‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 3)Chapitre 77 sur 131 · SÉANCE EXTRAORDINAIRE DU SAMEDI :27 OCTOBRE · texte numérisé non relu

SÉANCE EXTRAORDINAIRE DU SAMEDI :27 OCTOBRE

PRÉSIDENCE DE DANTON

[Boissef lit une leltre qu'il vient d'écrire à Canibon. 11 y exprime le vœu que Cambon soit chargé de l'administration des linances de la République. En môme temps, il prend la défense de la municipalité. Il explique et il excuse Marat. D'ailleurs, « personne n'est marié avec Marat, ni avec la députation de Paris, qu'il semble que ce parti ' ait pris en grippe. On peut donc vivre sans eux. Qu'on laisse donc là toutes ces puériles et vaines discussions personnelles; qu'on s'occupe uniquement des moyens d'assurer pour jamais le salut ot le bonheur de la république humaine ».]

La Société applaudit au zèle du citoyen Boisset.

On arrête une collecte pour une femme prête à accoucher, dont l'époux est aux frontières, et qui se trouve dénuée de secours.

Un citoyen d'Yvelot prie la Société de lui indiquer les moyens d'obtenir des avances du gouvernement pour la subsistance de ses concitoyens, qui payent actuellement le pain noir six à sept sols la livre, — Plusieurs membres réclament la question préalable sur la proposition de mettre la Société en contact avec le gouvernement, en faisant solliciter les ministres par des commissaires pris dans son sein.

Le Roy (d'Alençon) observe que la plupart des communes man- <|uent de blé par deux causes, savoir : les emmagasinements cachés, »'t faits depuis longtemps par des accapareurs contre -révolutionnaires, et la négligence des municipalités, qui n'usent pas du droit de fixer le prix du pain dans les circonstances extraordinaires. Il cite à cet égard plusieurs faits arrivés dans le district de Mortagne ; il en conclut qu'il serait utile d'ordonner des visites chez les personnes suspectées d'accaparements.

Bentabole dit que sous le régime du despotisme la France n'a jamais payé le pain aussi cher que sous le règne de la liberté; il croit que c'est le crime d'une grande coalition; il accuse le ministre de l'intérieur, qui est chargé de cette partie; il propose d'établir un ministre qui ne s'occuperait que des subsistances.

Un inembre, en appuyant la proposition de Bentabole, dit qu'il ne

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