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Ne nous épouvantons pas des mots de brigands et de voleurs, que nous prodiguent nos ennennis. Sachez, citoyens, que, sur les quatre cents membres qui composaient les quarante-huit Comités révolutionnaires de Paris, et dont le Comité de sûreté générale a sév<'rement examiné la conduite, il n'en a fait arrêter que quarante, dont douze pour avoir volé, et les autres pour avoir conspiré avec Robespierre. Qu est-ce que ce nombre, sur celui des hommes purs qui, depuis cinq ans, traînent avec nous le char de la Révolution à travers tous les obstacles? Ce n'est pas un individu par section ; et quand même il y en aurait parmi nous, cela autoriserait-il les défenseurs de la cause populaire à. calomnier les hommes et la masse du peuple, qui est incontestablement honnête? Si les quarante-huit Comités révolutionnaires avaient été composés de nobles, de prêtres, de marchands, d'accapareurs, d'honnêtes gens enfin, croyez-vous qu'ils eussent été plus purs que les cordonniers, les charpentiers, les sans-culottes, qui se sont trouvés au milieu de tant de richesses et de tant de moyens de s'enrichir?
Il est une grande vérité : c'est que malheureusement il y a partout des hommes improbes; mais aussi, et nos ennemis sont forcés de l'avouer, la vertu réside dans le peuple ; c'est parmi les journaliers qu'on trouve les bons maris, les bons pères, les bons enfants, les bons patriotes. Nos armées ne sont devenues triomphantes que depuis qu'un pauvre caporal, qu'un pauvre sergent, ont été faits généraux en chef. Après le jugement de Capet, la partie administrative de nos armées était la caverne de Gil-Blas ; il n'y avait que des muscadins, des honnêtes gens, qui volaient à pleines mains, et faisaient la contre-révolution. Depuis que nous avons à la tête des affaires des sans-culottes, des hommes du peuple, tout va bien.
Ainsi, comme je le disais, la conséquence que l'on doit tirer de l'ailresse de la Convention, c'est qu'elle maintiendra l'effroi pour les scélérats, et qu'elle purgera l'intérieur de tous les fripons, de tous les contre-révolutionnaires, de tous les royalistes. Après cela, le peuple, abandonné à sa vertu, jouira en paix de son triomphe, en dépit de tous ses ennemis,
La séance est levée.
[i2 o.TOBHE 1794] SOCIÉTÉ DES JACOBINS ÎS65