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[-ijANV. 1793] SOCIÉTÉ DES JACOBINS 641

parmi nous des membres gangrenés et vendus, qui lui rapporteraient tout ce que nous disons? Si cela est vrai, pourquoi tarde-t-on si longtemps à procéder au scrutin épuratoire, qui doit exclure de notre sein l'alliage impur des Brissotins, des Rolandistes, et surtout les partisans de la faction de la Gironde, qui est enfin démasquée? Mais ne serait-il pas plus croyable que, parmi le peu de journalistes auxquels nous permettons de publier nos séances, il s'en trouvât quelques-uns qui se soient parés du masque du patriotisme pour nous séduire, et qui trahissent ensuite la cause des Jacobins pour révéler aux journalistes chassés tout ce qui se passe ici? S'il en était ainsi, Jacobins, soyez inflexibles, et chassez du sanctuaire de la liberté ce reste impur d'écrivains soudoyés par Roland et Brissot. {Applaudi.)

Je suis d'autant plus fondé à croire que les journalistes que nous admettons encore ici, quoiqu'en petit nombre, révèlent dès le soir ce que nous disons et ce que nous faisons, que nous voyons Gorsas et la Chronique de Paris amuser le public dès le lendemain matin avec la séance de la veille. Or, pour cela il faut que Gorsas et Millin aient des intelligences avec des Brissotins de la Société. Donc je conclus que, pour plus grande sûreté, nous devons chasser sur-le-champ les journalistes qui se trouvent ici. Leur présence ne peut qu'être funeste à la Société, et nous devons éviter tout ce qui peut compromettre nos principes. [Applaudissements très vifs. A la porte! à la porte! s^écriet-on dans les tribunes, il faut chasser tous les journalistes, ce sont des Brissotins!)

La même scène qui a eu lieu à notre égard ' allait se renouveler, et tous nos confrères allaient être forcés de s'exiler du temple de la liberté, lorsqu'on membre s'est efforcé de modérer le bouillant patriotisme des ennemis des journalistes, en disant: « Citoyens, nous pouvons être prudents sans être injustes. Il ne faut pas qu'une Société d'hommes sages déclare la guerre à quelques écrivains paisibles, qui viennent ici recueillir vos sages discussions. [Murmures.) Lorsque vous avez cru devoir fermer l'entrée de votre salle au rédacteur du Journal des Débats, vous ne crûtes pas devoir faire partager sa disgrâce à tous les autres journalistes. Qui a pu vous faire changer d'opinion? Que vous ont fait ces écrivains que l'on calomnie? [Murmures.) A-t-on quelques reproches à leur faire? Il faut les leur adresser: la Société en jugera. Mais, s'ils n'ont point prévariqué, je crois qu'il serait injuste de les proscrire. (Qu'on les chasse, point de grâce! s'écrie-t-on. Murmures.)

1. C'est le rédacteur du Journal des Jacobins qui parle ici. Tome IV. 41

C42 SOCIÉTÉ ItES JACODINS [l janv. 1703;

MoEN.VE. — J'aperçois ici un grand nombre de personnes qui prennent des notes. Cela me paraît suspect. Il faut savoir pour (|ui >ont ces nutes.

Ici les censeurs interrogent les journalistes, qui déclinent le nom de leur journal.

C... — Le nombre de journalistes est trop grand; qu'avnns-nous besoin que le public apprenne ce qui se passe ici? Un seul journal suffît, c'est le journal de Milscent-Créole. C'est là un journal excellent, admirable, c'est le seul que puissent avouer les Jacobins; il est- bien malheureux que ce journal ne soit pas répandu dans la République ; si le peuple était curieux de connaître la vérité, il ne lirait que le journal de Milscent; tous les autres sont pitoyables, Milscent seul est à la hauteur des Jacobins'. Je demande, en conséquence, que l'on chasse d'ici tous les écrivfiins qui n'ont pas assez d'esprit pour s'élever à la hauteur de la Société, et que Milscent seul soit conservé. [Applaudi.)

C... — J'appuie la motion du préopinant avec d'autant plus de tondément que tous les journalistes sont vendus à la liste civile de Roland. On avait Heu de croire que l'expulsion du rédacteur de vos débats rendrait à la raison et à la justice cette foule de folliculaires qui se nourrissent de la substance du peuple. Mais nous nous sommes cruellement trompés: les journaux n'ont point changé, ils sont toujours infectés du virus lirissotique, et je crois que tous ces libellistes mourront tous dans l'impénitence finale. Il n'en est aucun (jui ne se moque de nous, qui ne tourne Marat en ri<licule, et les meilleurs appuis de la Société. Ils ne valent pas mieux (]ue le rétlacleur du journal de vos débats. En conséquence, je demande (ju'on les chasse tous, en exceptant [)Ourtant le patriote Milscent, qui, encore qu'il ne soit pas très crmnu, n'r-n est pas moins le meilleur de tous les journalistes.

