‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 3)Chapitre 101 sur 131 · Voir le Moniteur, XIV, 091, G · texte numérisé non relu

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Soi SOCIÉTÉ DES JACOBINS [7 déc. I792j

semaines pour avoir des états de situation. Hassenfrat/. a monli. La preuve de son mensonge est dans ses bureaux. On y trouvera les états fournis pour chaque mois, et, s'ils étaient soustraits, les minutes qui sont dans les bureaux de la régie des vivres prouveraient le délit.

Hassenfratz vous a dit que Doumère lui avait communiqué son projet de réunir les vivres aux autres services de la guerre. Hassenfratz vous a menti. Ce projet n'est pas de Doumère. Ce dernier fut chargé par le Conseil exécutif de dresser un plan de réunion des services des vivres, des fourrages, de la viande, des étapes et convois militaires, pour n'en faire qu'une seule compagnie.

Ce travail était fait et adopté. Hassenfratz, qui avait d'autres projets, comme on va le voir, fit rejeter celui-ci : la preuve de son mensonge est dans ses bureaux.

Hassenfratz vous a dit que l'arrangement par lui formé pour diriger les achats de la République lui avait valu les plus vifs ressentiments. Hassenfratz vous a menti. Il a la preuve de son mensonge dans ses bureaux. L'administration est allée au-devant, en les réparant, autant qu'elle l'a pu, de toutes les inepties, de tous les ouhlis commis par Hassenfratz. L'énumération en serait trop longue ; mais qu'on se fasse une idée, si l'on peut, du bouleversement que doit occasionner dans une grande administration l'enlèvement de ses caisses et la suspension de ses achats. Citoyens, vous aurez de la peine à le croire, mais on a affirmativement écrit h la régie des vivres : lYous vous jjt'ions de ne faire aucun achat dans la Belgique, oit nous avons pourvu, et vous savez comme on y a pourvu !

Hassenfratz vous a trois fois menti en vous disant que Doumère a eu l'audace de refuser à Bidermann et Cousin quelques bateaux de blé qu'ils lui demandaient pour Paris. Je dis qu'il a trois fois menti, parce que Bidermann et Cousin savent bien n'avoii- pas fait colle demande, puisque, jusqu'au 'M) novembre, ils onl eu à leur dis|>()silion les Iilés et farines de la régie des vivres existant à Rouen et dans les environs de Paris. On |>roiluirail ;iu hesdin les preuves de ce (|ue je dis en montrant les ordres donnés par Ritloruiann et Cousin aux gardes-magasins de Rouen, de Pimtoise, Saint-Denis, Alforl.

Hassenfratz vous a trois fois menti, puisqu'en sa présence Doumère et Ridermaïui uni (mi un i-nlrclien, dii(|url il a résulté (jui', j)i)urvu ipi'il restât à Pontoise et à AMurl <lix mille quinlaux de farine à la disposition de Ridei-mann, la régii; des vivres pouvait disjtoscr du ■ reste. Kl la |iiiii\r de ec li'i|il(> nicnsongr (rilassenfralz est écrite de sa main, car c'c-l lui qui a ri'digé ce (|ni tu! ((Uiveiiu.

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Hassenfratz ment encore en disant qu'on a fait descendre à Paris des bateaux chargés de blés. Il était parti six cents sacs de farine de munition pour Compiègne et Noyon; on apprit qu'on les regrettait, et on fit courir après pour les faire rentrer à Pontoise.

Pardonnez, citoyens, aux mensonges d'Hassenfratz en faveur des lumières qu'ils nous procurent. Vous voyez que Bidermann, chargé de l'approvisionnement de Paris, se borne à ne retenir que dix mille quintaux de farine et qu'il consent qu'on dispose du reste. lia môme promis de rendre, le 14 de ce mois, tous les grains qu'il a déjà pris. S'il s'était trompé, il serait injuste de s'en prendre à l'administration des vivres moins encore à Doumère, puisqu'il paraît que c'est k ses soins que sont dues les ressources qui nous font vivre, et qui avaient été dirigées sur Paris pour alimenter les camps et les armées sans diminuer les subsistances de la capitale. Méfions-nous des hommes qui se jouent des réputations. Je n'attaque celle de personne, pas même celle d'Hassenfratz, car il ne peut pas disconvenir qu'il est un menteur. Je sais que la Société n'a pas le droit de nommer des commissaires, mais il est des communications fraternelles très permises; si la Société voulait engager quelques membres à passer dans les bureaux des vivres et chez Doumère, on y trouverait des véritables frères qui se feraient un devoir de fournir toutes les preuves de tout ce que je viens d'avancer.

