C'était Isnard
3. Lo Moniteur i\r rapiiorte pas les paroles di' Tliiirint. On los trouvera dans le JonriKil lii'jof/rdpliirjur, XW'l, \\2.
sible, on s'occupera véritablement du seul objet important : des moyens de sauver la patrie.
Il est important plus que jamais dans ce moment-ci d'éviter les écarts où pourrait entraîner un patriotisme ardent. Je puis assurer qu'à l'Assemblée nationale la très grande majorité est pour les patriotes; que les patriotes se rallient donc bien tous, et alors ils seront assurés de faire les décrets.
Depuis le commencement de la législature, j'ai pour habitude d'arriver à l'ouverture de la séance et d'en sortir un des derniers ; je n'ai cessé d'observer les hommes, et, je le répète, le parti patriote a la majorité, et la très grande majorité, dans l'Assemblée nationale. Il est important que cette vérité soit connue, parque que, dans la crise où nous sommes, cette majorité patriote offre dans l'Assemblée nationale un point de ralliement qu'il est bien important de conserver, et je crois que quiconque tend à éloigner les esprits de ce point de ralliement trahit véritablement la chose publique.
Les Jacobins peuvent dans ce moment donner un mouvement infiniment utile à la chose publique. Que ceux d'entre eux qui, suivant les séances de l'Assemblée, s'apercevront que quelque patriote ne sera pas assidu, aillent chez lui, lui dire : «Mon ami, tu n'es pas à ton poste, sois-y plus exact, le danger de la patrie te le commande; et, je le répète, si tous les patriotes sont toujours là, la patrie est sauvée. »
M... — J'aurais désiré que M. Thuriot eût dit que M, Isnard, que l'on a peut-être calomnié ces jours derniers, s'est comporté ce matin à l'Assemblée nationale comme un vrai héros de la liberté '.
M. Fabre d'Églantine. — Les deux préopinants ont raison. Il est certain que, comme M. Pépin l'a dit, les honneurs de la séance ayant été accordés au maire de Paris et aux commissaires qui l'accompagnaient, la séance a été levée avec scandale; mais je suis d'avis, avec M. Thuriot, qu'il faut laisser tomber ces petites marques de dépit, qui prouvent que l'on sent toute sa faiblesse. J'observerai seulement que la finesse du président s'est trouvée bien d'accord avec les intentions de quelques membres de l'Assemblée, dont le but était aussi de s'opposer à l'impression de la pétition de la Commune. J'ai vu plusieurs membres., parmi les grands orateurs, qui ont paru être parfaitementj^nis à l'aise par cette impossibilité de délibérer.
Je conclus aussi avec M. Thuriot qu'il faut se ranger autour de l'Assemblée nationale, non comme étant un corps protégeant, mais
l. C'est une allusion au discours d'Isnard contre le message royal. On eu trouvera le texte dans le Journal lofjographique, XXVI, 108-112.
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comme étant un corps constitué à qui il est nécessaire d'inspirer le sentiment de la force dont il a besoin pour ordonner, par exemple, l'impression et l'envoi de la pétition du maire de Paris, après les avoir l'efusés au message du roi.
M. Thuriot nous dit que l'on doit revenir sur cette impression; je crois.que cette question est de la plus grande importance, car un décret qui ordonnerait celte impression et l'envoi aux quatre-vingt-trois départements décréterait presque en même temps les propositions contenues dans cette pétition, et que d'ailleurs, avec la disposition oii se trouvent actuellement les esprits dans tous les départements, une telle pétition, représentant le vœu d'une masse aussi considérable que l'est celle de la Commune de Paris, achèverait de leur donner non de l'énergie, car ils n'en ont pas besoin, mais de la conliance.
M. Deperret. — Sans doute, l'adresse de la Commune de Paris doit faire un grand effet sur les esprits dans les départements, mais pour cela il faut qu'elle leur parvienne; or, vous savez que les envois décrétés ne parviennent pas tous avec la même exactitude, la même célérité; qu'il est tel département, par exemple, où la lettre du ministre Roland au roi n'est encore connue que par les journaux, tandis que la proclamation du roi sur les événements du 20 juin y a été publiée presque au même moment où elle l'a été dans la capitale. Je demande donc qu'en décrétant l'impression et l'envoi de l'adresse de la Commune de Paris dans les départements, les députés à l'Assemblée nationale s'occupent des moyens de la faire parvenir sûrement et promptement.
