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Tome V

434 SOCIÉTÉ DES JACOlilXS [30 si.it. 179:)]

cincl (les mallu'urs ([iii oui aftligô cotto ville, ot des soins ({u"onl pris les nouvelles autorités coustilnées i)Our les l'aii'c cesser.

Une lettre de la correspondance demande pourcpioi Brissot n'est pas jugé encore.

La Société arrête qu'elle se portera en niasse à la Convention, pour lui demander le i)ronipt jugement, de Brissot et de tous ses complices. — Raisson fixe tous les regards sur l'état actuel de la Vendée. Une lettre de Momoio lui a appris que les états-majors de cette armée sont i)rofondément corronijius; que les prétendues victoires, dont on nous a bercés, sont cliiméri((U(>s ; (jue les chefs, excepté lîossignol, sont tous des traîtres. Beysser, qui avait été dénoncé comme fédéraliste, mais hlanclii par l'ancien Comité de salut public, qui l'avait renvoyé à son poste, vient d'être arrêté et mis à l'Abbaye. 0/* applniidif. Raisson termine en priant la Société de s'occuper sans cesse de cet objet, et les membres du ('omité de salul pujilic de prendre tous les moyens pour faire -cesser cette guerre désastreuse.]

Duhem demande à la Société de se justifier des calomnies qu'on a répandues sur son compte, soit dans son sein, soit aillenrs.

Un citoyen : « Vous avez défendu Gustine. »

DuuEAi. — Jamais! — « Si ! Si! » répètent plusieurs membres.

DuuEJi. — Il faut donc m'entendre, puisque vous voulez me juger. Je conviens que j'ai dit, dans une lettre à Gasparin, que Gustine était franc et loyal ; mais c'était avant sa trahison. [Murmures.)

Un citoyen. — Vous avez déposé en sa faveur dans son procès.

DunEM. — Ce dernier fait n'est pas exact.

Une autre voix. — Et le Mont-Blanc ?

DuiiEM. — On m'a accusé d'avoir demandé l'évacuation du Mont- Blanc. Ge n'est point là ce que j'ai dit, et Robespierre, qui m'en accusa dans une séance antérieure, se trompa : car il n'était point à la séance en question'.

Cellier, — Duhem doit se rappeler que je le rencontrai sur la route de Valenciennes à Bouchain, après la retraite du camp de Famars-. Il était avec Lesage-Senault ; il me demanda ce que j'allais faire à Paris. Je lui répondis que j'allais prévenir la Convention que les bataillons étaient désorganisés et réduits presqu'à rien. Duhem me répontlit que les bataillons étaient au complet ; mais qu'au surplus, si les places frontières étaient jamais perdues, il poignarderait Brissot, Vergniaud, Guadet, etc. Plusieurs d'elles ont été livrées, et

1. i);ins le couqite rendu du .Imirnal de lu Mniihi<j)n\ Diiliein dit ipi'il a parlé d'après l'avis de quelques-uns de ses Cdlir^aies qui leiilduraieiit.

2. Cellier, membre de la eiuimunic de Paris, avait exercé les ronclioiis de commissaire du Conseil exécutif prés de rarmée de Péronin'. — Voir, sur ce persounatre. le Recueil dea actex du Cumlté dr Stiluf pi/bf/c. I. \\. p. l'i") cl I. IX, p. 41. — Didieui était représentaiil en iiiissidii A rariuce du Ntnd 'hid.. I. 111, p. (i.'J).

\:iO SEPT. 1793] SOCIÉTÉ DES JACOBINS 43b

pas un des hommes que je viens de citer n'a expiré sous le poignard de Duhem. Pourtant il me dit que je pouvais en parler, parce qu'il était décidé à tenir parole. Je le crus : tout républicain doit le faire ; cependant je n'en ai rien vu jusqu'à présent. Dulieni me dit que le Journal de la Montagne faisait le plus grand mal à l'armée : c'est que ce journal, ainsi que le Pt'-re Duchesne, dénonçait Custine et tous ceux protégés peut-être par Duhem. Dès lors le ministre de la guerre n'envoya plus le journal aux armées ; et, dès le lendemain, les volontaires le demandèrent à grands cris, et ne cessèrent de le demander et de le réclamer par écrit et de vive voix. En outre, Duhem, chargé de surveiller Custine, ne s'est point acquitté de ce devoir dans aucune des villes où ils ont demeuré tous deux ; le plus souvent ils étaient fort loin l'un de l'autre, et du théâtre de ses opérations.

