‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 3)Chapitre 53 sur 131 · SÉANCE DU DIMANCHE 23 SEPTEMBRE, L'AN V' DE LA RËPI'BLIQLK · texte numérisé non relu

SÉANCE DU DIMANCHE 23 SEPTEMBRE, L'AN V' DE LA RËPI'BLIQLK

PRÉSIDEiNCE DE M. CHOUUIEU

M. Chabol, occupant le fauteuil, demande l'admission, au nombre des membres de la Société, pour M. Le Gros', suppléant à la Convention nationale.

M. Slephanopoli lit un discours dont le but, autant que nous avons pu le comprendre, est d'engager la Société à envoyer tous les jours aux travaux du camp sous Paris une compagnie de cent hommes.

Cette proposition est combattue par M. Chabot, qui, fomlé sur les principes, démontre que, chacun des membres de la Société acquittant ou devant acquitter celte dette dans sa section, il serait absurde de donner, par cet acte, à la Société une sorte d'existence qu'elle ne peut avoir.

« Ce n'est pas, ajoute-t-il, des pétitions pdur lui faire adapter tel ou tel plan de défense pour Pai'is (pi'il faut piés^ nier maintenant à la Cituvenlion nationale, c'est de l.i jyresser dr vous donner un lion gouvernement (pi'il faut s'occuper.

« (Jue vos législateurs sachent p.tr vo'; discussions, dont il< auront connaissance d'une manière ou d un- auhe, qu'ils sachent que votre désir unique est (pie votre gouvernement soit bienlot fixé. (Vesl dans les premiers moments de son exi^lence (pi'il tant attendre d'elli' ces mesun.-s vigoureuses que la conduite (pi'elle a tenue ne doit peut-être

. 1. Jo ne Iroiivo aiiciiii suppléant <li- «'o nom (l,in>< la lAsh' des Convnitlonnels, publiée par M. GuilTrcy.

pas laisser l'espoir de lui voir prendre longtemps. Le premier jour de sa session, elle a abattu le tronc pourri de la royauté, et, dès le lendemain, elle a craint de porter la hache sur les petites branches de cet arbre; elle a ménagé les tribunaux, et, par cet acte de faiblesse, elle est descendue aussi bas que la Législature '.

« Redoutez l'influence que l'intrigue ne manquera pas de gagner au milieu d'elle; et si vous avez à la redouter, cette intrigue, c'est de la part de certains constituants qui, pour avoir fait moins de mal que leurs collègues, prétendent à une réputation de patriotisme. Si vous avez à redouter l'intrigue, c'est de la part de quelques législateurs ^ qui, pour avoir voté contre La Fayette, n'en sont pas plus patriotes, comme l'a fort bien dit M. Simond.

« Il est, sans doute, une assez grande quantité de bons, d'excellents citoyens qui vous arrivent des départements, mais qui, n'étant pas au fait de la tactique que savent si bien employer nos grands maîtres en philosophie, en seront nécessairement dupes dans les commencements. Je le répète: achevons de fixer notre gouvernement. La guerre sera terminée au dedans lorsque nous en serons venus à ce point, et nous aurons un bon gouvernement lorsque nous aurons élagué de l'ancienne déclaration des droits et de l'ancienne constitution les branches parasites que les constituants y ont laissé croître.

« On vous dit qu'il faut présenter en masse un grand plan de gouvernement; rien n'est plus pernicieux que cette idée, car un grand plan demande beaucoup de temps pour être conçu, beaucoup de temps pour être discuté; et, encore une fois, ce n'est pas un grand plan dont nous avons besoin; nos bases sont posées : c'est d'avoir promptement un gouvernement qu'il nous importe le plus.

« Les tribunaux, je l'ai déjà dit, auraient dû être cassés le lendemain du jour où vous avez aboli la royauté, car il faudra nécessairement y revenir pour substituer l'arbitrage à leurs sentences, à leurs jugements. On a craint, a-t-on dit, de désorganiser cette partie; on a craint de confier trop légèrement les intérêts de chacun et, par là, de désorganiser encore la société en remettant les jugements à des arbitres; mais, certainement, si on eût ordonné la nomination d'un grand arbitre dans chaque canton, on aurait été sûr que cette place aurait toujours été donnéepar le peuple au plus honnête homme du canton.

« La même crainte de désorganisation s'oppose encore à ce qu'on ne nationalise pas sur-le-champ l'armée. C'est encore, je le répète,

\. Il s'agit de rAsserublée législative.

2. Le mot législateurs est pris ici dans le sens de députés à l'Assemblée législative.

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