‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 4)Chapitre 23 sur 187 · PRÉSIDENCE DE FOUCHÉ · texte numérisé non relu

PRÉSIDENCE DE FOUCHÉ

[La Société de Vienne (Isère) mande qu'elle destine une épée au premier soldat de la liberté qui entrera en vainqueur dans une ville occupée par les despotes. — L'agent national de la commune de Bordeaux écrit qu' « une municipalité montagnarde a été nommée par les représentants du peuple à Bordeaux et a pns la place de l'ancienne municipalité toute composée d" « honnêtes gens dont on a fait bonne justice ». La nouvelle municipalité, secondée par Ysabeau et Tallicn, a fait exécuter « le fortuné décret qui abolit l'indigence ». Elle a fait établir un hospice, qui renferme déjà 3aO mendiants, et elle a donné aux mendiants étrangers des secours pour retourner dans leurs communes respectives. Les frais ont été entièrement payés par les riches, « qu'on grève d'utiles amendes », et par les souscriptions volontaires des citoyens de Bordeaux. — Les officiers, sous-officiers et cavaliers du 24« régiment de chasseurs annoncent qu'ils offrent aux malades de la commune où ils se trouvent 1,144 rations de viande. Cette générosité excite de vifs transports d'admiration. — La Société populaire de Marseille demande que les républicains <( environnent la sainte Montagne et respectent le Comité de salut public, âme et centre de notre gouvernement ». — La Société de Champlitte (Haute-Saône) informe ses frères de Paris qu'elle forge avec la j)lus grande activité les foudres qui vont écraser tous les tyrans. — Un député de la Société populaire de la Flèche invite les Jacobins à s'intéresser à la pétition que ses concitoyens ont envoyée à la Convention pour obtenir l'établissement dune maison nationale d'éducation au lieu et place du fameux collège qui existait dans cette commune. Renvoyé au Comité de correspondance. — Une députation de la section de La Réunion présente deux cavaliers jacobins.

Grosler, membre du Comité révolutionnaire de la section de l'Indivisibilité, se présente pour être épuré. — Une citoyenne des tribunes lui reproche

1. Cette séance manque dans le Moniteur. Nous la résumons d'après le Journal de la Montagne.

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sa conduite vis-à-vis de plusieurs citoyennes, qui attendaient jjaisiblenicnt des denrées. — Une discussion s'engage, au cours de laquelle plusieurs citoyens déclarent qu'ils viennent d'entendre Grosler dire que, dès demain, il ferait enfermer sa dénonciatrice.

Une profonde indignation se manifeste dans la salle. Un citoyen fait observer « que les autorités révolutionnaires n'ont été créées que pour mettre les patriotes à l'abri de toute vexation, de toute injustice; que par conséquent les membres de ces autorités sont doublement coupables, quand ils s'oublient au point d'être les oppresseurs de ces mêmes patriotes ». Il demande la radiation de Grosler. — Grosler nie le i)ropos, fait valoir sa blessure à la Bastille et sa conduite pendant la Révolution. Il demande à être traduit devant le Comité de sûreté générale pour donner des explications. — Après quelques débats, Grosler est exclu et envoyé au Comité de sûreté générale.

Le citoyeji Desmoulins, arrivant du Palatinat où il avait été envoyé par le gouvernement, rapporte que les Français ont entièrement évacué ce pays mais en emmenant avec eux toutes les munitions de bouche, tous les fourrages. Il demande à être épuré, attendu qu'il part pour une nouvelle mission. Il est reçu, à la commune satisfaction. — Les citoyens Oze, Barthélémy et Bouret sont également admis. 1

PRÉSIDENCE DE FOUCUÉ

[La Société de Puy-Laurens (Tarn) demande l'affiliation. — Betttubole, qui a parcouru ce département, appuie la demande, en disant que celte Société, seule avec celle de Lavaur, a arrêté les elVorts du fédéralisme dont plusieurs Sociétés voisines, notamment celle de Castres, étaient alors infestées, à l'exemple de Bordeaux. — Vivier demande que le Comité de correspondance soit chargé de prendre des informations et de faire un proinpt rapport sur toutes les Sociétés qui se trouvent dans le cas de celle de Puy-Laurens. Adopté. — Un député de la Société de Fécamp, annonce qu'il a été envoyé pour témoigner à la Convention l'horreur que la Société de Fécamp a ressentie à la nouvelle de la tentative d'assassinat faite contre Collot d'Herboiset pour féliciter le brave Gellroy. — La Société de Cosne-sur-Loire « jure qu'elle n'a pas cessé un seul instant de faire une guerre mortelle au monstre de l'aristocratie. » — Une députation de la Société d'Ecouis (Eure) se plaint d'une persécution exercée contre elle par une nouvelle Société, composée de parents et d'amis de détenus, et soutenue i)ar Baillif, commissaire pour les subsistances. — Carrier atteste que le citoyen Baillif s'est montré très pa-