Duhem. — Je réponds au premier fait qu'efT'ectivement plusieurs bataillons étaient désorganisés, qu'ils le sont encore; mais je n'y vovais aucun remède, je ne pouvais suffire à tout : la commission s'était partagé diil'érents cantons. Mes travaux étaient presque toujours entravés par les officiers.

Secondement, le Journal de la Montagne avait rapporté que Custine avait fait fusiller, à la tète des bataillons, des ofliciers. J'écrivis à Gasparin que cette erreur était un mensonge absurde, que le Journal de la Montagne avait tort de répandre, et qu'il était ilangereux.

Le l'HÉopiNANT. — Si vous aviez voulu dire cela, vous auriez pu dire que, le Journal de la Montagne s'étant trompé sur un fait, il fallait l'engager à se rectifier, mais non dire et écrire qu'il était dangereux.

Henalihn. — D'après l'aveu du préopinant, des officiers démolissaient tout ce qu'il faisait. Je lui demande quels sont ces ufiiciers, à qid il les a dénoncés, pourcjuoi il n'en est pas un au Tribunal révolutionnaire.

Duhem répond que plusieurs citoyens dénoncés par lui sont en ce moment dans les prisons, où ils attendent leur jugement, « et termine, en protestant de la pureté de ses intentions, une justification que le morne silence de la Société désigne comme insuffisante ' ».

[Renaudin se |ilainl (jne les étals-majors inloreeptenl les lettres destinées aux volontaires.

La Société arrête (jue ceux ((iii ont parlé à ce sujet, se réuniioiU demain pour prendre une résolution.

Auvray annonce que, conformément aux arrêtés de la Société, il s est rendu chez le nunisire de la justice pour lui demander si des lettres de con-

1. La partie de celle phrase entre guillemets est extraite du Journal de la M'tntcnjne.

436 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [30 seit. ITOli]

vocation avaioni clc envoyées aux juges du Trihunal rcvoUuionnairo : le Trihunal se réunira demain». — Dcsfieux dit qu'une dépulalion ira demain à la Convention demander le jugement de Brissot : il faut qu'elle demande aussi le jugement de Marie-Antoinetle.

La Société de Chdleaurenaull réclame en laveur de Gardien, un de ses membres, détenu à rAbbaye ; on passe à Tordre du jour.]

Un citoyen apprend à la Société que le Comité révolutionnaire de la section des Tuileries avait fait mettre en état d'arrestation les aristocrates et les gens suspects de cette section ; le Comité de sûreté générale a fait élargir aujourd'hui deux des plus fameux contrerévolutionnaires qu elle eût dans son sein. L'un est La Renardière, qui fut Jacobin, et que la Société chassa; l'autre est Fayvet. I/orateur invoque l'attention des Comités révolutionnaires sur ces élargissements, que se permet celui de sûreté générale.

Séance levée à dix heures.

PRÉSIDE.NCE DE COUPÉ (dE l'OISE)

CoLLOT d'Hekegis. — Quelques précautions qu'ait prises la Convention nationale, et malgré ses décrets, les ennemis du bien public, pour répandre la terreur parmi les sans-culottes, qui n'en sont pas aisément susceptibles , publient quelquefois des nouvelles désastreuses qui n'ont point de fondement. Quelquefois aussi, changeant de tactique, agissant inversement, lorsqu'il faut retarder des mesures essentielles, d'où dépend le salut public, ils répandent des nouvelles de grandes victoires qui ne sont pas plus vraies ; telle est celle sur Lyon, au moment où la réquisition va porter là des forces immenses auxquelles rien ne peut résister; il n'est venu au Comité de salut public d'autre nouvelle qu'une lettre de Dubois-Crancé, dont voici le post-scriptum.

« Les Lyonnais, attaqués sur quatre points à la fois, le 29, ont été repoussés; partout les redoutes sont emportées. Nous sommes à Per-

1. Les paroles d'Auvray ne figurent que dans le compte rendu du Journal de la Montagne. Mais ce compte rendu s'arrête lik. Tout ce qui suit ne se trouve que dans le compte rendu du Moniteur.

rache, aux Brotteaux, et sur Sainte-Foy ; l'iiorizon est chargé de flammes et de feu; tous les BroUeaux sont incendiés, Perrache brûle, et il fait grand vent.

