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duite fut depuis toujours oblique et tortueuse. Sa faction protégea Narbonne dans ses perfidies et ses dilapidations; elle parvint ensuite à placer des ministres; elle se grossit de tous les hommes avides et intéressés qu'elle parsema dans leurs bureaux, et, forte dès lors, elle déclara la guerre aux Jacobins, que la cour voulait perdre.
Plusieurs de nos frères, corrompus ou séduits par Tappàt des emplois, changèrent leur patriotisme en un systèuie de cupidité, d'égoïsme et d'intérêt jjersonnel; et, au lieu de servir la chose publique, ne servirent plus que la faction de Brissot. Ils brusquèrent la déclaration de la guerre, sans aucune mesure préparatoire pour détourneiriniluencc du tyran des Tuileries sur le sort de nos armées, dirigées contre ses parents, ou pour rompre sa coalition avec tous les despotes, avec nos propres généraux, et surtout La Fayette. Cependant la cour accumulait les forfaits; il fut question de la déchéance du roi; Brissot et ses partisans fréquentaient rarement la Société; il s'en était formé une nouvelle, sous le nom de Club de la Réunion, qui tenait et qui tient encore ses séances à huis-clos. Le ministère composé par Brissot fut changé : il devint furieux contre la cour. Ce ressentiment nous parut avoir amené la journée du 20 juin, que les Jacobins n'approuvaient pas, l'envisageant comme une mesure partielle, toujours nuisible aux intérêts du peuple. Les Jacobins, depuis ce jour, virent tous les foudres prêts à fondre sur leurs têtes. Ils prirent le parti d'appeler leurs frères des quatre-vingt-deux départements pour la fédération. Ils arrivèrent, leurs frères; ils furent accueillis avec enthousiasme dans la Société; mais la faction les calouiniait, les présentait dans ses papiers comme des hommes portés à commettre tous les crimes, et cependant la cour préparait des armes pour les égorger. Les Jacobins, dans ces moments critiques, donnaient tous les jours de nouvelles marques d'affection aux fédérés. Les Danton, les Chabot, les Robespierre, les Billaud-Varenne les encourageaient par leur éloquence à soutenir les efforts du peuple, dont la patience était à bout. Où était alors la faction de Brissot? Jointe aux députés de la Gironde, aux Yergniaud, aux Guadet. Que faisait-elle pour le salut de la patrie? Les Jacobins ne les virent point, sinon dans l'Assemblée législative, temporiser avec la cour et ses agents, n'opposer que des mesures tièdes aux entreprises dictatoriales de La Fayette, protecteur reconnu d'une cour contre-révolutionnaire.
Enfin, la mémorable époque du 10 août est arrivée; on doit s'occuper le î> de la déchéance du roi; il n'y eut pas un mot de prononcé sur la question d'abattre un tyran environné de satellites impudents
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et féroces, dans son château devenu un arsenal. Le même jour, au contraire, les Jacobins virent accourir dans leur sein les Chabot, les Merlin, leur dire énergiquement qu'il était temps que le peuple se sauvât lui-même, que l'Assemblée législative n'était plus, dès longtemps, que corruption et faiblesse, et la cour qu'une horde de brigands.
Robespierre mêla sa voix à celle des vigoureux patriotes qui annonçaient au peuple l'heure de son réveil.
