‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 3)Chapitre 112 sur 131 · SÉANCE DU MERCREDI 20 DÉCEMBRE 179-2, LAN 1'^ DE LA RÉPUBLIQUE · texte numérisé non relu

SÉANCE DU MERCREDI 20 DÉCEMBRE 179-2, LAN 1'^ DE LA RÉPUBLIQUE

PRÉSIDENCE DE SAINT-JUST

Après la lecture du procès-verbal de la dernière séance, on lit l'extrait de la correspondance, dans laquelle on remarque la lettre suivante adressée au président par un citoyen de Péronne :

« Citoyen Président, comme vous nous voulons la paix, runilé de la République, l'exécution des lois dans toute son étendue. Notre patriotisme nous fuit voir avec quelque inquiétude un fait que nous nou< empressons de vous communiquer.

« Depuis quinze jours, les ministres du culte catholique de plusieurs communes du district de Péronne, notamment ceux de Templeux-la- Fosse, Ceize-Court, le Pas, etc., se sont permis de faire lecture à leurs prônes et autres réunions [lubliques d'une pétition sans nom d'auteur, ni d'imprimeur, ayant pour titre : Prtidon de quelques citoyrus catholiques de la ville de Paris; ladite pétition tendante à improuver les opérations de l'Assemblée conventionnelle, ainsi ipi'à inspirer des craintes sur le jugement du ci-devant roi. Le principal but est d'obtenir des simples habitants des campagnes des requêtes à l'efTct de prévenir le décret relatif au salaire des prêtres; ils ont, pour parvenir à leurs fins, persuadé aux citoyens que les membres de l'Assemblée conventionnelle étaient presque tous prolestants, que leur intérêt, pour dégrevt.T leurs biens, portail à faire tomber les frais du culte sur les pauvres et les journaliers.

« Ces sermons ont eu l'elfet qu'ils désiraient; ils ont fait signer les citoyens de tout âge, de tout sexe, sur du papier blanc, sans que la requête soit dressée, se réservant de l'établir eux-mêmes; ils se sont donc emparés des signatures, et on ignore l'usage qu'ils en ont fait. Nous (ibseivons aussi (pi'avec leur casuel, (pi'ils n'ont pas cessé de percevoir, l'administialion du bien des pauvr<'s, (ju'ils conservent toujours entre leurs mains, et à l'aide du couléssi(»nnal, ils ont cabale et accaparé les suffrages |)Our se faire nommer aux places éleclorales, municipales, etc. Ils tournent les lois à l'avantage ilf bur corps, entretiennent rins()ucian(;e et l'inexécution des lois. Nous croyons qu'il est urgent, pour le bonbeur de la Répubiicpic, que la Convention ré-

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(luise au plus tôt par un décret tous les prêtres catholiques purement et simplement à leurs fonctions ecclésiastiques. »

Un membre rend compte de la séance de la Convention; on observe que Manuel a demandé le premier l'impression de la défense de Louis XVI et son envoi aux quatre-vingt-quatre départements. Cette mesure est regardée par quelques membres comme un moyen d'opposition employé par Manuel pour contrarier les vœux des députés de la Montagne qui voulaient que Louis fût jugé sans désemparer; en conséquence, la proposition de rayer Manuel de la liste des membres de la Société est faite de plusieurs côtés, et cette proposition, mise aux voix, est arrêtée à l'unanimité.

Après quelques instants de discussion orageuse sur cette expulsion, la Société passe à l'ordre du jour : la discussion des moyens employés par les défenseurs de Louis.

Divers orateurs se succèdent à la tribune et présentent à l'observation de la Société les vices qu'ils ont remarqués dans cette défense ; les principaux leur semblent être la confiance du défenseur dans l'inviolabilité constitutionnelle de Louis et cette phrase qu'il avait rayée dans son plaidoyer en le remettant sur le bureau, mais qui fut rétablie par un décret : « Le peuple a voulu la liberté et le roi la lui a donnée. »

[Discours ^ Anthoine, de Fahre d'Églantiiie et d'Albitte sur ce sujet. — Séance levée à dix heures et demie.]

SÉANCE E.VrRAORDINAIRE DU JEUDI 27 DÉCEMBRE 179-2 L'AN 1" DE LA RÉPUBLIQUE

PRÉSIDENCE DE SAINT-JUST

[Après un débat sur les manœuvres des Brissotins pour égarer l'opinion, la Société, considérant combien il importe d'éclairer l'esprit public et d'instruire les départements sur la véritable disposition des esprits de Paris par rapport au jugement de Louis le dernier, arrête qu'il sera rédigé une adresse dans les principes du vrai républicanisme et qu'elle sera envoyée aux Sociétés fraternisantes. — Suite de la discussion sur le procès de Louis XVL — La citoyenne Lesage demande que la Société «arrête le renouvellement de la Convention ». Cette demande est repoussée avec indignation, comme étant une manœuvre girondine.]