» Les troupes de la république ont pris dix pièces de canon aux rebelles. — Victoire ! »

Celles qu'a rapportées Albitte. qui est ici, et qui bientôt paraîtra dans le sein de la Société, pour lui rendre compte de ses soins et de ses travaux, viennent à l'appui de celles-ci. Passant à un éloignement de huit lieues de Lyon, il aperçut de son côté une sorte d'aurore boréale, qui lui fit croire que le feu est aux quatre coins de cette ville.

Blanciiet. — Vous savez que nous fûmes arrêtés, Roussin, Gonord et moi', à Chalon-sur-Saône, et traités comme des assassins dans la Société populaire de celte ville, pour nous y être comportés en vrais républicains. Eh bien! ceux qui nous ont arrêtés sont ici. Le voilà (en désignant un homme en uniforme national), le voilà le monstre qui nous a traités si indignement, et qui nous a taxés d'être payés par les Jacobins pour jouer ce rôle dans les départements.

Le citoyen mci///>e parait à la tribune :

« Je suis, dit-il, inculpé graveuient ; on m'accuse d'avoir fait arrêter des commissaires. Je rappelle qu'alors Marat était sous le décret d'accusation; Blanchet vint à la tribune défendre Marat et professer ses opinions. . . »

Bravo, bravo! s'écrie-t-on dans toutes les tribunes ; il a bien fait ! {On applaudit.)

« Je suis, continue le même citoyen, commandant de la garde nationale de Chalon-sur-Saône; je n'étais quune machine entre les mains des agents supérieurs, je fus obhgé d'obéir. »

RoYER. — Je demande à faire quelques observations en faveur du dénoncé.

Blanciiet. — Je nie que le dénoncé, qui se nomme Benoit, eût été requis ; j'atteste que j'ai été arrêté dans la salle même de la Société.

Benoît. — Je reçus, le soir même, verbalement, du district l'ordre de les arrêter ; le lendemain je le reçus par écrit. Quant à moi personnellement, la seule chose que je me permis fut d'observer à Blanchet que, d'après son état et ses connaissances, je le croyais peu propre à aller dans les armées juger des fortifications, inspecter des généraux, vu que ce n'était pas là son métier.

Royei\ interpellé de s'exphquer catégoriquement sur le compte de

1. Cf. Recueil clef: actes fin Comité de salut public, t. IV, p. 124.

438 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [2 oct. n93]

Benoît , dénoncé , atteste que dans toute la Révolution le citoyen Benoît a donné des preuves de patriotisme. A la vérité, il abandonna pour un moment la cause du peuple; il donna à plein collier dans le système de Roland, c'est à lui à se justifier de cette erreur ; [il ajoute] qu'il lui reprocha lui-même ce tort trop réel.

Blanchet. — Ayant fait à la tribune de la Société populaire l'éloge de Marat, prêché les principes les plus purs de la Révolution, le commandant qui est présent m'entoura de deux cents satellites, dignes de La Fayette. Je fus traîné, meurtri, insulté. Cet homme me suivait; je lui disais : Mais quel est mon crime? « Ah, coquin ! me répondait celui-ci, vous venez ici prêcher Danton, Robespierre, Marat ! Nous vous apprendrons... » En un mot, nous fûmes traînés en prison et traités comme les plus grands criminels. J'aurais pu l'oublier, si je l'avais éprouvé seul; mais les Jacobins, mais la Convention ellemême, ont été insultés. Je demande vengeance; et, si je ne l'obtiens, je la réclamerai de la Convention nationale. . ., du peuple môme.

Gaillard et Desfieux appuient la demande que Benoît soit conduit au Comité de sûreté générale, par six membres de la Société.

RoYER. — La Société s'avilirait en chassant de son sein un homme pour des faits de ce genre.

AuDOUiN. — Et moi je dis qu'elle s'avilirait, si elle ne le chassait pas. D'où peut venir une semblable idée? A quoi attribuerai-je une telle opinion? Il est bien extraordinaire que, parce qu'un membre a trouvé ici un homme cjui était de son pays, il ait cru devoir sacrifier les principes en sa faveur, et lui solliciter une grâce qu'il est indigne d'obtenir.

