PRÉSIDENCE DE JEANBON SAINT-ANDRÉ
[Lecture de la correspondance.]
Il s'est ensuite présenté une députation des citoyens des tribunes qui demandent le rapport d'un arrêté pris dans la précédente séance, qui fixait à quatre heures l'ouverture de la salle; ils réclament le maintien de l'usage qui en fixait l'entrée à cinq heures. Mendouze dit que, le but de la Société étant de se concilier l'estime des citoyens des tribunes, elle devait consulter leur vœu, puisque son intention était de répondre aux vues patriotiques des citoyens qui assistaient à ses séances.
Lerjendre a combattu cette proposition. Il a fait sentir que les intrigants pouvaient s'introduire dès quatre heures dans les tribunes, y prendre la place que méritent les braves sans-culottes, qui, occupés
'ti-2 sor.irrK iti;s .iacohins [ii nov. \T.i->
à dos liavaux iilih.'s, ne pciivonl se ivndn.' <|ue 1res lai'd aux séancedt,' l;i Sociélr.
Mnnud a demandé que les Iri hunes latérales fussent ouvertes a quatre heures, alhi que les femmes |»uissent entrer sans «^Ire exposées à 1 <'iinui daltriidn- à la porli;. C-elIt; (i|iiiii()n, qui- |iliisicur> imMnhn's ont trouvée peu conforme à léixalité, a été im])rouvée, et la Société, en arrêtant que les tribunes seraient ouvertes à cinq heures du soir. a prouvé combien les Jacobins sont attaches aux principes, puisqu'il-; n'ont pas voulu en faii-e lléchir la rifiueur en faveur (ruii sexe dunl l;i présence fait le priiu^ipal <u*nement de la Société.
(iarnier est monté à la tribune; les premières paiolrs de sou disconi's i)araisscii( pi>ii coul'ornK"- an i-rspecL dû à la Cfjnvciition nationale.
liasirc a demandé (jue iopinanl fût ra[)|)elé à l'ordre et que, pour montrer combien la Société est amie des lois et pénétrée de respect pour la prenuèrc des autorités constituées, elle improuvAl, dans son procès- verbal, l'opinion du citoyen (îarnier. Cet avis paraissait celui de la Société, lorstpu; (]arnicr, réclamant le droit di,' tout accusé, le di'oit de se déb'inln' av.int d T'Irr condaïuiu'-, a dil : <• La Société peut (d doit me i-appelcr à l'oidrc: je -ollicitc iiioi-u)èm<' cet acte de justice, et je le (trois iUî sa di^nib-; mais qu'elle n'impiouve point meiidiMdions : elle- sont pun-s; si nu's expressions ont présenté un scn- (|ue mon co-ur ilésavoue, ou iloil enleudie \ur< ex]>lii'alions, et non ininiprouvei". o
l/nialeiir^ âpre- a\(»ir di''\ eloppi' son idi'e. ;i fini par demander à iti-e rappeli; à l'ordre. L'.\-s(.mld('e, seiitanl qu'il i-tail beau el ;:iaiHl de recomiaitri; une eM'reur" (jui n'était point rouvra}:;e du cfenr, mais le Iruit de l'abomianee des iil(''es don! l'orateur élait |)i'esse, e<t passée puremeni e| siuqilenienl à l'orilri- du jour.
