‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 4)Chapitre 16 sur 187 · Ce début est extrait du Journal de la Montagne · texte numérisé non relu

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416 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [8 mai 1794]

quelques observations, il propose de les admettre provisoirement, sauf l'épurement. — Tallien demande que Ton n'admette ces députés suppléants qu'après avoir pris sur leur compte des renseignements précis, en consultant les sociétés et les citoyens qui peuvent les connaître. 11 propose de charger le Comité de présentation de ce travail, et de l'obliger à faire un rapport sur les renseignements qui lui seront parvenus. — Beniabole pense que la mesure proposée par le préopinant est illusoire, parce que la Convention n'admet les suppléants qu'après un rapport du Comité des décrets, chargé de prendre toutes les informations nécessaires sur leur conduite révolutionnaire, — Tallien fait observer qu'il a été un temps où l'on admettait à la Convention des suppléants sans avoir pris sur leur compte des éclaircissements préalables et suffisants pour s'assurer de leurs principes républicains, témoin le suppléant Bernard ', convaincu, après son admission, d'avoir participé au fédéralisme du Midi. 11 déclare qu'il n'a voulu parler que de ces suppléants dans la proposition qu'il a faite ; néanmoins, ne voulant pas fournir à la malveillance une occasion de lui faire un crime de son opinion, en lui reprochant d'avoir dit que la Convention admet sans examen ceux qui doivent siéger sur la Montagne, il retire sa motion. — Mat^tinet croit que la proposition qui avait été faite par Tallien peut être divisée, et que l'on doit seulement admettre à la Société les suppléants qui n'ont été admis dans le sein de la Convention qu'après un rapport du Comité des décrets. — Après quelques débats, la Société adopte la proposition du rapporteur du Comité de présentation, avec l'amendement présenté par Martinet.

[Collot d'Herbois ])réscnte les cinq défenseurs de la République, qui ont pris cinq drapeaux aux troupes hanovricnnes, dans un combat près de Courtrai. II fait lecture de l'adresse qu'ils ont présentée à la Convention. On applaudit. L'orateur ajoute que l'armée du Nord n'a pas protesté la lettre de change tirée sur elle par l'armée du Midi. De vives acclamations partent de la salle et de toutes les tribunes. Les militaires, présentés par Collot d'Herbois, reçoivent l'accolade fraternelle du président ; ils sont reçus, en descendant, dans les bras des citoyens qui les entourent.]

Brival rappelle à la Société que Lequinio a reconnu la sublimité des principes que Robespierre a développpés dans son rapport. Il pense néanmoins que ces principes ne s'accordent pas avec deux

1. Il s'agit de Marc-Antoine Bernard, cinquième suppléant des Bouclies-du- Rhùne, qui remplaça Barbaroux le 20 août 1793, fut mis en arrestation le 29 brumaire an II, et condamné à mort par le Tribunal révolutionnaire le 3 pluviôse an II. (GuiiTrey, Les Conventionnels, p. 74.)

discours que Lequinio a rendus publics, l'un intitulé le Bonheur^ et l'autre les Préjugés détruits. II déclare que, dans ces discours, Lequinio s'efforce de prouver qu'il n'existe point d'Être suprême, et qu'après la mort de l'homme tout est détruit. {Ici Brival est interrompu par des murmures et par V ordre du jour.)

Lequinio demande à épancher son cœur dans le sein de ses frères, et à leur donner une explication franche et loyale, qui leur prouvera que la vertu est le seul mobile de ses actions.

La Société, ayant déjà passé à l'ordre du jour et témoigné par cette conduite qu'elle n'exigeait aucune justification de la part de Lequinio, oblige celui-ci à descendre de la tribune.

On passe au scrutin épuratoire : les citoyens Francastel et Bouret, députés •, Buart, Colier et Chevillard sont admis.

Carrier présente des observations sur ce que la séance se trouve déserte au moment de l'épurement. Après avoir fait sentir l'importance de cette opération, il demande que les membres soient invités à se trouver assidûment au scrutin. — Royer pense que le mode de scrutin est trop long, et qu'il ne sera pas achevé dans cinq ou six mois d'ici ; il demande que la Société fixe trois séances de suite, qui seront employées à cet unique objet. Plusieurs propositions sont faites à ce sujet. Après une discussion assez étendue, elles sont toutes renvoyées au Comité de présentation, pour en faire son rapport.

Séance levée à dix heures.

XXAII

PRÉSmENCE DE VADIER

[La Société de Castres fait passer une circulaire qu'elle envoie à toutes les Sociétés populaires qui lui sont affiliées : « Tous les individus que l'opinion publique n'a pas jugés purs sous tous les rapports, dit cette circulaire, ont été frappés de ranathènic de la réprobation ; les uns ont été voués à l'oubli, les autres à la réclusion, tous au mépris et à Tindignation de leurs

t. Francastel, premier suppléant de l'Eure, avait remplacé Buozt, le 27 juin 1793. Bouret, premier suppléant des Basses-Alpes, avait remplacé, le 3 juin 1793, Verdolin, décédé.