Leur voix se fit entendre dans tous les quartiers de la ville. Le tocsin sonne, la générale bat toute la nuit. Le iO août, la Commune de Paris se compose des plus purs patriotes de toutes les sections; on consigne chez lui le magistrat du peuple, pour imposer à la loi un silence nécessaire; le peuple, joint aux fédérés, se porte en armes devant le château; en une demi-heure il est emporté d'assaut, et les satellites du tyran sont couchés dans la poussière. Les crimes de la cour se dévoilent. Pendant ce temps-là, la nouvelle Commune délibérait sur les circonstances et portait à la barre de l'Assemblée le vœu du peuple trop longtemps méprisé. L'Assemblée, devenue ' son organe, transforme en lois les mesures salutaires que la Commune de Paris lui présente, et la France est sauvée, grâce aux Jacobins, aux fédérés, à la Commune. Elle est sauvée malgré la cour et la faction machiavélique qui, sous des dehors de patriotisme, entravait les ' mesures nécessaires au salut de la patrie. Le ministère de Brissol est rappelé, mais on y adjoint le patriote Danton et quelques autres. Bientôt après, la faction veut regagner le terrain que, pendant quelques jours, elle s'est vue forcée d'abandonner au peuple ressaisi de sa souveraineté; les placards reparaissent incessamment; les patriotes qui s'étaient le plus distingués, en éclairant le iteuph^ sur les danger^ tpii le menaçaient de toutes parts, sont calomniés de nouveau. L'Assemblée veut faire le procès k la Commune.
Dès lors, la faction, le ministre de l'intérieur, voient devant i-ux se rouvrir une nouvelle carrière à leur aniliilinn ; ils ont des fonds secrets à disposition ; ils intri^Micnt <ians les sections de Paris, dans les dèpartemenls cprils veulent prévenir contre rette mémo Commune, et smlout contre les patriotes les plus épr(iuv<''<: (pi'clji' irnf.rmc dans son <imu; ils s'attachent, par toutes sortes de moyens, des prôneurs, des déclamatours qui crient partout, qui impriment cimtre les meilleurs patriotes, en lesqualinanldesnomsdedésorganisateurs,denagorneursdu peuple, et vont jusfpi';! prono?icer l'absurdité que Robespierre est désigui- par eux fiour l.'f didalnre. Ouiinl ;\ eux, ils s'arrogent la gloire <lu saint de la France, comme si tonte la rr-publique ne les avait pas loiijours vu>; iigir
dans le sens de la cour, ou du moins de La Fa3'ette, de Narbonne, ses champions, qu'ils ontprotégés ouvertement jusqu'à l'extrémité, tandis qu'aujourd'hui même leurs écrits sont dans le même esprit que ceux des royalistes, des Feuillants, des modérés, qui débitaient, tout aussi lâchement qu'eux, des diatribes insultantes contre les Jacobins et les patriotes incorruptibles. Le parallèle est frappant pour tous ceux qui veident bien les lire. Mais en parcourant rapidement les diverses périodes de leur existence politique, il s'en présente une bien remarquable : c'est celle du 2 septembre, dont ils s'efforcent de tirer un parti bien perfide contre Paris. Voici ce qui se passa à cette époque : les ennemis avaient entamé notre territoire et s'avançaient sur Paris. La Commune de Paris, sur le rapport du patriote Manuel, et voyant que la législature, loin de prendre des mesures dictées par des circonstances aussi impérieuses, recevait avec aigreur les moyens de salut public qu'on lui présentait, prit la résolution, après l'avoir annoncée à la barre, de faire tirer le canon d'alarme et sonner le tocsin, pendant que les officiers municipaux proclameraient, dans Paris, l'imminence du danger. Trente mille hommes, quelques heures après, se présentèrent au champ de la fédération, et s'y enrôlèrent pour aller combattre l'ennemi. Ce bel enthousiasme fut toujours croissant, et fut, en même temps, suivi par tous les départements. Ces nombreuses armées assurèrent le salut de la République.
Eh bieni la faction veut répandre des nuages sur celte importante journée; elle l'impute à crime à ses auteurs, parce que des citoyens, arrachés brusquement des bras de leur famille pour voler à la défense de leurs foyers, crurent devoir immoler à la sûreté publique les scélérats, les conspirateurs restés impunis, entassés dans les prisons au mépris de la promesse de leur punition dans les vingt-quatre heures. II était d'ailleurs prouvé que de nouveaux complots existaient, et que ces monstres devaient être élargis pour porter le carnage et la mort dans toute la ville à une heure indiquée. On voit donc bien que les crimes des patriotes, des défenseurs de la patrie, ne sont autre chose^ aux yeux des tyrans et des factieux, que l'amour de leur pays. La cabale, que nous vous dénonçons, avec le trône du despote s'écroula. Pourquoi s'attendrit-elle si fort sur les conspirateurs et les intrigants qui ont payé de leur vie leurs exécrables complots? Aime-t-elle le peuple et ses défenseurs? Non, puisqu'elle parait les craindre. Elle veut écraser ceux-ci pour enchaîner ceux-là : voilà toute la morale des ambitieux qui veulent asservir leur patrie.