]\I .. — J'étais à l'Assemblée nationale lorsque le message du roi y fut lu. il ne m'a semblé, depuis un bout jusqu'à l'autre, qu'une mauvaise capucinade. Mais ce qui m'a paru clair, c'est que la cour se sentait très faible, et que par conséquent nous étions très forts. Il faut bien se garder de lui céder un pouce de terrain. Ne nous endormons pas, envoyons dans toute la France l'adresse de la Commune de Paris, pour avoir également le vœu de toutes les communes de l'empire.
M. Legendre. — Je pense bien, comme les préopinants, qu'il est important d'avoir le vœu des départements, car il est des comités où ces vœux pourraient peut-être dormir quelque temps.
M. Thuriot nous dit que la majorité de l'Assemblée nationale était patriote; mais, si cela était, la patrie serait-elle en danger? Cependant je pense comme ce député, dont le patriotisme me parait pur jusqu'à aujourd'hui, car avec les députés il faut compter au jour le jour; je pense comme lui qu'il faut se serrer autour de l'Assemblée nationale ; mais il faut aussi que rAssenr.»jlée nationale fasse si bien (jue le vœu
des départements arrive dans un comité où. il y ait des patriotes. Serrons-nous donc autour de l'Assemblée nationale et protégeons-en tous les membres, jusqu'aux aristocrates : car il est tel député bien noir que les circonstances commencent déjà à rendre gris, et qui pourrait peut-être chercher à devenir blanc.
Plusieurs membres parlent encore sur la nécessité de prendre des mesures efTicaces pour faire parvenir l'adresse d'une manière sûre. M. Fabre d'Eglantine est autorisé à en demander 1,500 exemplaires pour la Société, qu'elle fera parvenir sur-le-champ aux Sociétés afïiliées.
M. Billaud-Varenne prononce un discours sur le danger imminent de la capitale; il peint en traits de feu les maux sans nombre dont il est étonné de ne pas la voir accablée ; il propose, comme mesure efficace pour les prévenir, la formation instantanée d'un camp dans les Champs-Elysées.
L'impression du discours est arrêtée \
M. Antholxe. — Tos frères les Marseillais sont venus vous aider à effacer les derniers vestiges de l'aristocratie et de la tyrannie. Rien n'a pu ralentir leur zèle. Ils sont dans une position tellement difficile que plusieurs d'entre eux sont au lit, faute de pouvoir se sustenter; la précipitation avec laquelle ils sont partis ne leur a pas laissé le temps de se munir d'une longue provision. Je demande qu'il soit nommé un commissaire par chaque section de Paris pour les déterminer à fournir à la subsistance de nos frères les fédérés.
Cette proposition est arrêtée, avec l'article additionnel proposé par M. Legendre de former un comité pour recevoir les contributions qui seraient offertes pour cet objet.
Un soldat invalide, M. Beliand, demande à déposer sur-le-champ sur le bureau tout ce qu'il possède, un assignat de cent sols.
Un soldat du trente-sixième régiment dépose également un écu de six livres. Ces deux exemples enflamment le zèle de l'Assemblée, qui était peu nombreuse; tous les membres s'empressent à porter leur offrande au bureau. La somme recueillie dans la Société et les tribunes monte en un instant à huit cent soixante-deux livres treize sols, qui sont aussitôt envoyés à la caserne des fédérés marseillais.
1. Société des amis de la constUution, séante aux Jacobins, à Paris. Discours
de M. Billaud-Varenne sur la nécessité d'un camp de citoyens dans les murs de
Paris, prononcé à la séance du 3 août 1192, Van IV de la liberté. Iiup. du
Patriote français, s. d., in-8. — Bibl. nat., Lb 40/711.
17G SOCIÉTÉ DES JACOBINS i3 aolt 1792]
Le résultat du sc-rutin donne pour président M. Montant, M. Fahre d'Églantine ponr vice-président, et pour secrétaires MM. Uu/iem. La Faye et Ci'one.
