SÉANCE DU LUNDI 15 OCTOBRE 1792, L'AN 1" DE LA RÉPUBLIQUE
[Collecte en faveur d'un soldat invalide. — Riilil, qui revient d'Alsace, a rencontré, à Dormans, dix émigrés qui avaient été pris les armes à la main et qu'on amenait à Paris. Bourdon s'étonne que ces émigrés soient envoyés à Paris : Roland n'a donc pas publié partout le décret sur les émigrés? — On commence le débat sur le projet de garde départementale.]
Marat. — Citoyens, permettez que j'interrompe un instant une discussion sur un vain fantôme auquel on attache trop d'importance : le projet, proscrit par l'opinion publique, n'existe plus aujourd'hui que dans rimagination de ceux qui l'ont proposé; je doute fort qu'ils aient le courage de le reproduire, et, s'ils le faisaient, ce serait tant mieux pour la liberté : ils appelleraient, au lieu des gardes prétoriennes, des surveillants qui les rappelleraient à leurs devoirs. Des dangers plus pressants nous environnent. Deux bataillons de volontaires nationaux sont victimes de l'oppression, ils gémissent dans les cachots. Vous connaissez comme moi les inculpations vagues contre le bataillon Mauconseil et les malversations des ministres et des généraux. Je me suis transporté au Comité militaire, j'ai valeté dans tous les bureaux de la guerre sans pouvoir trouver des pièces justificatives. Une seule pièce m'est tombée entre les mains : elle porte que, le délit n'étant pas prouvé, le décret devait subir des modifications. Je demande qu'on m'adjoigne deux commissaires pour aller chez le général Dumouriez demander des renseignements sur la conduite des défenseurs de la patrie, victimes peut-être de la calomnie et de l'intrigue; je prie la Société de m'adjoindre les citoyens Montant et Bentabole, deux hommes d'un caractère connu. — Accordé.
[Merlin (de Tbionvillc; fait hommage à la Société des dix premiers numéros du journal auquel il travaille avec Camille Desmoulins. — Robespierre parle
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contre le projet do. force armée. — Approbation de l'adresse sur Brissol '-. — Députation de la Société fraternelle des deux sexes-,]
J.WVllI CIRCULAI RE 1)K LA SOCIÉTÉ 3
[!.') octobre 1792.] Frkrks et amis,
I^a Société de Paris ne s'était pas dissimulé, ainsi qu'elle vous en a prévenu dans une précédente circulaire, que, malgré la chute du despote français dans la célèbre journée du 10 aoCit, le despotisme se reproduisait sous de nouvelles formes. Des intrigues, nées dans les ténèJjres, avaient déjà révolté les patriotes; ils avaient déjà, dans le sein de la Société, démasqué les hommes jiei'vers qui avaient ourdi ces intrigues.
Rrissot, que nous avons mis à nu, est un coryphée de cette méprisable cabale. La Société a prononcé sa radiation, sur la dénonciation des faits cunlenus dans l'extrait du procès-verbal de la séance du 10 octobre, (pie voici... 4,
Mais, indépendamment de ces faits, la Société a pensé (piil était essentiel d'entrer dans quelques détails sur lo rôle que cet homme a joué dans les grandes époques de nos révolutions. Nous l'avons vu, à celle de la révision de la constitution, attaquer quelques-uns des réviseurs, mais garder le silence sur l'insolente audace de La Fayette, faire envisager sa retraite comme une calauiilc ]iubli(|ut', et, par là, mettre l'encensoir à la main des citoyens rpTil conduisil à ridolàlric. Aussi, lorsque La Fayette, à la fatale journée du Champ ilc .Mars, eut massacré les patriotes, lorsque les décrets de prise de corps poursuivaient les bous ciliiyens (pii avaient signé la pélitioii, nous vhncs l'asile et la personiK.* de Brissot, (-(tunu ixnu' l'avoir nvligéc, tranquilles et respectés, ce qui nous |tai'ul abus une énigme inexplicable, mais et' (pie les lails subsétjiirMls n'oiil que trop cxplicjuc. Sa cou-