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rent dune, au commencement, (|u"un hûmme ridicule et vain. Mai^ bientôt ils devinèrent son but coupable, en s'apercevant que sa meute familière, qui avait la bassesse de le flatter journellement, sans pourtant trouver une seule bonne action, une seule démarche méritante à rapporter de lui, que cette meute, disons-nous, avait aussi la méchanceté de mordre, en même temps, tous les partisans de la Révolution, tous les hommes distingués par leurs lumières et leur civisme.
Dès lors, ils jetèrent des regards attentifs sur ce vice-roi de la fabrique de MM. Brissot et associés; ils examinèrent scrupuleusement sa conduite et ils trouvèrent que le ministre si publiquement vertueux par affiches) était secrètement, ]iar les faits, le plus absolu des dominateurs et le plus hardi des ennemis du bien public.
Que n'avez-vous pu comme nous, frères et amis, l'observer allant, venant, courant, querellant tous ceux entre les mains de qui il ne voyait pas d'encensoir; se mêlant de tout ce qui ne le regardait pas, et négligeant tout ce qui le regardait; y travaillant mèuic en sens contraire, c'est-à-dire ne procurant ni la paix de linlérieur, ni les subsistances, ce qui est cependant le véritable objet et le premier devoir de la place qu'il occupe; mais, au contraire, soit par insuffisance, >oit par perfidie, disséminant [lartout des divisions intestines et combinant une famine dans la grande manière de Neckerl
(Jui- navez-vous pu comme nous être à purlée de connaître tous les moyens corrupteurs, ou même tyrannitiues, qu'il a si bien employés pour diriger, au gré de ses passions, à l'avantage de sa mesquine et fâcheuse administration, tous les travaux de ces n)anipulateurs de l'opinion publique, c'est-à-dire les journalistes! Nous en connaissons d'achetés par loi-, d'autres gagnés par les simagrées d une coquette d'autant plus dangereuse qu'une longue exjtéricnce l'a rendue plus experte à tous les genres de séduction; daulres, eiiliu, tout siuiplcment alléchés par l'odeur des mets friands qui couvrent la tahle, devenue tout à coup splendide, du vertueux par excellence; et ces trois moyens de coriupliou pour les luUicuIaires, lâches proneurs de M. Holand, ont eu aussi leur elHcacité à l'égard d'un grand nombre de iiioljorMUiires ministériels, mendjres de la (lonveulion nationali'.
Le- l.<tuvet, les Ikizot, les IJaiiiaroux, le.- (iuadel, le> baniheiia^, les Vergniaud, les (jensonné, etc., le reste ni- vaut pas Ihonneur ilelre nommé, tous parasites du ministre de l'intérieur, sont au>si les complaisants èciios ou les fabricateurs associés de ces puruleiiti.s diatribes, de ces calomnies atroces, lancées sans relâche contre la ville «Je i'aris.
sa Commune et ses sections, ses Sociétés populaires, et colportées rapidement aux extrémités de la République par l'administation des postes, toute à la dévotion du calomniateur en chef, lequel ose même faire arrêter et supprimer et notre correspondance et tous les écrits qui, d'après Texamen criminel que ses agents s'en permettent et le cumitte qu'ils lui en rendent, ne lui paraissent pas cadrer avec ses vues secrètes.
Mais pourquoi Roland a-t-il des vues secrètes, et quelles sont ses vues secrètes?
Cette question, que vous devez naturellement faire, vous tous, frères et amis, qui cherchez de bonne foi la vérité, cette question se trouve précisément la même que celle que nous avons déjà établie. Quel est le but de ceux qui cherchent à corrompre l'esprit public, c'est-à-dire à faire rétrograder, anéantir même la Révolution?
Il est facile de vous mettre en état de vous répondre à vous-même, et de vous rendre raison de cette désertion fréquente de la cause patriotique que font imprudemment beaucoup d'hommes en place, après avoir paru la servir d'abord avec chaleur, alors qu'ils n'étaient encore rien, ou peu de chose.