1. Celte séance est omise par le Moniteur: elle est donnée sans date, par le Journal de lu Montafjne. Nous la résumons d"après ce journal, en empruntant la date à la Feuille de lu République.

triotc dans la lutte contre les fédéralistes de l'Eure et du Calvados. — Leijendre dit que, pendant sa mission dans l'Eure, il trouva à Ecouis deux Soiciétés, Tune composée de sans-culottes peu fortunés, l'autre d'aristocrates, parmi lesquels le notaire et le maître de postes. Ces derniers censurèrent l'agent national à cause de la chaleur de son patriotisme. Les sans-culottes, malgré les recommandations de Legendre, ne prirent pas d'activés mesures contre les aristocrates, et ceux-ci en profitent pour intriguer à Paris et perdre les patriotes. Legendre atteste le i)atriotisme de Baillif, et demande le renvoi de l'afl'aire au Comité des défenseurs officieux. — Un membre appuie cette proposition. — Lequinht trouve qu'elle est insuffisante. Il déclare qu'il a vu, lors de sa mission en Charente-Inférieure, les aristocrates former des rassemblements sous le nom de Sociétés populaires, mais que son collègue et lui ont interdit toutes les Sociétés autres que celles qui délibéraient en public. Il demande que les Jacobins présentent une adresse à la Convention pour l'inviter à interdire la formation, jusqu'à la paix, de toute Société nouvelle dans les communes.

Carrier demande le renvoi de la pétition aux défenseurs officieux et l'ajournement de la discussion sur la proposition de Lequinio. — Giot dit que cette proposition est contraire à la liberté qu'ont les citoyens de se rassembler pour s'instruire. Il demande que la pétition soit renvoyée au Comité de sûreté générale, comme la dénonciation. — Dumas résume la discussion. Il convient que tout citoyen a le droit de se réunir à ses concitoyens en Société, mais il observe qu'il faut distinguer avec attention les véritables Sociétés populaires, dont le grand nombre afl'ermit la liberté, d'avec les rassemblements aristocratiques, composés des valets des chanoines, prêtres et ex-nobles. II déclare qu'il est plus que jamais nécessaire de prendre toutes les mesures pour que les malintentionnés ne puissent trouver un point de ralliement dans aucun endroit sans y trouver en même temps un bon nombre de patriotes pour les attaquer, les combattre et les terrasser. — La Société renvoie la pétition des citoyens d'Ecouis au Comité de sûreté générale. Elle ajourne la discussion sur la motion de Lequinio.]

PRÉSIDENCE DE FOUCIIÉ

Un grand nombre de Sociétés s'empressent de témoigner toute l'horreur dont les a pénétrées la nouvelle de Tatlentat médité contre Robespierre et commis sur Gollot d'Herbois.

[L'adresse des républicains d'Issoire déclare que la commune de leur dis-

1. Cette séance manque dans le Moniteur. Nous la reproduisons d'après le Journal de la Montagne.

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trict, dont Ladmiral se dit natif, n'existe pas, et que « ce monstre n'est qu'un infâme imposteur, à qui l'Angleterre seule a donné le jour ». — Une députation de la Société d'Agen se plaint qu'un citoyen de cette commune, employé aux subsistances de l'armée de l'Ouest, et soupçonné de détournements, ait été arrêté par le Comité de surveillance de Niort ot plongé dans un cachot, où il est mort de privations. I.e Comité de Niort n'a pas observé un arrêté des représentants Hentz et Francastel, qui lui ordonnait de prononcer dans le plus bref délai sur les motifs de l'arrestation. Une indignation générale se manifeste. La Société nomme deux commissaires pour accompagner la députation au Comité de salut public. — La Société régénérée de Chambéry fait passer la coi)ic d'une adresse qu'elle envoie aux Piémontais pour les inviter à briser leurs fers. [Applaudi.) — Leyendre annonce que la déi)ulalion de la Société d*Ecouis a été arrêtée par ordre du Comité de sûreté générale. Il invite Carrier et Louchet, qui ont parlé en faveur des députés d'Ecouis, à se rendre avec lui au Comité de sûreté générale, pour donner des renseignements sur cette aiïaire.]

Les citoyens Bacque, Belle, Pierre -Etienne Ghénier, Dionis, Desfossés, Charvau, Desmarlin et Leclerc sont admis, après avoir subi le scrutin épuratoire.

Le citoyen Bu fort s'y présente. — Le Président lui demande s'il n'a jamais signé de pétition anti-civique. Il répond qu'il a signé celle des huit mille, mais que le lendemain il fut retirer sa signature, qui lui avait été surprise.

