Il s'agit (lu département de Paris
[28 SEPT. 1793] SOCIÉTÉ DES JACOBINS i31
pour être témoins de la rigucMir de son scrutin et t'airo dos roclauiations s'il y avait lieu '. — On reprend la discussion sur rélat-niajor de faruiôe révolutionnaire.]
Le Secrétaire lit les noms des candidats qui ont été agréés par la Société. A celui de Houssaye, un citoyen demande la parole, et dit qu'il connaît peu le citoyen en question, mais qu'un jeune homme, qui s'était fait arrêter dans la section, et paraissait être dans des principes très peu révolutionnaires, eu fut réclamé. Houssaye, en le délivrant, lui dit : « Sois tranquille, je te fais mon adjudant-général. » A'oulant avoir le cœur net de tout cela, dit l'orateur, je me rendis aux bureaux de la guerre, pour y prendre des renseignements sur ce jeune homme, et j'appris que c'était un royaliste reconnu. II demande que le président, qui en sait quelque chose, le dise. On demande que Houssaye soit ajourné.
RoBESPHiRRK. — Je m'y o|»pose. L'ajournement a toujours jierdu la chose pul)li(iue; ce n'est plus le moment d'en faire; assez de temps on a allen<lu pour faire justice des brigands qui désolent le territoire français; il faut en finir; et la Société, si elle renvoie, doit prononcer définitivement sur chaque candidat; il est assez de patriotes pour occuper tous les emplois, et il faut absolument aller en avant. Je demande en outre que le président, iuler[)ellé sur le compte de Houssaye, réponde sur cette interpellation.
.\ldolin. — Houssaye, beaucoup mieux connu sous le nom de Pas-de-hon-Dieu^ a fait la guerre des postes avec beaucoup de succès, a pillé les Autrichiens, pris beaucoup de chevaux, de bagages, etc. H avait rendu son nom redoutable parmi eux ; ce (|ui fait sou éloge, c'est ([u'au milieu des pillages, avec mille moyens de s'enrichir, il est resté pauvre ; tombé malade, il fut obligé de se faire transporter à l'hôpital de Saint-Denis, où je le connus et appris à estimer ses vertus et ses grandes qualités républicaines.
Différents citoyens ajoutent à ces traits des traits encore aussi rares du courage étonnant qu'il a montré dans beaucoup <le rencontres. L'assemblée l'adopte.
On demande que Mazuel se justifie devant ses frères du Muséum. 11 parait à la tribune.
Mazuel. — J'avais ignoré jusqu'à ce moment Thonneur que m'ont
l. Le Journal de lu Moitlar/ne du 27 septembre 17<J3 avait publié un extrait des registres du conseil général du département de Paris du 18 septembre, portant que l'épuration du conseil général aurait lieu le dimanche 29 septembre 17!}.'5, à neuf heures du matin, dans la grande salle des Jacobins. Joianul île la Monfar/ne, t. I, p. 830.
432 SOrjKTK DES .lACOHIXS [2S skpt. 1793]
fait mes frères de m'élever au po?te (radjudunt-général de l'armée révolutionnaire ; j'en suis touché jusqu'aux larmes ; mais je les supplie de m'en tenir à la charge que je me suis imposée d'organiser six escadrons de cavalerie : je crois être capable de servir la patrie dans cet emploi, et je ne me connais pas les talents i-equis pour commander et pour tirer parti d'une armée aussi précieuse que celle qui s'organise. Si assurément mes frères veulent m'honorer d'une marque de leur bienveillance, je demande qu'à ma place on veuille bien nommer le cito,ven Lang, excellent patriote : il a pris des drapeaux sur les Suisses à la journée du 10 août, et a donné dans toute la Révolution des preuves non équivoques de son amour pour la liberté.
Différents citoyens lui rendent les mêmes témoignages. La Société arrête que le citoyen Lang est substitué au citoyen Mazuel, en la place d'adjudant-général de l'armée révolutionnaire. — Mazuel demande la parole sur les quartiers-maîtres, qu'il accuse d'avoir perdu les armées jusqu'à ce jour, et dont le choix est bien important pour celle-ci. Il veut que les quartiers-maitres passent au scrutin épuraloire de la Société, et suivent, du reste, en tout les ordonnances militaires.