Desfieux. — Je crois qu'il ol nu tempérament que Ton peut .iduii- Icr, et (pii peut ccjiicilier toutes le> opinions : il Hiul elablir un bureau de censeurs pour examiner les productions des journalistes.

C... — Comment peut-on proposer de recréer les censeurs royaux dans un pays libre? [Murmures violents.)

Desfieux. — On parle de censeurs royaux, il ne s'agit pas de cela : il s'agit de censeurs créés par la Société, cela est bien diirérent. (.!/>-

1. Il ne faut pas oul)li(T ([u<- lo ri-(iactoiir du Journal drs Jdrohins rtail accuse (le tourner en raricalure les séances de la Société. Son cuuiiite niulu semble être ici euliéreaient ironique.

plaudi.) Ces censeurs seraient chargés de l'examen et de la critique de tous les journaux. Chaque journaliste serait obligé de remettre son journal à la censure du corps des censeurs, qui examineraient bien scrupuleusement s'il ne s'y trouve rien qui annonce le brissotisme, le rolandisme, le buzotisme ou le girondisme. Dans le cas où le journal serait infecté de quelques erreurs, ou ne serait pas favorable aux Jacobins, on interdirait au journaliste la faculté de faire le journal des Jacobins, et on le chasserait ignominieusement. Si, au contraire, le journal était à la louange des Jacobins, les censeurs donneraient leur approbation, et le journaliste aurait le privilège de continuer ; on lui donnerait même une carte qui constaterait le titre qui lui serait donné d'excellent journaliste et d'écrivain patriote. Voilà, citoyens, le seul moyen d'éviter l'influence de Roland, de Brissot et de sa faction. Au moins, de cette manière, nous serons sûrs d'avoir aussi nos écrivains. Ne croyez pas que les écrivains amis de la liberté des opinions soient effarouchés à l'aspect de nos censeurs : non, les censeurs n'effraieront que les Brissotins; mais la censure n'a rien d'effrayant pour un vrai Jacobin. [Applaudi.)

Il est fâcheux que le rédacteur du Journal des Débats ait trouvé le secret de savoir tout ce que nous disons sans venir ici ; cet infâme échappera à la censure, mais au moins les autres n'y échapperont pas. Je demande que les Comités réunis remplissent les fonctions de censeurs des journalistes. [Applaudissements très vifs.)

La Société arrête qu'à l'avenir aucun journaliste n'aura le droit de publier ses séances, si préalablement il ne soumet son joui-nal à l'examen des censeurs qu'elle nomme à cet effet.

Les censeurs seront spécialement chargés de censurer toute espèce de proposition brissotine, rolandiste , girondiste ou buzotiste. Et, après quelques corrections fraternelles, ils chasseront tous les écrivains qui ne seront pas à la hauteur des Jacobins. [Applaudi.)

Coupé, député de l'Oise, — Je vais vous rendre compte des résultats de la séance de la Convention nationale,

Gensonné, qui n'était pas hier à la séance, a demandé la parole pour se justifier de la dénonciation faite contre lui par Gasparin '. Il

1, Dans la séance du 3 janvier 1793, Gasparin avait dit tenir de Hoze, peintre du roi, que celui-ci avait remis à Louis XVI, par rintcrmédiaire do Thierry, un mémoire « demandé par le château et signé par Vergniaud, Guadet et Gensonné ». Ce mémoire ne s'étant pas retrouvé dans les papiers des Tuileries, Gasparin fit décréter que les scellés seraient mis sur les papiers de Boze. [Moniteur, XV, il.)

ou SOCIÉTÉ DES JACOniNS [ l janv. 1T:)3]

s'est mal justifié, et il a dit qu'il e^pérciit que son mémoire se retrouverait, et que l'on verrait dans quels principes il est rédigé.

Le patriote David ', qui lui a succédé à la tribune, a dit que Boze^ lui a manifesté les plus grandes craintes, si l'on retrouvait le mémoire que lui avaient remis Gensonné, Guadet et Vergniaud; qu'il ne dormait ni jour ni nuit, dans la crainte que ce mémoire ne se trouvât. « Ce qui fait voir, ajoute l'orateur, combien sont coupables les Girondistes. )) Au reste, Gensonné a promis que ce mémoire se retrouverait. Cette observation fait naître bien des réflexions ; je laisse à la Société à penser combien cette assertion de Gensonné est suspecte.

On est ensuite passé à la discussion sur le jugement dli roi. Barbaroux, qui savait sans doute que Barère devait prononcer un discours contre les royalistes, a demandé que la discussion fiU fermée; mais la Montagne s'y est opposée, et la discussion a été continuée.