Un citoyen se lève et dit que Dufort a été membre de la Commune du 10 août ; que, par conséquent, il est en réquisition pour rendre ses comptes, et ce, d'après l'arrêté du Comité de salut public. « Ce matin, ajoute l'opinant, les comptables se sont rassemblés; Dufort ne s'est point trouvé parmi eux; je demande en conséquence l'ajournement de son admission jusqu'à l'entier apurement de ses comptes. — Dufort répond qu'ils sont rendus depuis quinze mois, et qu'ainsi il n'avait pas besoin de se rendre ce matin à l'assemblée convoquée. — Le préopinant insiste, et soutient que les comptes ne sont pas rendus.

[Dumas déclare que ce point importe peu, mais qu'un homme qui s'est laissé entraîner à signer une pétition contre-révolutionnaire doit être exclu du sein de la Société.]

Un membre observe qu'il existe un arrêté formel contre tous les signataires de pétitions anti-républicaines et inciviques, et que Dufort est exclu par le dispositif de cet arrêté. Le nom de ce membre est rayé, en vertu de l'arrêté qui prononce son expulsion.

Séance levée à dix heures.

[Il JUIN 1704 SOCIÉTÉ DES JACOBLNS 171

SÉANCE DU 23 PRAIRIAL AN II (il JUIN 1794)

PRESIDENCE DE FOUCIIÉ

Après la lecture de la correspondance, on procède au scrutin épuratoire. Les citoyens André Dumont et Javogues, députés, qui le subissent, sont admis.

[Une députalion de la Société de Bourbonne-les-Eaux, affiliée, se présente pour resserrer les liens civiques et fraternels qui l'unissent aux Jacobins, dont elle jure de ne jamais abandonner les traces et les principes. Cette Société prie celle de Paris d'interposer ses bons offices auprès du Comité de sûreté générale en faveur du maire de la commune de Bourbonne, père de neuf enfants, et persécuté par la malveillance. Elle termine par dire qu'elle attend de jour en jour de nouvelles pièces, et que, dès l'instant qu'elle les aura reçues, elle communiquera de plus amples détails sur cette affaire. — La Société des Amis de la République «ye et indivisible présente le cavalier jacobin qu'elle a présenté le matin à la Convention; l'assemblée aj)plaudit à cette offre.]

tne députalion de la Société de Xevers se présente à la tribune pour repousser des inculpations dirigées contre elle. Après avoir fait l'énuméralion des services rendus à la chose publique par la Société qui l'envoie, l'orateur annonce que les patriotes ont l'âme navrée et comprimée à Nevers, en raison des persécutions atroces dont ils sont chaque jour les malheureuses victimes.

« Votre Société, répond le président, mérite des reproches sévères. S'il est vrai de dire que le souffle impur de Ghaumette n*a pu y exercer sa funeste influence pendant son séjour à Nevers, il parait au moins certain que Tombre de ce conspirateur y plane aujourd'hui. Des hommes suspects, incarcérés, ont été mis en liberté, et votre Société n'a fait aucune réclamation ; des patriotes ardents et purs, de vrais sans-culottes, ont été calomniés par des gens de loi fédéralistes, et votre Société a gardé le silence. Enfin sa correspondance est insignifiante, elle est nulle. Comme les Jacobins ne savent déguiser aucune vérité, je me fais un devoir, en leur nom, de relever quelques idées fausses et bien faibles que vous venez d'exprimer. Les patriotes, dites-vous, ont l'âme comprimée en ce moment à Nevers. Citoyens, jamais les cœurs forts ne peuvent être comprimés ; les républicains savent mourir pour la vérité comme pour la liberté, et

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le perfide qui vous dit qu'il n'est pas libre de manifester sa pensée est un lâche ; le crime est dans son cœur, il se plaint de ne pouvoir le produire. Vous nous donnez, comme une preuve de votre opposition aux maximes des conspirateurs, la fête que vous préparez à l'Être suprême ; mais vous ne faites, en cela, qu'obéir à l'impulsion donnée à toute la nature. Ajoutez à cet élan naturel la force et le courage de vous dévouer à la défense des patriotes et à l'anéantissement de leurs oppresseurs ; exercez les vertus démocratiques. Brutus rendit un hommage digne de l'Etre suprême en enfonçant le fer dans le' cœur de celui qui conspirait contre la liberté de su patrie. »

« J'ignore, dit aussitôt Robespierre, si la Société a compris quel est le motif et l'objet de la démarche des membres de la Société de Nevers ; je demande si la réponse du président peut nous éclairer sur ce point. Pour moi, je vous assure que je n'y comprends rien. Si le président connaît tout ce qui tient à l'affaire de Nevers, il est de son devoir de s'expliquer. Tout le monde sait que Nevers a été un des principaux foyers des conspirations ourdies par Cbaumette, de concert avec les partisans de la faction de l'étranger. On doit se rappeler qu'il abandonna son poste d'agent national près la Commune de Paris, où il paraissait jouer un grand rôle, pour aller, sous un prétexte frivole, comploter dans la commune de Nevers : il est important qu'on nous instruise de ce qu'on a pu découvrir dans un pareil voyage. Je demande que le président nous explique sa réponse, et nous dise franchement ce qu'il pense. »

