance de Ilouchard avec Cobourg, dans laquelle ce Comité, qui n'a pas encore pu l'examiner avec tout le soin qu'exige cette pièce, a déjà découvert ])ourtant, sinon des preuves de sa trahison, du moins des présomptions bien désavantageuses contre ce général, ({ui, dans tous les cas, ne devait entretenir aucune espèce de relations avec les ennemis de l'Etat.. <c Voilà sans doute, continue Collot, les raisons j)Our lesquelles on attaquait avec tant d'acharnement le Comité de salut pultlic, (pii, en trois heures, mit fin à ces trames odieuses, et destitua un général le lendemain d'une victoire qu'il avait remportée malgré lui. Le Comité n'en continuera pas moins, ajoute-t-il, ses grands travaux; il n'en fera pas moins ses derniers ellbiis pour sauver promjjtement la patrie. 11 a mis la Vendée à son ordre du jour i)ermanent. Il terminera cette alfaire, et prolongera ses séances tous les jours jusqu'à quatre heures du matin, plutôt (jue de rester en arrière sur ce travail. On terminera la guerre de la Vendée à quelque prix que ce soit; elle

durera éternellement, ou elle n'existera plus au 15 octobre, » (On applaudit.) Il faut, continue l'orateur, que la Société nielle elle-même cet objet à son ordre du jour ; qu'elle y mette aussi la cavalerie dont nous avons besoin. La Société doit mettre encore à l'ordre du jour la descente on Angleterre. L'alliance plus })articulière que veut faire avec nous l'Amérique septentrionale est encore une ressource dont il faut nous étayer.]

Ce discours rempli d'énergie obtient les applaudissements les plus vifs de toute la Société. « Soyons tous membres du Comité de salut public! » avait dit l'orateur ; et la Société entière, par un mouvement simultané, annonce qu'il n'est pas im de ses membres qui ne soit prêt à s'immoler pour sauver la chose publique, et qui ne rende un hommage éclatant aux soins infatigables du Comité de salut public, que nous pouvons appeler sauveur de la patrie '.

L'ordre du jour ramenait la discussion sur l'étal-major de l'armée révolutionnaire. — Le Secrétaire prononce le nom de Delorme. Personne ne le connaît. On demande qu'il soit ajourné ; mais le Secrétaire observe que ce serait arrêter l'tu'ganisation de l'armée révolutionnaire que d'ajourner incessamment; il pense que la Société est assez nombreuse pour présuuier que celui qui n'est connu de personne n'est pas un excellent patriote.

Henaudin et Brichet pensent ipi'il est beaucoup de personnes dont on connaît la ligure et dont on ignore le nom : ils voudraient que le citoyen nommé se présentât, aliu qu'on put le juger sous ce double rapport, sans quoi il faut absolument ajourner, pour ne point commettre d'injustice.

On nomme Gordier, de la section du faubourg Montmartre. Plusieurs citoyens demandent la parole contre sa nomination. On raconte de lui (|uil fut Jacobin jusiju'au moment où La Fayette quitta la Société, qu'il se lit Feuillant à celle époque. Il avait engagé, lors du dépari pour la Vendée, les jeunes gens de sa section pour s'enrôler; il relira sa parole lorsqu'il sut que les officiers n'étaient point nommés à Paris. 11 demeurait chez, le ci-devant Monsieur, etc. « Passez à un autre ! » crie toute rassemblée.

Renaudin demande que celui qui a présenté ce Feuillant soit connu. On se plaint que dans cette liste on n'ait pas mis d'un côté les candidats, et de l'autre leurs présentants, car c'est une espèce de responsabilité qu'ils doivent encourir. {On applaudit.)

Bréard, commandant de la section de Popincourl, est appelé ; il se présente. On lui demande s'il est de la Société ; il répond que non, mais qu'il en a toujours professé les principes ; qu'au surplus il V3,

L Ce paragraphe est extrait du Journal de la Montafjne.

430 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [28 sept. 1793]

si Ton veut, faire Thistorique de sa vie. Il cite en effet plusieurs traits qui prouvent son patriotisme et la confiance de ses concitoyens. 11 dit que le président peut donner quelques renseignements sur sa personne.

Audouin avertit qu'il ne faut pas avoir beaucoup d'égards pour les noms portés sur la liste, parce qu'on n'y a inscrit que ceux qui se sont présentés eux-mêmes ; on doit en attribuer la pénurie au petit nombre de ceux qui se sont crus propres à ces emplois.

DuFOURNY. — Il faut demander à chaque citoyen nommé de quelle Société il est, car c'est là le vrai champ de bataille où il a dû militer en faveur de la liberté ; ceux qui ne sont d'aucune Société ne sont pas dignes d'être d'une armée qui doit particulièrement commander à l'opinion.

Briciiet. — Et depuis quand ils y sont, car il ne faut point ici des patriotes du 10 août.

Tho77iassé est nommé; il se présente à la tribune, mais s'excuse sur son âge. Mazuel veut qu'il reste au moins pour le conseil, et s'adjoigne à l'état-major pour diriger ses opérations. 11 persiste à s'excuser.

On nomme Gondrecourt. Il est fort applaudi.

Du Hommier n'est pas connu. [Ajourné.)

TolVede se présente au bruit des applaudissements ; il avoue qu'il n'est pas militaire, qu'un autre remplira mieux cette place, attendu qu'il n'a que du courage et du patriotisme. (« C'est assez ! » crient à la fois toutes les voix. — « Tant d'autres n'ont aucune de ces qualités ; qu'il reste 1 »)

Du Caslel, vainqueur de la Bastille, est applaudi. Jaillet l'est de même. Lacour est malade. Un citoyen dit que Lacour a souffert un emprisonnement de cinquante jours, et a été jugé à mort par le Tribunal révolutionnaire de Nantes, pour avoir soutenu les princijjes de Marat et la journée du 31 mai. Un citoyen ajoute des traits de bravoure sur le compte de Lacour, et la Société l'adopte au milieu des plus vifs applaudissements.

[La section du Muséum lait défiler au milieu de Ut Société les jeunes gens on réquisition.

Dufourny annonce que le département', (jui a tant contribué à éjmrcr la Convention, veut aussi travailler à s'é|)urer lui-même; il se fait gloire de suivre en cela l'exemple de la Commune, mais il y veut travailler d'une manière plus authentique. Il demande que la Société lui accorde demain le lieu de ses séances pour s'assembler, et il invite tous les citoyens à s'y trouver

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