‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 3)Chapitre 100 sur 131 · SÉ.\NCE DU LUNDI 3 DÉCEMBRE 170-2, L'AN 1- DE LA RÉPURLIOUE · texte numérisé non relu

SÉ.\NCE DU LUNDI 3 DÉCEMBRE 170-2, L'AN 1- DE LA RÉPURLIOUE

PRÉSIDENCE DE LE PEUriMEK

[Lecture du procès-verbal et de la correspondance. Affilialion de la Sociélé d'Évian. — CoUcclc en faveur du ciloycn LiniObin.J

On si; rappelle (pie l'ex-abbé d'Espagnac, aujuurd hui garde national, en même temps décrété d'accusation t-t dépulé du peuple de la Belgique, est venu aux Jacoltins, dans la séance de dimanche, accuser d'impéritie et d'ignorance les agents du ministère; on se rappelle qu'il a princifialcment dirigé ses traits contre le citoyen Ilassenfral/. ',

1. .I<aii-Hrnry Ilasscnfratz (17.3')- 1827), chiuiiste, collaborateur do Lavoisitr, n.cinbrc lie la Goiiiiiiunc du 10 août, était alors directeur do l'admini-stralion du uialériel d« la guerre sous Pachr,

qu'il a accusé nominalivement; ce dernier, ne craignant point de dévoiler sa conduite aux yeux des amis de la liberté et de l'égalité, est venu provoquer l'examen le plus scrupuleux de ses opérations ministérielles.

« Je ne viens point, a-il dit, répondre aux calomnies que d'Espagnac a vomies contre moi, car je me crois honoré d'élre calomnié par d'Espagnac; je viens dévoiler à la Société des trames affreuses, préparées depuis longtemps pour dévorer la subsistance du peuple ; je viens l'éclairer sur les approvisionnements de Paris et dévoiler les obstacles que des hommes perfides ne cessent d'y porter; en un mot, je ne m'occuperai point ici de l'abbé d'Espagnac; je vais m'occuper de l'intérêt public; je vais mettre ma conduite au grand jour, au milieu de mes frères. Je sollicite leur attention la plus sérieuse : un fonctionnaire qui remplit ses devoirs ne doit pas craindre l'œil sévère du peuple. Il existait une compagnie de vivres, sous le nom de Tolozan, et une autre a été formée sous le nom de Doumère ; j'ai été, le o septembre, comme entraîné à l'administration des vivres et j'y ai sacrifié mon temps le plus précieux, je dirai même ma fortune, car la place que j'occupais me rapportait 1:2,000 livres de rente, et celle que j'occupe dans l'administration des vivres ne nie rapporte que 8,000 livres de rente. Mais on ne calcule point avec sa patrie; j'ai fait avec plaisir le sacrifice de ma fortune à l'intérêt de la République. En arrivant au bureau de la guerre, j'ai trouvé l'administration des habits remplie de contre-révolutionnaires ; j'ai cru devoir purger les bureaux des aristocrates qui les infectaient par leur présence ; j'ai fini par leur substituer d'excellents citoyens, homme zélés pour l'intérêt de la patrie. Tel a été mon début dans l'administration. Je me suis ensuite occupé de l'approvisionnement des magasins, qui avait été fort négligé avant mon entrée dans l'adminislralion. J'ai approvisionné les magasins, et aujourd'hui ils sont dans un état propre à faire cesser les alarmes que mes prédécesseurs avaient inspirées.

« L'administration Doumère existait alors ; cette administration avait une marche ténébreuse ; je dis à Doumère : « Je te connais, tu ne peux marcher dans l'obscurité; il faut que je dévoile la conduite, quelque tortueuse qu'elle puisse être. » J'ai combattu vainement pendant six semaines entières pour avoir Tétat des magasins, et ce n'est que lorsque j'ai voulu le dénoncer qu'il m'a donné quelques connaissances de son administration. Il me communiqua alors le projet de réunir les vivres. Je parlai au ministre Servan, je lui fis sentir les dangers des propositions de Doumère, et je le détournai de faire un marché aussi ruineux pour la République. Voici mon début avec Doumère, et Tome IV. 35

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on voit si rintérèt public ne fut pas le premier mobile de ma conduite dans cette circonstance.

