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C'était le nom révolutionnaire de la ville de Remiremont

[d7 MAI 1794] SOCIÉTÉ DES JACOBINS 130

malgré son estime pour les membres du Comité de correspondance, il doit leur observer que, « si la correspondance était entretenue comme elle doit rètre, nous ne verrions pas souvent, dans celle des meilleures Sociétés, des absences et des faiblesses d'expression qu'il est impossible de ne pas sentir. » Il demande que le lecteur de la correspondance soit changé chaque décade, afin qu'il ne se fatigue pas trop et puisse remplir mieux sa mission. Il propose que dans la prochaine séance, il soit fait une liste pour composer le Comité de correspondance ; qu'à la séance qui suivra il soit formé de seize membres au scrutin ; que les trois secrétaires soient membres de ce Comité successivement, pendant un mois.]

Le rapporteur du Comité de coi'respondance rend compte de la pétition de la Société de Lodève, dan? laquelle celle Société se plaignait de ce qu'un envoyé des représentants du peuple Milhaud et Soubrany était venu enlever ses registres ; elle demandait que la Société des Jacobins voulût bien attester qu'elle avait toujours professé les bons principes. Le rapporteur, après avoir fait observer que la Société rie Lodéve n'a pas entretenu avec les Jacobins une correspondance suivie, propose de passer à l'ordre du jour, et de renvoyer la lettre au. Comité de salut public. Bentabole demande que la Société suspende sa correspondance avec celle de Lodève jusqu'à ce qu'elle ait reçu de nouveaux éclaircissements de la part des représentants du peuple. Les propositions du rapporteur et de Bentabole sont adoptées.

Un député de la Société de Xanles annonce que cette Société a fait don à la patrie de dix-huit cavaliers jacobins ; il se plaint de ce qu'on a voulu répandre des doutes sur les sentiments des patriotes de cette commune ; et, après quelques observations, il termine en protestant que ses concitoyens qui l'ont envojé ne composeront jamais avec l'opprobre et la tyrannie. — Carrier rappelle qu'à son retour de la Vendée il rendit compte de l'esprit public de Nantes, et qu'il déclara que cette commune était devenue le quartier-général des brigands ; mais il proteste que jamais il n'a voulu inculper les patriotes, mais seulement les négociants avares et contre-révolutionnaires. Il entre dans quelques détails sur la situation où était Nantes lors du fédéralisme, et annonce que les scélérats s'y réfugiaient alors avec sûreté ; il cite le traître Coustard, qui a été saisi dans cette commune, et qui depuis est monté sur l'échafaud ; il rend justice aux patriotes qui ont repoussé vigoureusement des hordes de brigands, et termine en annonçant que le Tribunal révolutionnaire va juger les aristocrates de Nantes, et que déjà il y en a plus de cent qui sont sur le point d'3' paraître.

Legendre rend justice, comme Carrier, au patriotisme des sans-

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culottes ; mais il se plaint de ce qu'ils n'ont élevé aucune réclamation contre la réinstallalion du scélérat Baco , maire, qui a eu l'impudence d'insulter à la Convention en sa présence et dans la personne du député Fayau, à qui il a donné publiquement un démenti. — Carrier fait connaître à la Société un trait de scélératesse de cet individu : il annonce que Baco a eu l'audace de traiter indignement les représentants Gillet et Cavaignac, et de leur dire que, s'ils ne rendaient pas un compte satisfaisant de leur conduite, il les ferait monter à l'échafaud ; il fait part qu'il a dénoncé ce fait à l'accusateur public, et que Baco pourrait bien monter lui-même à l'échafaud. — Quelques auù^es citoyens rendent hommage au patriotisme de la Société de Nantes, dite de Vincent-la-Monlagne.

Les citoyens JuUien, commissaire de l'instruction publique, et Guyot*, député suppléant {sic), sont admis par le scrutin épuratoire.

La Société de la section de la Montagne annonce sa dissolution. {Applaudi.)

[Une dépulaiion de la même section annonce que la Société des Jacobins a été trompée sur son compte; clic déclare qu'elle n'avait i)as été instruite de la demande qui devait être faite par un dos cavaliers qu'elle a fournis à la l)atric, car elle no l'aurait pas tolérée.]

Séance levée à dix heures.

