SÉANCE DU MARDI 23 DÉCEMBRE 1792, L'AN I" DE LA RÉPUBLIQUE
PRÉSIDENCE DE SAINï-JUST
Après la lecture du procès-verbal et de la correspondance, il s'élève quelques légères discussions sur la rédaction; ensuite la Société, déterminée par le grand intérêt qu'inspirait la séance du lendemain, s'est occupée de l'examen des différentes questions qui pouvaient se discuter à la Convention nationale.
Robespierre le jeune, — Il est évident qu'il existe un parti qui veut sauver le tyran ; il ne nous reste que très peu de temps pour préparer les armes avec lesquelles nous combattrons les amis de la tyrannie. Je demande donc que, sans entendre aucune motion d'ordre, on s'occupe sans relâche du jugement du ci-devant roi. Je demande que nous consacrions cette séance à l'examen des deux questions suivantes : Est-il avantageux pour la chose publique qu'il y ait un délai entre la défense et le jugement définitif de Louis Gapet? Devonsnous admettre l'appel au peuple, qui ne manquera pas d'être proposé par les malveillants et tous les amis du tyran? {Applaudi.)
Bourdon. — J'appuie de toute mes forces la motion d'ordre faite par Robespierre, et je pense qu'il importe au salut public que nous commencions par examiner avec la plus scrupuleuse attention la question de l'appel au peuple. Quant à moi, je regarde cette question comme une ineptie. Cependant mon avis est qu'on l'examine avec toute la maturité possible, afin de déjouer tous les complots des partisans du despote. {Applaudi.)
La Société, sentant combien il importe de discuter les questions présentées par Robespierre, arrête qu'elle va s'en occuper pendant toute la séance.
[Uîi député de la Moselle, Tlitiriot, Bourdon, Jeanbon Saint-André cl un Ci7oi/6Tt, parlent sur les questions posées par Kobespienc jeune cl les rcsolvctil négativement. — Séance levée à dix heures et demie.]
C22 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [26 dh... llQû