2. Celte séance manque dans le Moniteur. Nous la donnons d'après le Journal de la Montagne.

il8 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [10 mai 1794]

concitoyens. » L'agent national s'exprime ainsi dans une adresse aux Sociétés populaires : « 0 vous, Sociétés populaires, boucliers invulnérables pour le maintien de la liberté et de l'égalité, continuez à propager' la raison dans le cœur de nos frères des campagnes... Que vos orateurs répètent sans cesse que la guerre civile de la Vendée est le fruit de la fatale crédulité de ses habitants, qui, pour leur récompense, ont été exterminés! Dites-leur qu'un pareil sort attend ceux qui j)réconisent la superstition et le fanatisme. «]

Goupilleau [de Fontenay) saisit cette occasion pour annoncer à la Société que le président de la Convention a reçu à la fin de la séance une lettre qui prouve que la durée de la guerre de Vendée est due à rinfàme Ronsin et à sa clique.

[Un membre fait hommage pour les frais de la guerre d'un litre de rente de 200 livres, auquel il ajoute 36 livres, montant des arrérages qu'il a reçus dernièrement. — Mention honorable au procès-verbal.

Duquesnoy, représentant du peuple près l'armée de la Moselle, écrit que, dans l'incendie du bâtiment contenant les fours du munitionnaire de Reims, les riches ont laissé les pauvres travailler seuls à éteindre le feu. Le représentant a ordonné que 40,000 livres seraient levées sur les riches et distribuées aux pauvres. On applaudit. — Le général de division Muller écrit en date du 15 tloréal, qu'il a fait une sortie heureuse contre l'ennemi qui assiège Maubeuge, dans la nuit du 13 au 14.]

La section de la Montagne défile presque tout entière dans la salle. Elle présente à la Société quatre cavaliers jacobins qu'elle a équipés et armés à ses frais. De toutes parts on voit flotter l'étendard tricolore, de toutes parts des cris de Vive la République! Vive la Montagne! font retentir la voûte de la salle. Le cortège est invité à la séance : hommes, femmes, enfants prennent place à côté de leurs frères les Jacobins. L'orateur prononce un discours intéressant auquel le Président fait une réponse énergique, et les accents favoris des hommes libres se font entendre de nouveau. Toute l'assemblée se lève en masse, les drapeaux se balancent dans les airs, les chapeaux s'agitent, et ce spectacle intéressant eût fait pâlir d'effroi les vrais ennemis de la liberté.

L'un de ces braves guerriers ayant témoigné des inquiétudes sur ce qu'il avait servi dans l'armée révolutionnaire, Legendre fait observer que, si quelques chefs de cette armée ont mérité de subir le sort destiné à tous les traîtres, jamais les soKlats n'ont excité de la part de la nation le plus léger mécontentement. Après quelques réflexions sur cette matière, il demande que le président témoigne, en donnant l'accolade aux quatre cavaliers, la satisfaction qu'elle a de les voir dans son sein. [Adopté.) Le Président déclare, au nom de la Société, que jamais le soupçon n'a plané sur les têtes des soldats de l'armée

révolutionnaire, et que leur conduite a été très exactement distinguée de celle de quelques-uns de leurs chefs. Il donne l'accolade aux quatre cavaliers et à quelques membres de la députation, au milieu des applaudissements universels.

[Le citoyen Moulin, défenseur officieux du martyr Chalicrj écrit à la Société qu'il vient d'être mis au nombre des rebelles lyonnais destinés à passer en jugement, pour avoir cherché à se procurer du pain pendant le siège en se faisant scribe d'une autorité de Lyon ; il demande que la Société vienne à son secours. — Durnas appuie fortement cette demande, qui est adoptée.

La Société accorde des défenseurs officieux aux quatre cavaliers armés par la section de la Montagne, afin de leur faire donner ce qui leur est dû pour le licenciement de l'armée révolutionnaire. — Deux invalides déposent deux chemises, de la charpie, un sac de peau, une paire de souliers. Mention honorable. — La section de Bonne-Nouvelle présente deux cavaliers jacobins; celle du Faubourg-Montmartre en présente un. <f Ils jurent de iie quitter leurs armes qu'à la mort du dernier tyran. »]

Séance levée à dix heures.

PRÉSmENCE DE VADIER

Une députation de la section des Lombards remercie la Société de ce qu'elle a nommé des commissaires pour accompagner à la Convention la députation qui demandait la translation des aveugles travailleurs à la maison des Catherinettes. Elle présente ensuite deux cavaliers jacobins, qu'elle a déjà présentés à la Convention. L'orateur fait lecture de l'adresse qui a été lue à cette occasion à la barre. La Société applaudit au zèle de la section ; elle donne, par l'organe de son président, l'accolade fraternelle aux deux cavaliers.