Ces changements d'opinion, cette versatilité politique, ne sont malheureusement pas un phénomène dans notre horizon révolutionnaire depuis 1789.
Quel fut le but de La Fayette, quel fut celui de Mirabeau, lorsqu'après avoir été tout pour le peuple ils voulurent être tout contre lui?
Quel fut le but de tant de membres de l'Assemblée constituante et de l'Assemblée législative, lâches et mercenaires apostats de la Révolution, qui trouvent encore tous les jours des imitateurs, malgré que leur turpitude, reconnue à temps, n'ait eu pour eux que des suites funestes?
Le but de tant d'intrigues, de fausses démarches, de manœuvres compliquées et de trahisons, c'est, chez tous ces déserteurs du patriotisme, c'est celui d'étendre ou de perpétuer sa domination.
En supposant que Roland désirât garder seulement une dizaine d'années la place qu'il occupe, comme il l'a déjà fait imprimer par un de ses affîdés, pour sonder le terrain, en aduiettant, disons-nous, qu'il eût réellement cette modeste [(rétention, qu'aurait-il de mieux à faire que ce qu'il fait actuellement?
Ne devrait-il pas chercher à donner à cette i)lace une telle supériorité, un tel éclat, une telle importance, que les autres places du Conseil exécutif lui devinssent subordonnées, ou n'eussent qu'une consistance précaire et faiblement aperçue?
GGO SOCIÉTÉ DES JACOBINS [7 janv. 17it3,
Que faisait Octave pour écraser ses collègues dans le fameux triumvirat? Il ne gagnait pas de batailles : il intriguait, et se mêlait de tout.
Mais Octave, avant de parvenir au point d'usurper la toute-puissance, se perinit-il jamais, par exemple, un trait aussi hardi que celui dont Roland a donné, il y a un mois, le scandale à la France, à l'Europe entière, étonnée que, dans un gouvernement républicain, un homme ait osé se placer seul entre la nation et le ci-devant roi, en pénétrant seul dans un lieu si important, en s'emparanl seul tl'un dépôt qui appartenait à la nation, en mettant sur sa tcle, avec une audace sans exemple, toute la responsabilité de l'atTaire de Louis XVI ?
Ah! plus cet attentat paraît inconcevable, plus il faut que les motifs qui l'ont fait commettre à cet homme aient été puissants et personnels !
Quoi! l'on cherche depuis cinq mois à donner la plus grande publicité à tout ce qui se rapporte aux machinations d'une cour conspiratrice, et Roland, ayant enfin découvert l'ouvrier qui avait pratiqué, pour le despote, le réceptacle de sa correspondance la plus secrète, au lieu de prévenir la Convention, ou du moins quebiucs-uns de ses Comités, de cette intéressante découverti', accourt inopinément, et seul, aux Tuileries, rencontre les députés Goupilleau et Laloy, commissaires nommés antérieurement par l'Assemblée pour assister d'office à toutes les recherches d'effets ou papiers qui pourraient se trouver au château, les salue silencieusement, et, au lieu de profiler de la présence de ces deux témoins respectables, qui se trouvaient là merveilleusement à portée pour tout lioninie (jui n'eut pas médité un crime, il les fuit rajiidement, entre dans ra|)parlement de I^ouis, referme avec soin la porte, ne garde avec lui que le serrurier, fait ouvrir l'armoire mystérieuse, porte une main hardie sur ce (jue contenait cette cavité précieuse, et tient à sa disposition intime et secrète, pendant deux heures, et les destinées de Louis, et peut-être celles de la France, qui eût sans doute vu dans ces papiers, s'ils lui eussent été fidèlemint remis, lou^ les noms, tiuitos les listes des traîtres qui la vendaient a son tyran \a veille nu''me du i() août!