On continue la nomenclature de l'élat-major.
Bricuet. — Attendu que la Société n'est pas assez nombreuse, je demande que la liste soit ajournée; en second lieu, que le Comité de correspondance présente une autre liste avec les noms, prénoms, demeures et qualités des candidats, afin <ju'il ne se commette aucune erreur. — Un membre trouve ce moyen trop long.
Robespierre. — Je déclare que tous les retards , quels qu'ils soient, dans cette occasion, ne tendent qu'à perdre la chose publique. L'armée révolutionnaire est le moyen par lequel les lois vont être mises à exécution, et c'est en retarder l'effet salutaire que de s'opposer à son organisation. Qu'on passe par dessus tous ceux qui paraissent suspects; il en est d'autres, et la Société doit s'empresser de contribuer à mettre cette armée en exercice, ainsi que le tribunal qui doit marcher à sa suite.
[Robespierre continue son discours : il se ])laint de " Tineiiie » du Tribunal révolutionnaire, qui n'a i)as tenu séance aujourd'lun ; il se i)laint également que le ministre de la justice n'ait pas encore désigné les nouveaux jurés de ce Tribunal.
Aiivro)/ vient déclarer que, s'étant présenté chez le miuistre de la justice pour avoir acte de sa nonunation au Tribunal révolutionuaire en qualité de juré, on lui a ré|)ondu (ju'idle n'était pas imprimée, qu'il fallait ((u'il attendit quelques jours encore.
Renandi)) demande ([ue le Comité de salut public fasse dire à l'un de ses
commis, le ministre de la justice, de vouloir bien fournir demain la liste des membres du nouveau Tribimal ; et que. ijuisque celte liste est imprimée dans tous les journaux, sans doute il aura les moyens de se la procurer bien vite, et de la fournir aussi à tous ceux qui la réclament.
Dcs/ieux demande qu'une députation de la Société se trans])orle, séance tenante, chez le ministre de la justice, pour savoir ([uelles raisons l'ont empêché de donner cette liste, dont on a besoin, et l'engaiier à la faire passer le plus tôt possible. Arrclr.]
Séance levée à dix heures.
SÉANCE Di; LUNDI 30 SEPTE.MUUE 17U3
PRÉSIDENCE DE COUPÉ (dE l'oISE)
[Un citoyen expose que Carleaux est sur le point de "prendre Toulon ; il ajoute que l'armée de Carleaux est tout à fait républicaine, mais que, dans l'armée d'Italie, il y a beaucoup d'officiers aristocrates. '
Un citoyen apprend à la Sociéfé que le Mauban proposé pour l'armée révolutionnaire, et qu'on a ajourné, n'est pas le Mauban, plat flagorneur do La Fayette et de Uumouriez, dont il était l'adjudanlgénéral, le Mauban chargé fie maintenir Tordre dans le ci-devant Palais-Royal, mais bien celui de la Société Fraternelle, patriote connu par ses ouvrages révolutionnaires, et qui produira en sa faveur les témoignages de toute la Société et de tous les patriotes les plus connus pour tels,
Mauban obtient la parole. Il annonce qu'il a été proposé par Ilanriot. Il cite les ouvrages révolutionnaires qu'il a publiés. « Ce n'est pas, dit-il, la crainte de perdre un emplui qu'on m'a jugé digne de remplir qui m'a amené devers vous, c'est la nécessité de conserver ma réputation intacte, qu'une méprise a flétrie. » On demande que Mauban soit rétabli sur la liste et continué dans sa place; en outre, qu'on envoie l'extrait du procès-verbal au ministre de la guerre pour servir à la justification du citoyen Mauban. [Arrêté.)
On renvoie au Comité de salut public une lettre qui engage la Société à surveiller le citoyen xMoreau, député de Saùne-et-Loire, qui siège à la Montagne, quoique, dit un membre, il ne doive habiter qu'au Marais. {Accordé.)
[Une députation de Bordeaux prend la i»arole; elle l'ait un tableau suc-