Brissot et ses partisans ont été, dans nos dernières séances, scrulés profondément.
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Couthon, Tliiiriot et plusieurs autres députés arrachèrent à Tenvi quelques lambeaux du voile derrière lequel ces vils intrigants ourdissaient les lacs dont ils voulaient envelopper le peuple. Nous espérons même que les hommes prudents quils ont pu abuser quelques instants vont les livrer à Texécration qu'ils méritent. Déjà la Chronique ne peut s'empêcher de leur reprocher leurs calomnies contre la Commune de Paris. Le peuple, qu'ils n'ont cessé de calomnier depuis le 10 août, manifeste hautement son mépris pour ce qu'il appelle les Brissotins, qui, n'ayant défendu que les hommes les plus corrompus, entraînent aujourd'hui dans leur parti les aristocrates déguisés depuis cette époque. Ce peuple, qui s'est prononcé aussi énergiquement contre les scélérats qui ont attiré sur sa tête toutes les calamités, qui a terrassé la royauté et le fanatisme, ne ménagera pas davantage des intrigants qui, à l'ombre de la République, voudraient se rétablir sur les débris du trône. En un mot, il voit que cette l'action veut régner : il n'y a aujourd'hui de ministre et d'agents, dans toutes les administrations, que de leurs mains. Dans la Convention nationale, dirigeant tout par leur scandaleuse influence, et à l'aiil..' des fa-tales préventions dont ils ont environné les députés des départements, ils donnent la présidence, ils composent le bureau et les Comités; ils se sont surtout partagé celui de la constitution. C'est, sans contredit, se frayer la route du despotisme; c'est, disons mieux, nous conduire à une parfaite oligarchie par la dangereuse réunion de tous les pouvoirs dans les mains de cette poignée de factieux qui, ne dissimulant plus leurs desseins despotiques, sollicitent déjà une garde prétorienne.
Réfléchissez-y, frères et amis, ces hommes intrigants partout envahiraient la liberté, si la République, dont ils ne veulent pas sincèrement l'unité, ne renversait les projets de ces ambitieux.
Nous finissons, frères et amis, par vous recommander la défiance sur les papiers et les partisans du ministre de l'intérieur, dont on cherchera sans doute à vous circonvenir pour diviser et cormuipre. Aiusi que les royalistes elles Feuillants, dont il< uni cuiiuimtê le l;»ni:age, ils essavenl d'abattre le courageux patriotisme. Ici, ceux C(tnlr(' lesijuels viennent s'émousser les traits de leur machiavélisme sont les hommes les plus prononcés; ceux qui ont contribué fortement à sauver la chose |»ubli<pio le 10 août, p.ir leur cloipirncc d Iciws actions, ce sont les l)aid<in, les l^dtespicrre, les Crdlol d'ileibois, les Hillaud-Varenne. Chabot, Merlin, Panis, et tant d'autres qui ne répondront à leur insolence que par des lois po|>ulaires cpii ccuHtitueront le bonheur cl l'affermissement "le la Hépublique, dont celle hiTiIe de faclueux aura à yieine ofTusqué l'aurore.
La Société, dans sa séance du 15 octobre, Van premier de la République, a arrêté Vimpression et l'envoi de cette adresse aux Sociétés qui lui sont affiliées.
Danton, président.
La Faye, ince-président.
Bentabole, député; Le Peletier, député; Simonne. Le Fort, Deperret, Baudin, secrétaires.