Les citoyens Châtelain et Bauval, tous deux membres de la Commune de Paris, passent au scrutin épuratoire et sont admis.

La Société d'Orbec écrit qu'elle a formé dans son sein un Comité d'instruction composé de vingt-deux membres, chargés de se transporter tous les décadis dans les cantons pour y prêcher la morale républicaine. — La Société de [Saint-]Rémy, département des Bouches-du-Rhône, annonce qu'elle a formé un pareil Comité, dont les membres se transportent dans les Sociétés voisines, afin de répandre les lumières. — Ces deux lettres excitent des applaudissements.

120 SOCIETE DES JACOBINS 12 mai 1794]

[La Société populaire de Sedan écrit, on date du 19 lloival, iine letlrc dont voici le passage le plus iinj)ortant : « Levasscur découvre tous les jours des preuves convictives et matérielles du système combiné pour anéantir les patriotes, en les accusant sans preuves de complicité avec les scélc'^rats dont le Tribunal révolutionnaire vient de faire tomber les tètes coupables. Levasseur a terrassé dans nos Sociétés populaires les vils agents de l'aristocratie, dont les figures et les actions étaient inconnues depuis la Révolution; il a conduit, sous les étendards de la liberté, les soldats de la patrie à la victoire. Les patriotes des Ardennes jurent une haine implacable aux tyrans. »

Renaudin rappelle à la Société qu'elle a, dans sa dernière séance, arrêté qu'elle prendrait la défense du nommé Moulin, qui se disait défenseur officieux de Chalier. Il fait part des renseignements qu'il a pris sur cet homme; il résulte de ces recherches que Moulin est un procureur, qui s'est montré digne d'être ainsi appelé en prenant la défense de Chalier persécuté ; car, avant de le défendre, il a exigé 000 livres de la citoyenne l'ic, confidente du martyr de la liberté, et 1,800 livres de Chalier lui-même. (Violeiils murmures.) Renaudin demande que la Société rapporte son arrêté de la dernière séance. — Un citoyen, nouvellement arrivé de Commune-Aflranchie, appuie cette proposition en disant que les suspects se vantent tous, pour échapi)cr à la justice, d'avoir défendu Chalier et portent son portrait à leur boutonnière. L'arrêté est rapporté par décision unanime. — Leijendre demande que la Société n'accorde jamais de défenseur officieux aux citoyens en état d'arrestation, avant que ces citoyens se soient rendus à la maison d'arrêt. Il fait observer qu'il était permis, du temps de La Fayette, de se soustraire aux mandats d'arrêt, parce qu'alors les tribunaux étaient les instruments de la vengeance perfide, mais qu'aujourd'hui ce serait un crime de se soustraire aux j)Oursuites, attendu que les prévenus n'ont que justice à attendre de la part des tribunaux. {Adopté.)]

Une dépulalion de la section de V Arsenal vient consulter la Société sur la conduite qu'elle doit tenir relativement aux secours accordés par la loi aux veuves et aux parents des défenseurs de la patrie. Elle annonce que cette section vient de recevoir la liste des citoyens morts en combattant pour la liberté, mais elle croit que cette liste n'est pas suffisante, parce qu'elle n'est pas authentique.

BiUaud-Varenne fait observer que la loi rendue à ce sujet est précise, et qu'il est dans l'intention de la Convention qu'elle n'éprouve aucun retard dans son exécution ; il demande que Gollot d'Herbois, qui a fait rendre cette loi, donne à la Société les éclaircissements nécessaires.

[Collot d'Herbois déclare que la loi dont il s'agit est formelle et très claire, et qu'il n'y a que la malveillance qui puisse trouver dans tous ses détails aucun motif du plus léger retard. Il s'étend beaucoup sur les principes de cette loi, et dénonce ceux qui ont élevé des doutes sur plusieurs de ces articles ; il annonce qu'il a été chargé par le Comité de salut public de faire à la Convention un rapport sur la loi en question, et qu'il proposera des me-

sures qui on assureront rexécution. L'orateur se plaint ensuite que la section do l'Arsenal n'ait pas écrit au Comité de salut public pour le consulter, quoiqu'il fût nécessaire d'en agir ainsi avant de venir en députation. Il reproche aux membres de la section chargée de l'exécution de la loi sur les secours destinés aux défenseurs de la patrie, d'avoir élevé des difficultés mal fondées.

