SÉANCE DU MERCREDI 17 OCTOBRE, L'AN P^ DE LA RÉPUBLIQUE
présidence de DANTON
[Pétitions, dénonciations et lettres diverses. — Chabot, pour éclairer les départements que l'on cherche à tromper sur la ville de Paris, fait arrêter par la Société qu'il sera fait un journal hebdomadaire qui sera envoyé à toutes les Sociétés affiliées. — Bentabole demande que Louis XVI soit jugé, non par la Convention, mais par le tribunal qui a jugé les crimes du* 10 août. « Je demande que la Société mette à son ordre du jour cette question : « Quelle « sera la manière dont on procédera au jugement de Louis XVI? » La Société arrête la proposition de Bentabole.]
Marat. — De vils folliculaires, tremblants de frayeur de voir déchirer le voile, s'empressent d'aller au-devant de l'opinion publique, en semant le ridicule à nos dépens : nous pouvons leur pardonner, car nous les ferons pleurer. Vous m'avez adjoint Montant et Bentabole pour rechercher des éclaircissements sur l'affaire des bataillons opprimés; nous nous sommes acquittés de notre mission. Il s'agissait de trouver Dumouriez pour le mettre sur la sellette, comme on l'a très bien dit; nous avons appris qu'il était au spectacle des Variétés, nous nous y sommes transportés; nous avons attendu à la porte; là, on nous a dit qu'il s'était rendu chez lui, nous y avons été, et nous avons su qu'il soupait en ville : c'est à une fête qu'il allait assister. Nous nous sommes mis en chemin; une file de voitures et des illuminations nous ont indiqué la porte.
Nous sommes entrés dans une maison où un enfant de Thalie fêtait
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un enfant de Mars"; nous avons traversé une salle remplie d'une société brillante. Je ne vous parlerai pas d'une douzaine de nymphes à taille svelte, dont des vues politiques n'avaient pas vraisemblablement motivé la réunion; je ne vous parlerai pas d"un grand nombre d'officiers de la garde nationale parisienne qui venaient faire leur cour au grand général; je ne vous parlerai pas du maître de la maison, vêtu en histrion; mais je vous parlerai de quelques masques que j'ai reconnus: c'étaient des messieurs de la Gironde, c'était Kersaint, c'était Chénier, c'était Lasource, c'était enfin le galopin libelliste Gorsas. Un spectacle douloureux m'a frappé : un patriote que j'estime, dont les vues, à la vérité, ne sont pas profondes, le commandant-général de la garde nationale parisienne, faisait les fonctions de laquais ou d'introducteur. Dès l'instant qu'il m'a aperçu, il s'est hâté de m'annoncer, indiscrétion qui m'a un peu peiné, parce qu'elle a donné le temps à certains masques de s'éclipser.
Dumouriez a paru; il avait de l'inquiétude, je l'ai vu à son visage. Je lui ai dit que l'objet de notre mission était d'avoir des renseignements sur la conduite des bataillons de Mauconseil et de la République. « J'ai remis toutes les pièces au ministre de la guerre. — J'ai couru tous les bureaux, et je n'ai pu avoir aucune pièce. — J'ai fait mou rafiport à la Convention nationale, et je me réfère à elle. — Oh! Munsieu;-! vous ne vous eu tirerez pas de cette manière; le Comité de surveillance n'a aucune pièce, et il se borne à demander contre les bataillons un décret de simple précaution. — Je suis silr qu'il y a des pièces. — Dites donc où elles sont. — Je crois. Monsieur, ipic je mérite croyance quand je parle. — Si vous méritiez une confiance entière, nous n'aurions pas fait la démarche que nous faisons en ce moment; il y a im dessous de cartes dont il faut connaître le fond : à qui persuadera-t-on que douze cents hommes se livrent à des excès sans motifs? On dit (juc les personnes massacrées étaient des émigrés. — Eh bien! Monsieur, quand ce seraient des émigrés? — Les émigrés sont des rebelles à la patrie, et vos procédés envers les bataillons sont d'une violence impardonnable. — Ob! vous êtes trop vif, Monsieur Marat, pour qu»' je pai-le avec vous. »
Eu disant ces paroles, le gèuf-ral a Iouiih'- sur ses talons; mes collègues l'ont suivi, et, par [dus d'amènitt', ils lui ont tiré des aveux doul
1. Celait chez T.ilma, rm; (lliaiiion'inc, dans l'Iiùli'l iih'iiii' (lu'iialiili'ra plus tard lo ^rriiéral lUmaparlo à son rolovir d'Égyple. — Gf. Morlinu-r Ternanx, Histoirc (le la Terreur, IV, ISfl; cf. les Mémoires do Dinnouriez et le.s Souvenirs d'une uclrice, par Louise Kusil.
ils vous rendront compte; je n'ai pas assisté à leur entretien, dui'ant lequel j'étais environné d'aides de camp qui me disaient : « Ah! vous êtes donc des agitateurs! Ah! vous soutenez les agitateurs! — Je ne connais, leur ai-je dit, d'autres agitateurs que les généraux courtisans que nous tenons à la tète de nos armées. » Parmi ces aides de camp étaient Rohan-Ghabot et Moreton. J'ai vu aussi quatre heiduques faisant la parade, le sabre à la main, pour en imposer sans doute à vos commissaires, membres de la Convention.