Fouché prend la parole pour donner des éclaircissements ; il annonce qu'étant représentant du peuple dans le département de la Nièvre, à l'époque où le scélérat Chaumette arriva à Nevers sous prétexte d'y venir prendre l'air natal, il n'entendit sortir de sa bouche aucune expression contre-révolutionnaire ; qu'il ne l'a jamais vu qu'en public ; que, la Société populaire croyant ce Chaumette un zélé défenseur de la liberté, elle l'accueillit sans difficulté comme sans défiance. Fouché pense que cet homme immoral dissimula, parce qu'il vit les autorités constituées fortement attachées aux bons principes, et qu'il conspira dans le secret ; qu'il revint ensuite à Paris pour y continuer son exécrable métier d'assassin de toute morale publique et particulière. Quant à la députation qui vient d'être entendue, Fouché déclare que, la Société de Nevers ayant été indirectement attaquée, elle envoie une députation de ses membres pour répondre aux imputations qui lui sont faites ; qu'il fut un temps où des personnes suspectes, arrêtées, relâchées depuis, et enfin de nou-

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veau incarcérées, sont parvenues à obtenir un arrêté contre les patriotes. « Voilà, dit-il, tout ce que je sais ; j'ai fait des reproches à la députation sur la faiblesse des lettres écrites par la Société de Nevers, et sur l'insignifiance de sa correspondance. La députation m'a présenté son adresse en entrant, et c'est sur elle que j'ai calqué ma réponse. »

Robespierre s'étonne de ce que le président et la députation ne disent que des choses insignifiantes, qui ne peuvent éclairer la Société. Il déclare que, Chaumette ayant tramé ses complots à Nevers, il n'est pas possible que ni le représentant, ni la Société populaire n'aient eu connaissance de quelques-unes des manœuvres qu'il employait. Il rappelle que, dans le moment où la Convention prit une décision vigoureuse contre la trame infernale de Chaumette, la Société de Nevers envoya à la Convention une adresse dans laquelle le décret était blâmé.

Fouché fait observer que celte adresse n'est pas celle de la Société de Nevers, mais celle de Moulins.

Robespierre répond que cette dernière est voisine de l'autre, que toutes deux correspondaient entre elles, et que les lumières devaient être les mêmes ; il continue par soutenir que la Société n'est point instruite par les détails qu'on vient de lui donner, et qu'on n'a pas assez caractérisé les hommes qu'on appelle patriotes, et ceux que l'on annonce comme des aristocrates triomphants.

11 est surpris d'entendre des félicitations sur le décret rendu hier mêlées aux observations présentées par la Société de Nevers, comme si cette Société pouvait avoir connaissance de ce décret. Ce n'est pas aux phrases, comme il l'observe, mais à la conduite et aux faits qu'il faut juger les hommes. Au lieu de s'arrêter au langage delà députation, il faut demander à la Société de Nevers si elle a combattu Chaumette et déjoué ses horribles complots. Très souvent les plus grands ennemis du peuple se servent d'expressions républicaines pour mieux tromper les citoyens sans défiance. « Il ne s'agit pas, dit-il, de jeter à présent de la boue sur la tombe de Chaumette, lorsque ce monstre a péri sur l'échafaud ; il fallait lui livrer combat avant sa mort. Depuis longtemps on a fait le mal tout en parlant le langage des républicains : tel vomit aujourd'hui des imprécations contre Danton, qui naguère encore était son complice. Il en est d'autres qui paraissent tout de feu pour défendre le Comité de salut public, et qui aiguisent contre lui les poignards. Les ennemis de la liberté ont conservé la même audace ; ils n'ont pas changé de système ; ils ne veulent point paraître se séparer des patriotes ; ils les

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jouent et les flattent ; il leur échappe même des imprécations vagues contre les tyrans, et ils conspirent pour leur cause ! C'est aux conspirateurs leurs amis qu'ils donnent le nom de patriotes, et ce sont ces derniers qu'ils désignent par la dénomination d'aristocrates. Ils n'entourent le Comité de salut public et les représentants du peuple que pour intriguer auprès d'euX; les égarer et anéantir ainsi la Révolution.