11 fait observer que souvent on vient demander des défenseurs officieux sous des prétextes frivoles, qui peuvent compromettre la Société; il se plaint de ce que, dans la dernière séance, une députation de la section de la Montagne a demandé et obtenu des défenseurs officieux pour faire rendre à quatre cavaliers une rétribution qui leur est due ; il pense que cette* mesure ne peut servir qu'à donner occasion à la malveillance de dire que nos soldats ne peuvent pas se fajre payer. 11 termine en demandant que la Société n'acquiesce jamais à de pareilles demandes qu'en faveur des citoyens opprimés, et envers lesquels la loi n'aura pas été exécutée '. {Adopté.)]

Le citoyen Zariot est admis par le scrutin épuratoire.

Une députation de la Société populaire de Le Peletier annonce qu'elle a suspendu ses séances; elle demande que la Société lui conserve son affiliation, attendu qu'elle ne doit pas être considérée coninne Société sectionnaire.

Martinet^ après avoir rappelé en peu de mots le danger des Sociétés sectionnaires, demande que les patriotes s'occupent prompte^ ment de leur dissolution. — Legendre fait observer que les hommes qui ne vont jamais à leur section se sont rendus en foule dans les Sociétés seclionnaires pour y acquérir un brevet de civisme; que ces nouveaux clubistcs ne travaillent ensuite qu'à faire remplir les places par leurs amis et leurs partisans, et que leurs délibérations sont des atteintes portées à la liberté; il annonce que la Société de la section de la Montagne vient d'arrêter que tous ceux qui ont servi dans l'armée révolutionnaire seraient exclus de son sein. [Murmures d'indignation.) Après quelques observations, il demande que tout membre de la Société des Jacobins qui le serait aussi d'une Société sectionnaire soit tenu d'en sortir dans le délai d^une décade, sous peine d'être exclu des Jacobins.

[Collot d'Herbois prononce un discours sur le danger des Sociétés sectionnaires. Il rappelle qu'il a déjà donné son opinion à leur sujet, à la tribune des Jacobins et dans le sein de la section de Le Peletier, où est son domicile. Il déclare qu'avant le 10 août, il était membre d'une Société anti-aristocratique qui se réunissait chez Lefèvre, que Collot d'Herbois aperçoit dans la salle et à qui il rend hommage. Il ajoute qu'il voit dans la liste de la Société actuelle

1. r,e discours de Collot d'Herbois, dont le Moniteur ne donne qu'un résumé, a été reproduit en entier par le Journal de la Montagne, t. III, p. 147. C'est d'après ce texte que nous avons rédigé notre analyse.

122 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [12 mai 1704]

Tort peu des noms des ])atnotes avec qui il se réunissait avant le 10 août. L'ancienne Société ayant été dissoute, ils ont sans doute, comme Collot d'Herbois, jugé qu'ils ne devaient point entrer dans la nouvelle. Puis l'orateur passe à la critique des Sociétés scctionnaircs en général. Voici les passages principaux de son discours :]

Je ne vois dans les Sociétés sectionnaires, pour la plus grande partie, que des cantonnements, des quartiers réservés, où se réfugient les déserteurs simulés de l'aristocratie, pour livrer tôt ou tard le camp, des républicains. J'y vois à Paris quarante-huit étendards, dont les nuances différentes inquiètent les vrais amis de la liberté, et autour desquels se rallient avec audace tous les hommes douteux, tous les métis en patriotisme, tout ce qui n'a eu ni force ni sexe dans la Révolution.

[De telles Sociétés « sont suspectes, car l'œil du peuple ne les observe pas ; elles sont nuisibles, parce qu'il ne peut y avoir unité de bons sentiments dans ceux qui les composent. Ils ont la plupart été éloignés les uns des autres dans le cours de la Révolution et souvent même opposés dans de fortes circonstances et ennemis déclarés ». Leur intérêt particulier seul les a ralliés. Les fondateurs des Sociétés sectionnaires « veulent se faire un parti pour dominer l'esprit public, souvent pour troubler et diviser la section oîi il a sa force principale ». Collot d'Herbois continue par les remarques suivantes :]

;c N'y a-t-il point de patriotes dans ces Sociétés ? » me dira-t-on. Il y en a, je le crois; et c'est pour cela qu'il faut les préserver des séductions et les éclairer sur les faux principes. Ces patriotes ont été séduits par l'apparence des quelques vertus qui leur sont habituelles. La bienfaisance surtout est le moyen que les riches emploient le plus souvent pour obtenir la confiance des patriotes, toujours faciles et sincères. Mais pourquoi cette bienfaisance ne peut-elle aller sans ostentation? Pourquoi leurs dons n'arrivent-ils pas à la section par le chemin le plus obscur et le plus court? Ces dons humilient ceux qui les reçoivent par l'étalage avec lequel ils sont offerts. Ce sont des tributs forcés, et non des effets de la bienfaisance pure et vi)lontaire. Ces largesses perfides sont souvent des points d'appui, sur lesquels reposent les plus mauvaises intentions. Le Comité autrichien faisait aussi parade de bienfaisance. Citoyens, craignons la bienfaisance de nos ennemis. Celui qui affiche ses libéralités ne donne qu'à lui-même ; ce sont ses passions qui profitent. Jusqu'à présent, le seul bien opéré par les Sociétés sectionnaires, venu à notre connaissance, se réduit à de belles annonces.