Je me suis présenté ensuite au Comité de surveillance. « Je veux avoir le cœur net sur cette affaire, ai-je dit aux membres qui le composent, et, tant que j'aurai la tête sur mes épaules, on n'égorgera pas le peuple impunément. » Le Comité s'est bien montré : il a envoyé des commissaires chez le ministre de la guerre; les pièces qu'ils ont rapportées constatent que Dumouriez et Ghazot ont commis des faux pour sacrifier les bataillons Mauconseil et Républicain. Afin de jeter la Convention dans les transes, ils ont dit que quatre déserteurs prussiens avaient été massacrés; il n'y a point de déserteurs prussiens : c'étaient quatre Français, émissaires des émigrés, qui venaient feindre de s'enrôler, pour trahir la patrie et s'entretenir avec les généraux sur les moyens de succès. Voici le procès-verbal, dressé par deux notaires, légalisé par la municipalité et le district de Rethel, et dont la copie, que je vous présente, est certifiée conforme par le ministre de la guerre.
Marat fait lecture de cette pièce, dont il résulte que la garde nationale d'Allennes a accompagné jusqu'à Rethel quatre chasseurs étrangers, venus pour s'enrôler au service de France ; que ces quatre déserteurs étaient Français, servaient dans le régiment des chasseurs impériaux russes, et se nommaient Devaux, Dusellier, Jacolier, Bonneville.
« Il n'est pas douteux, reprend Marat, que Dumouriez et Cliazot ont connivé pour perdre les bataillons; ils se sont rendus sciemment coupables d'un faux pour obtenir un décret de sang, et c'est Kersaint (|ui a sollicité ce décret. 11 faut que les malheureux volontaires soient mis sous la protection des patriotes; vous devez les réclamer à grands cris: ils méritent la couronne civique, ils l'attiMident de vous. »
La Société arrête une collecte en faveur de deux soldats qui ont de pressants besoins.
Bentabole. — Cette affaire ne doit pas être traitée légèrement; Tome IV. 20
i02 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [IToct. 1792]
i'ile est importante, il s'agit de votre réinilalioii : ?i vou? ne la poursuiviez pa?, on (lirait encore que vous iHes des agitateurs, et que vous calomniez les généraux. Les volontaires des tieux bataillons ont été déclarés infâmes, désarmés, déshabillés; ils devaient être garottés et amenés à Paris, où la Convention aurait jugé définitivement leur conduite; remarquez qu'on ne les a pas amenés à Paris, ils sont à Arras et à Cambrai. Je crois cependant qu'il y a une nuance entre la conliiiite de Dumouriez et celle de Chazot.
M.xRAT. — L'incertitude de la Société provient peut-être de ce qu'elle n'est pas convaincue que les quatre déserteurs fussent tiailres, envoyés par les émigrés; mais, outre la preuve qui se tire de la pièce dont j'ai donné lecture, le fait se trouve encore confirmé parles lettres particulières venues du cami».
C... — Citoyens, il faut avoir liien de la confiance ilans de telles allégations pour oser attaquer de front un général (|iii a rendu des services si importants. [Bruit.) Il est question de faits sur lesquels t-n peut ne pas être d'accord. Quand Dumouriez, il y a trois jours, est venu entendre, avec un courage dont on le croyait à peine capable, les leçons... [Bruit.) Marat a produit une pièce; s'il m'est permis de l'aire usage de ma logique individuelle, il en résulte seulement que ipiatre soldats, servant dans les armées impériales, et rran(;ais, se sont présentés pour s'enrêilcr : il est possible que ce soient d'anciens t'rançais, déserteui's sous notre ancien régime; ce seul degré de probabilité suffit pour que je ne S(us pas convaincu que les quatre mallicureuses victimes de l'ardeur, du zèle, du patriotisme, si l'on veut, de nos soldats, fussent <b's conspirateurs. [Murmuros. et applaudissrine)ils.)
Tasciikhi;au. — .Je sais qu»- Duninuriez a demandé des renseignements sur cclli- allairc. it qu'il s'nccupe des moyens de pouvoir rendre justice à qui elle appartient.
Bourdon. — Citoyens, observez (pie cette allaire e>t venue dans le moment où l'on produisait le projet sur la force armée, où l'on était bien aise de Iniiiver di;s fautes dans tout ce cjui upparlieni à Paris. Les ministres ont dit que c'étaient quatre désertr'urs prn-siens : ce ne sont pas des Pru-siens, ce ne sont pas nuMue des Aulriebiens, ce sont des Franeai>; je dis (|ue les minisires nous oïd inrnli... [Bruit.)
Lavkau.x. — Ue ce que quatre déserteurs sont l'iMn(;ais, il ne s'ensuit pas (pi'ils ne soient pas quatre déserteurs prussiens : les armées |)russiennes sont remplies de l-'ranrais. [Tumulte.)