(jtifiiiir >'est eusnile lorl élendn '~\\v le sysième de p(>rséculi(Uis (pi'il voit dt'veloppei' e()nlre les uieilleiu'S paillotes dans la C.onvenlion nalionale. ■ Il y a d«?s homm(,'s, dit-il, (|ui veulent ju;.'ei- les léifi-lalenr'- ;i la li;;ni-e; si votre ligure n'est pas eoiinne pour celle d'nn ex-conslituant ou d'un nu'mbre de la lé;.ri-lalnre, vous m- [Kaive/. obleiiii- la |tar<de. Si je n'idais pas repi(''-eulanl de la ualion, celle injustice ne m'indi^ner.iil pas; mais, qn.uid je soi- a l;i li ilmne de la Convention, j(î suis l'Iiomme <\\\ peiqde, c'est (doidler la \oi\ du peupi'' lui-même. »
1,'oraleur e-l en>iiile enlri' d.in- l'exanien des uiameuvi'i-s qu'il dil cm jdoyecs pourjelei'au niilien de la Conviuilion de uonvellis pdmnn.'s de di-corde; il ;i blànn'' les discours di- C(Mix qui sans ('(.'sse cberclienl à
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émouvoir la sen^^ihilité des législateurs, on leur présenlanl le tableau des journées des i et 3 septembre. « Ces peintures aflfreuses, dit-il, uo sont bonnes qu'à réveiller des haines particulières, qu'à jeter parmi nous de nouveaux fermenlsdc dis^;ensious•, ininidlons tous nos ressentiments au salut de la patrie, dans une réconciliation fratcrnelli'; éteignons nos haines persounelles, et que la voix seule du civisme se fasse entendre dans le sanctuaire des lois. » L'oi-aleuj- a ensuite a|ip('lé l'attention de la Société sur la tactique habile qu'il prétend avoir été employée pour faire rester à Paris les volontaires nationaux t]ui s'y trouvent actuellement. « Pourquoi, s'écrie-t-il avec énergie, leur refuser le droit de partager la gloire et les dangers de leurs frères d'armes des frontières? Pourquoi leurs bras reslent-ils dans un honteux repos? Pourquoi brûlent-ils on vain du noble désir de cueillir les lauriers de la victoire, d'aller porter le bienfait de la liberté aux peu[iles qui réclament le secours di- leur intrépidi' courage? Pourquoi laisseices cœurs brûlants de patriotisme s'amollir au sein des dt'lices d'une nouv(,'l]e Capoue (jui, en leur oftVant des plaisirs li'dinpeurs, leur prépare des regrets cruels, suivis du i-egi-el, plus cruel encore, d'avoir été inutiles à leur patrie? Mais, dit-on, il est nécessaire d'avoir à Paj'is des forces imposantes pour contenir les factieux qui pourraient s'opposer à l'exécution (\\i jiigiMneiil, du ci-devant roi. S'ain sulilerfuge! Louis XVI est un brigand semblable à tous les autres brigands. Kb bien, lorsqu'on guillotine un voleur du garde-meuble, [lar exeu)ple, voit-on des attroupements se former pour arracher le cou|)al)le au glaive vengeur des lois? Lorsqu'il s'agira de conduire Louis XVI à l'écbafaud, ne croyez pas que le peuple s'agite davantage que i)our un brigand ordinaire. Mais on craint les agitateurs : les agitateurs n existent que dans l'imagination ti-op ardente à s'allumer de certaines personnes. II est tem[)s d'éclairer ro[)inion des départements sur les pièges qu'on leur tend et de les prévenir contre les écrits empoisonnés que Tony répand. Il serait à souhaiter que tous les députés imitassent ma conduite : j'envoie trois fois par semaine, dans moîi département, le tableau moral de Paris, et mes commettants, frappés des vérités que je leur présente, ne sont point le jouet des erreurs que l'on répand avec une criminelle profusion. J'invite tous mes collègues à suivre mon exemple, et la Société à adresser aux Sociétt's afrdiées de plus fréquentes instructions.
fîar/iier descend de la Iribiine au milieu des a|)plauilissemcnts.
[La Société de Clialon-sur-Saônc so plaint que la Société-mère appuie <' le conspirateur Robespierre ■>. Observations à ce sujet. — La séance a été levée à dix heures.]
i74 SOCIKTI' I>RS JACOBINS [12 nov. ITîi-i;
SÉANCE DU LINDI 12 NOVK.MBHE 179-2
fHommagn de livres. — Lecture de la correspondance. — Discours de Darligocyte et de Robert sur le jugement de Louis XVI. — La séance a été levée à dix heures.l
SÉ.\NCE DL' li NdVKMHilE lTîi-2. LAN 1- DE L.\ HKFUBLIOrE
PRKSIDE.NCE DE JKAMKlN SAINT-ANDHÉ
[Une députation des forts de la Halle annonce que Paris est à la veille de manquer de farine.]