PRÉSIDENCE DE VADIEH

. [On donne lecture d'une lettre dans laquelle le représentant Milliaud raconte les succès de l'armée des Pyrénées-Orientales. — Les citoyens de Reims écrivent pour se plaindre qu'on ait dit et imj)rimé qu'ils avaient été taxés par le représentant Duquosnoy pour avoir refusé d'éteindre un incendie. — Un Secrétaire lit l'arrêté de Duquesnoy, (pii impose les citoyens de Metz, et non ceux de Reims.]

Le rapporteur du Comité de correspondance fait un rapport relatif à la correspondance de la Société des Cordeliers avec les Jacobins ; il en résulte que cette correspondance n'a jamais été bien

1. H n'y avait qu'un seul conventionnel de ce nom, ou à peu près, Florent Guiot, qui n'était pas un suppléant, mais un député en titre de la Côte-d'Or.

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active, et que dans les dernières années elle était presque nulle. Sans présenter aucune conclusion, il invite la Société à décider si la correspondance fraternelle doit être accordée à la Société des Cordeliers.

T ALLiEN. — Le Comité aurait dû faire un rapport général, et examiner la question de savoir s'il peut y avoir dans Paris plusieurs Sociétés populaires, et s'il n"est pas nécessaire que l'opinion ait un point central. Les intrigants s'étaient réfugiés dans les Sociétés particulières, et les factions y ont pris naissance, tandis qu'au contraire une seule Société, qui correspond avec toute la République, qui est la source où l'on va puiser les bons principe? et l'esprit public, doit faire beaucoup de bien cliez un peuple libre. Quant à la Société des Cordeliers, je crois, d'après le rapport et l'exposé des faits, que la correspondance ne peut lui être accordée : mais j'aurais désiré que le rapport fît connaître à la Société si les Cordeliers avaient opéré un changement dans leur sein, s'ils s'étaient épurés, s'il y avait encore parmi eux des partisans de .Momoro, d'Hébert et de Vincent,

Après quelques détails, l'opinant demande l'ajournement de la discussion sur ce sujet. [Adopté.]

Lequinio, qui avait été nommé commissaire avec le citoyen Veau, pour appuyer auprès du Comité de législation les réclamations portées contre un jugement qui condamne à douze années de fers trois citoyens de Saintes, pour avoir commis un délit purement matériel dans la vente du mobilier des biens nationaux, rend compte du succès de sa mission. .\près s'être étendu sur les particularités de cette affaire, il annonce que le Comité va promptement s'intéresser en faveur des trois citoyens dont il s'agit.

Un vétéran national rend grâces, au nom de ses frères les vétérans nationaux invalides, à la vigilance fraternelle de la Société des Jacobins, qui les a tirés de l'esclavage dans lequel ils gémissaient.

Dumas, qui avait été nommé commissaire pour travailler à l'établissement de l'ordre dans la maison des Invalides, prend la parole pour présenter l'exposé des observations qu'il a faites pendant sa mission. Il annonce qu'il a vu dans toutes les parties de 1 administration une désorganisation complète, et qu'il n'y a pas trouvé l'attachement à la Révolution. Partout on trouvait une inégalité offensante, l'esclavage peint sur les visages des malades, des infirmes, des blessés, qui ne savaient pas s'ils vivaient encore sous l'ancien régime. Sur vingt malades âgés de quatre-vingts, quatre-vingt-six, quatre-vingt-huit et même quatre-vingt-dix ans, pas un ne connais-