Boi:iU)ON. — Les ministres n'en ont pa^ nedus nimti, puiscpie ce sont des Fi'.ineais rlnns les cbasseurs inqieriaux rus-es. Atijoiird'bui.
(111 sent bien la faute, puisqu'on veut un plus ample informé. Il est certain qu'on a violé quelques formes en coupant le col à ces quatre prétendus déserteurs; mais il faut jeter un voile officieux sur ces sortes de choses : ici, ce sont plus que des émigrés, car ce sont des <ispions. Je n'inculpe pas directement Dumouriez, mais Chazot est un rtre exécrable.
Dufourny propose de nommer des commissaires pour vérifier les faits, et des défenseurs officieux pour soutenir la cause des accusés. Grand tumulte.)
Marat. — Comment est-il possible que des hommes judicieux puissent élever des doutes? Les ministres sentaient bien qu'ils en avaient imposé, puisqu'on a été forcé de leur arracher, pour ainsi dire, la pièce que j'ai fait connaître. Pourquoi refusaient-ils les pièces? A [)résent, voyez-vous clair? Pourquoi transférer les volontaires dans <les citadelles, au lieu de les amener à Paris, où ils auraient été jugés par la Convention? Les faits sont produits au grand jour; les imposteurs seront flétris : ils le sont déjà dans l'opinion publique.
C... — Hier, à la section Mauconseil, un aide de camp de Dumou- I iez a fait le rapport de l'aftaire des deux bataillons : il nous a dit que i-,'était lui qui avait rédigé Tordre, qui l'avait fait signer par Dumouriez, et qui avait été chargé de rexécution; cet homme a été capitaine <lans notre bataillon, il a été l'agent de La Fayette, c'est lui qui nous ;( arraché le serment de fidélité à La Fayette; cet homme, mandé à larmée par La Fayette, qui avait besoin de s'environner de brigands, :-"y rendit et emporta l'indignation de la section; cet homme a été véhémentement soupçonné d'avoir émigré et d'être rentré en France : jl s'appelle Bourgoin. De son ciHé, Chazot a été dénoncé à la section comme suspect d'aristocratie; n'y aurait-il pas un esprit de vengeance de la part de ces deux individus? Je demande aussi si Dumou- I iez, étant patriote, peut avoir de tels aides de camp autour de lui. De deux choses l'une : ou Dumouriez a été bien trompé sur le compte (le La Fayette, ou Dumouriez est un scélérat comme La Fayette.
[Jeanbon Sainl-Andrê appuie Maral et est adjoint à Marat, Montant et Bcntabolc, pour faire une cnqu(!'lc sur l'affaire des quatre déserteurs. — Séance l(îvée à dix heures '.]
I. Lo Journal des Jacobins ne donne cette fin de son compte rendu quo dans -on nuuK'i-o du 23 octobre 1792.
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SÉANCE DU VENDREDI 19 OCTOBRE. I/AN 1-DE LA RÉPCBLKJl i:
PRÉSIDENCK DE DANTitN
[Admission à la séance de trois généraux, doiil llerruiier. — Élections pour le Comité auxiliaire de constitution; six membres sur douze sont nommés; ce sont : Collât d'Ilerhois, lUllaud-Varcnne, fiobespierre, Danton, Chabot et Couthon. — Lecture du procès-verbal et de la correspondance. — Chabot dénonce un Arménien, k interprète de langues à la Bibliothèque nationale », qui insulte les Jacobins. La Société passe à Tordre du jour.]
Chabot. — Je sais qu a la dernièri; séance il l'iit arrêté que Tordre du jour serait la discussion sur la manière déjuger Louis XVI; mais j'observe que la Société ne prévoyait pas ce qui s'est passé aujourd'hui à la Convention; le véritable ordre du jour, c'est de sauver la chose publique. Je demande que la Société établisse généralement quelle discutera les objets à l'ordre du jour à la Cunvention. Ainsi, il faut trouver aujourd'hui les moyens (h' lran(piillisei', je ne dirai |ia< l'aris seulement, mais la Ré|iuhlique entière, qui est en ce moment inquiète de savoir si ses représentants sont en sûreté au milieu des Parisiens, au milieu des conquérants de la liberté. 11 faut s'occuper des moyens de ne pas faire banqueroute à la classe indigente, et, en même temps, de ne pas fournir aux scélérats le prétexte de dire que Paris ruine la Hé|tul)lique; il faut, en tin mot, trouver Jes moyens de faire payi.-r les billets de la Maison de Secours aux riches qin en (ud prtdilé j)our aei'.iparer les di-nrées : ce doit être là l'ordre du jour.
'Taschcrcxiu et Bourdon appuient la molioii de Chabot. La Société arrête le chaniremciil de r<irilre du j<uir.