Le bien général s'y opère-t-il? L'instruction publique, par exemple, y gagne-t-elle ? Non! Les sociétaires ne viennent pas même lare-

cueillir à l'assemblée de la section ; c'est un devoir trop commun. Ils ne courront pas d'ailleurs les risques de se voir examinés de si près par leurs concitoyens. Que leur importent les discussions de la section rassemblée? Ils sont bien plus à leur aise dans leurs conciliabules. C'est là que la cupidité, le mécontentement de la Révolution, les murmures contre le gouvernement, l'ambition fardée de patriotisme, ont de commodes développements. On y persifle la bonne et régulière assemblée de section. On y tourne en ridicule et les patriotes et les délibérations populaires.

« Nous mûrissons de bonnes] idées, des projets utiles », diront-ils. Pourquoi ne pas les mûrir dans le sein de la section entière ? D'ailleurs, quelque bonnes que soient les méditations isolées, peuvent-elles vous dispenser de vos premiers devoirs ? Vous êtes donc bien abondants en vertu, pour avoir besoin d'un réservoir particulier ! Commencez par entendre ces écrits énergiques, accueillis avec enthousiasme par la Convention nationale et par les Sociétés vraiment populaires ! Méditez les grands traits de morale publique qui y sont consignés !

Ne trouvez-vous pas de place à la section, quand on en fait lecture? Eh bien! restez dans la cour, un exemplaire à la main des derniers discours de Billaud-Varenne, de Robespierre, et lisez-les vousmêmes aux bons citoyens qui sont là rassemblés. C'est ainsi que peut déborder fructueusement cette instruction abondante, qui, puisée dans la Convention, cherche des canaux pour s'échapper en sortant des assemblées convoquées suivant la loi.

^L'orateur traite les Sociétés sectionnaircs « de maigres émanations qui rappellent le souvenir » du fédéralisme. « C'est là, dit-il, que se détériorent et se corrompent les idées salutaires. » Et il continue ainsi :]

C'est là qu'on voudra faire dégénérer en questions théologiques les sentiments les plus purs et les plus consolants pour l'humanité. C'est là qu'on va dégrader ou surcharger les plus sages propositions. Je vois d'ici les prêtres et les aristocrates qui se préparent un petit comité. Ils sont à la recherche de quelque nouveau culte hypocrite pour contrefaire et calomnier l'expression de cette confiance en l'Etre suprême, que l'homme libre veut témoigner avec toute la dignité de son caractère, et en se rapprochant de la voûte du ciel autant qu'il est en son pouvoir. Ils se tourmentent déjà pour dénaturer tout ce que le génie de David inventera de grand et d'expressif, relativement à la fête qui doit être célébrée le 20 du mois prochain. Leur unique étude est de parodier et travestir les idées les plus saines et

Jes plus majestueuses. Mais cette fête sera grande comme son objet, et ne sera point souillée de supèrfétations ridicules. Ce n'est point pour nous humilier, mais au contraire pour nous élever et nous agrandir, qu'en portant vers le ciel nos regards et nos vœux, nous nous élançons dans le sein de la nature. Cette mère généreuse n'aura jamais eu plus d'amour pour accueillir ses enfants.

Si les craintes que je témoigne paraissaient mal fondées, je vous rappellerais de nouveau comment ils ont travesti et profané la raison, même dans les cérémonies qu'ils avaient indiquées pour la célébrer. Ils en ont promené les simulacres dans les rues, et c'était une de leurs femmes qui jouait cette pantomime. On voit même encore une de ces Raisons mortelles et complaisantes qui, sous une chemise de gaze, se reproduit sur je ne sais quel théâtre, avec du rouge et des mouches. Pitoyable mythologie ! Nouvelles sources de fabuleuses erreurs ! Toutes ces lâches et puériles allégories pouvaient être nécessaires sous la tyrannie passée, pour couvrir la vérité ; elles ne conviennent plus, aujourd'hui que la vérité a toute sa force et tout son éclat.

Si on veut une représentation sensible, une effigie vivante, respectable et naturelle, de cette Raison sublime et pure, de celle dont les républicains sont pénétrés, on trouvera chaque jour, à chaque pas, cette image sincère dans les actions des bons citoyens, dans l'intérieur de leurs familles, dans les vertus du peuple ; mais cette Raison postiche, qui courait les rues avec les conspirateurs, terminait avec eux leurs prétendues fêtes dans de licencieuses orgies ; il n'y avait qu'une épingle à détacher de sa draperie pour en faire la Débauche, et tout le danger qu'elle pouvait courir était de mourir de l'excès de son intempérance.