Lorsque l'orateur était sur le point de terminer son discours, Moënne observe que de telles discussions ne doivent point occuper la Société.

Robespierre est aussi de cet avis.

« L'affaire qui vous occupe, dit-il, est importante, mais subordonnée aux grands intérêts de la République ; cette Société n'est point une arène ouverte aux gladiateurs. L'ordre du jour est la conjuration contre la liberté et la proscription des patriotes; je demande la parole sur les moyens de sauver la patrie. » (Applaudissemen ts très vifs de Rassemblée et des iribwies.)

Un citoyen. — Je vais apprendre un fait propre à servir d'introduction à ce que va dire Robespierre l'aîné.

Ce matin, je me suis rendu à neuf heures à la Convention. Comme je me trouvais seul, j'ai été aux Tuileries; j'ai rencontré un de mes collègues qui m'a raconté le fait suivant; c'est lui qui vous parle par ma bouche, écoutez attentivement : « Je suis dans l'usage d'aller dîner chez Venua; chez ce restaurateur, il y a deux salles. J'aperçus dans une la table bien servie, ce qui me détermina à y entrer. On se

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met à table, et je mi- trouve avec quatre-vingts députés. Je demande à mon voisin si le diiier était préparé; il me dit : « Est-ce que vous « n"èles pas invité ? »

t On avait choisi Barbaroux pour président. Buzot fait l'ornement de cette table par ses bons mots. Dans ce conciliabule, on tire à boulets rouges sur la Société des Jacobins. Tout en rendant justice à la Société, on se plaint beaucoup de Chabot et de quelques autres membres. Ils assurent que. dans trois semaines, il ne restera pas plus de quarante sociétaires. A la fin du repas, on a fuil un appel nominal; chacun a payé six francs. » Notre collègue a quitté celte mauvaise compagnie et s'est bien promis de n'y plus retourner.

Garnicr, qui. pendant la dénimciation de ce complot, avait voulu interrompre le dénonciateur, s'écrie avec vivacité : « Mon coup est manqué; je voulais m'introduire à celte table de scélérats pour les<lémasq:ier, mais je ne puis exécuter mon grand projet. Je ne pourrai donc démasquer ce pejfide Buzot, ce scélérat Buzot, cet indigne Buzot, que son département devrait rougir d'avoir nommé député. Je rends hommage aux intentions du préopinant, mais j'ai manqué mon coup, et cela m'afïlige cruellement. » [On rit, on applaudit à plusieurs repris-es.)

RoBiiSPiKRiii': aine. — Plus les dangers de la patrie sont immenses, plus nous devons travailler à son salut. Il estévident que les hommes qui nous dominent veulent fonder une tyrannie nouvelle sur les débris de la royauté. Pour établir cette tyrannie, il est clair qu'il fallait anéantir les hommes du 10 août. Quels sont les hommes qui ont préparé la révidulion du 10? Ce sont des hommes qui n'ont il'aulre but que de faire le bonheur du peuple; c'est le peuple de Paris qui a soutenu la liberté |)ar de mimbrcux sacrifices depuis 1781). Depuis le 10 août, que fait la Convention? Rien pour le peuple. Qu'a-t-elle fait qui réponde au vo-u de la République? Pourquoi n'a-t-elle pas fait ces lois provoquées par la volonté générale? C'est (pi'avant il élail de l'intérêt des douiinateurs d(.' se débarrasser des patrintos (jui jiouvaieni s'op|)oser à leurs projets. ,\ussi vous avez vu des dénonciations [perfides dirigées ronlre les u)eilleurs paliioles. conlie les défenseurs du peuple. Tout ce (|u'il y a de |ilu^ -ubtil el de jdus adruil parmi les intrigants de la France a été employé pour dénignr les plus incorruptibles citoyens. vi.*^

