Tome V
450 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [8 oc.t. 1793]
J'avais disposé ma troupe en aussi bon ordre qu'il m'avait été possible. J'avais cacbé quatre divisions de la gendarmerie à pied, qui sont autant de béros que d'hommes. Nous avions aussi quelques pièces de canon, que nous masquâmes, en laissant voir les plus petites. Le combat s'engagea dans les règles, et fut furieux. L'avantage fut entier de notre côté ; nous tuâmes trois cents bommes, et prîmes un canon de 8 et un obusier. Tout se passa dans l'ordre, chacun fit bien; tous donnèrent avec beaucoup d'harmonie, et exécutèrent avec la plus grande ponctualité les ordres qui leur furent donnés ; j'eus beaucoup à me louer de tout le monde. Etant dans l'inaction maintenant, j'ai pris un congé d'un mois pour rétablir mes affaires qui périssent.
Le ministre de la guerre écrit à la Société que la diatribe du citoyen Laveaux contre lui n'est pas la cause de son renvoi des bureaux de la guerre et de son arrestation.
[])«i fourni/, cliargè de l'aire le rapport sur la dénonciation de Laveaux, ajourne ce rapport, jjarce que Laveaux est en état d'arrestation.]
Benlabole se plaint de l'arrestation arbitraire de Laveaux par le Comité révolutionnaire du Luxembourg, qui l'avait invité à se rendre dans son sein pour donner des renseignements sur Vincent, et qui a abusé de la confiance avec laquelle il obéit à cette invitation, pour s'emparer de lui, quoiqu'il lui soit étranger, sous le prétexte qu'il ne prouvait pas ses accusations contre Vincent. — La Société arrête que la commission se rendra au Comité de la section du Luxembourg pour en obtenir d'abord la mise en liberté de Laveaux.
Vincent se présente à la tribune et veut prendre la parole ; un arrêté de la Société la lui refuse jusqu'à ce que le citoyen Laveaux puisse être entendu. Des huées l'accompagnent jusqu'à sa place.
[A propos d'un « aristocrate » de Chalon-sur-Saône, qui vient d'adopter les oni'ants d'un citoyen mort en défendant la patrie, Robespierre déclare « que c'est en vain que de riches aristocrates se parent, aux ycnix du peuple qu'ils abusent, d'actions vertueuses qui ne leur coûtent rien, et tâchent d'usurper sa confiance pour le traliir ensuite ».]
Boulanger, général de l'armée révolutionnaire. — Je viens de recevoir des ordres du ministre de la guerre de me rendre au poste qui m'est confié. Je ne viens point ici flagorner personne, je viens dire que j'accepte et que, dans trois jours, Ronsin et moi promènerons l'armée révolutionnaire. [On applaudit.) Il faut enfin punir les scélérats ; je demande que, pour notre promenade, on nous donne une guillotine.
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\La citoyenne Lacombe, accompagnée d'une députation des Femmes révolutionnaires, se justifie des accusations portées contre elle à la tribune dos Jacobins. Elle est applaudie '.]
La séance a été levée à dix heures et demie.
PRÉSIDENCE DE DU BARRAN
[Paré, ministre de l'intérieur, écrit pour dire qu'on Ta accusé sans raison, il la Société des Jacobins, de n'avoir pas encore expédié aux départements les décrets du 12 et du 17 septembre, relatifs à l'arrestation des suspects. Les décrets lui ont été remis par le ministère de la justice le 19; ils ont été iniprimés le 20 et expédiés le 21.1
Taschereau. — Je rappelle Tattention de la Société sur ralTiliatioii qu'elle a accordée à la Société populaire de Constantinople;je lui fais observer que ce serait livrer les patriotes qui sont dans cette ville à la fureur des aristocrates. Ressouvenez-vous, Jacobins, qu'il y a un an que Carra et Brissot [)roposèrent d'accorder l'affiliation à une Société populaire de Manchester, afin de donner au despote anglais une occasion de se déclarer plus tôt contre la Répubhque ; vous n'ignorez pas que la Société des Jacobins a une influence terrible au dehors; mais il ne faut pas que cette influence serve à exciter des persécutions violentes contre les patriotes. Je demande le rapport de l'arrêté qui accorde l'affdiation à la Société de Constantinople.
L'arrèté est rapporté.
Parein. — J'arrive de la Vendée ; je ne vous donnerai pas de détails sur ces contrées ; Momoro, qui va me succéder à la tribune, m'a promis de le faire. Tous m'avez nommé général de brigade à l'armée révolutionnaire ; je viens vous assurer que je justifierai votre confiance. Boulanger, mon collègue, vous a demandé une guillotine ; je vous en demande une seconde, et je vous promets que les aristocrates et les accapareurs rentreront bientôt dans le néant. {Applaudi)
MoMORO. — Je déclare à la Société que le citoyen Parein, qui m'a précédé à la tribune, et qui a demandé une seconde guillotine, a lui-