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On trouvera celte pétition dans le Moniteur, XIII

84 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [9 juillet 1792]

PRÉSIDENCE DE M. SALADIN

Aucun de MM. les Secrétaires ne se trouvant à l'ouverture de la séance pour lire le procès-verbal ou la correspondance, un citoyen des tribunes demande des nouvelles de^M. Manuel.

M. Collot d'Herbois, l'un des membres de la députation envoyée la veille chez M. le maire et chez M. le procureur de la Commune, rend compte de cette députation et de l'état où, comme ami, il a trouvé ce matin M. Manuel, qui, sans danger néanmoins, est très malade d'une fièvre continue et très forte. L'idée de la fédération paraît occuper infiniment le malade qui, dil-il, a résolu de s'y faire porter.

M. le Président^ apercevant dans l'Assemblée M. Anthoine (de Metz), l'invite, au nom de la Société, à vouloir bien lui faire part des observations qu'il a eu occasion de faire sur l'état de ce département.

M. Anthoine se rend à cette invitation, et monte à la tribune au milieu des applaudissements.

[Suit le discours de .1/. Anthoine.']

Un citoyen apporte une affiche qui lui a }iaru incendiaire, et dont il demande à faire lecture à la Société. Après lecture, M. le Président remercie le citoyen de son zèle; on passe à Tordre du jour.

M. Robespierre. — En considérant la marche et le système de ceux qui gouvernent, en fixant mon opinion sur les fonctionnaires publics élus par le peuple, j'ai été tenté de dire : « La liberté est perdue. » J'ai jeté ensuite mes yeux sur le, peuple, sur l'armée, et j'ai flil : « La liberté est sauvée! » L'objet de la guerre que nous avons à faire est bien connu, est bien déterminé. D'un côté, le peiqde, l'humanilé, toutes les vertus; de l'autre, les perfidies, la lâcheté, la trahison, enfin la cour et tous ses vices.

Nous avons deux guerres à soutenir : l'uiie intérieure, l'autre extérieure. L'une et l'autre peuvent, suivant moi, être terminées en peu de temps et sans effusion de sang. A l'égard de la guerre extérieure, quoique j'eusse adopté un sentiuieut différent de beaucoup de citoyens estimables, maintenant qu'elle est commencée, je crois qu'elle pi-ut être utile à la cause de la liberté. Ceux qui ont soutenu une opinion

différente de la mienne ont pensé que la guerre pouvait servir à la liberté, et j'ai partagé avec eux cette opinion. Ils ont pensé que nous avions les instruments propres à faire cette guerre, et en cela j'étais loin de penser comme eux. L'expérience seule pouvait décider, et elle a été malheureusement jusqu'ici trop favorable à mon opinion pour que je cherche à m'en prévaloir aujourd'hui.

Je reviens donc au sujet général, et je dis qu'en dépit de la perfidie de nos chefs, de la scélératesse des fonctionnaires publics, nous pouvons terminer en peu temps la guerre extérieure à l'avantage du peuple français, du peuple brabançon, et de tous les peuples qui veulent être libres. Le général qui était le plus à craindre ne l'est plus depuis qu'il s'est démasqué. Nul pour les talents, il ne parait plus qu'un traître; mais cela ne suffit pas : il faut que les représentants du peuple, les dépositaires de sa confiance, veuillent bien le constater, et lancer le décret d'accusation contre lui.

Si la patrie est en danger, n'est-ce pas, en efl'et, parce que les conspirateurs ont toujours eu tous les moyens de conspirer contre elle, tandis que le peuple, les patriotes, ont constamment été écrasés? Pourquoi voulez-vous que le peuple se lève, quand, d'un mot, vous pouvez faire cesser les dangers de la patrie en terrassant celui qui est la cause de ces dangers? Sans doute, si nul ne défend les principes éternels de l'humanité, les droits du peuple, il faudra bien que le peuple se lève ; mais vous, ses représentants, pouvez-vous vous reposer sur lui de cette mesure, quand il vous a chargés expressément du soin de le dispenser de l'insurrection?

Avant d'adopter des mesures extraordinaires, il faut avoir épuisé celles que commande le sens commun. Car, tant que vous n'aurez pas frappé les généraux traîtres, qu'ils n'auront pas été remplacés par des généraux patriotes, les succès dans la guerre extérieure sont impossibles, ou même dangereux à la liberté. Il faut des généraux, vous dit-on. Mais est-il donc si difficile d'en trouver d'aussi bons qu'un La Fayette? Parmi les officiers, les soldats, parmi les patriciens même, il serait possible d'en trouver d'excellents patriotes. Malgré ma répugnance à recommander quelqu'un, il me semble que la conduite de Biron, depuis le commencement de la guerre, doit lui avoir mérité la confiance.

Voulez-vous donc éloigner de vos frontières les Prussiens, les Allemands? Frappez un général perfide; nommez un patriote; entrez dans le Brabant, et la guerre extérieure est finie.

M. Sanlerre annonce qu'on a lu aux Suisses un décret du roi, sanc-

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tionné par la cour des Tuileries, qui leur défend de fréquenter les Sociétés populaires, et leur ordonne de recevoir leurs sergents au nom du roi seul, parce que, étant étrangers, ils ne doivent obéissance et fidélité qu'au roi.

Le procureur de la commune de Chartres couimunique Tarrêté pris par le conseil général de cette commune, motivant le refus qu'elle a fait d'afficher la proclamation du roi sur les événements du 20 juin.

M. Goiipilleau rend un compte succinct de la séance de l'Assemblée nationale.

Une députation de la section de Montreuil vient lire une pétition qu'elle avait dessein de présenter à l'Assemblée nationale, sur la suspension de M. Petion, mais que les détails qui viennent d'être donnés nécessitent à changer dans quelques parties.

M. Anthoine fait de nouvelles observations sur les causes des dangers de la patrie; il aunonce avoir rencontré sur sa route, près de Verdun, plusieurs voitures chargées de bombes dont la destination était pour Paris.

La séance a été levée à dix lieurt's et dcaiie.

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