Audouin présente ensuite l'historique de ces commandants de place modérés, qui, par leur inertie souvent bien calculée, ont favorisé la révolte de Lyon, Marseille, Bordeaux, etc., et ensanglanté toute la République. Celui-ci lui paraît coupable au moins de mauvaise volonté. Il termine en appuyant la motion de Desfieux, que la Société le fasse conduire au Comité de sûreté générale pour être examiné, en outre que cet homme soit vomi de la Société ; enfin, il demande que la Société arrête qu'un de ses membres, pour qui elle avait de la considération, mais qui a prodigué ses talents à défendre un modéré, soit censuré par elle. [On applaudit.)

RoYER. — J'avoue que je me suis servi d'une expression impropre et trop forte, quand j'ai dit que la Société s'avilirait en rejetant de son sein un homme, dont au surplus je ne puis m'empêcher de louer l'ardent patriostime et l'activité avec laquelle il m'aida à combattre la faction fayettiste et tous les intrigants de 90.

[2 ocT. 1793] SOCIÉTÉ DES JACOBINS 439

11 e?t bien mallieureux que le reste d'estime que je conçus pour lui, et qui, dans la chaleur de sa défense, me dicta cette expression, m'enlève aujourd'hui une estime qu'ont dû me mériter quatre années de sacrifices et de persécutions.

Dufowny engage la Société à se méfier de quelques charlatans pour la législature prochaine. Diverses choses lui ont fait croire que, dès ce moment, on cherche à commander l'estime et à captiver la confiance. Mais, ajoute-l-il, quelquefois la véritable opinion perce. Il engage Royer à se surveiller, sinon on le surveillera.

Les deux premières propositions d'Audouin et la censure sont arrêtées. Cette affaire est renvoyée au Comité de sûreté générale, avec des commissaires pour accompagner le dénonciateur.

[Un cUoijcii lit à la tribune un aile daocusation on seize eliols contre Brissot, puis un autre contre I»ctioii. «luadet, oie.'. — Boissel veut qu'on y ajoute le vol du Garde-nicuble, donl il est connu que Brissot était complice. — L'ontti'ur lui répond qu'il est inutile de mêlera des erimes de lèso-natiou des délits particuliers, comme un vol. — Lulier dit : <■ il faut que l'airaire se borne à Brissot seulement, el que les coupables soient attaqués ensuite selon leurs relations. -> — Reiuiudui s'étonne iiu'(Ui ne dénonce pas aussi Manuel. — Hi'bcrt ne conçoit pas la distinction établie par Lulier entre la conspiration el les ai^ents de celte mémo conspiration. <- 11 est, dit-il, de princiiie établi eu droit, que le crime est indivisible. Ce qu'on doit constater en cette occasion, c'est le crime, et pou iuq.orle après quels sont ceux qui s'en sont rendus coupables, on quelque nombre .piils soient. *> Et il cite des faits. — Brochet appuie rojùnion d'Hébert el dit : • Le président n'aura que celte seule question à faire : Potion, Vergniaud, etc., sont-ils convaincus d'avoir coopéré au même délit ? Sur l'alTirmaliou du jury, le mémo jugement doit servir pour tous. »]

La séance a été levée à dix heures.

PRÉSIDENCE DE COUPÉ (DE l'OISE)

Lefort avertit la Société que des malveillants cherchent à la dissoudre en y introduisant des hommes anti-populaires; il demande que tous ceux qui n'étaient d'aucune Société populaire affiliée aux

1. Ces deux actes daccusation ont été imprimés dans le Moniteur du 8 octobre 1793, t. X\lll, p. o7-o8.

440 SrM'.IKTK DES .lACniilNS [4 oct. 1793]

Jacobins avant le 10 août ne puissant être ailmis dans le sein de la Société. Cette proposition donne lieu à quelques débals, après lesquels la proposition est arrêtée.

Une lettre de la correspondance dénonce plusieurs employés dans l'administration des charrois. DifTérentes dénonciations sur cette administration se succèdent. Hassenfratz lit une liste de ces employés, qui tous étaient au service du ci-devant Veto ou de ses frères.

[Léonard Bourdon propose que la Société noninio une commission de dix mombros, pour demander au ('-omilé de salut public de faire révoquer les employés dénoncés.]

Julien [de Toulouse) demande la parole.