« Il existe encore deux partis dans la République : d'un côté, le patriotisme et la probité ; de l'autre, l'esprit contre-révolutionnaire, la friponnerie et l'improbilé, qui s'acharnent à la ruine des empires et à la perle du genre humain. Patriotes, vous qui, dans la carrière de la Révolution, n'avez cherché que le bien public, vous qui n'y avez pas été jetés pour servir une faction criminelle, soyez plus que jamais sur vos gardes ; les hommes pervers emploient tous les sacrifices {sic) imaginables pour anéantir la Convention et égorger en détail les défenseurs de la patrie. Ne vous endormez point dans une fausse sécurité; n'abandonnez pas la Convention et le gouvernement dont elle est le centre ; que des voix courageuses s'élèvent pour faire connaître la vérité ; étouffez les clameurs des intrigants qui nous entourent journellement, qui changent le patriotisme en aristocratie, et réciproquement l'aristocratie en patriotisme. Ne vous lassez pas de nous instruire ; soyez assurés que le vœu de nous sacrifier pour tous les patriotes est toujours profondément gravé dans nos cœurs ; que nous sommes résolus de défendre de tout notre pouvoir la vertu persécutée, et de combattre avec force et constance les ennemis de la liberté et du patriotisme. Tel est le vœu que j'adresse, de la part des représentants, aux patriotes opprimés ; il n'est pas naturel que nous restions indifférents sur leur compte : la première des vertus républicaines est de veiller pour l'innocence. Patriotes purs, on vous fait une guerre à mort; sauvez-vous, sauvez avec vous tous les amis de la liberté l » {Ce discours est suivi des plus vifs applaudissements.)

Fouché fait observer qu'il n'a point voulu reprocher à la Société de Nevers de n'avoir pas dénoncé Chaumette ; cette Société ne le connaissait pas pour un conspirateur ; elle n'eût pas manqué de l'accuser hautement, si elle l'eût connu pour tel.

Le citoyen Raisson instruit la Société que les réclamations arrivent en foule au Comité de correspondance sur les arrestations de prétendus patriotes ; les Sociétés qui étaient détestables avant le 31 mai prétendent aujourd'hui avoir défendu les principes contre les efforts des fédéralistes, et protestent de leur constante énergie. Il invite les Jacobins à être fort circonspects sur les réclamations de toutes les

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Sociétés, et à ne pas s'empresser de prendre une part active aux dénonciations qu'elles font contre des arrestations de patriotes supposés. « Car, ajoute-t-il, cette conduite de leur part peut fort bien n'avoir d'autre but que de calomnier les mesures du gouvernement actuel. »

Un membre appuie les observations du préopinant, en disant qu'il a la preuve en main de leur solidité. Il dépose sur le bureau une dénonciation très grave, relative à une adresse envoyée par la Société de Langres, et il termine par dire que le maire de cette commune, dont elle réclamait la liberté comme d'un patriote opprimé, est accusé d'avoir voulu effrayer le peuple en lui peignant la famine prête à fondre sur lui. La Société ordonne le renvoi de ces pièces au Comité de sûreté générale.

Robespierre. — Je pense, comme les préopinants, qu'il y a des Sociétés trompées, mais je suis loin de croire que les réclamations faites en public soient des injures adressées au gouvernement. Comme il peut arriver qu'il soit induit en erreur par des intrigants, il est nécessaire que les patriotes se fassent entendre pour confondre les imposteurs. L'intrigue peut être facilement dévoilée à cette tribune, et la Société peut faire parvenir sans difficulté des réclamations aux Comités de salut public et de sûreté générale. Les circonstances où nous sommes sont difficiles ; c'est la bonne foi des patriotes, ce sont leurs secours et leurs lumières, qui peuvent seuls sauver la chose publique.

L'orateur termine en ajoutant un fait à ce qu'il a dit sur la Société de Nevers : ce fait est qu'à Nevers le système de Chaumette a été proclamé avec impudeur, que le décret qui ordonne la célébration d'une fête à l'Être suprême a été foulé aux pieds, et qu'en recevant la nouvelle de cet événement, qui a sauvé la liberté en la mettant sous la sauvegarde de la probité, on y a dit : « La Convention a été trompée par le Comité de salut public, par des modérés ; pour nous, ne changeons pas de conduite et de sentiments, et professons toujours les mêmes principes. » Alors on a continué de prêcher l'athéisme. — L'indignation dont Robespierre lui-même était pénétré en disant ces derniers mots passe dans tous les cœurs, et elle éclate par de violents murmures.

La séance se termine par l'admission du citoyen Bailli, après l'épreuve du scrutin épuratoire.

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PRÉSIDENCE DE FOUCllK

[La Société de Bergerac mande que la manufaclure (rarines établie dans cette commune est en j)leine activité. Cette Société fait l'éloge du zèle du citoyen Lakanal, représentant du peuple. — Un vieillard de la commune de Marat-la- Forêt (Nièvre) écrit à ses frères de Paris qu'il rend grâce à l'Etre suprême de lui avoir prolongé assez longtemps le jour ])Our voir une représentation nationale proclamant majestueusement, au nom du pcu})le français, les vérités les j)lus grandes et les plus sublimes ! — Une drputation de In section de Châtier présente deux cavaliers jacobins.]