<( Le ministre de la guerre avait une administration des vivres, le ministre de la marine avait aussi une administration des vivres, et le ministre Roland avait aussi son administration particulière. Il existait dans les achats une concurrence nuisible à la chose publique. Je proposai de diviser les administrations des vivres et des subsistances et de nommer un agent dans chaque département pour diriger les achats de la République. Cet arrangement fut formé le 4 novembre; l'administration Doumère vit ses projets déjoués, et, se voyant anéantie, elle conçut contre moi le plus vif ressentiment; il a fallu tous mes soins pour rendre sa vengeance impuissante. Voici un fait bien propre à caractériser Doumère : il y a quelques jours que les marchés de Paris se trouvèrent dégarnis, et cependant le département de la guerre regorgeait de blés; il y avait aux environs de Paris un grand nombre de magasins remplis de subsistances, et des grains arrivaient encore en abondance du Havre.

« Cousin et Bidermann demandèrent à Doumère quelques bateaux de grains pour Paris. Doumère eut l'audace de les refuser. J'appris cette mano'uvre perfide; je fis treml»ler Uuumère, je lui reprochai sa conduite incivique et inhumaine; je le fis trembler, et à linstanl il dépêcha un Courier pour faire descendre sur Paris les bateaux de blés qui lui étaient demandés. J'observerai à la Société que je certifie tous les faits que je viens d'avancer à cette tribune, je suis prêta les signer, -' et j'en réponds sur ma tète. Au reste, l'u'il le plus sévère ne m'efl'raye pas; je réclame la plus grande sévérité de la Société, et je désire (ju'elle nomme des commissaires pour examiner ma conduite; elle la trouvera exeuipte de reproches et digne des principes qui doivent diriger un bon citoyen.

« On vous a dénoncé que des grains |)artaient des environs de Paris pour les provinces belgicpies. J'ai écrit à Doumère, j'attendrai sa réponse etji' la publiei'ai. LrCitmitê d'achats ;i cru, ((tuime les grains sont à bon marché dans la Hçlgiqiiç, dcvoii- y l'aiic des achats; cela explique naturellement pourcpioi dlispagnac a vu sortir des blés de la Belgique.

« Lorsque Dumourie/. est arrivé dans la Belgique, il y avait 000,000 sacs de blé. J'ai envoy»' un commissaire dans la Bolgitpie i)our instruire Dumouriez du liiii t»ii étaient les magasins de grains. VA\ l»i(!n ! les intrigants (|iii environnent Diiinourir/. ont ecartè de lui le commis^aiii; cpie je hu avais envoyé et ont laissé ignorer au général les aiipruvisiiMMienienls préparés dans la Ik'l,i;i<pie. Le commissaire

que j'avais envoyé m'écrivit que Malus était chargé des approvisionnements de l'armée, et que des approvisionnements qui m'eussent coûté 1,200,000 livres avaient été achetés 2,000,000 de livres.

« J'observerai que, dans ce temps, d'Espagnac était auprès de Dumouriez, et j'avais les pièces originales.

« D'Espagnac a dit qu'il n'avait fait aucun marché ; mais, moi, je sais que tous les marchés de d'Espagnac sont faits sous le nom de Simon : la Société saura ce que vaut le serment de d'Espagnac. D'Espagnac a dit que l'armée de Dumouriez manquait de vivres, j'ai répondu victorieusement à cette fausse allégation. Depuis que Dumouriez a commencé son expédition de la Belgique, j'ai fait mes efforts pour pourvoir aux besoins de son armée; j'ai envoj'é soixante mille redingotes, et, ce qui vous paraîtra étonnant, c'est qu'elles ont été arrêtées. Voilà les moyens qu'on emploie pour faire des marchés onéreux à la République.

« Je finis par supplier la Société de vouloir nommer la commission que je lui demande pour examiner les pièces déposées dans mes bureaux. Tout agent de la République ne doit point craindre la publicité : je la demande pour moi, et j'espère que la Société m'estime assez pour nommer des commissaires afin d'examiner ma conduite.