Je vous ai retracé les manœuvres de cette malveillance intarissable, qui, n'osant agir à découvert, se replie pour nous combattre par la ruse, le mensonge et la perfidie. Empêchons qu'elle ne cherche la superstition dans les expressions sincères de la vérité sentie ; empêchons qu'elle ne substitue des persécutions dogmatiques à la bonne morale qui tolère, à la vertu qui console. Nous jugeons les hommes d'après leur conduite et sur ce qu'ils ont fait. Celui qui sert bien sa patrie sert bien l'Être suprême. Nous contemplons avec attendrissement l'image de la liberté et de ses attributs, parce que cette image réveille nos plus doux sentiments. Ces emblèmes heureux créés par le génie des arts font naître des réflexions utiles. Nous élèverons à la liberté, à l'égalité, à toutes les vertus que nous chérissons, des monuments fixes et durables. Ces

monuments éloquents expliqueront aux. siècles futurs les grands événements que nous avons consommés; mais nous ne nous passionnerons point pour des divinités ambulantes: nous ne pouvons croire que nos âmes soient de limon et de boue, parce que les éléments de tant de bonnes actions, de tous ces traits d'héroïsme et de courage dont retentissent chaque jour nos camps et nos armées ne peuvent être ainsi composés, parce que les vertus doivent naître, selon nous, d'une source immortelle. Mais nous ne parlerons jamais le langage des prêtres, nous ne serons jamais des fourbes ni des persécuteurs '.

Ce discours a été fréquemment interrompu par les plus vifs applaudissements.

Legendre ajoute à la première motion qu'il avait faite celle de n'admettre à la tribune aucune députation des Sociétés sectionnaires. Après quelques légers débats, ces propositions sont adoptées à l'unanimité.

La Société a arrêté qu'elle n'admettrait plus de députation de Sociétés sectionnaires, et que tous ceux de ses membres, qui le seraient aussi de ces Sociétés particulières, seraient tenus d'opter.

Séance levée à dix heures trois quarts.

SÉANGb; DU 26 FLORÉAL AN II (15 MAI 1794)

PRÉSIDENCE DE VADIER

Après la lecture du procès-verbal, Legendre prend la parole : « Ou Collot d'Herbois, dit-il, ou moi avons été mal entendus dans la dernière séance, ou la malveillance s'est agitée en tous sens pour donner à nos expressions un mauvais sens et à nos opinions un caractère qui leur est étranger. Dans la dernière séance, vous vous êtes fortement prononcés contre les Sociétés sectionnaires. On a confondu ces misérables rassemblements avec les Sociétés populaires. Quelques patriotes ont paru inquiets sur ce sujet, et ils m'ont demandé s'il était vrai que la Société des Jacobins voulait retirer son affiliation aux

1. Ce discours a été reproduit intégralement et séparément par le Moniteur du 28 floréal (t. XX, p. 482; d'après le Journal de la Montagne, t. III, p. 156. La Feuille du salut public le reproduit également. Le Républicain français [n° 544, p. 2225) donne comme le Journal de lu Montagne, et sans doute d'après lui, les deux discours prononcés par Collot d'Herbois à cette séance.

Sociétés populaires. Il est nécessaire de déclarer ici que jamais vous n'avez voulu détruire les Sociétés populaires, car elles ont rendu de trop grands services à la chose publique. Des malveillants sont mé^contents de la dissolution des Sociétés sectionnaires, où ils croyaient trouver leur salut; ils ont voulu faire croire qu'il en allait être de même de toutes les Sociétés populaires, afin de trouver jusque dans la dissolution même une occasion de faire le mal et de rSpandre des inquiétudes. C'est aux bons citoyens à se mettre en garde contre les pièges qui leur sont continuellement tendus. Il est des Sociétés qui existaient avant le 10 août, et qui ont constamment suivi la ligue qui leur était tracée par le patriotisme; je puis citer celle qui s'est formée dans la section du Luxembourg, et qui a fait justice de Roland et de Vincent, avant qu'on eût commencé à les attaquer publiquement ; je puis également vous citer celle du faubourg Marceau et plusieurs autres. Les Sociétés sectionnaires sont vouées à l'exécration ; elles n'existaient que pour faire revivre le système de la permanence des sections ; le bien public ne peut s'allier avec leur existence. Il est un moyen très facile de les distinguer des Sociétés populaires ; ces deux espèces de Sociétés avaient reçu des cartes d'affiliation : je demande que celles qui ont été accordées aux premières soient annulées, et que vous déclariez que les Sociétés populaires créées avant le iO août, et qui ont constamment professé et défendu les vrais principes, n'ont pas mérité de leur être assimilées, et que vous les soutiendrez tant qu'elles seront attachées à leurs devoirs.