Raisson, au nom du Comité de correspondance. — « Les patriotes ont été vivement affligés de ce qui s'est passé dans la Convention, à la séance du 24 '. Ils ont senti qu'ils étaient tenus, plus que jamais, d'inviter la Société des Jacobins à redoubler de surveillance sur la conduite de ses membres. Il a semblé au Comité de correspondance que cette sévérité devait particulièrement concerner les citoyens qui le composent. Nous devons tous être purs, et les membres du Comité de correspondance doivent être plus purs que le jour. Il me charge en conséquence de vous présenter l'arrêté qui suit : « Le Comité de correspondance, considérant que, dans la séance du 24, les inculpations les plus graves ont été faites contre ïallien, qui ne s'est pas disculpé ; qu'il n'a point paru hier ni aujourd'hui au Comité ; arrête qu'il ne communiquera plus avec lui jusqu'à ce qu'il se soit entièrement disculpé à la tribune de la Société. » — Giot demande l'adoption et la transcriptidïi de cet arrêté au procès-verbal. [Adopté.)

Un citoyen, député de Troyes^ fait lecture à la tribune d'une péti-

i. Celte séance avait été très afiitée, parce que, la veille, plusieurs députés avaient décidé la majorité de la Convention à proclamer que les représentants ne pourraient être mis en accusation que par l'assemblée, tandis que le décret du 22 prairial, rendu sur la proposition de Couthon, accordait implicitement ce droit aux Comités de salut public et de sûreté générale. Le 24, Robespierre et Couthon attaquèrent vivement les députés qui avaient provoqué le vote du 23, j^articulièrenient Bourdon (de TOise). Robespierre prit ensuite à partie Tallien, qu'il accusa d'être « un de ceux qui parlent sans cesse avec effroi et publiquement de guillotine comme d'une chose qui les regarde, pour avilir et pour troubler la Convention nationale ». Moniteur, t. XX, p. 714. On a déjà vu Robespierre, dans la séance précédente des Jacobins, commencer à jeter des soupçons sur la conduite de Fouché, qu'il attaquera bientôt ouvertement.

tion dans laquelle il annonce que l'oppression contre les patriotes de cette commune est à l'ordre du jour; beaucoup d'individus, que la Société a cru devoir rejeter de son sein, et soutenus par Rousselin, sont à la tête des oppresseurs. Leur faction existe depuis plus de six mois; et Danton, le perfide Danton, l'appuyait de tout son crédit liberticide. « Rousselin, dit-il, est le premier auteur de tous nos maux ; c'est un intrigant qui a rempli les administrations et les Sociétés populaires de ses créatures ; c'est lui qui leur apprit à discréditer le gouvernement révolutionnaire et ù le mépriser. Je déclare que c'est lui qui a dicté les mesures oppressives sous lesquelles gémissent les patriotes ; quarante citoyens, depuis six mois, ont été arrachés à leurs familles et plongés dans les fers, pour avoir eu le courage de le dénoncer, lui et ses complices. Le croirez-vous, citoyens? Malgré le tableau révoltant que je viens de vous présenter des procédés criminels de Rousselin, cet homme vient d'obtenir un certificat de bonne conduite de la Société de Troyes. » L'orateur termine ses observations par la demande de deux défenseurs officieux.

Sur la demande du citoyen Gouly, la Société nomme deux commissaires pour accompagner le pétitionnaire au Comité de salut pubhc.

Le citoyen Rousseau, rédacteur du Journal de la Montagne et archiviste de la Société, lui demande d'autoriser son Comité d'administration à faire faire de nouvelles dispositions que, de concert avec le rédacteur, il jugera les plus utiles à l'administration, à la composition et au succès de cet ouvrage périodique. La demande du citoyen Rousseau est adoptée, et la Société autorise son Comité d'administration à faire faire ce qu'il estimera indispensable pour l'amélioration de son journal, qui doit devenir un des plus purs flambeaux de l'esprit public '.

[Dumas, qui avait été nommé commissaire pour examiner les réclamations des citoyennes nourrices des enfants de la patrie, rend compte des observations qu'il a faites dans cette maison, où il s'est transporté ; il y a distingué deux sortes de personnes employées à l'éducation physique des enfants : les unes sont nourrices, les autres sevreuses, et toutes deux sont également malheureuses, attendu qu'il n'existe, dit-il, aucun principe d'humanité dans cette administration. Les nourrices manquent du nécessaire. Elles sont nourries très mal et d'une façon insuffisante. Dumas demande que la Société nomme des commissaires pour porter plainte aux Comités de salut public et de sûreté générale. {Arrêté.)]

