C'est le nom révolutionnaire de la ville de Charleville
100 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [27 avril 1794]
Levasseur doit communiquer. Il fait remarquer à celui dont on vient de se plaindre que ce n'est pas par des invectives, mais par des raisons et par des faits, que l'on répond à une dépulation, et que des expressions grossières, qui décèlent la passion et le ressentiment, ne doivent jamais sortir de la bouche d'un patriote. Il demande que l'on ne suive dans la Société des Jacobins d'autre passion que celle du bien public, que les querelles particulières et les personnalités en soient bannies. Il propose de passer à l'ordre du jour sur tout ce qui pourrait être relatif aux divisions du département des Ardennes, jusqu'à ce que les éclaircissements nécessaires aient été donnés par Levasseur. (Adopté.)
Dumas fait part à la Société que, s'étant transporté avec son collègue Veau, en qualité de commissaire, à la maison des Invalides, il a été à portée de faire des réflexions qu'il s'empresse de communiquer. Le résultat de ces réflexions est que, parmi les Invalides, il y a beaucoup de citoyens qui, encore jeunes, pourraient remplir des places d'expéditionnaires dans les bureaux des administrations ; que ceux qui les remplissent aujourd'hui sont des lâches ou des individus qui ont moins en vue de servir la chose publique que de tirer des appointements. Après quelques observations, il demande que la Société propose aux autorités qui doivent connaître de cet objet l'établissement de plusieurs maîtres d'écriture, pour mettre les Invalides qui sont encore jeunes et forts dans le cas de remplir des places d'expéditionnaires dans les bureaux.
(In membre propose par amendement de placer d'abord les Invalides qui sont maintenant en état de remplir ces places.
La proposition ainsi amendée est adoptée.
Un membre de la Société séant dans [^étendue de la section du Contrat-Social demande et obtient des commissaires pour l'accompagner auprès du Comité de sûreté générale, où il doit dénoncer le Comité révolutionnaire de cette section qui persécute la Société populaire, qui ne doit pas être rangée dans le nombre des Sociétés sectionnaires.
Séance levée à dix heures.
PRÉSIDENCE DE LE BAS
[La Société de Pithiviers et celle de Pézénas écrivent pour faire i)art de la joie que leurs membres ont éprouvée à la nouvelle de la mort des conspirateurs '. — Un citoyen, chargé d'une mission à la maison des Invalides, rapporte que ces braves militaires ont déclaré qu'ils se contenteraient d'une portion de viande de huit onces. Les officiers ont dit qu'étant citoyens, ils ne voulaient pas avoir un meilleur traitement que les autres. On ne verra plus « ces tables dégoûtantes, sur lesquelles les soldats invalides mangeaient ; tous mangeront à la gamelle, comme sous la tente. On avait laissé jusqu'ici sans exécution un décret salutaire de la Convention, qui ordonnait que les jardins attenant à la maison des Invalides seraient divisés à chacun de ces militaires : le vœu des représentants vient d'être rempli. » — La Société arrête la mention civique du sacrifice fait par les Invalides.]
Plusieurs citoyens membres de la Convention prennent la parole pour faire connaître les différents détails des heureuses nouvelles annoncées aujourd'hui par Barèi*e au nom du Comité de salut public; elles sont reçues avec des applaudissements multipliés.
David annonce qu'au moment où le Comité venait de cesser de faire son rapport, il a reçu des nouvelles de nos ports ; elles apprennent qu'un navire anglais a été brûlé, qu'un autre a été coulé à fond, et qu'un troisième a été pris par les Français.
Le Président fait lecture d'une lettre écrite par un soldat au 90* régiment d'infanterie ; elle porte que le camp de Famars est pris ; que quinze cents voilures sont parties pour enlever tout ce qui a été pris à l'ennemi, et que le parc d'artillerie de Lille est également parti de ce côté. (On applaudit.)
Un membre demande que la Société entende avec une tranquillité stoïcienne les heureuses nouvelles qui lui parviendront à l'avenir.
Carrier. — Est-il au pouvoir d'un Français de retenir l'expansion de sa joie, quand il voit les succès de sa patrie et la bonne conduite de nos soldats? Un patriote doit se livrer à la joie, quand il voit que tout se prépare pour l'anéantissement de la tyrannie, de même que les soldats de la liberté volent à la victoire en chantant la Carmagnole. L'ouverture de la campagne nous présage les plus grands