CouTHON . — La Société a voulu frapper des rassemblements d'hommes malintentionnés, qui profanaient le nom de Société populaire, et cherchaient à porter des coups mortels à celle-ci. Il y a longtemps que je me suis aperçu que les Sociétés sectionnaires étaient des enfants dénaturés, qui voulaient étouffer leur mère. Si j'eusse été présent à la dernière séance, Legendre et Gollot d'Herbois n'auraient pas été les seuls qui eussent mérité l'animadversion des malveillants. J'aurais combattu avec force toutes ces Sociétés, qui n'existent que pour le malheur public. La Société des Jacobins leur a porté un coup décisif par l'arrêté qu'elle a pris. Il est de l'intérêt général [qu'elle le maintienne. Mais je vous ferai observer que ce n'est pas seulement ici que les intrigants avaient formé des rassemblements monstrueux qui menaçaient la liberté, mais qu'ils l'avaient fait aussi dans les campagnes. C'était là que des ci-devant nobles, des ci-devant procureurs et d'autres individus aussi suspects, qui se retiraient dans les petites communes pour éviter la surveillance des districts, s'étaient ralliés dans des conciliabules où ils travaillaient à

influencer l'opinion et à opprimer les citoyens. De pareilles associations ne peuvent subsister, car elles ne s'accordent pas avec l'unité de gouvernement, d'action et d'opinion dont la République a besoin, et elles sont une source perpétuelle de fédéralisme. J'apprends qu'avant le iO août il y avait dans les sections des Sociétés populaires ; je pense qu'elles doivent être détruites comme les autres; car, si vous les laissez subsister, il n'y aura plus unité d'opinion. Si vous vous contentez de détruire les Sociétés sectionnaires, les intrigants et les malveillants. qui s'y étaient réfugiés vont se réunir dans les Sociétés populaires partielles, et alors votre dernier arrêté deviendra nul. Je pense donc que, si vous voulez exterminer totalement le fédéralisme, vous devez passer à l'ordre du jour sur la proposition de Legendre,etque votre arrêté soit étendu à toutes les Sociétés de sections, soit qu'elles aient pris le nom de Société populaire ou de Société seclionnaire. Ce ne sont pas les Sociétés légalement établies que vous voulez attaquer ; il ne serait pas en notre pouvoir de le faire, mais ce sont des rassemblements formés par l'intrigue. II y a une grande différence entre eux et les Sociétés populaires : le but de ces dernières est de faire le bien ; il est démontré que celui des premières était de faire le mal, et de détruire la Société des Jacobins, qui va puissamment contribuer à fonder la République. On a des preuves de cet affreux projet dans les délibérations de ces Sociétés sectionnaires et dans l'affectation qu'elles mettaient à se multiplier. Leur but était d'entraîner dans leur sein tous les bons citoyens, pour rendre, si elles l'eussent pu, la Société des Jacobins déserte. Quarante-huit Sociétés populaires, dans Paris, formaient le spectacle hideux du fédéralisme ; il est temps qu'il disparaisse de nos yeux. Les bons citoyens qui peuvent avoir été admis dans ces Sociétés ne pourront pas trouver mauvais qu'elles soient détruites; ils sentiront aussi bien que nous que les patriotes doivent tous se réunir et se concentrer. Les Jacobins sont forts par l'opinion ; évitons avec grand soin que cette force ne soit brisée; ce serait un grand malheur pour la chose publique. Je demande que la Société maintienne fortement son arrêté.

Legendre déclare qu'il y a dans Paris plusieurs Sociétés populaires qui ont constamment professé les principes des Jacobins. Il pense que l'affiliation doit être retirée à toutes les Sociétés formées après le 10 août, parce qu'elles ne sont remplies que de modérés, qui se sont jetés dans le parti triomphant ; mais il ne croit pas que l'on doive agir de même à l'égard des Sociétés populaires de Paris qui se sont bien conduites, telles que la Société des Cordeliers dans son principe,

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parce qu'alors les patriotes constants et fermes seraient confondus avec la masse des intrigants. Il demande que la Société examine avec une attention scrupuleuse la proposition de (^loutlion.