Barère a prononcé un discours excellent, dans lequel il a com[ilètement réfuté les sophismes de Vergniaud, Guadet, Petion, Brissot, et de tous les autres royalistes; il a fuit sentir les pièges où voulait nous entraîner la faction brissotine. La faction que nous combattons est restée muette, interdite, et les patriotes ont triompbé. Je dois annoncer à la Société que ce discours a porté la conviction dans tous les esprits, et il paraît que l'appel au peuple sera rejeté. J'annonce encore à la Société que la Convention nationale a été grande, majestueuse, et enfin digne du peuple qu'elle représente ; je crois qu'enfin la majorité des députés va se rallier à la Montagne et que les Jacobins auront plus de facilité pour sauver la patrie. (Applaudi.)

Fauhe d'Eglanti.ne. — Je n'ajouterai que quebiucs réflexions à ce que vient de vous dire le préopinant. Je n'entrerai pas dans la discussion du fond de la dénonciation faite par tiasparin contre Gensonné; je n'examinerai pas si des liommcs qui, à l'insu du corps législatif, ont voulu transiger avec le pouvoir exécutif et lui vendre, pour ainsi dire, la nation, sont admissibles à une justification après avoir commis un tel délit, parce (jue je soutiens qu'une pareille négociation est un crime de haute trahison , mais je crois devoir vous prévenir sur un fait : (icnsouui' m<iu< a lail pips-rulir <|ir(in Irouvrrait sans doute à Ville-d'Avi'ay le mémoire (|ui iloil l'aire leiu- éloge, l'ue chose digne d'être connue, c'est que Daviil a déclare que Boze lui

1. Au lieu (Je David, li- Journal îles Jinuhius iiiipriiiio LuvUinc. Mais, d'apris le Monilpur (XV, ;>!{], c'est Itieii David «jui, à ce iiniincnt-là, remplaça Gcusoiiii"- à la tribune.

2. Il y a dans le Journal, au lieu de liozc, liuzol : mais le rédacteur du Journal recliûa lui-un'iuc cette erreur dans un des numéros suivants.

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avait dit qu'il ne dormait pas la nuit et qu'il tremblait le jour, clans la crainte que ce mémoire ne fût trouvé. Or, cet aveu de Boze est de la plus haute importance, parce que, puisqu'on dit que le mémoire doit se retrouver, il importe qu'on l'exarnine scrupuleusement, afin de savoir s'il peut être présumé le même que celui qui a été présenté à Louis XYI,

Quant au discours de Barère, il est impossilDle de trouver rien de plus beau, de plus lumineux, de plus méthodique et de mieux raisonné. Il a fait avec beaucoup d'art la satire de Vergniaud et de Gensonné, qui, dans leurs opinions, ont moins cherché à développer des raisonnements qu'à épancher leur bile contre les meilleurs patriotes. Barère n'est jamais sorti de son thème. Dans son discours de trois heures, il n'y a pas une seule ligne de vide.

On ne peut mieux prouver que lui combien cet appel n'a été imaginé que pour avilir la Convention. Il a parlé de la souveraineté nationale; il a démontré que, le peuple ne pouvant exercer sa souveraineté sur un grand territoire, elle devait être déléguée, et que l'appel était destructif du gouvernement représentatif. Il a prouvé que toutes les formes judiciaires avaient été suivies dans l'instruction de cette affaire; [que, d'ailleurs, ce n'était ni un procès, ni un jugement, ni une loi, mais une mesure de sûreté générale. Il aterminé son discours par des observations diplomatiques, et a démontré que, quel que soit le parti que prenne la Convention, les puissances étrangères n'en agiront ni plus ni moins hostilement contre nous. « Sommes -nous donc, a-t-il dit, les stipendiaires du cabinet de Saint-James et de celui de Madrid? Ne voulons-nous perpétuer l'anarchie que pour favoriser leurs coupables projets? « Il a conclu que Louis était coupable de conspiration, et que l'on devait prononcer contre lui la peine qui est désignée dans le Code pénal contre les conspirateurs. Comme il importe infiniment de propager les vrais principes, dans un moment où on cherche à les obscurcir, je demande que la Société arrête l'impression du discours de Barère et l'envoi aux Sociétés afTiliées. {Adopté.)

BoissEL. — Depuis longtemps nous avons soupçonné une faction de Girondistes; nos soupçons se changent en preuves aiijourd'hui. La faction de la Gironde est démasquée; les infâmes Guadet, Vergniaud et Gensonné, sont coupables d'incivisme, de haute trahison. [Applaudi. Oui! oui! s^écrle-t-on de toutes parts.) Ils ont voulu réaliser en eux le triumvirat dont ils ont accusé les trois meilleurs patriotes de la République. Ils ne peuvent se laver du crime dont ils se sont rendus coupables: ces scélérats ont voulu se rendre médiateurs entre

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le peuple et le tyran ; ils ont voulu faire une négociation entre les scélérats tle la cour et le peuple, qui ne leur avait donne aucun pouvoir. Il faut que l'on se hâte de punir ces lâches conspirateurs, ces vils suppôts du despotisme. [Applaudi.) Tous les bons citoyens doivent donc se réunir pour hâter le supplice de Guadet, Vergniaud et Gensonné. (Applaudi.)

