‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 4)Chapitre 18 sur 187 · V^oir la pièce suivante · texte numérisé non relu

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2. Celte adresse de la Société des Jacobins fut présentée à la Convention, le

27 floréal, par une dépulation des Jacobins conduite par Jullien. Couthon la paraphrasa en un long discours. (Moniteur, t. XX, p. 492.) L'adresse et le discours furent imprimés par ordre de la Convention, sous le titre suivant : Convention nationale. Adresse lue au nom des Jacobins de Paris, par Marc-Antoine Juluen,

136 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [U\ mai 1794]

publique a été vengée par vous. Les ambitieux, les intrigants, les êtres fangeux que nourrissait le crime ont disparu ; la probité, la justice et toutes les vertus ont été mises à Tordre du jour.

Il vous restait encore à donner un grand exemple, et c'était peu pour vous d'avoir détruit quelques conspirateurs, si vous ne détruisiez le germe fécond de toutes les conspirations qui ont existé ou pourraient exister. Vous l'avez fait. Les sinistres clameurs de l'atbéisme se prolongeaient sourdement, l'inquiétude s'emparait des âmes, le blasphème de Brutus était répété par des bouches impures. On voulait anéantir la Divinité, pour anéantir la vertu. La vertu n'était plus qu'un fantôme, et l'Être suprême qu'un vain mensonge, la vie à venir qu'une chimère trompeuse, la mort un abîme sans fin. On était parvenu à obscurcir toutes les idées primitives que la nature a placées dans le cœur de l'homme, on commençait à éteindre tous les sentiments bons et généreux ; la liberté et la patrie ne semblaient plus que des ombres légères dont la vue abusait les regards : lo Convention a proclamé solennellement que le peuple français reconnaît rp]lre suprême et l'immortalité de l'àme.

Oui, le peuple français tout entier se lève pour sanctionner votre décret ; le soleil éclaire ce lever unanime de tout un peuple qui rend hommage à l'existence d'un Dieu. Que les nations esclaves soient la proie du despotisme et de l'erreur: la nation française s'est arrachée au fanatisme et à la servitude ; elle a marché d'un pas ferme entre tous les écueils ; elle s'est dégagée et des mensonges absurdes de la superstition et des sophistiques erreurs de l'athéisme; elle a reconnu la Divinité, la vérité, la vertu.

Citoyens représentants, soyez toujours tels que vous avez paru aux yeux de l'univers, les représentants d'une nation grande et magnanime, d'un peuple qui a voulu que l'immortalité fut l'essence du patriotisme, qui a proclamé que tout ce qui était corrompu est contre-révolutionnaire .

Les échos de l'aristocratie ont osé faire entendre dans les départements que les Jacobins étaient morts, parce que certains hommes qui, trop longtemps, avaient souillé notre enceinte, ont péri sur l'échafaud ; mais ils n'étaient pas vertueux ; ils ne furent jamais Jacobins.

membre de la Commission executive de l'instruclion pub/iqi/e, à lo borre de la Qonvention nationale, dans la séance du 27 floréal. Discours prononcé par le citoi/en Couthon, représentant, du peuple. Imprimés et envoyés aux communes. Sociétés populaires et armées de la République, par ordre de la Convention nationale. Imprimerie nationale, s. d., in-8° de 8 ]). — Bibl. nat.. Lb 38/793.

Les vrais Jacobins sont ceux en qui les vertus privées offrent une garantie sûre des vertus publiques. Les vrais Jacobins sont ceux qui professent hautement les articles qu'on ne doit pas regarder comme dogmes de religion, mais comme sentiments de sociabilité, sans lesquels, dit Jean-Jacques, il est impossible d'être bons ci- j toyens. L'existence de la Divinité, la vie à venir, la sainteté du \y contrat social et des lois, sur ces bases immuables de la morale publique doit s'asseoir notre République une, indivisible et impérissable. Rallions-nous tous autour de ces principes sacrés. On ne peut obliger personne à les croire; mais que celui qui ose dire qu'il ne les croit pas se lève contre le peuple français, le genre humain et la nature !

Les conspirateurs seuls peuvent chercher un asile dans l'anéantissement total de leur être. La vertu a le besoin et la conscience de son existence immortelle. Vous, illustres marlvrs de la cause du peuple, vous ne périrez point tout entiers ; l'immortalité vous réclame. Et vous, tyrans, n'espérez point périr; l'immortalité vous réclame aussi pour punir vos trop longs forfaits.

Telle est, citoyens représentants, la profession de foi des Jacobins de Paris, et, nous osons le dire, des Jacobins de la France.

Ils viennent aujourd'hui, comme ils ont fait dans les grandes circonstances, vous remercier du décret solennel que vous avez rendu; ils viendront s'unir à vous dans la célébration de ce grand jour où la fête à l'Être suprême réunira, de toutes les parties de la France, tous les citoyens vertueux, et leur voix unanime chantera l'hymne à la Divinité et à la vertu, qui doit être le signal de la mort de tous les vices et de toutes les tyrannies *.

PRÉSIDENCE DE VADIER

[La Société d'Avrc-libre*, district de Montdidicr, écrit qu'un Comité s'occupe de Tinstruclion dos enfants. [On applaudit.) — La Société d'Ecully écrit,

1. Cette adresse fut « applaudie à plusieurs reprises » par la Convention, d'après le Moniteur, t. XX, p. 493. On trouvera également dans le Moniteur la réponse <|ui fut faite aux Jacobins par Carnot, qui présidait alors la Convention.

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