M. MiiiiLix. — Les ennemis qui environnent nos frontières n'ont pas éljiaulé le patriotisme des habitants du département de la Moselle, car M. Anthoine vient d"étre nommé maire de Metz à la très grande majorité.
MM. les députés à l'Assemblée nationale sont invités à s'y rendre pour prendre part à l'appel nominal qui s'y fait sur la question de la discussion sur la déchéance du roi.
Plusieurs citoyens rendent compte de divers mouvements dont ils ont été témoins, qui leur font soupçonner que le château des Tuileries machine une nouvelle fuite du roi. Ils proposent de veiller autour du château pour s'y opposer.
M. le Président engage ces citoyens à aller faire à la mairie toutes les dépositions qu'ils croiront être utiles à la tranquillité et à la sûreté générale, et à s'en rapporter, pour les précautions à prendre, à la prudence et aux lumières des autorités constituées.
D'autres citoyens annoncent que des amis de M. La Fayette recrutent pour lui parmi les fédérés. M. Parisot les enrôle pour son armée en leur promettant qu'à peine y seront-ils arrivés qu'ils seront placés avantageusement et qu'ils avanceront très promptement en grade. Ces citoyens sont invités à communiquer au Comité de surveillance de l'Assemblée nationale les preuves qu'ils croient avoir de ces faits.
Un autre membre annonce qu'avant-hier, à minuit, un patriote, se trouvant en sentinelle à la porte de la cour de Marsan, aux Tuileries^ avait vu un capitaine de la section du Palais-Koyal introduire un à un plusieurs grenadiers de la même section, et qui n'étaient pas de service. La dénonciation de ce fait a été portée à l'assemblée de celte section, qui a pris Parrèté de proposer la suppression absolue des grenadiers et des chasseurs dans la garde nationale.
Une députation de la section de Montreuil vient demander à lu Société qu'elle fasse rendre aux commissaires qui en ont été chargés le compte des recettes et des dépenses qu'ils ont faites pour les soldats de Château-Vieux.
La séance a été levée à dix heures.
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PRÉSIDENCE DE M. MOXTAUT
Après la lecture de la liste des candidats proposés à l'assemblée par le Comité de présentation et celle du procès-verbal, un fédéré de Rennes fait hommage à la Société d'un tableau des forces navales de l'empire. On arrête la mention honorable de cette offre au procèsverbal.
M. Bccourt lit une lettre venant de Maubeuge, dans laquelle on annonce que le colonel d'un régiment campé près de cette ville, ayant, à son retour au camp, voulu faire abattre l'arbre de la liberté que ses soldats avaient planté en son absence, avait soulevé contre lui l'indignation générale du soldat, et que le commandant l'avait, pour ce fait, envoyé passer quinze jours à la citadelle.
Une députation de la section de la Croix-Rouge vient déposer une offrande pour les fédérés. La mention honorable est arrêtée, ainsi que celle de pareille offrande apportée par la section de la Place-Royale.
M... annonce que les fédérés ont pris l'arrêté de cerner le château des Tuileries jusqu'à ce que l'Assemblée nationale ait décidé la question de la déchéance.
M... — Il est impossible que messieurs les fédérés aient pris cet arrêté, car il est impossible qu'ils l'exécutent sans violer la loi qui défend tous rassemblements armés, excepté ceux de la force publique. Je crois donc qu'il y a erreur ou de la part des fédérés dans la rédaction de leur arrêté, ou de la part de la personne qui nous en a rendu compte.
Un de messieurs les commissaires des fédérés explique qu'il y a eii erreur dans ce qu'on vient de dire. Ils ont bien pris l'arrêté de surveiller le château, mais c'est en se rangeant chacun dans les bataillons respectifs des sections dans lesquelles ils sont logés, et beaucoup sont incorporés dans les bataillons rlu faubourg Saint-Antoine.
On annonce que la section du iMarché des Innocents, qui envoie une offrande pour les fédérés, a arrêté de nommer des commissaires pour faire une collecte à leur profit. ;
Dans toutes ces offres, il paraissait y avoir quelque chose de plus