Gensonné a fait sentir la possibilité de retrouver ce mémoire; oui, sans doute, il se retrouvera , et voici comment : les Girondins vont faire un mémoire rédigé dans de bons principes, et Roland sera chargé de le réunir avec les papiers de Yille-d"Avray ; ainsi il leur est impossible de se justifier. Ce sont des scélérats, il faut «pTils soient punis. (Oui ! oui! s'écrie-t-on de tous côtés.) Je conclus à ce que Ton prenne tous les moyens possibles pour que la faction de la Gironde ne puisse faire un mémoire et le renfermer avec les papiers de Thierry pour tromper la République. [Applaudissements très vifs.)

MoENNE. — Un fait qu'il importe de faire connaître, c'est que, lorsque Boze a été arrêté, on l'a trouvé tète à tête avec un Marseillais mal famé, avec un de ceux qui se sont déclarés ennemis de Marat et de Robespierre.

Buze, après avoir été médiateur entre le roi et le peuple, ne voudrait-il point être médiateur entre le peuple et Barbaroux? [Mouvements d'indignation coiitre Barbaroux. Il est de la faction de la Gironde, s'ccrie-t-on, c'est un girondisle!)

DuiouH.NY. — Hier, plusieurs patriotes ont eu une conférence tn-s animée avec le citoyen Boze; nous lui finies entendre qu'il n'avait d'autre parti à prendre que île dévoiler les projets de la faction de la Gironde. Je lui dis : « -Mon ami, vous voyez bien que les complots des Girondistes sont manifestes; vous pouvez rendre un service à la patrie en convenant de la vérité des faits. >> Boze parut embarrassé, et cependant il soutint qu'il avait dit tout ce qu'il savait. C'est alors que David , lui parla avec toute l'énergie d'un artiste, et lui roprociia sa perlidii'. Je finis par une observation très inqiorlanli'. Il lui (]ueslion dans b- mémoire des Girondistes de nommer un gouverneur au prince royal; il était question de lui nommer un homme «pii eût beaueou[) de popularité. Pction fut alors désigné publiipiement. .Mors il serait vraisemblable qu'il estde lafaction; alors on explique aisément comment l'etion changea tout à coup. On vit en elTot dans ce temps son patriotisme diminuiM* de jour en jour, et il a toujours été en décroissant. C'est que Pelion esp(''tail d'ètrc gouverneiM' du prince royal, et cspt'rait aussi gouverner rKlal. Voilà ce (jui, sans iloule, Ta l'ail changi3r. Je soumets cette observation à la Société.

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Real informe la Société de deux faits importants. Le département des Ardennes veut faire rentrer dans la ville de Givet un certain Toupet, ci-devant maire de cette ville, homme connu par son dévouement à La Fayette, et qui notoirement est émigré.

On avait saisi une caisse apfmrtenant au cardinal Rohan, que la municipalité de Givet se disposait à faire vendre; mais, par un événement bien singulier, le Comité de surveillance, par une lettre du 17 décembre, s'est opposé à cette vente, fondé sur ce que le cardinal Rohan ne devait pas être regardé comme émigré, mais comme un prêtre déporté.

Le maire de Givet. — Je me suis transporté chez le ministre Roland, qui était absent; je me suis adressé à un des secrétaires, qui m'a dit : « Tout est ici en faveur de Toupet, et devriez-vous même périr pour sa rentrée, il faut qu'il rentre. » Je lui ai répondu (jne, s'il rentrait à Givet, il serait arrêté et conduit à la barre. A cela il m'a observé que nous nous rendrions coupables, puisque les autorités constituées avaient ordonné sa rentrée. Je lui remarquai que des pièces prouvaient qu'il avait émigré dans le comté de Namur; alors il m'a dit que, s'il n'était question que des pièces, il me ferait aussi regarder comme émigré, et que j'étais un entêté. J'ajoutai que, si nous étions forcés de recevoir Toupet, nous donnerions tous notre démission, parce qu'il valait autant introduire dans nos murs Bouille. « Du reste, m'a-t-il répondu, présentez un mémoire au ministre.»

La lecture du procès-verbal de la séance d'hier ramène la discussion sur le citoyen Boze.

Laplanche demande qu'il ait à s'expliquer sur ce qu'a dit David à la Convention sur ses craintes.

Boze. — J'ai dit à David qu'il me tardait infiniment que l'on trouvât le mémoire, afin qu'on vit la vérité ; je ne lui ai dit que ces deux mots, il paraît qu'il ne les a point entendus.