Il ne disconvient pas d'avoir gaidé |tendanl deux heures, et même pareouiMi seul, ces papiers, puis(|u'il en lit, devant la Convention, une sorte d'analyse, une indication marquée de leur contenu, ii l'heure . même où il les apporta sur le bureau. Mais, puisqu'il était maitre du secret qui ouvrait la porte de fer, (pii nous dira (pi'ii n'y soit pas venu liutivemenl la veille du jour où il lui .1 |>lu <rinfi>rtuer la Convention? Lt nos soupçons à cet égard, outre qu'ils naissent naturellenieut
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de sa conduite, ont déjà même acquis un commencement de fortes preuves.
Si Roland, dans une ou deux de ces incursions clandestines, s'est en efTet permis de soustraire de ces papiers ce qui le compromettait lui-même, ce qui compromettait trop clairement les membres de la dernière Assemblée législative, combien son influence doit s'en accroître encore!
II saura s'en servir pour attacher indissolublement à son char certains députés prévaricateurs qui, si jamais ils refusaient de seconder ses vues ambitieuses, seraient menacés par lui de voir publier les preuves écrites de leurs premières perfidies.
Oui, Roland a fait un coup bien téméraire en enlevant seul ces papiers; mais c'est un coup de parti : il a, par cela seul, mis dans sa dépendance entière et nécessité à le servir tous les intrigants les plus déliés. II règne sur certains par la crainte, et par l'or sur beaucoup d'autres. Nous disons par l'or, et ce n'est pas sans cause. Outre les bénéfices faisables dans les gestions immenses remises imprudemment à ses soins pernicieux, telles que celles des domaines royaux, des biens des émigrés, et tant d'autres objets qu'il a fait adroitement entrer dans le vaste cercle de son département et qu'il a confiés à ses sectaires, n'oublions pas que, depuis trois mois, il s'est fait attribuer, sous divers prétextes, une somme de plus de quarante millions ; et Ton peut prédire hardiment que le compte qu'il en rendra sera, sans excepter celui de Necker, son modèle en hypocrisie et ambition, le plus difficile de tous ceux qui, jusqu'à ce jour, aient dû être produits à une nation qui semble condamnée à voir sans cesse dilapider ses finances.
Nous pensons même que ce fléau nommé Galonné n'a pas été aussi funeste à l'État que le fléau nommé Roland, si la Convention ne s'aperçoit enfin du danger de souffrir plus longtemps le colosse formidable qui, embrassant à lui seul toutes extrémités de la République, pèse sur la surface et doit finir par en détruire l'équilibre. Que les législateurs, pour calmer nos alarmes politiques, s'empressent donc de dissoudre un pouvoir gigantesque qui commence déjà par les braver eux-mêmes; que cette place si terrible de ministre de l'intérieur soit anéantie ou divisée entre plusieurs fonctionnaires.
Car, dans un État où il n'y a pas de roi, le ministre de l'intérieur en a lui-même l'influence, à peu près comme un intendant peut disposer et dispose arbitrairement de tout dans une maison dont le maître est absent. En efl'et, voyez un instant avec nous, frères et
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ami?, ce qu'est lin minislre de riiilériour dans le système républicain, €t combien son existence lieurle les principes et compromet la liberté nationale.
Un ministre de l'intérieur est un homme qui comprime à volonté toutes les forces morales de l'empire; il donne des commotions à toutes les parties; il tient dans ses mains tous les leviers qui les peuvent mouvoir; il rAgne par sa correspondance avec les administration? des départements; il règne par les erreurs qu'il y fait circuler; il règne par les récompenses remises à sa disposition, et qui ne deviennent le partage que de ses adhérents.
Il presse ou retarde à son gré les mouvements qu'il imprime; il agite ici, il calme là, et toujours jiar des moyens cachés et sans se compromettre : « Car, dit-il, ma place m'oblige à connaître tout ce qui se i)asse dans l'intérieur. »
Les autres ministres n'ont ipi'uue influence partielle et relative pour chacun seulement à la i)artie qui lui est confiée. Le ministre des affaires étrangères ne se mêle prùnt de la guerre; celui de la marine n'a rien de commun avec celui des contributions publiiiues, qui ne maîtrise point celui de la justice.