« Comme je ne veux répondre à aucune calomnie, je dirai que l'approvisionnement des armées est complet pour quatre mois; je dirai que, d'ici à six semaines, il y aura dans les magasins de la République de quoi changer les habits de la moitié de l'armée, » [Applaudisse semetits très vifs.)

Bentabole. — Ayant été nommé commissaire par la Convention nationale pour examiner les magasins de la guerre, je dois rendre hommage aux vues patriotiques d'Hassenfratz; je puis assurer à la Société que ce qu'il vient de dire est conforme à la plus exacte vérité. Je dois observer que, si quelques individus s'acharnent contre le ministre Pache, c'est parce qu'il n'est pas rolandiste; la Société doit conserver sa confiance à ce minisire, qui la mérite par sa conduite civique. (Applaudi..)

Talliex. — Le discours d'Hassenfratz prouve qu'il existe des coupables; s'il fallait prononcer dans ce moment, je prononcerais en faveur d'Hassenfratz; je l'ai connu avant qu'il entrât dans le département de la guerre; je lui ai connu la plus exacte probité, et j'aime à croire qu'il ne s'est point écarté de la sévérité des principes que je lui ai connus.

Il faudra que l'on punisse ou ceux qui n'ont pas approvisionné nos

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armées, ou ceux qui ont dit qu'elles ne relaient pa?, afin d'avoir l'occasion de faire des marchés ruineux à la République. Il faut enfin que l'on examine la conduite de d'Espagnac. D'Espagnac s'est défendu avec finesse, et même avec beaucoup d'esprit, et je crois que, si l'on eût cédé au premier enthousiasme qu'il a produit, on lui aurait accordé les honneurs de la séance.

J'examine actuellement la demande fie Ilassenfratz : il demande que la Société nomme des commissaires pour examiner sa conduite et lire les pièces justificatives qui se trouvent dans ses bureaux. En rendant hommage aux sentiments d'Hassenfratz, je ne crois pas cependant que nous devions acquiescer à sa demande. La Société, déjà tant calomniée, ne doit pas prêter de nouvelles armes à la calomnie. Or, ne serait-ce pas prêter de nouvelles armes à la calomnie que de nommer des commissaires pour aller examiner les pièces justificatives qui peuvent être déposées dans les bureaux de la guerre? Nous ne sommes point une autorité constituée; nous formons une Société flhommes libres qui cherchent à s'instruire mutuellement et à instruire leurs frères, et nous n'avons pas le droit de nommer des commissaires : ce serait un acte collectif, et ces actes sont spécialement interdits par les lois aux Sociétés patriotiques. Je m'oppose donc formellement à ce que la Société nomme des commisaires [luur aller examiner les pièces justificatives dont vient de vous parler le citoyen Hassenfratz. Mais quelle est la conduite qu'il doit tenir? Elle est fort simple : il a été dénoncé par d'Espagnac, il doit à son tour aller dénoncer d'Espagnac à la iiarre de la Convention nationale. C'est à lui qu'il appartient d'éclairer la Convention nationale sur les pièges qu'une foule d'intrigants tend au général Uiimouriez. Voilà, ce me semble, la marche que doit suivre Hassenfratz. Je m'oppose donc à ce qu'il soit nommé des commissaires, en invitant Hassenfratz à donner tous les renseignemenf« ipi'il peut avoir à la Convention nationale. [Applaudi.)

Lnurjier demande f|ue les commissaires soient nommés : u Tallien, dit-il, craint que cette mesure n'attire de ncuivelies calomnies v-:ontre la Société. Je réponds que c'est en fai-anl le bit-n <pie la Société réfutera complètement les calomnies répandues contre elle. Je demande (jue la Société unie les commissaires demandés. » [Applaudi.)

Le Prcsidrnt obsiîrve (pie la nominal inn des commissaires est un acte coUeetir qui passe bs pouvoirs de la Société, et (ju'étant son organe il doit la rappeh.T au respect des luis, dont elle s'écarterait si elle adoptait la proposition d'Hassenfratz.