CiiAHOT. — Aujourd'hui, les commissaires de la municipalité et du département sont venus dire à lAsseuddée convenlionnclle qu'umfcrmcntatifm srturfle faisait craindre des émeutes; hier, les mairhandes qu ou .ipindle poi'-sardes avaieni aiuiour(- |;i même chose, du allait di-culer h^s moyt'us de pacilier l'ai'is sans impdéler les (b'par lemenls, lorsque les commissairt's des (piariinle-huit sections, don! I.i pureté des intentions esl connm', on! pani pour réclauii r cnuire !>■ projet de la forci" arnn^e dont on veut einirnnncr la Conveidion. Sans
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doute, je partage avec ces commissaires Topinion que la Convention est suiTisamment gardée par les Parisiens: car, si elle veut établir un gouvernement qui plaise à la majorité des gouvernés, elle n'aura Jamais rien à craindre. Je dirai plus, je suppose que le décret passe; alors, ou la Convention créera un gouvernement pour les gouvernés, ou elle l'établira pour les gouverneurs; dans le jjremier cas, ce ne sera qu'une affaire de finances, il faudra payer les gardes ; dans le second cas, cette force armée, étant composée de gouvernés, fera cause commune avec les sans-culottes contre les intrigants. Ainsi ce n'est pas une grande question pour moi que la force armée.
Mais la question essentielle, c'est de démasquer ceux qui disent partout que la Convention n'est pas en sûreté à Paris, ceux qui amènent des événements pour faire sentir que la Convention a besoin de s'environner d'une force. Il y a longtemps que j'observe les manœuvres des vrais agitateurs; j'ai toujours vu que c'étaient les ennemis de la Révolution qui agitaient le peuple; j'ai toujours vu que les vrais amis du peuple n'ont pas voulu d'insurrections partielles; j'en appelle à celle du 20 juin, que Robespierre et moi avons cherché à empêcher j>ar tous les moyens qui étaient en notre pouvoir, et qui a été provo- <juée par le parti du ministère, par le parti Brissot, pour trancher le mot. Là, j'ai appris à connaître Brissot, et j'ai commencé à le mésestimer: il voulait sacrifier le peuple pour replacer à la tète du gouvernement trois ministres, ses créatures.
Aujourd'hui, les billets de confiance sont un prétexte. Le plan est l'ait : on veut trouver l'occasion de transférer la Convention hors de Paris. Je dis donc aux bons citoyens, aux braves sans-culottes, je leur dis : « Votre intérêt particulier est de maintenir le respect pour la Convention ; vos ennemis voudraient bien se venger de votre patriotisme et tourner contre vous la révolution du 10; vous devez tout sacrifier pour empêcher des émeutes. » En ce moment, citoyens, quel est le prétexte de l'émeute? Le discrédit des billets de secours. Qui a profité de l'émission de ces billets? Les riches, qui ont accaparé les denrées, qui ont fait tripler la valeur du sucre et du calé. Ce sont donc les riches qui doivent supporter le poids de cette banqueroute, afin de ne pas alarmer les départements et faire croire que Paris ruine la République. Les ennemis de Paris vous attendent là : sans doute les pauvres se soulèveront si on ne garantit pas les billets de confiance; jnais, s'ils se soulèvent, la Convention appelle une force armée pour se transférer dans un département (jui, peut-être, lui tend les bras. Et qui supportera la peine de la disparition de l'Assemblée conventionnelle? Ce seront les riches, car les sans-culottes, avec leur
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industrie, iioiirront >c disperser et gagner 1» m- vio jiartout. Celli' translation arrivei-a, elle est plus prochaine que vous ne le croyez, si vous n'emp(''clie/. la Jianqueroule.
Mais je crains bien que cet éloi<:iienu'nt n'entraîne la perle de la liberté; je crains que, si la Convention se transfère à Tours, ville où ses tribunes ne seront garnies que d'une cinquantaine de citoyens, les agioteurs de la liberté n'en fassent leur pndit aux dépens de vingtcinq millions (rhoninics.
On affecte île publier que la Révolution est Touvrage des fédérés des quatre-vingt-trois départeuients; mais je dis aux fédérés : Ktiezvous plus de Jeux mille au 10 août? ,I"ai calculé le nombre, j'étais un otage du succès, et personne n'y était intéressé plus que moi : eh bien, auriez-vous fait la Révolution, si vous n'eussiez été secondés par cent mille Parisiens? Étiez- vous à la journée du 20 juin, où les seuls faubourgs Saint-Antoine et Saint-Marceau marchaient pdur la liberté.' Nous modérions leur ardeur, parce que nous connaissions la scélératesse de ceux qui les faisaient mouvoir. Ce ne sont donc pas les fédérés qui ont conquis la liberté, ce sont les Parisiens: les Parisiens ont porté tout le poids de la Révolution, et l'ont consommée le iO août. Et voilà pourquoi ceux qui méditaient des accusations contre Anthoinr et Robespierre voudraient faire le procès à la Révolution du 10 août, en le faisant aux Paiisiens.
Tenez- vous sur vos gardes, citoyens; faites supporter la banquel'oute par les riches. Je demande que la discussion porte sur cc> deux points : Paris ne doit-il [tas faire des efforts pour éviter toute émeute partielle «pii pourrait lairr tianslérrr le siège de la Convention nationale? Les riches propi-iélair-es el ca[>it;ilistes ne sont-ils pas intéressés à conservera l'aris le centre du gouvernenuMil? Ne doiventils pas se C(un|Hutc'r de manière à t-ulever toute idée d'alisorplioii de la forlime publiipie par la Comn)une de Paris, et surtout faire face à la banqueroute de (luillaume? ' A/iplduilisso/n'iifs.)