Le citoyen Perrin-Derval se présente au scrutin épuratoire. —

1. Le passsige relatif à T. Rousseau est extrait du Journal de la Montagne. Tome VI. 12

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Taschereau apprend à la Société que ce membre est une victime de l'aristocratie, qu'il a été chargé de fers, jeté au fond des cachots, et qu'il n'en a pas moins toujours été un patriote brûlant : il appuie son épuration. Le citoyen Perrin-Derval est admis, ainsi que les citoyens Ravet, Glize et Bourg.

CouTHON. — L'ombre des Danton, des Hébert et des Ghaumette se promène encore parmi nous ; elle cherche à perpétuer les maux affreux que nous ont déjà faits ces conspirateurs. Ce qui s'est passé dans la séance du 24 en est un exemple frappant. La faction de l'étranger s'agite en tout sens : tantôt elle produit sur la scène les alarmistes, tantôt les intrigants ; ici ce sont d'autres agents qu'elle a chargés de diviser les autorités constituées et le gouvernement qui en est le centre. La République a placé toute sa confiance dans la Convention ; elle la mérite ; jamais elle ne cessera de la mériter ; mais il existe encore dans son sein quelques mauvais esprits qui tentent de faire naître des divisions funestes parmi les représentants du peuple, en peignant à ses yeux les Comités de salut public et de sûreté générale sous les traits affreux des Sylla et des Néron. 11 en est qui délibèrent en secret, qui forment des listes de proscription, et qui s'attachent à égarer les citoyens auxquels ils inspirent des craintes.

Le temps est venu où les traîtres et les scélérats doivent être démasqués et punis. Heureusement leur nombre est petit ; peut-être n'est-il que de quatre ou de six. On faisait courir, il y a peu de jours, que les Comités devaient faire arrêter dix-huit membres de la , Convention ; déjà même on les nommait. Ceux qui faisaient courir ces bruits sont des complices d'Hébert et de Danton ; ils craignent la punition de leur conduite criminelle ; ils cherchent à s'accoler à des gens purs, dans l'espoir que, cachés derrière eux, ils pourront aisément échapper à l'œil de la justice. Que les hommes de bien de la Convention se défient de ces insinuations atroces, et qu'ils ne perdent pas un moment de vue que leurs collègues des Comités de salut public et de sûreté générale veulent le bonheur de la patrie, la République entière ou la mort. La Convention et les Comités abhorrent le crime; ils veulent qu'il soit sévèrement puni; les hommes purs n'ont rien à craindre, mais ceux qui tremblent ont eux-mêmes porté leur jugement.

Ce système abominable de division se propage sur quelques points de la République ; des scélérats s'insinuent auprès des hommes probes, en leur disant : « Pendant qu'Hébert, Danton et Chaumette vivaient, vous avez agi dans leur sens, persuadés que vous agissiez

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pour le bien de la République ; la Convention et les Comités ne vous tiendront pas compte de votre bonne intention; vous serez punis, comme Hébert et Danton, pour avoir donné dans les mêmes erreurs, bien que vous fussiez alors éloignés d'eux de deux cents lieues. » Les scélérats prendront à la lettre toutes ces choses, qui ne sont avancées que pour diviser et désespérer les patriotes intacts et favoriser les assassins; les monstres se serviront de ce prétexte pour consommer leurs forfaits en se vantant de sauver ainsi la patrie.

Couthon instruit la Société de l'arrestation d'un nouveau Ladmiral, qui trouvait étrange que les jours de Robespierre fussent conservés, et qui disait hautement qu'il fallait exterminer le gouvernement actuel. En rapprochant ce fait de ce qui s'est passé à la Convention le 24, il conclut qu'il faudrait être dépourvu de tout sens pour ne pas apercevoir qu'il existe réellement une nouvelle conspiration pour détruire le gouvernement révolutionnaire et la République.

