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Tallien. — Citoyens, les délails que le? préDjiinants ont donnés ont dû vons paraitre importants. Il est vrai que la Convention est tombée dans l'apathie; elle a beaucoup trop retardé l'organisation de ses Comités : elle doit se presser de les composer. Jusqu'à présent, le temps a été employé en lectures inutiles, en discussions bmgues et souvent oiseuses. La discussion sur une force armée tirée des quatre-vingttrois départements est enfin arrivée ; la Commission des six, chargée de faire le rapport, était d'abord divisée d'opinion: trois membres rejetaient cette mesure; trois nouveau.v membres, adjoints à la commission, ont départagé les suffrages, et ce sont trois hommes qui ont le plus de prévention contre la députation et la Commune de Paris. Le rapport a été fait par Buzot. Je ne puis que déplorer l'égarement de ce citoyen; en arrivant à Paris, il a fréquenté une maison où se rendent ceux que je ne regarde pas comme les amis de la liberté. Buzot, que j'ai aimé sincèrement, Buzot, que j'ai connu républicain dans un temps où il était dangereux de parler de républifiue, Buzot s'environne de gens qui le préviennent contre la députation de Paris. Son rapport, où l'on n'aperçoit que des phrases, du vent, c'est le terme, contient une assertion fausse: on y dit 'que la Convention nationale a décrété le principe
Bentabole déclare qu'il ne croit pas qu'il y ail un décret; et il promet de s'en assurer en allant au bureau des procès-verbaux.
Un citoyen propose de nommer trois commissaires pour vérilior le fait et en rendre compte.
Un autre assure qu'il n'existe pas de décret, que Buzot s'est trompé, et que la Convention avait seulement décrété (|ii'il lui serait fait un rapport sur la proposition d'une force armée.
Un mciiihrc dit que tous le> journaux s'accordent à rapporlrr ipie le principe a été décrété et (jue l'organisaliou seideiucut a clé l'i-nvoyée à un Comité '.
Comme l'on insistait pour la noniination des couunissaires, Chabot observe qm- la Convonlion. qui a ni.iiuti'uu toutes les lois l'xistantos, mémo celles évidemment liberticides, a aussi consei'vé la loi contre les Sociétés |topulaires : « La (action qui ne vient plus ici, dit-il, ne manquerait pas de se l'écrier si vous nouiuio/. di'>; commissaires: que la Société se tienne sur ses gardes, qu'elle balte ses ennemis avec leurs propres armes. Sans doute il se trouvera des membres assez
1. Kii ii'.ililc, lii Convention s'i'lail Ixniii'o à décrrlrr \c rrnvui ilc la iironosilion ail (iiiiiiiti' de la (.'iicrro.
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zélés pour vérifier le fait sans commission, sans invitation, et nous verrons si Buzot, avec son ton pédantesque... (Applaudissements.)
Billaud-Varenne assure que le principe a été décrété, et que le Comité a été chargé seulement d'examiner quelle serait la quotité de la force armée.
T.vLLiEN, — Voilà une explication claire; ainsi, nous devons nous occuper des moyens de faire rapporter un décret dangereux et impolitique. On demande des volontaires des quatre-vingt-trois départements : mais les citoyens de Paris sont la plupart des départements, il en est vingt-cinq sur trente... Si la Convention fait de mauvaises lois, eût-elle cinquante mille hommes à ses ordres, l'indignation publique sera son partage... Des citoyens, des pères de famille quittent bien leurs foyers pour défendre leur patrie, mais ils ne les abandonneraient pas pour former une garde de parade. Qui composera donc cette force? Des gens à salaires, des ennemis du bien public... Cette garde prétorienne ne peut être d'aucune utilité, et il n'y aurait plus^ de liberté si de tels représentants armés étaient admis. On veut la faire choisir par les départements, presque tous composés d'aristocrates gangrenés, et dont la faction espère que la rénovation se fera dans ses principes. Le commandement en serait confié à un homme élu par elle, et ce serait le président qui aurait le droit de la requérir. Je demande si ce ne serait pas violer tous les principes, et si, dans ce cas, une insurrection ne serait pas légitime !... On craint! mais la Législature, qui comptait si peu de patriotes, a-t-elle été insultée tout le temps que la hache vengeresse du peuple était levée? Je l'ai dil^ l'enceinte auguste n'a été souillée que par la présence de Louis XVI et de sa femme... La Convention, le Trésor public sont des propriétés nationales ! Mais ne faudrait-il pas aussi envoyer dans nos ports des gardes des quatre-vingt-trois départements? Car ce sont aussi des propriétés nationales.
Tallien termine son discours en invitant tous les jmtriotes à se réunir pour combattre le projet du Comité.
Benlahole renouvelle sa motion tendant à envoyer une lettre d'invitation à tous les membres de la Convention : on lui rappelle qu'il a été pris, dans une précédente séance, un arrêté contraire à cette motion.
La Société passe à l'ordre du jour.
Le Vasseur. — Le projet du Comité tient à des vues imaginées avant la réunion des députés à la Convention : il devait y avoir trente
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mille hommes sur le mouvement desquels les ministres auraient eu une grande influence. Avant d'arriver à Paris, on me disait que nous ne pourrions rien l'aire si nous ne nous faisions environner d'une armée, ou si nous ne tenions nos séances ailleurs qu'à Paris. Arrivé à Paris, le même langage me fut adresse par l'un de mes prédécesseurs, qui siégeait régulièrement du côté droit : il me disait que les tribunes influençaient prodigieusement les délibérations, et que les Amis de la constitution, en voulant tout mener, avaient tout brouill.-. Entré dans la Conveulion, on a tâché de me prévenir contre la i!éputalion de Paris, contre le peuple des tribunes, contre la Société, contre Robespierre, que j'ai toujours aimé, parce qu'il est bon républicain; j'ai répondu : « J'aime les Parisiens, parce qu'ils sont patriotes, mais je ne les crains pas ; mon chef de file sera les principes, et mon point de ralliement la Société... » {ApplaiirUsscments.)
Le Roi (d'Alençon) pense qu'on a trop exagéré les dangers du projet, et qu'on a créé des fantômes de faction ; il observe que les citoyens appelés à former la garde conventionnelle seront tous des amis, des frères, des dignes soldats de la liberté. — L'orateur est souvent interrompu par des murmures mêlés de rares applaudissements.
La Société arrête qu'il y aura séance demain.
La séance a été levée à dix heures.