‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 3)Chapitre 27 sur 131 · Xli- phrase inachevé»' est tf;xtuelle · texte numérisé non relu

Xli- phrase inachevé»' est tf;xtuelle

lution, des vainqueurs de la Bastille, qui brûlaient de confondre leurs âmes avec celles de leurs frères du Midi ;

« Arrête qu'une députation de vingt membres se rendra auprès des braves Marseillais, pour leur porter celte expression de ses sentiments et les assurer qu'en vain mjs ennemis ont lâché dans les rangs des gardes nationales des traîtres échappés de Goblentz ou de la garde du roi, pour semer la discorde et l'oubli du respect dû au peuple ; que le plus grand nombre des citoyens-soldats de Paris chérit les chauds amis de la liberté et saura les défendre contre tous les agents du despotisme, de quelque masque qu'ils se couvrent et de quelque nom qu'il se parent. »

PRÉSIDENCE DE M. DELAUNAY (d'aXGERS)

Après la lecture du procès-verbal de la dernière séance, M. le secrétaire du Comité de présentation propose l'admission d'une liste de candidats, qui sont reçus à l'unanimité.

M. Pépin se plaint avec aigreur d'un outrage qu'il estime avoir été fait à la Commune de Paris, en la personne de ses commissaires, par le président de l'Assemblée nationale, qui, après avoir accordé les honneurs de la séance à la députation, a levé la séance sans un décret formel, avant que la totalité de la députation fût introduite ' ; il annonce le projet qu'il a de se présenter dans la soirée à l'Assemblée nationale, pour lui demander vengeance par la destitution de son président.

M. TiiURiOT. — Je crois qu'il est important de rétablir les faits dans leur exacte vérité, pour mettre à même déjuger sainement de leur plus ou moins grande valeur.

Le roi était instruit que la Commune de Paris délibérait sur l'importante question de la déchéance; il savait que la majorité ne lui

1. En effet, dans la séance de l'Assemblée législative du 3 aoùl 1792, une députation de la Commune de Paris s'était présentée à la barre et, par l'organe du maire Petion, avait demandé la déchéance de Louis XVI. — Voir le Moniteur, XllI, 32i-326. — Duhem protesta contre la brusquerie avec laquelle le président Laifon-Ladebat avait levé la séance. {Journal logorirapfiiqup. XXVI, 117.)

JT2 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [3 aolt 1792]

était pas favorable: il crut ne devoir pas perdre un moment pour prévenir le coup qui lui allait être porté et prendre une mesure qui pût au moins suspendre pour quelques instants l'opinion des représentants du peuple.

Il envoya donc à l'Assemblée nationale un message ' formé des six ministres, dont le but était d'annoncer à toute la France que la machine politique était à la vérité entravée dans quelques points; que si elle n'avait pas tout le mouvement qui lui était nécessaire, ce n'était pas de la faute du roi; qu'il pouvait encore mériter la confiance de la nation; il imaginait que la circonstance exigerait que l'Assemblée nationale décrétcàt l'impression du message royal et l'envoi aux quatre-vingt-trois départements.

Nous n'avons pas donné, heureusement, dans ce piège, et un membre 2, ayant pris la parole pour exposer un précis de la conduite du roi, prouva qu'elle n'était qu'un tissu de parjures et d'hypocrisie ; son discours éloigna un peu l'idée de proposer l'impression du message du roi.

Pendant que ce membre était à la tribune, j'avais appris que le maire de Paris était prés de l'Assemblée nationale pour lui présenter le vœu de la Commune. Je sentis qu'il était important de faire rejeter toute idée de cette impression ; j'achevai de démontrer en peu de mots que, depuis la Révolution, la conduite du roi n'était qu'un tissu de crimes qui n'étaient rien moins que propres à lui mériter la confiance de la nation, et j'invoquai l'ordre du jours.

L'ordre du jour fut décrété, ainsi que l'admission du maire à la barre; il fut écouté avec toute l'atlention possible, les honneurs de la séance lui furent accordés, ainsi qu'aux commissaires qui l'accompagnaient; mais les commissaires étaient très nombreux, au point que la très grande partie de la salle se trouva remplie, et qu'il devenait impossible par conséquent de délibérer. Il était quatre heures, le pi-ésident leva la séance et ne prit pas pour cela un décret, parce qu'il n'est pas d'usage de lever la séance par un décret.

Il est vraisemblable c[ue ce soir il sera qui'stion de la pétition de la Commune de Paris; je suis assuré alors cpie nous aurons une majorité suffisante pour obtenir l'impression de la pétition et l'envoi aux départements, et pour faire décréter que, dans le plus bref délai pos-

1. Ce umssage fut lu à l'Assciiililrc l^^'islativo dans la inriiio sraiioo du .'! août 1792. {Moniteur, XIII, 32:j.)

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