CouTHON. — Je vais citer à mon collègue Legendre un exemple qui doit être frappant. Par qui la contre-révolution a-t-elle élé faite à Lyon? N'est-ce pas par les Sociétés qui s'y étaient multipliées? Il y avait bien dans la ville un Club central, mais toutes les Sociétés rivalisaient avec lui ; l'esprit général ne s'y reportait pas comme à un centre d'unité; il lui était impossible de faire le bien, et toutes les petites Sociétés faisaient le mal, sans tiouver d'o[)position qui fût capable de les arrêter. Legendre nous a cité la Société des Cordeliers, qui a fait le bien dans le principe; mais je dirai qu'elle avait besoin de le faire, afin de pouvoir faire le mal ensuite. C'est ainsi que nous avons vu agir les Danton, les Vincent, les Momoro, les Hébert, et tant d'autres conspirateurs, qui n'ont cherché à usurper la popularité que pour s'en servir dans les projets qu'ils méditaient contre la liberté. Je n'ai intention d'attaquer aucun individu ; sans doute il y a de bons citoyens dans les Sociétés formées dans Paris; mais la division est nuisible, et l'unité d'opinion ne peut pas être rompue sans un grand danger. Si vous conservez toutes ces Sociétés, il y en aura dans Paris vingt ou trente dans lesquelles les intrigants sont entrés. Ces Sociétés seront extrêmement nombreuses, et l'esprit public sera prodigieusement divisé ; on n'entendra parler continuellement que de querelles particulières ; les opérations du gouvernement seront entravées; la représentation nationale sera elle-même avilie; car, n'en doutez pas, si l'on a tenté de le faire jusqu'à ce jour, ce projet infâme a été concerté dans la Société des Cordeliers ou dans d'autres semblables. S'il est des bons citoyens dans ces Sociétés, ils sont nos frères, nos amis; qu'ils viennent parmi nous puiser les bons principes. Je persiste donc dans la proposition que je vous ai faite.

Dumas déclare qu'il faut jeter un coup d'œil sur les Sociétés qui ont existé jusqu'à ce jour, et juger des services qu'elles ont rendus à la chose publique par la terreur qu'elles ont inspirée aux tyrans. Il rappelle que leurs efforts criminels ont été dirigés contre les Jacobins, mais que jamais les agents des puissances coalisées, les aristocrates et les conspirateurs n'ont élevé des plaintes contre les Sociétés partielles; que jamais les traîtres de l'intérieur n'ont prétendu s'insurger contre elles. Il demande aux bons citoyens, si les rassemblements qui se sont formés à côté des Sociétés vraiment populaires n'étaient pas composés de messieurs, d'aristocrates et de contrerévolutionnaires; il fait voir que les opérations de ces Sociétés de

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deuxième et troisième formation se réduisent à persécuter les patriotes à donner cours à de mauvais principes, et à calomnier le gouvernement et les autorités constituées les plus pures, et qu'aujourd'hui même le glaive de la loi s'est appesanti contre plusieurs des membres de ces Sociétés. Il rappelle que, dans certaines crises de la Révolution, elles ont voulu anéantir l'énergie du peuple; que leur existence n'avait alors pour but que de rompre la force nationale en la divisant; que c'est de ces rassemblements que sont sortis les conspirateurs ; que c'était chez eux que l'on cherchait à inspirer des craintes au peuple; que l'on exagérait les revers, tandis qu'on avait soin de lui représenter les succès comme peu éclatants. Enfin il combat l'existence de ces Sociétés par la coutume qu'elles avaient de s'isoler et de se tenir cachées, et prouve par là qu'elles ne voulaient pas faire le bien, puisqu'elles fuyaient la lumière. Après quelques observations sur le danger des rassemblements partiels, il demande que la Société déclare qu'il est du devoir des bons citoyens de se réunir à la masse du peuple, et qu'elle ne reconnaît pas pour tels ceux qui chercheraient à. s'isoler.

La discussion continue. Collot d'Herbois prend la parole.

CoLLOT d'Herbois. — Ce qui vient d'être dit démontre de plus en plus le danger des Sociétés sectionnaires. Il était resté jusqu'à présent quelques traits un peu obscurs sur le tableau qui en a été fait. Je pense que, pour aller au but plus promptement, il suffit de dire : « Qu'est-ce qu'une Société populaire ? » La discussion ne se serait pas prolongée, si nous avions bien déterminé le caractère de la chose que nous combattions; déterminons-le, et il ne pourra plus y avoir aucune difficulté.

Dans les Sociétés de nouvelle création, il n'y avait pas de réclamations sur l'admission des membres qui se présentaient; c'est ce qui prouve que leurs intentions étaient mauvaises. Elles tendaient visiblement à l'établissement d'un fédéralisme nouveau ; elles voulaient gouverner à elles seules les sections ; leurs délibéralions ne servaient qu'à consacrer ce qui était contraire à l'esprit public; on y méditait les persécutions qui devaient être exercées contre les patriotes ; on y voulait faire de chaque section une petite République, et, s'il en était parmi elles qui ne fédéralisaient pas, elles insultaient audacieusement à la loi. L'idée de critiquer les lois "leur avait été inspirée par les conspirateurs; elle est le moyen dont les scélérats voulaient se servir pour faire à la République tous les maux qu'ils méditaient. Les Sociétés sectionnaires formaient une nouvelle section de citoyens, qui se conduisaient par des intérêts par-

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