Raissox. — Ceux qui font entendre leur voix dans le sanctuaire de la vérité doivent être exempts de tout reproche. Julien était membre du Comité de sûreté générale ; il n'en est plus ; mais la voix publique s'élève contre lui ; mais des observateurs patriotes, des hommes zélés et véridiques lui adressent des re}»roches peut-être mérités. Je ne sais par quelle fatalité Julien fut le rapporteur de beaucoup de gens justement suspects, et toujours ils sortirent blanchis de ses mains. Avant donc de combattre des intrigants et des traîtres, il faut être soi-même inaccessible à tout soupçon. La représentation nationale doit être composée de manière qu'elle soit exempte de tout reproche. Je demande donc que Julien (de Toulouse) réponde aux bruits qui s'élèvent contre lui, et qui déjà ont obligé un des Comités de la Convention à prendre contre lui des mesures sévères.

Chabot. — Je demande la parole pour combattre la motion d'ordre de Raisson.

Julien [de Toulouse) rend hommage à la pureté d'intention qui a dicté les observations de Raisson. Il s'étend sur le but des Sociétés populaires, et veut prouver que son intention ni son ambition n'a jamais été d'acquérir une réputation ni derintluence par des discours, des figures et des déclamations.

David. — J'invite Julien (de Toulouse) à ne pas faire de belles phrases, mais à s'expliquer sur les liaisons qu'on lui reproche avec d'Espagnac, et dont nous avons la preuve.

Julien (de Toulouse). — Je défie qui que ce soit de m'accuser d'un crime : j'en appelle à ma vie entière ; je prends à témoin tous les bons patriotes, tous mes collègues, que je n'ai jamais cessé de me montrer le défenseur des droits du peuple, que j'ai toujours voté comme ses amis les plus ardents, que toutes les actions de ma vie attestent le civisme le plus pur, que je n'ai jamais manqué de rendre à qui que ce fût des services individuels...

*** : Témoin d'Espagnac.

MoEN-XE. — J'interpelle Julien (de Toulouse) de répondre au sujet des conciliabules quon l'a accusé de tenir avec Thuriot et Barère, chez la ci-devant comtesse de Beaufort.

Julien [de Toulouse) explique ses relations avec d'Espagnac, au sujet d'un rapport dont il l'ut chargé dans le temps qu'il était membre du Comité des marchés; il rend compte d'une conversation qu'il a eue avec cet homme, qui lui apprit qu'il avait été fort bon prédicateur. Cette identité de métier ' lia plus particulièrement d'Espagnac et Julien ; celui-ci apprit de l'autre qu'il avait été républicain dix ans avant qu'on ne pensât à la République. Cependant son rapport tendit à faire casser les marchés de d'Espagnac avec la nation, qu'il regardait comme onéreux ; mais la Convention maintint les marchés de d'Espagnac, qui de tous les marchés avec la République étaient les moins dispendieux, d'autant mieux qu'une clause de ces mêmes marchés assurait la nation contre tous les gains illégitimes qu'auraient pu faire ces contractants inhdèles. C'était que la natictn compterait avec lui de clerc à maître, c'est-à-dire qu'elle lui donnerait 10 pour 100 pour toutes les pertes qu'il aurait pu supporter, et résilierait le bail.

Il ajoute ensuite que d'Espagnac lui écrivait à Orléans qu'il désirait sa présence au Comité des marchés, qu'on lui suscitait des persécutions, que même d'Espagnac, croyant n'avoir que peu de jours à vivre, avait disposé de ses biens, et, le regardant comme un homme fidèle et probe, voulait le faire son exécuteur testamentaire, comme il voulait faire aux Jacobins un legs de 70,000 livres. (Violents murmures.) «' J'invoque, continue l'orateur, le témoignage de Danton et de plusieurs Jacobins, et j'atteste que ce n'est qu'à cause de ce legs à la Société, que j'ai suivi la connaissance de d'Espagnac. »

Quant à ses relations avec la citoyenne Gauthier, femme divorcée du citoyen Beaufort, il déclare l'avoir connue à Toulouse, où elle demeurait dans la même rue que lui ; qu'il avait cultivé sa connais sauce à titre de femme de lettres, qu'il l'avait revue à Paris, et, qu'ayant aperçu sur la porte de la chambre qu'il occupait des caractères sinistres, et sachant que la témérité n'était pas du courage, il avait cru devoir se dispenser de l'occuper pendant quelque temps, et qu'à cette époque, un logement s'étant trouvé vide dans la maison où demeurait la citoyenne Gauthier, il l'occupa-. Quant aux conciliabules qu'on lui reproche d'avoir tenus avec Thuriot et Barère, il dément plus formellement ce fait, et certifie que, s'ils en eussent tenu,

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