Lisez les séances de la Convenliun : il n'en est j)as une dunl le but ne soit de perdre les patriotes^ d'animer les départements contre le bon peuple de Paris; voilà le but vers leque-l sont dirigées toutes les

discussions de la Convention. Vous savez les manœuvres employées pour l'aire croire que Paris est dominé par un petit nombre de factieux. Pour fortifier cette calomnie dans les départements, on a accaparé tous les papiers publics, qui journellement répandent le mensonge dans toute la République. Le projet des intrigants est évidemment d'exiter à Paris un grand désordre; quand ce désordre sera excité, on dira dans les départements : u Nous ne vous en avions point imposé, vous voyez les troubles qui régnent dans Paris. » Ils se servent adroitement du procès du roi et des subsistances comme d'un moyen assuré pour exciter des troubles. Quels sont ceux qui apportent des lenteurs au procès de Louis XVI? Ce sont les ennemis de la patrie. Citoyens, je vais vous indiquer les moyens de détourner les malheurs qui nous menacent.

C'est d'abord de ne pas nous laisser alarmer sur les subsistances : la disette n'est point le produit du défaut de blés, car le sol français produit plus qu'il ne faut pour la nourriture de ses babitants. Que le peuple ne se porte donc à aucun mouvement qui serait nuisible à la chose publique. Quant au jugement du roi, il paraît qu'il y a une conjuraUon, puisque l'on veut conserver encore un tyran déjà jugé par l'insurrection. Ce n'est pas Louis XVI qui est à craindre, mais on veut que Louis XVI paraisse immolé par le peuple de Paris, et l'on dirait ensuite : « La Convention nationale allait juger Louis XVI avec la dignité qui lui convenait, mais les factieux l'ont ont empêché. » C'est dans cette intention que les bommes qui ont reculé pendant trois ou quatre mois le jugement de Louis XVI voudraient exciter un mouvement populaire. En un mot, s'il existe un trouble, il sera le seul moyen de légitimer tous les attentats des ennemis de la liberté. Ces mêmes conspirateurs ont attiré à Paris une force armée. Qu'il naisse un trouble, et voilà les patriotes de Paris désignés pour les auteurs des troubles; voilà la guerre civile allumée à Paris. Déjouons donc les projets des intrigants qui, dans ce moment, imputent aux patriotes les troubles qu'ils veulent exciter. Veulent-ils exciter des troubles? ils disent que vous êtes des agitateurs. Veulent-ils rétablir le despotisme? ils disent que vous voulez ressusciter la royauté. Tout mouvement qui arriverait dans *ce moment serait nuisible à la cliose publique. Ce que nous devons faire dans ce moment, c'est de nous o|)poser à toute insurrection, car l'insurrection, qui est le plus saint des devoirs, serait dangereuse contre la Convention. Qu'avons-nous à faire? Éclairer l'opinion publique par tous les moyens possibles. U faut faire circuler nos écrits parmi les fédérés, afin de les désabuser; il faut aller les trouver, leur donner nos circulaires pour dissiper leurs erreurs. Et,

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quand le moment de la conspiration sera prêt à éclater, nous combattrons comme des hommes qui ont toujours voué leur vie à la cause de la liberté. On dit que la poste arrête notre correspondance : eh bien, que le Comité recueille tous les faits qui peuvent constater cette affreuse conspiration ; alors nous dénoncerons le pouvoir exécutif à Tunivers entier. {Applaudissements tt'ès vifs de rassemblée et des tribunes.)

Et vous, députés i»atriotes, je dois vous donner un conseil important : c'est de ne pas souffrir que vos collègues soient privé? du droit de suffrage dans la Convention. Un député tient ses pouvoirs du peuple entier, et étouffer sa voix c'est étouffer la voix du peuple lui-même. Juron? tous de plutôt mourir à la tribune que d'en descendre lorsque l'on nous refusera la parole. [Applaudissements très vifs de l'assemblée et des tribunes.)

Au milieu de l'approbation universelle, une douzaine de députés présents à la séance s'écrient qu'ils sont décidés à mourir à la tribune avec Robespierre, lorsque l'on lui refusera la parole. {Applaudissements.)

Legendre demande que, pour se conformer aux vues patriotiques de Robespierre, les députés du côté gauche soient invités à se lever plus matin : « Car il est à remarquer, dit-il, que les députés du côté droit sont à leur poste pour intriguer, tandis que les patriotes sont encore absents de l'Assemblée. » [Applaudissements .)

[Pétition d'un commis du Comité de correspondance et de quelques soldais « viclimcs du despotisme ». — Séance Icycc à dix heures.]