Tallien s'oppose de nouveau à la nomination des commissaires. Guiraut Qi Simond développent les principes qui interdisent tout acte collectif aux Sociétés populaires. Enfin la Société, sentant que les lois lui interdisaient la nomination des commissaires demandés, et voulant donner une nouvelle preuve de son respect pour les lois, est passée à l'ordre du jour.

[Guiraut présente diverses observations sur les billets de la Maison de Secours.]

Tallien rend compte à la Société de ce qui s'est passé à la Convention nationale.

Bourdon cherche à réfuter les objections de ceux qui veulent employer des formes de procureur pour juger Louis XVI. « Il est un moyen de leur répondre. Ces messieurs veulent un juré d'accusation, un juré de jugement et un tribunal qui applique la loi : eh bien, nous avons tout cela. Les canons des Parisiens et des fédérés, voilà le juré d'accusation; l'incarcération de Louis XYl au Temple, voilà le juré de jugement, et la Convention nationale est le tribunal chargé d'appliquer la loi. Les amis des formes les trouveront toutes observées dans l'affaire du roi. Au reste, j'annonce à la Société que les patriotes ont remporté ce matin une victoire à la Convention, car, si les défenseurs de Louis le dernier se présentent, on leur dira : u Nous avons « déclaré que Louis XVI pouvait être jugé, vous ne pouvez donc ar- « gumenter sur son inviolabilité. « Nous leur ôtons donc bien des moyens de défense, et sous ce rapport je crois que nous avons remporté une espèce de victoire. » [Applaudi.)

Monestier parle sur ce qui s'est passé à la Convention nationale. Après avoir loué le discours de Robespierre, qu'il dit être très solide et très éloquent, il se plaint de ce que Petion a combattu le discours de son ancien ami; il attribue cette conduite à la jalousie que les talents de Robespierre inspirent à Petion ; il se plaint aussi du ro< Buzot et du prince royal Barbaroux ; il y a quelque anguille sous roche. « Je propose que tous les députés de la Montagne demandent demain à grands cris la mort de Louis XVI. U faut pour cela que dès midi toute la Montagne soit couverte; pour cela il ne faut pas que les députés soient comme de vilains paresseux, et il faut qu'ils se rendent de bonne heure à la Convention. Au reste, si dimanche Louis XVI n'est pas mort, je demande que les Parisiens viennent encore exciteinotre zèle par une bonne pétition. » [Applaudissements tt'ès vifs de Vassemblée et des tribunes.)

La séance a été levée à dix heures.

530 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [o déc. 1792J

SÉA>XE DU MERCREDI o DÉCEMBRE 1792, L'AN V DE LA RÉPUBLIQUE

PRÉSIDENCE DE DUBOIS-CRANCÉ

Après la lecture du procès-verbal, Boissel propose à la Société quelques réformes à faire dans Thymne des Marseillais : il veut qu'aux quatre derniers vers de Tavant-dernicr couplet on substitue ceux-ci :

Frappez ces monstres sanguinaires, Ces vils complices de Motier, etc.

La Société, par ses applaudissements, a prouvé qu'elle adoptait le changement proposé par Boissel.

Duplay demande que la Société fasse disparaître le buste de Mirabeau.

Robespierre aîné. — Il était démontré aux yeux do tout patriote éclairé que Mirabeau était un intrigant qui se parait des dehors imposants de patriotisme pour mieux tromper le peuple. Les preuves de sa corruption sont aujourd'hui complètes; je douiande donc que le buste de ce charlatan poHlique disparaisse du lem|ile de la liberté. Il faut en même temps consacrer un grand principe trop oublié; il faut désabuser le peuple de cette facilité à encenser de coupables idoles; il faut déclarer que nous n'accorderons les honneurs de l'estime publique qu'aux vrais amis du peuple, non pas à ceux qui auront développé les |ilus grands lalfuls, mais à ceux qui auront terminé leur carrière en montrant un zèle inaltérable pour la défense de iliumanilè. Je ne vois ici (|U(' deux lioimncs dignes de notre hommage, Rrutus et J.-J. Rousseau. Mirabeau doit t(jnilier, llejvétius doit tomber aussi; Helvétius était un intrigant, un misérable bel esprit, un être immoral, un des plus cruels persécuteurs de ce bon J.-.i. M'iu^scau, le plus digne de nos Iiduiinages. Si Ihdvétius avait existe lie nos jt)urs, n'allez pas croire (|uil eût embrassé la cause de liberté : il eût augmenté la loule de> inlri.iianls Iteaux j?sprits qui dèsiilciit aujourd'hui la patrie, .le deinaiide aussi que toutes CCS couronnes prodiguées, la plupart à des houimes vivants, disparaissent.