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sait le nom de citoyen. Ils se plaignaient dans leur détresse de ne pas être aussi bien traités que dans les hôpitaux ordinaires du roi. Les vêtements n'étaient pas fournis à ces malheureux. Des vieillards étaient obligés de rester couchés, parce qu'ils n'avaient pas de culottes, et qu'on ne leur avait donné qu'un lambeau de toile qui n'était pas suffisant pour couvrir la nudité et pour soulager la pudeur. La Convention ayant décrété, sur la proposition faite par le Comité de salut public, qu'il y aurait uniformité de table pour tous les Invalides, officiers ou soldats, tout a été employé pour en empêcher l'exécution. Pour exciter les plaintes des officiers, on a eu la perfidie d'opérer les réductions à l'infirmerie, où elles doivent être plus sensibles qu'ailleurs, et elles n'ont été opérées en aucun autre endroit ; on espérait mettre des entraves à l'exécution de la loi en faisant précisément le contraire de ce qu'avaient voulu la Convention et le Comité de salut public. En remontant à la source de ces maux, les commissaires ont vu l'administration composée d'intrigants, exerçant un pouvoir arbitraire et despotique ; ils se sont aperçus que l'on intriguait jusque sous leurs yeux. Un commissaire des secours publics, qui s'est transporté aux Invalides, a cru devoir proposer au Comité de salut public d'obliger l'administration à rendre ses comptes, et d'organiser à sa place une agence composée d'un petit nombre de personnes; ses vues ont été accueillies, et les comptes vont être rendus. A compter du l^"" prairial, l'ancienne administration sortira de la maison des Invalides. Dumas annonce qu'il a trouvé dans cette maison des citoyens patriotes et remplis d'humanité ; qu'il a vu la reconnaissance sur le front des bons militaires qui l'habitent ; qu'il leur a parlé le langage de la raison, qu'ils y ont applaudi et qu'ils se sont écriés : Vive la République ! avec un enthousiasme digne de la liberté. — Renaudin fait part à la Société que l'administration des Invalides recevait chaque jour deux cents exemplaires de feuilles patriotiques, pour les distribuer aux Invalides. Il déclare que la négligence que les administrateurs ont montrée à cet égard les rend plus coupables encore. Il pense qu'ils devraient être renvoyés à l'accusateur public.

Séance levée à dix heures.

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PRÉSIDENCE DE VADIER

[Une dfiputation des défenseurs de la patrie félicite les Jacobins « de ce qu'ils ont tout réduit au niveau de l'égalité ».]

Les Sociétés des sections Poissonnière, des Lombards, des Champs-Elysées annoncent leur dissolution. {Applaudissements.)

[La Société de Blaye écrit que le 67« bataillon de Saône-et-Loire et 300 hommes du 1"'" bataillon des Hautes-Pyrénées, de séjour à Blaye, s'aperçurent de la pénurie des habitants et partagèrent leurs vivres avec eux. En signe de reconnaissance, la Société de Blaye leur a donné une cravate tricolore pour mettre à leur drapeau. — La Société de Rochefort fait passer un rapport que lui a présenté sa commission des fêtes décadaires. « Les fêtes nationales, y est-il dit, ne sont que l'exposition sensible de la morale. » — Un citoyen, envoyé par la Société populaire de Langres, se plaint des persécutions qu'elle éprouve de la part des intrigants et demande des commissaires pour l'accompagner au Comité de sûreté générale. — Lebourg appuie cette demande. La Société accorde quatre commissaires.]

Collât d'fferbois rend compte de toutes les heureuses nouvelles annoncées aujourd'hui à la Convention nationale. Il les accompagne d'observations judicieuses et politiques, qui obtiennent un assentiment général. Son discours excite des mouvements d'enthousiasme fréquents. Tous les membres et les citoyens présents se lèvent en criant : Vive la République !

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PRÉSIDENCE DE VADIER

[La Société de Bourgoin {Isère) écrit qu'elle a dû faire une guerre ouverte aux royalistes, aux aristocrates, aux égoïstes, aux modérés. — Le ai-

1. Cette séance manque dans le Moniteur. Nous la donnons d'après le Journal de la Montafjne.

iU SOCIÉTÉ J)ES JACOHINS [22 m\i 17041

toyen Guiot, chef au /'■■ bataillon de la Meuse, commandant à Montagne-suv-Mer, se i)laint que des jeunes gens do la première réquisition soient placés dans l'administration des fourrages et y commettent des malversations. — Les sans-culottes de Vimoutiers [Orne) font passer une adresse à la (Convention, dans laquelle ils demandent ([ue liîs grains no puissent être enlevés avant qu'on ait compté les gerbes dans les sillons. — La Société populaire régénérée des sans-culoltes de la. commune de Montpellier^ fait passer copie d'une adresse à la Convention ; elle s'exprime ainsi : « Los ricliesses des conspirateurs les rendent dangereux : il faut donc les sans-culottisor autant qu'il sera |)Ossiblc ; l'or corrupteur conduit à l'esclavage, et c'est sous le chaume que naquirent les héros de la liberté. Mous demandons, citoyens représentants, (pie vous autorisiez notre commune à mettre une tiixe révolutionnaire sur tous les riches aristocrates qui n'ont rien fait pour la liberté, en proportion de leur fortune. Le produit de cette taxe doublement utile sera employé à construire un temple à la Raison, dans le môme lieu où la statue équestre de Louis XIV sem])Iait encore menacer les peuples de son sceptre de fer. » — La section de Guillaume Tell présente cinq cavaliers jacobins qu'elle a offerts à la Convention.