C... — Vous ne savez pas par (pii est provocpu'e l'emeule : c'est par le niinislre de riiil(''rieur, (pii a donné l'ordre à la po^te de refuser les billets de la .Maiscui de Secours. On a distribué en e(Misé(|in>n('e à chaqiu' facteur dix livres en gros sols; mais, <'ouune la plupart des citoyens n'ont pas de billels nalionaux de cent sols, les facteurs ont reuqiorté |U'es(pie toutes le- Irllre-, parce (ju'ils n'tuit pa>- voidu se faire coU|»er le cnu. (Juil niomeut a-t-(Ui [iris pour cette mesure? C'est le jeudi, la veille du niaii lie, du jour où l'tui amèiu' des émigrés à Paris.
RoiJltFtON. Il Caul it'Iablir le (ail : h' ministre Clavière e<t venu à
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la Convention et a dit que le meilleur moyen d'éviter le tumulte, relativement à la banqueroute du scélérat Guillaume, était de mettre dans le commerce beaucoup de billets de quinze sols, et de les faire distribuer par les facteurs de la petite poste; il a ajouté qu'il était nécessaire de venir au secours de la classe indigente, de ceux qui n'ont que des billets de trente, de quarante sols. Il ne faut pas séparer ces deux propositions du ministre, dont tous mes collègues peuvent attester la vérité. On était bien disposé à réparer les vols de Guillaume, que la municipalité d'alors n'avait pas su réprimer; la C-onvention était bien préparée, lorsque est venue la députation des quarante-buit sections. Et qu'avons-nous vu dans cette députation? Tous gens que nous ne connaissons point. Sans doute, j'approuve les principes de la pétition, mais il semblait que le rédacteur s'était plu à aigrir la Convention par les expressions les moins ménagées.
Enfin, il est question de savoir comment on remédiera aux friponneries de Guillaume. Je vais proposer un moyen simple. Il existe dans Paris une foule d'agioteurs, d'accapareurs, de gros capitalistes, de ricbes propriétaires, d'aristocrates déguisés, tous gens qui ont profité des petits billets : c'est d'imposer tout cela par seizième de la contribution mobilière, de manière que celui qui n'a pas plus de 600 livres de revenus ne payera rien. (Applaudissements.)
Mais venons au but principal de l'intrigue. J'ai vu présenter un système de force armée, soutenu par des phrases; on faisait de grands gestes, des déclamations; on tendait de grands bras, et personne n'applaudissait. Ces messieurs se sont aperçus que l'opinion n'était pas pour eux; ils ont mis le système dans la poche. Aujourd'hui, qua-t-on fait? On était disposé à venir au secours de Paris : vient la pétition contre la force armée; ce n'était pas le jour des pétitionnaires, mais on répond qu'il s'agit de la sûreté générale. On entend la pétition, elle révolte les esprits; le président' avait une réponse toute prête, qu'il a fort bien rendue, fort bien enfilée; et l'affaire a été laissée là. Il faut que tous mes collègues se réunissent pour obtenir à la ville de Paris un prêt qui serait imposé sur les riches : on ne doit pas perdre de vue ce projet, parce qu'il est humain et qu'il faut venir au secours des indigents.
Un citoyen observe, comme le préopinant, que ce n'est point le ministre de l'intérieur, mais celui des contributions publiques, qui a donné l'ordre à la poste pour les billets.
4. C'était Guadet qui présidait la Convention ce jour-là. Voir, sur tout cet incident, le Moniteur. XIV, 2>3.
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Deux Jacobins anglais sont admis à la barre. — Un arrête une collecte pour une femme de Rennes et un invalide âgé de soixante et onze ans. — Des déserteurs prussiens et autrichiens réclament l'appui de la Société: on leur donne Curlius pour défenseur.