Boze lit ensuite la réponse au ménujire.

MoNESTiER. — Commentas-tu pu te procurer celte réponse, dont l'original a été déposé sur le bureau de la Convention?

Boze. — Gensonné en avait pris connaissance dans le temps, et il me l'a communiquée.

David. — Je vous demandai comment ce mémoire ne se trouvait pas : vous me répondîtes que vous en étiez étonné, et que vous ne dormiez pas la nuit, et que vous trembliez le jour, dans la crainte

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qu'il ne fût retrouvé. Comme j'étais seul, et que j'étais bien aise d'avoir (les témoins, je cherchai à vous entraîner dans un comité, où je ne pus vous rien arracher; alors je vous dis que je vous avais jusqu'alors estimé, mais que dès ce moment je vous méprisais.

BozE. — David a cru que dans un comité je dirais plus qu'à la Convention; je ne puis dire que ce que je sais, et ce que je dis est la vérité.

MoENNE. — Prieur vous dit : «Vous deviez craindre que le mémoire ne se trouvât, et dans ce cas vous étiez impliqué dans une mauvaise afTaire. » Alors vous répondîtes ce qu'a dit David.

D.wm. — 11 est bien singulier que Boze, pour sauver son pays, se soit adressé au roi. Quand Sevrein ', peintre connu, voulut sauver son pays, il n'alla pas trouver Tarquin, mais Brutus! Vous avez déshonoré les arts, vous êtes plus bas qu'un esclave; je demande que vous soyez chassé d'ici.

Après une longue discussion et plusieurs interrogations faites au citoyen Boze, on lui annonce qu'il peut sortir pendant qu'on va délibérer sur lui ; à peine est-il iiors de la salle que sa radiation est arrêtée à l'unanimité.

La séance a été levée à dix heures.

SÉAN'CK DU DIMANCHE T. JANVIER 1793, L'AN 11 DE LA Hl-rri'.ElnLE

PHÉSIDENCE I»E MuNESTIER

Ln secrtUairc donne ledure du iirocrs-verhai, qui est ;iil"|.|.'' Mprr-s quelques légères discussions sur sa rédaction.

Beux soldais, blessés en combattant la tyrannie, réclament la bienfaisance de la Société; leur demande est accueillie avec fraternité, et il est arrêté qii'ime collecte sera faite en leur faveur.

Vahlet. — (îiloyens, une bmgue maladie, <pie mes constants Ira-

d. Je n'ai pu idonlifior ce nom propre, qui se trouve écrit do la nn'ine façon dans le Journal du soir. Le l'rcmier journal de la Convention ne parle pas d^' Sevrein, c-t il fait dire à David : •■ Les généraux romains qui sauvèrent leur ])a\s furent-ils trouver les Tarquins? Non, ils s'adressèrent à Drutus et la iilterl'triompha... Dozc est au-dessous de resclavafje. >i

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vaux pour le bonheur du peuple m'ont fait éprouver, et que j"ai principalement gagnée en prêchant les cito3'ens avec un zèle infatigable dans le jardin des Tuileries, m"a forcé de m'absenter longtemps de cette Société. Mon faible tempérament, qui n'a jamais été au niveau de mon courage, a fait succomber ma santé à la maligne influence de la saison. Pendant le cours de ma maladie, les patriotes ont cru que les Brissotins m'avaient fait assassiner; cela était d'autant plus vraisemblable que le peuple était privé de mes civiques prédications et que l'apôtre de la liberté avait comme disparu. La Société , inquiète sur mon sort, a nommé une commission pour aller à la recherche de mon existence et pour savoir, en un mot, si je n'avais pas été victime de la faction Roland; je vous remercie bien sincèrement, citoyens, de l'intérêt que vous avez pris à mon existence; vous vous êtes convaincus que les Brissotins ne m'avaient pas immolé à leur vengeance. Oui, je vis encore, et c'est pour le bonheur du peuple. (App/attdi.)

N'allez pas pourtant vous imaginer que j'aie passé le temps qu'a duré ma maladie dans une coupable oisiveté. Le bonheur public a toujours été l'objet de mes sollicitudes patriotiques , et j'aurais aujourd'hui profité des premiers moments de ma convalescence pour faire un discours en l'honneur de la liberté, sur la terrasse des Feuillants, si je n'avais craint l'influence du brouillard qui aurait pu embarrasser ma voix et m'empècher de chanter ici, ce soir, comme je me propose. C'est aujourd'hui la fête de la liberté; ce jour, autrefois, était consacré à la superstition et au royalisme: les prêtres seuls fêtaient le jour des rois; aujourd'hui, tous les vrais patriotes vont fêter un jour qui est devenu la fête des sans-culottes. Vous n'ignorez pas, citoyens, que la municipalité, exerçant sa législation sur le calendrier national, a décrété que la fête ci-devant des rois serait la fête des sans-culottes.