SÉANCi: l)i; SAMEDI 8 DÉGE.MBUE 171)2, LAN 1'^ l)i: LA RÉPUBLIQUE

l'KÉSIUENCE Ui: DUBOIS-CRANCÉ

[Dénonciation contre le citoyen Laganio, qu'on accuse d"avoir été secrétaire des gardes du roi cl agent conlre-révolulionnairo. — Tliuriot rend compte du débat qui vient d'avoir lieu à la Convention sur les subsistances. — Guiraut et plusieurs membres lonl des observations sur cet objet, qui inspire à liobcrl

un long discours et un projet d'adresse au peuple français, qu'il se propose de soumettre à la Convention. En voici le texte: 1

« Citoyens, couvrez -vous de deuil; on a violé la loi : des hommes trompés, des hommes trompeurs ont insulté à la majesté du peuple dans la personne de trois de ses représentants. L'État et la liberté publique seront en danger si longtemps que ce crime inouï restera sans vengeance.

« Serait-il donc vrai que la France touchât au moment affreux de l'anarchie'? Peuple vaiqueur des rois, ne nous aurais-tu députés ici que pour nous rendre témoins du plus grand des malheurs, du spectacle de ta faiblesse et d'une facilité criminelle?

« Qu'il était beau, le peuple français, dans le moment de sa conquête ! Et quelle admiration il excitait dans l'univers ! Ces jours de triomphe seraient-ils donc passés? Et voudriez- vous, citoyens, que, témoin de vos désordres civils, l'Europe accusât la République d'avoir trompé son attente?

« Non, vous ne le souffrirez pas; non, vous ne fermerez pas plus longtemps les yeux sur la malveillance et la perfidie des agitateurs, des royalistes, des fanatiques, qui ne cherchent en cet instant qu'à subvertir la France pour la plonger dans le chaos de la servitude.

« Les scélérats ! Et quels moyens emploient-ils pour parvenir à leurs fins? Le désordre et la calomnie. On alarme le peuple sur les subsistances; les ennemis du bonheur public profitent de ce trouble, le fanatisme y ajoute des inquiétudes sur la liberté de la pensée et des cultes. Et la Convention nationale a la douleur de voir ce peuple superbe qu'elle représente devenir tour à tour le jouet et l'instrument des intrigants, des h3'pocrites et des ambitieux.

« Qu'ils sont mal intentionnés, qu'ils sont coupables, ceux-là qui voudraient avilir la Convention nationale! Qui sommes-nous donc, nous autres, que les amis, les défenseurs du peuple? Peuple nousmêmes, on veut avilir le peuple, quand on veut avilir les représentants.

« Citoyens, nos amis, nos égaux, nos frères, demandez à ceux qui prêchent la désorganisation, le despect(s«c) des lois, ce qu'ils veulent, et quelle est leur attente du désordre et de l'anarchie? Voudraient-ils susciter une nouvelle insurrection? Mais contre qui? Contre nous, et pourquoi? Sommes-nous des tyrans? Voulons-nous dominer? Poiu'rions-nous mieux signaler notre respect pour la souveraineté du peuple qu'en reconnaissant d'une manière solennelle que notre mission se bornait à lui proposer, et non à lui donner une constitution.

uoo sor,if:ri': DES JACOBINS [h wa,. ii'ji»

« Mais, ciloyeii=, cesl parce que noire respect pour la souveraineté (lu peuple est f^rand que nous voulons fermenneiit la maintenir intacte et entière; c'est parce que nous respectons la souveraineté du peuple que nous voulons éloufï'er les factions, les troubles, les mouvements illégaux, et tous ces soulèvements partiels qui ne sont, qui ne peuvent être que Teffet d'une cause maligne et cachée.

« Citoj'ens, nous avons la conviction que l'apparente disette de quelques départernenls de la France n'est (ju'imaginaire et factice: il nous est démontré qu'il existe dans les greniers de la République plus de blé qu'il n'en faut pour nourrir pendant un an les babitanls de la République; et depuis longtemps nous ne sommes occupés que de ramener la circulation, convaincus qu'avec elle renaîtra l'abondance. Français, n'entravez donc pas les opérations de vos rei^résentants. Comment voulez-vous qu'ils rétablissent la confiance au milieu du limulte et de la rébellion? Et quel peut être l'efl'et des lois et des b mnes intentions du législateur, si des fractions du peuple viennent audacieusement se mettre à sa place? Citoyens, un état tel que le vôtre ne saurait être libre qu'avec une Assemblée représentative; et de quel effet serait une Assemblée représentative si quelques portions mutines des représentés troublaient sans cesse les plus importantes opérations du représentant?