Une funeste expérience nous a trop appris à ne point prodiguer notre encens à des hommes vivants. [Applaudissements très vifs de l'assemblée et des tribunes.)

L'enthousiasme que produit ce discours n'attend pas que la Société ait pris une déhbération : on se précipite sur les couronnes qui étaient suspendues aux murs de la salle, on se les arrache, on se les dispute, on les brûle, et bientôt elles sont réduites en cendres. L'assemblée se lève et demande qu'à l'instant on descende les bustes de Mirabeau et d'Helvétius. Tandis que chacun les menaçait des yeux, on introduit deux échelles au milieu des applaudissements, on descend Mirabeau et Helvétius. Bientôt ces deux bustes sont brisés, on se précipite dessus, et chacun veut avoir la gloire de les fouler aux pieds.

La Société, après cette cérémonie civique, passe à l'ordre du jour, et, après avoir fait le procès^à Mirabeaj.i et à Helvétius de la manière la plus expéditive, on s'occupe des moyens de faire le procès de Louis XVI le plus promptement possible.

[Un membre parle sur le procès de Louis XVI et se prononce pour une condamnation capitale. — Laplancke prononce un discours dans le même sens et le termine par le projet de décret suivant :]

« Art. I". La Convention nationale décrète que, dans les vingtquatre heures, ses Comités de législation et de sûreté générale et ses Commissions des vingt-quatre et des douze réunies rassembleront tous les faits et recueilleront toutes les preuves propres à motiver le jugement de Louis Capet, et qu'ils en dresseront l'acte énonciatif.

« IL Le lendemain, Louis Capet sera traduit à la barre pour en entendre la lecture.

« III. Louis Capet aura vingt-quatre heures pour fournir, verbalement ou par écrit, ses moyens de défense et pour dénoncer ses complices, fauteurs ou adhérents.

« IV. Le jugement de Louis Capet sera prononcé par appel nominal et exécuté le lendemain sur la place du Carrousel.

« V. Exil perpétuel de la maison des Bourbons. »

Robespierre prononce un discours qu'il avait déjà lu à la Convention; il est inutile de le donner ici, car il se trouve dans tous les journaux depuis trois jours', Doppet termine la séance par faire

1. Néanmoins le rédacteur du Juurnul des Jacobins se ravisa et donna ce dis-

0D« SOClf:Tf: I)F,S JACOHINS [ÎJ héc. 17'J2]

quelques réflexions sur les intrigants, qu'il dit dominer la Convention; il prédit que leur règne ne sera pas de longue durée. (.4/)plaudi.)

ex IV

SÉANCE DU YENDREni 7 DÉCEMBRE 1702. LAN I' DE LV RÉPrBLlQUE

PRÉSIDENCE DE DUBOIS-CHANCÉ

Après la lecture du procès-verbal, un mcmlire demande que l'on consacre deux couronnes civiques, une à la mémoire de Loiistaliot et l'autre à celle de Machenaut. Un citoyen, eu disant que, dans un Elat libre, il ne doit se donner aucune couronne, prétend (juc lestime publique est la plus belle couronne des hommes libres.

Un membre, fâché que la Société ait brisé le buste d'Helvétius sans entendre sa défense par la bouche de ses amis, demande que l'on consacre un nouveau buste à la mémoire de l'auteur du livre : De l'esprit. Des murmures interrompent lo défenseur ollicieux d'Helvétius, et la Société passe à l'ordre du jour, après avoir arrêté que deux couronnes seraient consacrées à la mémoire de Loustallot et de Machenaut.