Robespierre jeune. — Citoyens, il v.>us faut un urand courage, celui de la patience, pour maintenir la tranquillité. Les déclamations indécentes dont a retenti la tribune de la Convention ont été méprisées par vous, et vous avez bien fait. On ne réflécliit pas que Paris est la vingt-cinquième partie de la l>anco, et (|u'on doit s'occuper de Paris quatre fois lorsqu'on s'occupe une fois d'un département. La pétition ne m'a paru qu'une intrigue, puisqu'elle a servi les ennemis de Paris. Il n'y a que des expressions dures, et, il faut l'avouer aussi, les membres <le la Conventiun ne sont pas faits encore au langage républicain... Pourquoi tous ces pièges? C'est qu'un veut tirer la Cruivention hors fie Paris. Mais je me console : la Convention se retirerait dans le plus petit hameau qu'elle y serait persécutée jiar les patriotes, si elle ne faisait pas le bonheur de la nation... Les repré- >entants du peuple ne doivent pas être insensibles quand on vient leur dire que cent mille hommes simt à la veille de mourir de faim. Je demande que les biens des émigrés viennent concoui-ir ibudilement à l'impi'tt |»roposé par Bourdon. [Applaudissements.^
C... — Il est des événements que je puis vou> prophétiser : une compagnie de spéculateurs doit demander un brevet à rciVel d'être chargée de l'approvisionnement di' tonte espèce de viandes pour Paris; cette compagnie s'attend à de grandes oppositions, et même à un non-succès. .Mais qu'arrivera-t-il? C'est qu'elle poursuivra sa spéculation; elle èhililir.i une rivalité avec les bouchers: elle descendra le prix de la viande jusipià ti'ois sols la livre : il en résultera des mouvements; ou attend jn-ut-ètre celte dernière circ<uist;inee. Nous n'avons encore que ru-iif de lintrigue. Dici à quinze jours, lorsque in saison sera plus i-igoureuse, lorsque, par tous les moyens, on aura mis les patiiotes en érèthisme, alors la majorité de la Convention dira par lassitufle : «Quittons une ville où la Iranquillit"'- ne peut s'établir. » (hi ne siT.iil pa^ fâché de (piiltei- P.iris, à cause de celle b'-i^ion de presses, de journalistes, d'observateurs et de criliipie-^ dont nw y t^sl environné, <'t parce (pic le gros s»ded delà liberté semble y avoir fixé son séjour. J'ajoute une petite circonstance : les chefs de la faction établissent qu'en priucipi' un ne peut se dispenser de porter la Convention allernativi'Uienl d.ius les chefs-lieux des qualre-viuf^t-trois déi»ai'lemenls : cet alternat ne signilie autre chose que le fédéralisme
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tout pur. J'en conclus que ces hommes sont les ennemis de Paris, de la liberté de la presse, d'un peuple qui a fait presque exclusivement les révolutions, qui a la confiance de tous les départements, d'un peuple qui a souffert, pour ainsi dii'e, toutes les douleurs de l'enfantement de la liberté. 11 faut en revenir à un grand mot de Marat, c'est que le calme, la sagesse et le courage de Paris sauveront la République.
BoissET. — Voici un moyen qui fermera pour toujours la bouche à la Convention et la rappellera à la plus grande modestie : il n'y a ({u'à convaincre tous les départements que les malheurs de la France sont provenus par le fait des Assemblées constituante et législative, et que la Convention est appelée à réparer ces malheurs; alors, si la Convention sait l'e.Kemple des Assemblées précédentes, elle devient l'opprobre de l'univers.
Dufourny , après avoir fait hommage à la Société d'une affiche de sa composition, intitulée : V Homme libre aux amis de la liberté, affiche qui a été déchirée par des malveillants, observe qu'il arrive des gardes nationales de divers départements, et que Fou met obstacles sur obstacles à la construction de la salle destinée à la Convention. «On prétend, ajoute-t-il, qu'une salle est déjà disposée dans une ville autre que Paris. »
Mazuel, fédéré, propose d'envoyer une adresse aux Sociétés affiliées. «Nous la signerons tous de notre sang, dit-il; nous sommes encore les fédérés du 10 août. »
C... — Les aristocrates de l'Assemblée constituante écrivaient de tous côtés qu'ils n'étaient pas en sûreté, qu'ils étaient accablés par les tribunes. Ceux qui alors soutenaient les tribunes sont les mêmes qui aujourd'hui demandent une force armée; ils paraissent être tomi)és dans l'aristocratie. Cette observation suffira pour éclairer les départements.
Chabot. — Vous devez vous souvenir qu'à cette tribune le très éloquent, le très puissant législateur Lasource demandait que les fédélés fussent chassés de Paris; eh bien! cet homme est de la clique de ceux qui veulent une force armée. Si je n'étais pas Chabot, je voterais avec eux : car les sans-culottes qui viennent ici voudront un gouvernement pour les gouvernés, et non pour les gouverneurs Lasource, Brissot et compagnie.
CoLLOT. — Un membre de la Convention, qui était partisan de la force armée, voyait agir aujourd'hui toute la mécanique des petites passions. Je crois qu'il est du Midi, car il m'a envoyé promener trois
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ou quatre fois parce que je voulais causer avec lui. Je nie suis hasardf de raborder : u Kh Lien I lui ai-je dit, vous voilà content, on va rendre le décret! — A présent, je vt)te contre. — Pourquoi? — C'est que je vois une cabale; d'abord je trouvais assez commode d'avoir des gardes autour de moi; je me réjouissais d'avance, car nous en avions chacun six, le compte était fait, c'est Buzot qui l'avait calculé. Mais je fais une remarque : nous sommes l»ien peu sages, nous nous disputons sans cesse; si nous avions six hommes autour de nous, ils se disputeraient aussi ; ces gens-là, au sortir de la Convention, mettraient le sabre à la main , et nous aurions itien de la peine à nous en tirer; ainsi, une telle mesure pour rétablir l'ordre amènerait le désordre. Tenez, voyez ce qui se passe : en voilà un qui met le poing sous le nez de son collègue, en voilà un autre qui crie à mourir, un autre qui dil des injures ; ah ! je ne veux plus de la force armée. » ( Vifs applaudissements.)