« Hélas! ne vous apercevez-vous flonc pas que ce sont vos ennemis qui vous excitent au désordre; que c'est pour vous faire haïr la révolution républicaine qu'ils agitent la République; que c'est pour agiter la Réjmblique qu'ils sèment les inquiétudes sur les subsistances; que c'<.'sl pour vous faire redemander des rois qu'ils vous font demander du pain?

y Citoyens, vous en aurez, du pain; la société en doit à tous ses membres, et elle acquittera sa dette. Déjtositaires du Trésor public, nous devons en être et nous en serons toujours avares; mais, quand il s'agit de vivre, quelque sacrifice que puissent exiger les circonstances nous vous promettons solennellement que nous sommes décidés à faire tous ceux qui seront jugés nécessaires.

" Rassurez-vous de même sur la liberté des cultes et sur la justice de vos représentants envers les ministres du culte catholique. Huel est notre but? Nous n'en avons (piun, le bonheur de chacun et la gloire de tous. .Mais nous h? mancjuerions, ce but unique, si nous étions assez' tyians poui v<iuloii' donner des lois à la pensée, (juelies sont les obligations de chaqui* citoyen envers la société? De ne pas la Irnublcr, de concourir;! proléger tous ses membres, d'être prêt à faire pour tous le sacrifice de sa propriété et de sa vie ; mais celui de sa

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pensée?... II ne fut jamais exigé dans aucune société. Xe serait-ce pas d'ailleurs exiger l'impossible? Ne serait-ce pas un acte de démence?

ot Français! nous avons fait un serment, nous le tiendrons : nous avons juré de ne jamais porter atteinte à vos droits, et vos droits seront scrupuleusement respectés.

« Que ne pouvons-nous aussi jurer de vous procurer le bonheur! Mais ce résultat ne saurait être exclusivement notre ouvrage : il ne naîtra que du secours mutuel que se prêteront et les représentés et les représentants. Votre bonheur, citoyens, il est dans vos mains : se soumettre aux lois, parce qu'on les a consenties; se soumettre aux autorités, parce qu'on les a choisies; aimer la République, parce qutc'est son propre bien; la préférer à tout dans la vie, parce qu'elle doit fonder le bonheur de tous ; voilà, citoyens, voilà la théorie du bonheur public. Vos représentants n'auront plus i*ien à désirer quand elle sera devenue celle de tous les Français, quand, rentrés dans leurs foyers domestiques, ils n'auront plus qu'à donner à leurs frères l'exemple de la pratique des vertus républicaines et de la plus scriipuleuse obéissance aux lois de la République. » Applaudi.

Le Roi. — Citoyens, les applaudissements qui ont suivi la lectur.de l'adresse du citoyen Robert prouvent combien sont peu fondées les calomnies que la malveillance répand contre vous. Celte adresse respire l'amour de l'ordre et des lois. Vous les aimez donc, les lois, puisque vous applaudissez au citoyen qui prêche le respect qui leur est dû. Qu'ils sont perfides, nos ennemis, lorsqu'ils nous accusent d'être des désorganisateurs, lorsque nous n'avons désorganisé le despotisme que pour organiser la République ! Je regarde l'adresse qui vient de vous être lue comme l'expression lldèle de vos sentiments. Je la regarde comme propre à éclairer les esprits de nos frères égarés. Je demande, en conséquence, si cette adresse n'était pas adoptée par la Convention, que la Société arrêtât l'impression et l'envoi aux Sociétés affiliées, afin qu'elles puissent connaître la pureté de nos intentions. Applaudi.:

La Société arrête que, dans le cas où cetto adresse ne serait pas adoptée parla Convention, elle sera imprimé • et envoyée aux Sociétés affiliées'.

. Le citoyen Pio, surpris que le buste d'Helvétius ail eu le même sort

T^ que celui de Mirabeau, adresse à la Société la lettre suivante :

1. Nous ne savons ce qu'il advint de celte adresse ni si elle fut réolleiHent soumise à la Co.iventioii.

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