Mais vuî ministre de Tintéi'ieur, prétendant devoir surveiller Imit l'empire, fait inscnsibienicnl pr(Mi(ln' à tnul rcnipirr l'oiiiniou <|ui lui convient : il travaille, il dis{)Ose sourdement les esprits, et de son pouvoir à celui d'un protecteur il n'y a d'autre différence que celle du nom.
Si la place par elle-même a tant de rapport avec celle du protectorat dans une république, certes, entre le plus fameux des protecteurs dans le siècle passé et le plus hypocrite des ministres de la nouvelle llépublique, les gens qui aiment les lapprochemeuls trouveront plus d'une ressemblance.
Et de vèritaliles patriotes ne Irèruiraii'iil jtas d'iuillunation eu voyant ainsi la liberté menacée [)ar un liouiuie dont clwupu' déniarclie est une atteinte meurtrière quil lui poi-tr, dont cluuiue parole est captieuse, chaque écrit une calouuiic- ou un outrage j'i ses plus ardents défenseurs; par un homme dont l'humeur, de tous temps liilieuse et despotique, l'excite à des injustices sans nombre, à des vexations criantes, à des mesures absolues, arbitraires, et souvent criminelles! Oui, criminelles, c'est h^ mot; et ]>ourquoi ne le dirions-nous pas, puisqu'il ne craint pas d'iu uièrilrr la qualilication? Car, outre I attentat dont nous avons parlé sur les papiers de l'armoire à porte de fer, ce (pu certainement est un grand crime, et peut-être, dans la crise actuelle, le plus fiuiesle de tous les crimes que l'on piU commettre
contre la nation entière, ce ministre ne vient-il pas tout à Theure, en face de la Convention, de lui mentir impudemment sur le rapport demandé au Conseil exécutif pour connaître la situation de l'empire? N'est-il pas venu hier annoncer effrontément que le mémoire qu'il présentait avait été communiqué à ses collègues les ministres , membres de ce Conseil, qui l'avait approuvé, disait-il, et que, par conséquence, la Convention devait regarder comme le compte de tous les ministres?
A peine ce mensonge hardi avait découlé des lèvres du ministre vertueux que ses collègues, sans rien savoir de ses assertions fallacieuses, sont venus présenter leurs comptes particuliers, ainsi qu'il était de leur devoir, et nier positivement que Roland leur eût communiqué. Alors les plus fanatiques partisans du ministre vertueux ont été forcés de convenir que du moins la véracité ne pouvait entrer dans rénumération des qualités supposées qui lui avaient fait usurper ce titre.
Ah! sans doute, ce trait seul suffirait pour donner à tout patriote impartial la juste mesure de la confiance que Ton doit à un imposteur qui tient les rênes de l'empire ; mais il y a longtemps que nous avons jugé l'idole, et le refus constant de notre hommage aurait dû vous avertir de vous défier d'elle, vous, frères et amis, qui ne pouvez la voir que dans l'éloignement et à travers les illusions d'optique qu'elle a si bien su se ménager. Et vous, Sociétés égarées par certains membres mêmes des députations de vos départements respectifs, esclaves ou complices de Roland, puissiez-vous bientôt reconnaître pour ce qu'elles sont toutes les opinions destructives de la liberté, toutes les erreurs que nous savons vous arriver sans cesse par mille canaux empoisonnés et sous toutes sortes de formes perfides !
C'est dans cette espérance que vous nous verrez toujours prêts à excuser le scandale que plusieurs de nos Sociétés affiliées donnent depuis quelque temps par des adresses à la Société-mère oii, prenant im langage tout au moins déraisonnable, elles prétendent mieux savoir, à deux cents lieues de Paris, ce qui s'y passe d'utile ou de dangereux à la liberté, que nous qui suivons des yeux tous les mouvements, qui connaissons toutes les trames, toutes les coalitions perlides, et nous appliquons sans cesse à déjouer les intrigants et traverser les ambitieux. Car, remarquez, frères et amis, que, malgré tout ce qu'il plaît à Roland et compagnie de vous faire écrire contre nous chaque jour, vous ne pouvez cependant, si vous voulez y réfléchir, vous dispenser d'avouer que, depuis l'établissement de notre
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Société, invariable dan? ?e> principe?, coura.iieuse Hans ses cumbals, elle a voulu et n'a voulu que la liberté, l'égalité et la vérité.