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RoBKsi'iKHHE le jeuiiG. — Citoyens, vous connaissez toutes les manœuvres employées par la faction brissoline pour corrompre Tespri^ ■ public dans les départements ; vous savez que les Gorsas, les Carra, les Brissot et tous les autres libellistes sont vendus à Roland ; vous savez que ces vils folliculaires propagent le mensonge dans les départements; c'est surtout lorsque les séances de la Convention sont orageuses que les journalistes se plaisent à calomnier les députés de la Montagne et à les faire passer pour des factieux et des agitateurs, tandis que la majorité de lu Convention veut, au contraire, Oftprimer la minorité. Je pense que nous devons cboisir un journaliste connu par son patriotisme, dont les talents soient connus de toute la République : je propose Tallien, dont vous connaissez le mérite ; je demande qu'il soit chargé de diriger l'analyse des séances orageuses de la Convention pour la faire passer dans les départements, afin de détruire les erreurs que répandent les Louvet, Gorsas, Brissot, Carra et les autres journalistes qui sont à la solde de Roland.

La Société arrête que , pour s'opposer aux progrès des erreurs répandues par la faction rolandiste, brissotine et girondiste, Tallien sera chargé de rédiger un journal dans lequel il fera le tableau de toutes les séances orageuses de la Convention, et que ce journal sera envoyé aux quatre-vingt-quatre départements.

On se rappelle qu'un directeur de théâtre avait été dénoncé aux Jacobins; cependant il parait s'être accrédité une erreur qu'il est de notre devoir de faire connaître. Plusieurs journaux ont dit que l'actrice qui était venue demander des défenseurs ofTicieux avait formé des plaintes contre le citoyen Barré, directeur du théâtre du Vaudeville : c'est contre le directeur du théâtre de .Molière que portent les plaintes.

Nous devons ccpeiulaul à la vtTité de dire qu'un citoyen qui, dans sa lettre, s'est anuoncf' (•(luwin' un adciir (li~,L:raci(' du Vaudc\ill(\ s'est plaint du directeur Bari'é ; mais cette dénonciation n'a pas eu de suite, et, observateur iidèle des mouvements de la Société, je dois insti'uire le public (ju'elle, connaît tr(t[» bien le patriotisme île Barré et sa conduit»:; vraiuieid généreuse envers le- aclems de st)n spectacle qiu sont aux frontières pour (ju'elle ait |)U s'occuper d'une ilénonciation <|ui n'avait aucun caractère de vraiseinldance. Voilà quel est le molil'ipii a dèleruiiné la Société à ne pas enleiidre un ciloyeii (pii venait preuilre la défense du citoyen Barré; elle n'a pas cru (pie la dénonciation faite contre lui pût faire douter un instant de la pureté de ses sentiments.

Des citoyennes donnent lecture à la Société d'une adresse à présenter à la Convention pour en obtenir la condamnation de Louis, assassin de leurs pères, de leurs maris et de leurs enfants. Elles invitent les citoyennes des tribunes à se réunir à elles. Au même instant, toutes quittent leurs places et forment un nombreux cortège qui dirige sa marche vers la Convention, dans l'espoir d'y être admises à la barre.

Un citoyen vient annoncer à la Société que la section de Marseille vient de se déclarer en insurrection.

La Société, sans prendre aucune délibération à cet égard, lève sa séance à neuf heures.

SÉANCE DU VENDREDI '28 DÉCEMBRE 1792, L'AN l'''^ DE LA RÉPUBLIQUE

PRÉSIDENCE DE SAINT-JUST'

Après la lecture du procès-verbal et de la correspondance, il s'élève une discussion sur l'état de pénurie dans lequel se trouvent tous les braves défenseurs de la patrie. Le dénùment affligeant dans lequel se trouvent les soldats de la liberté est dénoncé par plusieurs Sociétés fraternisantes, et surtout par celle de Sedan. Plusieurs citoyens communiquent à la Société d'autres faits qui, tous, confirment les besoins urgents de nos soldats.

Après quelques débats, quatre commissaires sont nommés pour aller en faire part au ministre de la guerre.

[Discours de Léonard Bourdon sur le procès de Louis XVL]

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