Chabot. — CiloyL'iis, j'avais promis diinanclio dernier de vous faire cunnailre la part que J.-P. Brissot avait eue à la journée du 10 aoùl et celle qu'il avait à la journée du 2 septembre, dont il cherche à rejeter tout l'odieux sur les meilleurs patriotes. La question importante du jugement du roi ne m'ayant pas permis de vous demander la parole pour un objet (pii eût interrompu cette discussion, j'ai fait imprimer et afficher une épitre à J.-P. Briss(»t. j'en fais hommage à la Société, et, si elle le désire, je vais lui en donner lertiM'e.
Plusieurs voix. — (hii. o;ii.
Chahol lit son alliche, dans luipicllc, parmi beaucoup de laits qui semblent attester que Brissot n'avait eu aucune [uirt à la jiuirnéc du 10 août, et qu'il avait craint le réveil du peu|»lt', il en indicpu' un ipii atteste positivement (juc, le matin du 2 se|»lendu-f, Brissol, étant instruit de ce qui devait se passer le soir, avait refusé de se remlre aux instances de Chabot, qui l'avait conjuré inutilement d'employer les moyens (pii étaient en son pouvoir pour empêcher celte jcjurnée;» quoi Brissot n'avait répondu (jue par un rire sartlonique. (îhabot assure dans la même alliche avoir tenu de Danton l'explication de ce l'ail : c'est qu'à cette ép(Hpie Moraiide, l'atu-icn dénonciateur de Brissol, était dans les prisun-, ri que cclid-ci espérait (|u'il pourrait i"'tie
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débarrassé par les vengeances populaires d'un dénonciateur aussi dangereux pour lui.
Merlin, attestant la vérité des faits contenus dans cette affiche, et croyant leur publicité infiniment propre à éclairer les départements sur des faits encore très obscurs pour eux, demande l'impression de cette affiche et son envoi aux Sociétés affiliées.
Leg endre combdXcQiiQ mesure. « Ami de Chabot et de Merlin, ajoutel-il, je m'oppose à Fimpression. Comment se fait-il que, dans les circonstances importantes dans lesquelles nous nous trouvons, la Société s'occupe des personnes au lieu de s'occuper des choses? Chabot, inculpé par Brissot, a bien le droit de faire cette affiche et de la placarder; mais, si Chabot m'eût fait confidence qu'il voulait en faire la lecture à la tribune, je l'en aurais empêché, car je le connais assez ami du bien public pour sacrifier une petite querelle particulière à une discussion qui peut intéresser la France entière. Je fais la motion expresse qu'à Tavenir la parole ne soit jamais accordée pour des objets particuliers, et je demande qu'on passe à l'ordre du jour. >>
Bourdon. — D'accord pour les principes avecLegendre, je dis qu'il en a tiré une fausse conséquence ou qu'il n'a pas bien médité l'adresse de Chabot. Cette adresse jette un grand jour sur des objets importants. Membre de votre Comité de correspondance, je suis à même de voir que beaucoup de Sociétés sont dans l'erreur sur ces faits, qu'elles sont égarées par les placards envoyés avec profusion dans les déparlements par le ministre Roland. Il est important de faire bien voir que les Girondins et la fameuse Commission ne sont point du tout les auteurs de la journée du 10 août; il est essentiel que l'on sache qu'elle est due aux vrais Jacobins, à ceux qu'on cherche à ridiculiser par l'épithète de maratistes, à ceux qui, dans la Convention, ont fait jus- ([u'ici les meilleurs motions, telles que l'abolition de la royauté, l'unité de la République. Je demande donc l'impression et l'envoi aux Sociétés affiliées.
La discussion se ferme sur cet objet. Leyendre invoque la question préalable sur l'impression; la question préalable est rejetée, et l'impression est arrêtée à la très grande majorité '.
Sijas lit l'extrait de la correspondance, après laquelle la Société agrée l'offre que lui fait un fédéré de la Côte-d'Or de se charger de ses paquets pour les Sociétés affiliées dans ce département et le long
1. Société des amis de la liberté et de l'égaillé, séante aux ci-devant Jacohins Saint-Honoré, à Paris. François Chabot « Jean-I'ierre Brissot. — luip. Potier île Lille, s. d., in-8 de 8 pages. — Maurice Tourneux, n» 93;}6.