Yeau, faisant fonctions de président, remercie la section. — Les cavaliers jurent de revenir vaincpieurs ou de périr. — Quelques enfants de la même section montent h la tribune ; l'un deux prononce un discours sur les vertus à l'ordre du jour, et sur les honneurs dus à la mémoire de Marat. — Le Président lui répond ainsi : « L'idée sublime de la Divinité et de la -vertu doit entrer dans l'éducation des républicains français. Les progrès de l'âge les développeront un jour à ta raison. Bara et Viala nous sont la ])reuve qu'il n'est point d'âge pour l'héroïsme ; nous te les j)roposons pour modèles. »

— Tous les citoyens présents témoignent par leurs applaudissements la satisfaction qu'ils éprouvent d'avoir entendu les principes républicains professés par la dé])utation et par l'enfant. L'accolade fraternelle est donnée aux cavaliers, à quelques membres de la députation, et aux enfants.

L'agent national du district de Chamhéry, et Chahert, membre de la Société dé cette ville, écrivent pour annoncer les victoires de l'armée d'Italie.

— Xe citoyen Capon écrit de Cabrières, le 19 lloréal, que les campagnes sont chargées d'épis magnifiques : il ajoute que l'armée des Pyrénées a repoussé les Espagnols au-delà de Bellogarde '.

Une députation de la Société popidaire de Melun s'exprime en ces termes : « Notre Société a toujours pris les Jacobins de Paris pour guides, dans la carrière révolutionnaire. Elle s'est toujours empressée de marcher sur les traces d'une Société célèbre par la terreur qu'elle inspire aux despotes et aux conspirateurs.]

La Société de la section du Muséum envoie une députation pour annoncer sa dissolution. [Applaudissements .)

Lk Président, à la députation. — Les patriotes ne veulent que le çalut de la patrie ; toute autre passion leur est étrangère ; la seule

1. A partir d"ici, jusqu'à la hn ilc celle séance, nous avons suivi le Journal de la Montagne.

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réunion à laquelle ils tiennent est cette réunion à la République, à la représentation nationale et à tous les vrais amis de la liberté... En obéissant à l'intérêt public, qui veut l'unité tie principes, l'unité d'action pour le maintien de l'unité de la République que nous avons jurée, vous êtes aujourd'hui plus Jacobins que jamais.

Une députation de la Société des Arcis se présente pour annoncer également sa dissolution.

Le Président. — Plus les citoyens qui avaient formé la Société des Arcis sont purs, et plus l'exemple qu'ils donnent par la cessation de leurs séances est précieux à la patrie. Vous retrouverez dans les Jacobins les amis de tous les bons citoyens, les frères de tous ceux qui veulent avec nous la République une et indivisible, la liberté, l'égalité, la fraternité ou la mort.

[La Société d'Argentan écrit qu'elle a lutté activement contre le fédéralisme de l'Eure et du Calvados.]

La Société révolutionnaire des Amis de la liberté et de l'égalité, séant aux ci-devant Minimes, annonce qu'elle s'est séparée, mais pour être à jamais unie de cœur et d'esprit avec les bons citoyens, lorsqu'il s'agira de dénoncer et de poursuivre les conspirateurs. Elle a arrêté, avant sa dissolution, que les fonds restés en caisse serviraient à l'armement et à l'équipement d'un cavalier jacobin. {Applaudi.)

Le résultat du scrutin donne pour président le citoyen Voulland, député; pour vice-président le citoyen Champertois, et pour secrétaires les citoyens Elie Lacoste, James et Auvray.

La Société admet, par le scrutin épuratoire, les citoyens Domain, Giot, Thurreau, Godefroi, Roulloi et Bon-Enfant.

La section de Mutins Scaevola vient présenter à la Société le cavalier qu'elle a présenté à la Convention. Le Président donne l'accolade fraternelle à Torateur et au cavalier.

Un membre annonce la dissolution de la Société de l'Indivisibilité. {On applaudit.)

[Un citoyen demande communication d'une dénonciation que des « colons blancs « ont envoyée contre lui à la Société. — Sur la proposition de Beniahole, la Société passe à Tordre du jour.]

Séance levée à dix heures.

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