‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 3)Chapitre 103 sur 131 · SÉANCE DU DIMANCHE 9 DÉCEMBRE 179^2, L'AN P'" DE LA RÉPUBLIQUE · texte numérisé non relu

SÉANCE DU DIMANCHE 9 DÉCEMBRE 179^2, L'AN P'" DE LA RÉPUBLIQUE

PRÉSIDENCE DE DUBOIS-CRANCÉ

Après la lecture du procès -verbal, Châles prononce le discours suivant :

« La semaine qui vient de s'écouler a été féconde en matières de réflexions. Je ne dirai pas que ces réflexions doivent être alarmantes, je dis au contraire que nous allons jouir enfin de la liberté. On a vu dans la Convention se développer le feuillantisme ; le jour qui avait été choisi pour développer ce système était celui où cent députés étaient réunis chez Venua, sous prétexte d'un repas fraternel; c'est depuis ce jour que le patriotisme montagnard a été attaqué, et que nous avons vu de funestes décrets emportés par enthousiasme.

« Le citoyen Guadet s'est présenté à la tribune ' avec une physiono-

1. Il s'agit de la séance de la Convention du même jom* 9 décembre 1792. Voir le Monileur, XIV, 701.

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mie insultante et un ton théâtral; il a dit: « Nous sommes tous en- « voyés parles assemblées électorales, et il est de l'essence de toute « assemblée primaire de nommer ses représentants. » 11 s'est atlaciié à développer ce principe, et il a demandé que les assemblées primaires fussent convoquées pour délibérer sur les députés à la Convention. Cette motion, ainsi présentée, a été accu.Mllie par le côté droit, et luie nuée de chapeaux a eu l'air de consacrer le principe de Cuadt-t. La Montagne a frémi, mais aucun n"a pu Taire entendre sa voix. .Manuel a combattu Guadet, et il mérite des remerciemeuts des patriotes; je ne prétends pas cependant faire réloire de Manuel, car il mérite d'être surveillé; son patriotisme n'est pas pur. ou est au moins suspect. [Bravos répétés de rassemblée cl ries tribunes : Oui! oui! s'rcric-t-on de toutes parts, c'est vrai!) Prieur combat aussi Guadet. Enfin le tintamarre est si considérai)le que les députés les plus idolâtres de Guadet ont dit liautement que sa motion était |iropre à allumer la guerre civile dans la République. Cette vérité a été proclamée dans la salle, et, à l'exception de trente, membres, tous les députés ont voté contre Guadet. Le président, qui a prcsi ié avec perfidie ', avait eu l'atrocité de mettre aux voix la motion de Guadet au milieu du tumulte; mais enfin le rapport du décret a eu lieu. Or, il ne faut pas nous en teuii- à cet historirpie, il faut que les Jacobins se rappellent leur antique énergie, et qu'à l'exemple de leur ennemis ils acipiièrent de nouvelles forces. Nous ne pouvons pas nous dissimuler que nous n'ayons des ennemis cachés. Il est clair que l'on veut créer une autorité despotique entre les mains de Roland pour gouverner l'empire français à l'ombi-e de la vertu de Roland. [Une voix: Roland est un coquin. — .1/^plaudi.j Les Jacobins savent bien ijue la révolution du 10 août iie' devait amener que la déchéance du roi; pendant la minorité du prince royal on devait nommer Roland régent, voilà ipu'I était le projet de Brissot. Il n'a pas perdu cette espérance, c'est pour cela <|u'il cherche à tromper l'opinion, car tous les journaux sont dans h: sens de Roland.

« Je rappelle une dernière motion, de faire une masse d'argent , dr déposer dans le sein sacré de la patrie une somme considérable dont la destination serait de répandre des lumières dans les départements. Si les lumières ne se répandent pas, lOpiuiiui périra. Je propc^se i!onc à mes collègues d'ouvrir une sonscri|ili(in. »

Chnlcs termiru! son discours imi di-aul :

<• i'ui^(pu; nos ennemis se donncnl (bs repas pour former des rnu\-

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