C'est donc aujourd'hui la fête des vrais sans-culottes, des Amis de la liberté et de l'égalité. Célébrons donc ce jour immortel. Jacobins. J'ai composé pendant ma maladie un hymne en l'honneur des sansculottes, je crois que cette chanson est digne d'être chantée dans cette Société; je demande, en conséquence, que, pour célébrer la fête des sans-culottes, la Société me permette de chanter un hymne en honneur de la liberté. [Applaudi.)

L'orateur de la terrasse des Feuillants allait entonner son cantique patriotique, et déjà les accents de la liberté se faisaient entendre, lorsqu'il s'élève une discussion sur la question de savoir si la chanson sera

OciO SOCIÉTÉ DES JACOBINS [Gjanv. 1793]

chantée au coniiiiencement de la séance ou bien si elle la terminera. Les avis se trouvent partairés sur cet objet : les tribunes, empressées de connaître cet hymne patriotique, voulaient qu'il fût chanté sur-lechamp; mais cet avis des tribunes n'a pas prévalu : il a été arrêté que, pour célébrer la fête des sans-culottes, la fin de la séance serait consacrée à entendre la chanson civique de l'apôtre de la liberté.

Ln membre du Comité rie présentation lit une liste de candidats qui ont déjà été admis dans le Comité.

Cette liste était terminée par les noms d'Anaxagoras Chaumette et d'Hébert, auteur connu par ses Lettres du père Duchesne. La Société a beaucoup applaudi en voyant ces deux patriotes venir augmenter le nombre des défenseurs du peuple.

C... — On calomnie étrangement la Société lorsqu'on l'accuse d'éloigner de son sein tous les hommes éclairés et de n'y recevoir que des hommes sans talent. Vous voyez, citoyens, que si, d'un côté, nous chassons des Brissotins qui ne manquaient pas de talent, de lautre il se présente ici, pour être admis, des hommes du plus grand mérite, témoin Anaxagoras Chaumette, procureur de la Commune, et Hébert, son substitut, auteur des excellentes Lettres du père Duchesne. Ainsi l'on voit que, si, d'un côté, la Société perd, elle gagne inliniment de l'autre. [App/uiidi.)

[Des soldais, envoyés aux llcs-du-Vcnl, (Icniandcnl à cire rc(,'us membres de la Société. Après un débal, la Société passe à l'ordre du jour. — Un député rend compte de la séance de la Convonlion. — Lecture de la Icllre de Pache à ses concitoyens, en date du 1'^'' janvier 1793. Celle leltrc esl très a|)plauilic. — Expulsion de trois membres suspects de brissolisme. — Coutlion prononce un discours qu'il doit déposer sur le bureau de la Convention : la Société en ordonne l'iniprcssion '. — Séance levée à dix heures et demie.]

SÉA^XE DU LUNDI 7 JANVIKU ITICJ, L'AN II" DK LA HKPUHLIUUE

l'iuosiiiKNCK Di; M(im;siii:m

[Leclure do la correspondanr»;. — l,a Société de lUois demande l'expulsion de Maral cl de llobcspicrrc. Vif débal sur les motifs de l'égarement de celle Société, qu'on attribue aux inlrif^nes de Holand et do sa femme. — La Vayc

\. Siicirli- des (tini.i lie lit lihrrlc et île l'éi/itiilé. Opinimi lie (.iKiuk.ks Cid thon, député du dèpinirnienl du l'ui/-dc-I)ô)ne, sur le juijemeni de Louis XI7. — liiip. L. Potier fi.: Lille, s. <!., in-« du 2(; p. — Milil. nal., Lb iO/TiO.

[7j.\nv. -1793] SOCIÉTÉ DES JACODINS Col

propose une adresse aux départements, à titre de « contre-poison aux i)roductions dont la faction brissotinc a infecté Blois et toute la France ». Voici le texte de celte adresse :]

« Le 10 août, cette journée mémorable, fut le triomphe du peuple; depuis longtemps nous la préparions. Les fédérés arrivèrent à Paris et, de concert avec eux, nous renversâmes le despotisme. Tous les ennemis de la liberté ne périrent pas dans cette journée : un grand nombre a survécu à la chute de la tyrannie et s'est caché sous différents voiles.