/Jonrdoti, accusé dans la corn'Spondanee d'avoir enfii-int les lois sur les subsistances, s'est iiieiiu'nicnt justifié de cette iuqiulation cab)iuniouse.

Dubois-Crancé. — La séance de la Convention a été entièrement perdue pour la chose publique. Grangeneuve a dénoncé des conciliabules secrets formés par des membres du Comité de surveillance. Cette dt''uniiri;Uion a ji't('' une pomme de discorde dans r.Vsscmbb'e, qui a perdu sa si}ance dans des vaiiu;s discussions. Sur la dènijucialion de Chabot, Roland et sa femme ont été mandés à la barre : ils se sont plfiiKMncnl jusiilit's, cl M'" Roland a parlt' avec beaucoup de

cours dans le n" lil <1<' la ('orrrspovi/fDirr. r-f la Socii-l»- ji- lit impriiinT à part. S(Mi3 ce litre ; Société fies amis de lu liberté et de l'é{intilé, séante aux Jacoliins, à l'ttris. Discours fie Maximii.UvN UitiiKsi'iKitiiK sur le parti à l'éf^tird de Lmiis XVI, ji.'.inonc'- à li Société dans lu se inrc du !> déccnthre ll'.l^. — Iiiip. Diiplaiii, s. d., in- S il(! tf. pagc.i. — liibi. iial., 1,1. '.0/228i.

grâce et d'esprit*. [On rit.) Enfin la séance a été consacrée aux misérables discussions qu'a fait naître cette dénonciation. Si cela continue, je ne sais comment nous pourrons sauver la chose publique. [Applandi.)

DoHFEUiLLE, au Hom (les Marseillah. — Les Marseillais m'ont chargé de manifester leurs sentiments d'attachement, fraternel à leurs frères Jacobins de Paris. Si c'est un crime d'être Jacobin, les Marseillais sont profondément criminels. Les Jacobins ne sont point une faction, mais ils les ont détruites toutes. J'annonce à la Société que le dey d'Alger, sachant les besoins de MarsciHe, lui a envoyé des subsistances en disant que, lant qu'il aurait des blés, il les partagerait avec ses frères les Français. Ainsi, tandis que tous les l'ois de l'Europe se coalisent contre la liberté des peuples, on voit un roi s'humaniser ! {Applaudissenients 1res vifs.)

Le Présidenl, qui, dans le Midi, avait été témoin des services que Dorfeuille a rendus à la Révolution, lui a témoigné les sentiments qu'é(irouvciit la Société. Il a rappelé que Dorfeuille avait été un apôtre de la liberté, qu'il en avait propagé les principes au sein des campagnes avec un zèle vraiment patriotique. Au souvenir des services rendus par Dorfeuille à la cause de l'égalité, l'assemblée applaudit avec transport.

in ciloyen, qui a cru apercevoir des erreurs dans le discours que Hassenfratz prononça il y a quelque temps à la Société, est venu répondre aux assertions de ce citoyen.

C... — Hassenfratz est venu lundi soir vous faire un discours qui, en inculpant Fadminislration des vivres et l'administrateur Doumère, donne les plus vives alarmes sur l'état des subsistances de la capitale. En bon citoyen, j'ai profité de la facilité qui m'a été procurée d'avoir des renseignements exacts sur un fait aussi important. Je vais brièvement vous prouver que, pour détourner votre attention de son affaire avec d'Espagnac, Hassenfratz vous a débité des mensonges sur l'administration des vivres.

Hassenfratz vous a dit qu'il existait une compagnie sous le nom de Tolozan, et qu'une autre avait été formée sous le nom de Doumère. Hassenfratz a menti, il a dans ses bureaux la preuve de ce mensonge : il n'existe qu'une régie.

Hassenfratz vous a dit que la conduite de l'administrateur Doumère était ténébreuse; qu'il avait vainement combattu pendant six

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