La Société arrête qu'il sera envoyé aux Sociétés afdliées uneadressr dont les rédacteurs seront les citoyens Collot, Billaud et Mazuel,
[La section des Piques, qui a fait une pétition contre le projet de force déparlementale, se plaint que le président de la Convention y ait répondu ave liaulcar. Débat à ce sujet. Séance levée à dix heures.]
SK.ANCI-: I)L' DI.MA.NCHI-: 21 (iCTOHltl-: 171)2, LA.N 1'^ DE LA RÉPUBLIQUE
[Un ollificr de la marine anglaise vient ofTrir à la Hépubliquc française se»; services << contre le dcs|ioto d'Kspagne cl la tigrcssc de Russie ». " Il annonof que plus de mille de ses com|)atriotcs brûlent du désir de venir remplacer Ic-^ làclus cl les traîtres (|iii ont aitandonné le piivillon français. » [Applaudi.) - Locturc, de la correspondance. I>a Société de Marseille se plaint de ne plus recevoir do lettre de la Société-mère depuis près d'un an. Chabot voil là l'cft'ol d'une intrigue pour isoler les déparlements de Paris. <( Si le Comité de correspondanci; ne sullil pas à ses travaux, il faut le doubk-r, le tripler. » Jeanbon Saint-.André parle dans le même sens. Un membre propose (|u"on mclle au concours un almanach « qui exposerait elairement et brièvement les principes de la liberté ».l
■Manuki.. — L idée (pii vous a ele pmp. »-(•(' pour un almanach m<' parait 1res heureuse: je lavais iudii|uéf au Cniiiili' d'inslruclion ;
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mais elle convient mieux à la Société, d'autant plus qu'il faut renouveler le calendrier, car je me plais à croire que le calendrier de l'église ne peut plus être celui d'un peuple libre : sans doute, on ne nous offrira pas, cette année, la fête des Rois à chômer. Il faut remplacer tous les saints, sinon par des hommes, nous n'en avons pas trois cent soixante-cinq, du moins par de belles actions, par des souvenirs, comme Francklin faisait en Amérique... 11 a existé, sous les rois, un almanach militaire contenant seulement le nom des officiers, qui étaient bien aise d'}^ apprendre comment leurs noms s'écrivaient; il faut faire cette année un almanach qui contienne les noms de tous les enfants de la patrie. J'invite un libraire citoyen, et qui entendra bien ses intérêts, à écrire aux généraux pour les prier de lui envoyer la liste de tous les soldats; on ferait imprimer leurs noms, en les divisant par municipalités; alors chaque municipalité se glorifierait du nombre de défenseurs qu'elle aurait fourni à la patrie; et, quand un soldat aura cet almanach dans sa poche, ce sera une raison de plus pour ne pas laisser approcher l'ennemi. J'observe aussi que l'almanach devrait être enrichi de toutes les anecdotes que la guerre fournit; nous avons fermé l'histoire de France pour ouvrir celle des Français. On dit que Gustine va à Ma3-ence ; il faut espérer qu'enfin nos lauriers vont se trouver sur des jambons. [lii.re universel.)
Anthoine observe qu'il n'est pas teuips encore de célébrer des hommes, et qu'il y aurait de l'injustice, même du danger, à distinguer les militaires exclusivement.
Après quelques nouveaux débats sur la correspondance, la Société passe à l'ordre du jour sur les moyens proposés par Chabot, par le motif qu'elle se repose sur le zèle des députés à faire parvenir dans leurs départements les imprimés de la Société. Elle arrête ensuite que les commissaires rédigeront un prospectus pour l'almanach proposé.
On fait la lecture du procès-verbal.
Bentabole. — La Société ayant arrêté de faire un journal hebtlumadaire, il est nécessaire de nommer un rédacteur: je demande que le Comité de correspondance soit chargé de présenter les personnes qu'il ci'oira capables de bien remplir cet objet.
Dufourny observe qu'en 1791 la Société s'interdit, par prudence, une telle mesure, qu'elle accueillit Laclos en désavouant tout ce qui serait opinion dans le journal. « Il faut, ajoute-t-il, la plus grande
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liberlé de la part du rédarleiir, et le [du-: grand isolement de la i>arl de la Société. »
Chabot. — Dufournv avance une opinion dangereuse : vous avez arrêté de faire un journal dans lequel vous exposeriez tout ce qui se passe dans la Convention, aux armées, aux Jacobins et dans Paris; je demande qu'on nomme dès aujourd'hui un rédacteur. Je sais que l'intrigant Brissot se démène pour empêcher que ce journal ne paraisse, parce que les intrigants ont peur d'être dévoilés aux veux de ha France entière. Aujourd'hui même Brissot s'exprime en ces termes sur ce journal que la Société a arrêté :
« Marat ne sera plus la seule trompette du parti anarchiste : il va paraître un grand joui'uai lirhdomadaire, qui sera distribué gratis ilans les départements. Un assure qu'il aura l'épigraphe suivante : .Vt// n'est bon citoyen que nous et nos amis. On y prouvera que le souverain (des tribunes) doit mener ses commis comme des chevaux de poste; que le souverain (des tribunes) doit toujours avoir des cailloux dans sa poche pour lapider au besoin ses représentants, afin de leur apprendre à vivre ; que le gouvernement municipal, avec un Comité de surveillance à la Tanis dans chaque municipalité, est le meilleur des gouvernements possibles; que tous ceux qui ne sont |ias de cet avis sont des aristocrates et des Brissotins, qui pis est. <.'t qu'il faut élargir le plus tôt possible, afin de leur apprendre à raisonner. Les médisants disent que Chabot et Merlin seront les principaux auteurs de cet ouvrage instructif; les mauvais plaisants disent qu'il leur faudra un homme un peu entendu |tour corriger les fautes «roitliographe. Je fait la motion expresse d'élargir ces mauvais plaisants-là. »
<' Vous voyez, rcpix-nd C/iu/jot, que déjà Ihissot pour vous empêcher de laii-e un journal cherche à le décrier : il faut déjouer l'intrigue ((ui s'agite dans l'armée, dans la Convention, peut-être même dans la Société ; je propose que «Iriuain h- icdaili-nr du journal soit nonunê par scrutin au Comité. »■
Après quchpics débats, la Sociclt' arrête (pio sou Comile de coi rcs- |Miiid.iii(r lui j)rêsi'uteia demain la listi' des candidats sur lesquels on ira au scrutin; (die [ironoiicc la (pieslion préalable sur la proposition de faire réviser le journal par le Comité de correspondance.
