SÉANCE DL' MERCREDI 26 SEPTEMBRE, L'AN P' DE LA RÉPUBLIQUE
PRÉSmENCE DE PETIOX.
Après la lecture du procès-vej'bal de la dernière séance, Moras renouvelle la motion qu'il a déjà présentée d'engager la Convention nationale à s'occuper avant toute autre chose du jugement de Louis XVI et de sa femme.
Chabot reprend également la motion qu'il a faite plusieurs fois de s'occuper des moyens à employer pour forcer la Convention à organiser le gouvernement et à détruire toutes les administrations intermédiaires entre le pouvoir exécutif et le peuple autres que les municipalités.
« Ce n'est pas, dit-il, à la Convention nationale qu'il faut adresser pour cela des pétitions, c'est à votre souverain, au peuple, qu'il faut vous adresser; et quand vos conventionnaires sauront que telle est la volonté de leur souverain, ils ne pourront pas se dispenser de s'y soumettre.
« Après ce moyen de forcer la Convention, il en est un autre à employer, c'est de discuter cet objet dans vos séances. Vos discussions sont publiques, elles sont sous les yeux de tous les législateurs; s'ils savent que cet objet discuté au milieu de vous ait l'assentiment des patriotes, ils ne pourront éviter de voir que vous voulez un gouvernement vraiment populaire et promptcment organisé.
« Le troisième moyen à employer est de leur dire : « C'est vous qui a êtes des désorganisateurs si vous ne vous hâtcx d'organiser le gou-
« vernement de la République française ; c'est vous qui nous plongez « dans l'anarchie, car, sans organisation, un gouvernement tombe né- >< cessairement dans l'anarchie. »
« J"ai entendu hier nommément le citoyen Reubell dire qu'il s'opposerait fortement à ce qu'on établit un gouvernement médiat avec les municipalités. Mais j'en reviens toujours à mes moutons, et je dis qu'étant le seul gouvernement vraiment populaire, c'est le seul qui convienne à des Français libres. On m'objecte qu'il est impossible qu'un seul ministre corresponde avec quarante-quatre mille municipalités, que dans mon système je doublerais presque, car je les porterais à quatre-vingt mille; à cela je réponds qu'il est bien facile de lever cette objection ; le moyen est simple : c'est d'avoir trente-six ou quarante ministres dans cliaque partie. » [Murmures.)
Comme l'orateur parait vouloir donner encore une grande extension à son opinion, plusieurs membres qui ont demandé la parole sur le même objet l'engagent à se resserrer, et, à leur invitation, il conclut à ce qu'il soit fait une adresse à toutes les sections de l'empire français pour leur démontrer la nécessité de demander fortement à la Convention nationale d'arrêter tous les points qu'il vient de proposer à la Société.
[On donne leclure d'une leltre de Fauchet, en date du 23 septembre 1792, où il se justifie de la dénonciation portée contre lui dans la Société, et produit en sa faveur les signatures de Montant, Basire, Merlin et Goupilleau. — Après discussion, la Société passe à l'ordre du jour. — Bentabole parle sur le programme proposé par Chabot pour la Convention. — Lecture d'une adresse des citoyens de Metz à ceux de Thionville. — Discours de Simond et de Saint- André^ sur le programme proposé par Cliabot.]
La séance a été levée à dix heures.