« Vous nous appelez des désorganisateurs. Oui, nous le sommes, et notre devoir sera toujours de désorganiser la tyrannie. Le buste de Brutus ayant un poignard sur son sein nous indique nos obligations; on n'est pas fait pour être libre quand on n'a pas d'opinion à soi. Vous semblez puiser la votre dans les pamphlets de Brissot, de Roland, etc. Vous nous faites un reproche de les avoir chassés de notre sein, et vous nous invitez à les rappeler. Nous en sommes bien éloignés, et dans peu nous en exclurons encore quelques autres membres qui suivent cette faction. Robespierre restera avec nous, parce qu'il a toujours été le défenseur des iirincipes, l'ami du peuple et de l'humanité. Nous n'exclurons pas Marat, quoiqu'il soit exalté dans les journaux. Nous n'approuvons pas tout ce qu'il dit, mais on ne détruit pas les aristocrates avec des phrases académiques. Le but le plus important des Sociétés populaires est la surveillance des ministres et de leurs agents. Vous correspondez avec Roland : continuez, et vous aurez bien mérité des ennemis de la patrie. Prosternezvous aux pieds de ce tartuffe qui, au lieu d'employer ses 36 millions à vous donner du pain, les emploie à vous envoyer du poison. Nous voyons la guerre civile s'acheminer à grands pas. Nous vous prévenons des maux qui nous menacent. Si vous croyez arriver à la liberté par la route que vous suivez, c'est une grande erreur : ce sont de nouveaux fers que vous vous préparez.

« Voici notre profession de foi :

«Nous voulons despotiquement [sic] une constitution populaire; nous voulons l'unité et l'indivisibilité de la République, la liberté et l'égalité; nous voulons la mort de Louis Capet et celle de tous le? tyrans, quelle que soit leur dénomination. »

La Société arrête l'impression de cette lettre et l'envoi aux Sociétés affiliées.

[Débat sur une lettre de la Société de Saint-Quentin, analogue à celle de la

Co2 SOCIÉTÉ DES JACODINS [7 janv. 1793]

Société de Blois '. Le citoyen Mocnne fait adopter une réponse qu'il a rédigée *. La Société arrête qu'elle sera envoyée à la Société de Saint-Quentin, « avec les meilleurs ouvrages de Robespierre ».]

TiiL'RioT. — Nous avons besoin de nous rendre à notre poste; mais il est nécessaire auparavant que nous ayons des éclaircissements sur un fait. Deux sections ont dénoncé Charles Villette à la Commune, qui a cru devoir le citer au tribunal de la police municipale. Cette citation a aujourd'hui été dénoncée à la Convention, et il a été impossible aux patriotes de démêler la vérité des faits. Nous sommes bien convaincus que Charles Villette n'a pas dti être cité par cela seul qu'il avait énoncé une opinion; mais il s'agit de savoir pourquoi la Commune a cru avoir le droit de le citer. Il faut que nous sachions si c'est l'ouvraire de la bonne intention que nous avons à défendre, ou l)ien celui d'une coupable intelligence entre nos ennemis.

Dksfielx. — Personne ne peut donner de plus grands éclaircissements sur cet objet que moi, puisque j'ai été, pour ainsi dire, le provocateur de la dénonciation contre Charles Villette. Avant vu avec peine qu'il calomniait dans la Ciivonique les citoyens de Paris, je compris aisément qu'il pourrait impunément tromper les départements sur les dispositions des esprits, parce que tous les journaux sont vendus à la faction. Je pensai que, si la Commune se présentait à la barre pour dénoncer Charles Villette, alors les journaux qui rendent compte des séances de la Convention parleraient de cette dénonciation, et que par ce moyen on saurait dans les départements que les habitants de Paris avaient été calomniés. C'était mon unique but, et j'étais bien éloigné de penser que la Commune prendrait une mesure de vigueur avant d'en avoir donné connaissance à la Convention.

RiiI!j:>pierre jeune. — Vous vous [daignez, citoyens, des égarements des citoyens de toute la République; vous avez raison, car l'erreur est répandue presque partout; cependant il est des i)oints dans la République où le brissotisme n'a pas encore pénétré, où les manfi'uvres de Roland sont inutiles et n'ont point encore pu corrompre l'opinion. Je veux jtarler du département du Pas-de-Calais, de la pa-

1. On trouvera le toxtc do cette lettre dans le nuiin'ro 148 de la Correspondance.

1. La Société des amis de la liberté et de l'égalité, séante aux ci-devant Jacobins Saint-Ilonoré, à Paris, à la Société des atnis de la liberté et de l'égalité de Saint-Quentin (d janvier 1793). — hup. L. Potier de Lille, s. d., in-8 de 8 p. — Bibl. nat., Lb 40/739. — On vota aussi, dans la uirmc séance, une Uéponse de la Soriété des amis de la liberté et de l'égalité à celle de Troyes... — hnp. Potier de Lill.', s. .1., iii-8 de 8 p. — Uibl. nat., Lb 50/2295.