Elle n'a point d'hommes à prôner, elle n'a que des principes à soutenir, et, s'il est dans son sein des membres qui s'y sont acquis une grande considération, c'est qu'une longue continuité de travaux utiles à la patrie, c'est qu'une marche constante dans la bonne voie, c'est qu'une lumière toujours pure, toujours sûre, attirent nécessairement l'estime et les regards des vrais amis de la patrie.
Mais sijquelque jour, contre toute apparence, ceux dont nous parlons ici avec le plu? vif intérêt délignaient de la route qu'eux-mêmes vous ont tracée pour opérer la Révolution, alors, mais alors seulement, vous nous verriez, fidèles sectateurs de la seule raison et de l'éternelle justice, abandonner ceux qui, comme Roland, pourraient les méconnaître au milieu d'un cercle inattendu de richesses et de puissance.
Mais loin de nous une telle idée : nos cœurs la repoussent vivement, et sa réalité parait presque impossible, car, maintenant, ces amants de la liberté sont de véritables amis éprouvés dans les circonstances les plus délicates.
Il faut se résumer par un tableau frappant de ressemblance des causes de nos divisions intérieures.
Frères et amis, vous voyez, d'un côté, un liomme, très médiocre sous tous les aspects, devenu tout à coup puissant par la protection de Brissot et des députés de la Gironde, adoré de tous les aristocrates, de tous les citoyens aveuglés ou suspects, détesté de tous les patriotes.
De ce même côté, un certain nomljre de députés, qui désirent en leur âme et conscience que les choses arrivent au point de nécessiter le fédéralisme, système ruineux et destructeur de la puissance de l'empire (et dont nous vous entretiendrons [dus ami)lement quelque jour) , chimère véritablement désorganisalrice, que Roland llatte cependant ouvertement et dont il accueille et encourage journellement tous les apôtres, non que ce soit sa vraie manière de penser, mais pour faire adroitement servir h ses intrigues particulières, et même, sans qu'ils s'en doutent, tout l'imprudent parti des fédéralistes.
Voyez encore, de ce même côté, Rri>s(»t, le cauteleux lirissot, et, véritablement plus (ju'aucun autre, lantipatriole français '. Celui-ci pourrait, aux yt-ux des «diservatcurs exerces, passer pour lo «dief
1. Allusiou au litre du journal ii<- Urissol, (jui sappclail /c l'ntiiote frainaia.
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d'un troisième parti, encore plus dangereux que le despolisme Je Roland, que le fédéralisme de certains députés, car ce serait le parti du cabinet de Londres. Et en efTet, si le ministère britannique voulait à sa disposition un homme subtil, un personnage jésuitique dans la Convention nationale, pourrait-il avoir mieux choisi que le député Brissot. ci-devant vernissé de patriotisme?
Et combien cette idée paraît juste à ceux qui se souviennent que le député Brissot a pris longtemps l'Angleterre pour sa patrie adoptive, qu'il y a longtemps séjourné, politique, imprimé, spéculé, intrigué, et donné par là la mesure de son caractère et l'aperçu des moyens qui peuvent le rendre utile à ceux qu'il voudra servir.
Voyez, de l'autre côté, des patriotes zélés qui, satisfaits de leur triomphe, doivent essentiellement désirer la paix et l'harmonie dans toutes les parties d'une république qu'ils ont conquise à travers tant de dangers.