« Ce n'est pas pour nous, continue-t-il, que je parle ; notre existence est peu de chose en comparaison de la chose publique, qu'il faut sauver, et que nous sauverons au péril de notre vie. Pitt a encore ici une multitude d'agents, dont les uns sont chargés de corrompre, les autres de poignarder, les autres enfin de diviser et d'épouvanter, en disant que le Comité veut usurper les pouvoirs et opérer le plus grand dre tous les malheurs. Oui, citoyens, si le Comité oubliait qu'il est l'enfant de la Convention, et qu'il lui est subordonné ; si la Convention ne formait plus une seule et même chose avec lui, la République serait perdue. Les tyrans, qui se voient anéantis, emploient leurs dernières ressources, sinon pour perdre la liberté, car elle est impérissable, mais pour retarder un moment leur défaite. A en croire les calomniateurs, il semble que nous n'aurions plus d'amis affectionnés, on s'imaginerait que nous sommes isolés de tous les hommes. Nous avons pour amis intimes tous les patriotes ; nous les connaissons, nous les défendrons, nous sauverons avec eux la patrie et la liberté! Jacobins, vous n'aurez pas besoin de faire de grands efforts; le peuple l'aime, cette liberté; sa volonté sera accomplie. Nous n'avons besoin que de votre surveillance et de votre union. Que les méchants tombent, qu'ils périssent! Que les bons restent unis comme des frères ! Livrons un combat à mort aux ennemis de la Révolution, et ne nous reposons que quand la Révolution sera entièrement achevée. Je demande que les membres de la Société, les citoyens des tribunes et tous les patriotes surveillent plus que jamais les scélérats qui veulent perdre la chose publique.

180 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [14 juin 1794]

[Ce discours est accueilli par les plus vifs applaudissements et par les cris de : « Vive la République ! » qui, à plusieurs reprises^ retentissent d'un bout de la salle à.Vautre.)

Séance levée à dix heures.

PRÉSIDENCE DE FOUCIIÉ

[La Société populaire de Montpellier écrit pour annoncer qu'elle a célébré la fête du 31 mai.

Renaudin se plaint que Bernascon, intrigant italien étroitement lié avec Moulin, qui demande 1,800 livres à Chalier pour le défendre, ose demander l'appui des Jacobins pour avoir une j)laco. Il propose l'ordre du jour pur et simple. — Dumas dit que tout homme qui ])rend la défense d'un individu mis hors la loi se met lui-même hors la loi. Il demande que la Société nomme des commissaires pour appeler la surveillance du Comité de sûreté générale sur Bernascon. — Renaudin appuie la proposition, qui est adoptée. Renaudin et Dumas sont nommés commissaires.

Vadier fait lecture du rapport qu'il a présenté k la Convention dans la séance d'hier. La Société arrête que ce rap|)ort sera imprimé et distribué aux citoyens des tribunes. — Sur la demande de la Société, Barère fait part des nouvelles victoires remportées par nos troupes. On applaudit avec enthousiasme.]

PRÉSIDENCE DE FOUCUÉ

La Société de Marseillan écrit pour demander l'affiliation. — Un citoyen s'oppose à l'exécution de ce v(eu, et déclare qu'il est venu à Paris exprès pour dénoncer cette Société. Il est invité à se présenter au Comité de correspondance. — Une députation de la Société de Poni-de-V Arche demande des défenseurs officieux pour dénoncer au Comité de salut public l'administration du district de Louviers, (f œuvre de l'infàmc Delacroix ». Renvoyé au Comité des défenseurs officieux. — Un député de la Société de la Guillotière, à Commune- Affranchie, demande l'affiliation. — Un membre dit que les habitants de la Guillotière ne se sont pas joints aux républicains contre

les rebelles. — Legendre observe que le Comité de salut public lui-même ne connaît pas avec exactitude les détails du siège de Lyon. Il demande que le Comité de correspondance de la Société soit chargé de faire un rapport sur le fait contesté. — Un membre demande que la Société de la Guillotière soit comprise dans le rapport général que le Comité de correspondance prépare sur les Sociétés qui méritent l'affdiation. Adopté. — Une députation de la section de Brutus et de la Société des défenseurs de la République une et indivisible vient demander des défenseurs officieux pour faire mettre en liberté le patriote Dupéroux. — Vadier s'étonne que des citoyens arrêtés invoquent l'appui de Sociétés sectionnaires, au lieu de s'adresser directement au Comité de sûreté générale. — Un membre rappelle que la Société a arrêté qu'elle n'accorderait de défenseurs officieux qu'à ceux qui auraient inutilement épuisé tous les moyens de se faire justice. — Taschereau fait remarquer que Dupéroux a tenu tète aux Hébertistes dans la Société des Cordeliers. — Un des députés dit que la Société des défenseurs de la République n'est pas sectionnaire. — Vadier répond : « J'ai voulu vous parler, non seulement des Sociétés ?ectionnaires, mais encore des Sociétés populaires qui se sont formées, dans une même commune, à côté de la première et légitime Société. Je pense que de ])areilles Sociétés ne doivent pas subsister, parce que les Sociétés sectionnaires dissoutes se refondraient dans celles qui auraient pris le nom de populaires. » Sur la proposition de Vadier, la pétition est renvoyée au Comité des défenseurs officieux. — Le citoyen Sonnègue présente un système de membres articulés et une boucle de soulier de son invention. David et Hassenfratz sont nommés pour l'accompagner au Comité d'instruction publique.]

La séance se termine par l'admission des citoyens Heurlin, Gros- Jean, Lombais.

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