Tome VI
98 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [25 avril 1794]
mission avec tout le zèle et l'énergie qu'exigeait la confiance dont la Société les avait honorés ; que, dès le 27 germinal, de concert avec le département de Paris, ils ont fait passer au Comité de salut public toutes les pièces et tous les renseignements propres à éclairer sa religion et à le mettre à même de donner satisfaction à nos anciens défenseurs ; qu'ils en ont remis, il y a deux jours, de nouvelles, et que le patriotisme des membres du Comité de salut public leur assure qu'ils n'attendront pas longtemps les résultats qui doivent régénérer cet établissement, en chasser l'aristocratie qui y domine encore, et y établir le régime de la liberté et de l'égalité.]
Martinet fait, au nom du Comité de présentation, un rapport sur la Société fraternelle des deux sexes, dite du Panthéon-Français, séant dans la section du même nom. Le rapporteur fait l'historique de cette Société depuis sa création, pour prouver qu'acné n'est pas une Société sectionnaire, et qu'elle mérite la continuation de la correspondance qui lui avait déjà été accordée. La Société, qui avait ajourné sa décision à cet égard par la raison qu'elle ignorait si la Société du Panthéon était comprise dans le nombre des Sociétés sectionnaires proscrites par les patriotes, arrête que sa correspondance sera continuée.
Agricole Moureau, ci-devant détenu au Luxembourg, vient remercier la Société de ce qu'elle a bien voulu lui accorder des défenseurs officieux pour lui faire rendre justice. Il l'invite à venir au secours des patriotes de Beaucaire, des femmes et des enfants des malheureux qui ont été massacrés dans cette commune. Il annonce que le Comité de salut public va s'occuper de cet objet, et il espère que justice sera rendue à des malheureux qui gémissent depuis une année dans la misère. {Applaudissements et mention civique au procèsverbal.)
La Société de Gien présente un cavalier, qu'elle offre à la patrie.
Séance levée à dix heures.
PRÉSIDENCE DE LE BAS
[La Société de Varennes fait passer un discours prononcé dans sa séance • du 3 germinal, et dont l'auteur demande qu'on n'ait point d'indulgence pour les conspirateurs récemment découverts et pour ceux qui suivront leur
exemple'. La Société de Strasbourg communique une adresse qu'elle envoie à la Convention pour la- féliciter du dernier triomphe que la liberté vient d'obtenir par la mort des conspirateurs.
La Société de Villefranche-sur-Saône invite la Société à appuyer auprès de la Convention nationale une adresse dans laquelle elle sollicite une loi qui ordonne à tout citoyen, avant d'entrer dans des fonctions quelconques, de produire un certificat de vie et mœurs qui remonte même avant la Révolution. « Régénérer les mœurs, dit-elle, terrasser les aristocrates, conspuer les fripons, démasquer les hypocrites, tous ces hommes faux révolutionnaires, voilà le sûr moyen de faire triompher la République, d'accord avec les sublimes travaux de la Montagne et les nombreux succès de nos armées. »]
Un membre du Comité de présentation fait un rapport sur deux citoyens, dont l'un s'appelle Couturier, et l'autre Taschereau ; le dernier avait été expulsé du sein de la Société, et avait réclamé contre cette mesure ; le premier avait été dénoncé lors du scrutin épuratoire, et son admission avait été ajournée ; il résulte des renseignements pris sur le compte de ces deux citoyens que rien ne s'oppose à ce qu'ils passent de nouveau par le scrutin épuratoire, afin que la Société juge s'ils méritent de prendre place dans son sein. En conséquence Taschereau se présente, et est admis après les formalités accoutumées. Il sera écrit à Couturier pour l'avertir qu'il ait à se présenter dans la prochaine séance. Le citoj^en Jules de l'Epine est en outre admis par le scrutin.
Une députation de la Société de Mézieres et de Libreville* demande la parole. Uorateur commence par se plaindre de ce qu'un homme du département des Ardennes est venu dire faussement à la tribune des Jacobins que l'ennemi menaçait de nous attaquer, et que nous étions sans défense. Ici le Président interrompt, en annonçant qu'il existe un arrêté qui interdit toute discussion sur les divisions survenues dans le département des Ardennes jusqu'à ce que Levasseur ait fait parvenir sur cette affaire des éclaircissements certains. La députation est en conséquence invitée à se transporter au Comité de salut public.
Mogue s'étant abandonné à des paroles peu convenables contre la députation, un membre demande qu'il soit rappelé à l'ordre.
Carrier^ après avoir fait observer qu'il paraît, d'après tout ce qui se passe, qu'il s'est engagé une lutte de passions dans le département des Ardennes, déclare que l'arrêté de la Société est très sage, et qu'il faut attendre avec patience les indices que le représentant