Voyez ici un pouvoir arbitraire s"étendant insensiblement et s'immiscant partout; là, une résistance non de fait, mais seulement d'opinion ; ici, des départements, tels que le Finistère, qui osent sommer la Convention de chasser de son sein tout ce qui fait ombrage à Roland, et surtout les plus chauds, les plus constants amis du peuple ; ici enfin, une cour nouvelle avec tout son despotisme, ses mœurs sybarites et son code d'esclaves; et, chez la Société des Jacobins, ni richesse, ni places, ni honneurs.
De quel côté la liberté est-elle donc en danger, et qui doit agiter et corrompre, sinon ceux qui en ont les moyens et qui peuvent en retirer tout le fruit ?
Nous ne pouvons, frères et amis, nous déterminer à finir cette fraternelle circulaire, dont les circonstances ont nécessité l'étendue, sans répondre, une fois pour toutes, à ces dénominations d'agitateurs, de factieux, de désorganisateurs, dont quelques-unes de nos Sociétés afTdiées se sont permis de nous gratifier tout nouvellement, d'après les insinuations que l'on a pris soin de leur faire parvenir.
Nous vous ferons d'abord remarquer que la cour, ses partisans, La Fayette, etc., nous appelaient aussi de même, tandis qu'ils qualifiaient les émigrés, les Prussiens, de véritables amis de la France, qui allaient la purifier et la réorganiser heureusement.
Ne sommes-nous donc pas naturellement autorisés à présumer ([ue ceux qui parlent de nous comme la cour et La Fayette pensent en secret et agissent même comme La Fayette et la cour?
Reste aux Sociétés égarées, qui se font les échos de toutes ces dénominations, ridicules dans leur application à la Société des Jaco-
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bins, reste à décider si elles veulent aussi penser comme nos anciens calomniateurs.
Nous vous retracerons ensuite notre immuable profession de foi, celle que nous avons maintenue et maintiendrons toujours, à tous risques, périls et fortune :
Point de souverain que le peuple;
Point de despote que la loi ;
Point de lois que les lois répulilicaines ;
Point d'empire morcelé en partis fédérés, mais unité de gouvernement, pour avoir unité d'action, unité de résistance à offrir à toutes les puissances rivales ou ennemies de la France, un tout imposant par sa force concentrée qui la maintienne libre, indépendante et victorieuse de toutes les attaques de ses adversaires.
Si la sévérité de ces principes nous fait haïr par ces gens qui voudraient roirarder les places qu'ils occupent comme un bien de patrimoine dont ils peuvent disposer à leur gré, tant pis pour ces gens en place : les soupçons contre eux sont dès lors justifiés; le crime hait la lumière; et voilà, en un mot, la cause de ce déchaînement que certains ministres cl certains députés tâchent d'exciter contre la Société qui, par le genre de son établissement, est devenue pour eux la plus redoutable sentinelle et le plus incommode fanal.
Mais la Société brave leurs clameurs et se rit de leurs intrigues : ils passeront, ces hommes, et la Société restera debout, toujours animée de l'amour du peuple et de la haine des oppresseurs, toujours entourée des armes à jamais triomphantes de la raison et do la justice.
Ou bien, si le malheur de la France voulait que les Sociétés po|)ulaires, déjà violemment attaquées, fussent un jour dissoutes par un renversement de tous les principes, alors le dernier des membres de ceux qui composent la nôtre, dût-il lui survivre seul, saurait, ou poignarder le tyran, comme lirulus, ou, en expirant comme Sidncy sur les débris de la Ilépubli(jue, il saurait garder du moins son serment, il saurait, malgré tout, vivi'c libre ou mourir.
KXTitAiT DU rnoci':s-vi:iutAL :
« La Société, dans sa séance du mercredi 9 janvier 171)3, l'an deuxième de la Hépubliijue française, a arrêté l'impression de ( elti' circulaire, son envoi aux Sociétés avec qui elle fraternise.
« MONESïIKIt, di'jiud;, j irr aident ; DkSKIKUX, viri'-jtrcsidrnt ; BouKrio.N, CuALKS, DiiouET, fli'/nitrs; La Favi:, Mittu-: FILS, Alvrkst, secrctaires.
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