Tome VI
446 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [23 mai 1794]
PRÉSIDENCE DE VOULLAND
[Lecture de la correspondance. — Le citoyen David, aide de rjimp du yénéral Souham, fait passer des détails sur la victoire du 9 tloréal, par laquelle les républicains ont empêché la jonction du duc d'York et de Clcrfayt, sur la rive gauche de la Lys. On applaudil. — La Société populaire de Tours fait passer le procès-verbal d'inauguration de sa nouvelle salle. On y lit que les citoyennes de la commune ont présenté lors de cette inauguration un drapeau où figurait cette inscription : « 11 faut des mœurs pour être à nous ' . )>]
Dans cette séance intéressante, la Société entière, tous les citoyens des tribunes ont accueilli avec attendrissement, ont applaudi avec transport, deux des plus ardents défenseurs des droits du peuple*, auxquels la scélératesse du gouvernement britannique avait désigné une place entre Marat et Le Peletier. Le Dieu des hommes libres veillait sur eux ; l'égide de la Providence leur servait de bouclier : ils ont échappé aux coups des assassins, et partagent d'avance les honneurs décernés par la nation française aux martyrs de la liberté, sans que le peuple ait à verser des pleurs sur leur urne funèbre. A leur entrée dans la salle des séances, tous les yeux sont fixés sur ces hommes précieux, tous les cœurs s'élancent à la fois ; les acclamations de la joie la plus vive leur prouvent le haut degré d'intérêt qu'ils inspirent. Les dangers qu'ils ont courus les rendent encore plus chers à leurs concitoyens. La séance est consacrée aux détails de cet événement.
Collot d'Herbois, Robespierre, plusieurs autres orateurs parlent successivement, et c'est de ces différents discours dont nous allons rendre compte, par ordre ^.
GoLLOT d'Herbois. — Du sein de cette émotion tout à la fois douce
\. La lecture de la correspondance est extraite du compte rendu du Journal de la Montagne. Pour le reste de la séance, nous suivons le Moniteur.
2. Il s"agit de Collot d'Herbois et de Robespierre, que Ladniiral avait essayé de tuer. 11 n'avait pu rencontrer le premier; il avait tiré sur le second deux coups de pistolet, et l'avait manqué le soir du 3 prairial. Le 4, une jeune fdle nommée Cécile Renaud fut arrêtée au moment où elle cherchait à pénétrer auprès de Robespierre, mimie de deux petits couteaux.