ihï citoyen dénonce ce(pi'il appelle trois bandes ou factions ilans la Converdion nationale, -.jivoir : la bande n'\ i^ionnaire, qui veut <dre lê'opard, ou douiinec ; la l(''gi>laliii'e, on mi-royaliste, (pii veut être l'oni-s, et (pii intiigue ; et la bande dimlonnière, «pii est l'agneau et
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qu'on immole; il se plaint de cette dernière faction, qui ne sait pas se relever de l'abaissement dans lequel les deux premières veulent la maintenir.
On proclame les membres et les suppléants du Comité auxiliaire de constitution: la Société arrête que les suppléants s'adjoindront au Comité. On arrête ensuite une collecte pour deux déserteurs autrichiens.
On passe à Tordre du jour sur la force armée.
Anihoine dit que, les citoyens de Metz ayant porté des couronnes civiques aux citoyens de Thionville, ceux-ci ont donné une fête qui a consisté à régaler les Autrichiens, en leur présence, de six cents coups de canon. « C'est ainsi, observe Anthoinc, que les fêtes de la liberté, sont des désastres pour les satellites du despotisme. J'invite aussi les patriotes, lors([u'ils voudront donner des fêles, à lancer six cents motions vigoureuses contre les Brissotins. » L'orateur prononce ensuite un discours contre le projet de la force armée.
Manuel. — Citoyens, je vous dirai ce que je pense sur la force armée, comme si je n'étais ni de la députation de Paris, ni de la Commission des six, car, étranger à tout parti, toujours seul, toujours moi, j'abhorre tous les despotismcs, même celui des talents, même celui de la vertu.
Sans doute il est facile de concevoir comment une ville assez forte pour renverser un trône de quatorze siècles peut inquiéter un moment quelques-uns de nos frères des départements qui fondent avec nous une république, et comment ils ne négligent aucune occasion de confondre avec toutes les communes celle qui, la première du moins, a sonné le tocsin de la liberté : mais ils lui donneraient la seule gloire qui lui manque, celle de faire des ingrats, si, profitant, dans l'histoire de la Révolution, d'une page de sang que les héros du 10 août voudraient bien pouvoir déchirer, ils paraissaient croire que les hommes du 14 juillet ne sont plus à craindre que comme des assassins et des bourreaux. Vous appelez dans ses murs une légion qui, par sa présence seule, l'accuserait de faiblesse ou d'indicipline, ou même d'insurrection. Vous avez chassé les rois, et déjà vous les imitez : l'épéi^ fut toujours le sceptre des tyrans. Malheur à vous, si la terreur fait votre force! Toute votre puissance est dans votre justice, et elle finit là où la liberté tremble : quand on comuicnce à craindre, on a déjà commencé à haïr. Législateurs, supposer les hommes méchants, c'est les empêcher de devenir bons... Louis le dernier eut aussi des gardes, et c'étaient aussi les départements qui les lui avaient choisis;
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landis que TAsseniblée législative n'avait qu'un ruban pour se défendre ; ce ruban est encore là, et où est Louis XVI? Uù sont-ils, ses sa- Icdlites? Et si son palais n"est pas de la cendre, c'est qu'il vous était réservé, et qu'enfin la haine i)()ur les rois a des bornes, puisque nous ne pouvons pas changer la terre qui les porta... Je demande que le projet soit renvoyé au (Comité de constitution, et qu'en attendant la Convention nationale n'ait d'autres gardes du corps que des chasseurs royaux. {Applaudi.)
On proclame les noms des candidats pour la rédaction du journal hebdomadaire.
Un officier fait liuinmage, au nom du généial Dillon. d'un bonnet uuerrier appartenant à une légion ennemie, dite sacrée, et composée de prêtres réfractaires; ce bonnet a presque la forme d'un bonnet <arré.
La séance a été levée à dix heures.