[7 JANv. 1793] SOCIÉTÉ DES JACORINS 6o3

trie de Maximilien RoJjespierre et la mienne. Roland a pris tous les moyens possibles pour corrompre l'esprit public de mes concitoyens, mais il n"a pu y réussir; mes parents et mes amis qui se trouvent dans le département ont déjoué les manœuvres de la faction brissotine. La lettre dont je vais vous donner connaissance prouve que Roland est parfaitement connu dans le département du Pas-de-Calais. Voici d'abord la lettre de ce ministre au Conseil général du département:

« Je viens d'apprendre, avec autant de peine que de surprise, que depuis le 1" octobre vous avez négligé de faire imprimer les papiers que je vous envoie. Mon zèle pour propager l'esprit public ne peut vous être inconnu. Je corresponds avec tous les citoyens capables par leurs connaissances d'éclairer leurs semblables. Vous recevez aujourd'hui une collection. »

Cette collection était composée de trois exemplaires de son compte moral, de sa lettre aux Parisiens, de son compte sur Paris, des discours de Louvet, de Morisson, de Fauchet, de Saint-Just et de Thomas Paine. [Mouvements (V horreur et d'indignation.)

Voici un extrait caractéristique de la réponse du Conseil général d'Arras au ministre Roland.

« Nous nous félicitons de voir que vous oubliez de nous envoyer vos pamphlets. Nous nous disons : « Roland désespère de nous trom- « per, et il cesse avec nous ses envois. » Nous ne voulons pas votre estime, nous serions honteux de l'obtenir. »

Telle est la réponse énergique qu'a reçue le ministre de l'intérieur de la part de nos amis qui composent le département du Pas-de-Calais. Vous voyez, citoyens, que l'esprit public n'est pas encore totalement corrompu.

Vous voyez qu'il existe encore des lieux où le brissotisme n'a pas pénétré; vous voyez qu'il existe, au milieu de l'engouement universel pour Roland, de vrais républicains qui ne prostituent point à cette idole un coupable encens et qui savent se conserver purs au milieu de la contagion générale; et ces citoyens sont de la patrie de Robespierre. [Applaudi.)

G... — Je demande la mention honorabl?; de la conduite des administrateurs du département du Pas-de-Calais.

La Société arrête qu'il sera fait mention honorable dans son procèsverbal de la conduite des administrateurs du département du Pas-de- Calais.

Un autre membre pense qu'il serait utile de faire connaître à toute

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la République la conduite de ces estimables administrateurs. « Je délirerais en conséquence, dit-il, que la Société fît imprimer la k-ttre de Roland et la réponse immortelle des concitoyens de Robespierre. » [Applaudi.)

La Société, considérant que la réponse faite à Roland par les administrateurs du département du Pas-de-Calais est un modèle que devraient suivre tous les administrateurs de la République; c<msidérant en second lieu qu'il serait très utile de faire connaître à tous les citoyens les perfidies de Roland et de la faction brissotine, arrête qu'elle fera imprimer la lettre de Roland et la réponse qui lui a été faite par les administrateurs du Pas-de-Calais *.

TiiiiuiiT. — On vient de m'adrcsser un paquet qui avait été envoyé par Roland au département de la Moselle. Il renferme à la vérité quelques bons ouvrages, mais il s'y trouve quelques productions brissolines. La vérité commence à luire dans ce département; il a envoyé une adresse à la Convention pour la prier de prononcer définitivement et sans appel la mort contre le tyran. {Applaudi. )

On demande la mention bonorable de cette adresse, elle est arrêtée.

['ne citoyenne des tribunes dépose sur le bureau un habit, veste et culotte, pour l'habillement d'un défenseur de la patrie; une autre y joint un billet de cinq livres pour acheter une paire de bas.

La mention honorable de ces olTrandes patriotiques est arrêtée.

« Imitons ces citoyennes, dit un membre, et employons à secourir les défenseurs de la patrie les sommes immenses que vont nous coûter les nouvelles tribunes que nous faisons construire. »

L'orateur est interrompu par des violents murmures et accusé de brissotisme.

Ctiabol annonce et la Société apprend avec plaisir que, dans les départements méridionaux, la sans-culotterie triomphe des Rrissolins, et que cette idole sera bientôt foulée aux pieds. [Applaudi.)

u Oui, (lil-il, cetli; faction sera bientôt terrassée, nous l'emporterons sur ces vils amis de royalistes, et les Jacobins sauveront la patrie une troisième fois, [.\pplaudissentenls très vifs de la Société et des tribunes.)

« Déjà dans plusieurs départements on reconnaît le pièfçe où la faction brissotine voulait entraîner le peuple français; la faction de la Gironde est complètement démasquée, il n'est plus question <|ue de

1. Société des amis de la lil>crté et de ié<]atité. Copie d'une tel Ire de Holanu aux représentants de la commune dWrrns (!•''■ janvier 17y3). — Iiup. Polior do Lille, 8. (I., in-8 de 7 p. — Uibl. nat., Lii 4(V:2:29J.

démas([Lier Brissot et ses complices, et alors la patrie triomphera. » {Applaudi.)

La séance a été levée à dix heures.

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