‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 4)Chapitre 24 sur 187 · PRÉSIDENCE DE FOUCHÉ · texte numérisé non relu

PRÉSIDENCE DE FOUCHÉ

[La commune d'Ecouis envoie un extrait de son procès-verbal, contraire à la dénonciation portée dernièrement aux Jacobins par de prétendus députés de la Société populaire de cette commune. Renvoyé au Comité de sûreté générale. — Un membre dénonce un écriteau, placé sous les arcades du Perron, maison Égalité, par un restaurateur qui annonce, en espagnol, qu'il donne à manger aux personnes de la première qualité. {Indignation générale.) Un commissaire est nommé pour vérifier le fait.]

On procède au scrutin épuratoire. Les premiers membres appelés ne répondent pas. Ces absences, dont on s'est déjà plaint plusieurs fois, et le retard qu'elles apportent à la fin du scrutin épuratoire,

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donnent lieu à l'arrêté suivant : « Que tout membre non épuré qui ne se sera pas présenté dans un mois, à dater du jour où il aura été appelé, sera censé rayé du tableau, ceux qui sont appelés par mission exceptés, »

[Levasseur rend compte de sa mission dans les Ardcnnes. Il rapporte, entre autres faits, qu'un prêtre avait abusé de sa qualité de secrétaire d'un Comité de surveillance pour faire incarcérer neuf femmes, sans aucun motif. Les prisonnières ont été relâchées, et le prêtre envoyé au Tribunal révolutionnaire. Il annonce qu'il a épuré les autorités constituées.]

On continue le scrutin épuratoire. Boulard et Courtois sont ajournés.

[Lequinio donne sur la prise d'Ypres des détails qui excitent les plus vifs applaudissements. — CoUot cVHerbois prononce à ce propos un discours dans lequel il déclare que les efforts de Pitt seront vains contre l'union inaltérable de la Convention, du Comité do salut public et du peuple français. Ce discours est accueilli par des transports unanimes.]

PRÉSIDENCE DE FOUCDÉ

{La Société populaire de Montargis présente un cavalier qu'elle a armé et équipé. Le Président donne l'accolade au cavalier et aux membres de la députation.] /

Des députés de la Société de Commune-dWrmes^, chargés de faire des démarches en faveur d'un citoyen nommé Pignon, font lecture d'une adresse où, après avoir exposé les faits relatifs à la détention de ce citoyen, ils pressent leurs frères les Jacobins de Paris de les aider à faire rendre la liberté à leur compatriote, qu'ils représentent comme innocent et oppriuié.

« Citoyen, répond le Président, on est bien assuré d'intéresser fortement les Jacobins, quand on leur présente l'image d'un patriote opprimé. Malheureusement Texpérience nous apprend chaque jour que nous sommes souvent trompés dans notre confiante sensibilité. Celui qui se dit patriote opprimé n'est quelquefois qu'un hypocrite,

1. C'était le nom révolutionnaire de la ville de Saint-Étienne, qu'on appelait aussi Armeville.

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qui redoute l'œil de la justice. Si Tindividu auquel vous vous intéressez est un patriote sincère, s'il fut l'ami de Chalier vivant^ qu'il attende dans l'énergie du calme l'ascendant de la vérité, et surtout qu'il ait confiance dans la vertu et la justice. »

Robespierre paraît à la tribune. « 11 est temps, dit-il, que les patriotes fixent leur attention sur les dangers de la patrie ; ils ne sont pas encore passés. En vain les armées de la République triompheraient des ennemis du dehors, si nous n'arrachions à leurs émissaires tous les moyens d'assassiner la liberté jusque dans son plus cher asile. Je ne viens point pour vous peindre tous les dangers qui planent sur la représentation nationale ; j'ai à vous entretenir d'un objet plus vaste encore par la profondeur et la perfidie de ses combinaisons. Je viens pour vous faire connaître et mettre sous vos yeux une espèce de proclamation publiée dans les armées britanniques, par ordre de cequ'on appelle duc d'York, proclamation faite à l'occasion du rapport de Barère et du décret qui s'en est suivi, et qui porte qu'il ne sera pas fait de prisonniers anglais ni hanovriens, et publiée dans le dessein de provoquer d'une manière plus forte et plus directe la haine des soldats contre la Convention nationale. »

Robespierre fait lecture de cette proclamation, revêtue de tous les caractères bien distincts et de l'astuce perfide et de la basse scélératesse des tyrans. « Quoique bien méprisable en elle-même, continuet-il, il n'est pas hors de propos d'y ajouter un petit commentaire. » Il la reprend aussitôt phrase par phrase, et donne à chaque point de vue qu'elle présente un développement énergique, en le couvrant ou de toute l'indignation de la probité courroucée, ou de tout le ridicule que la bassesse mal déguisée entraîne après elle. Chaque mot de l'orateur vaut une phrase, chaque phrase un discours, tant il renferme de sens et d'énergie dans tout ce qu'il dit

« Son Altesse Royale rappelle aux troupes britanniques et hanovriennes que la clémence est le plus beau titre des soldats ; elle cite à ce sujet des époques d'autrefois ; mais qu'y a-t-il donc de commun entre ce qui a existé jadis et ce qui est aujourd'hui? Qu'y a-t-il de commun entre la liberté et le despotisme, entre le crime et la vertu? Que des soldats combattant pour des despotes aient donné la main à des soldats vaincus pour retourner ensemble à l'hôpital, cela se conçoit ; qu'un esclave transige avec un esclave, un tyran avec un tyran, cela se conçoit encore ; mais un homme libre composer avec un tyran ou son satellite, le courage avec la lâcheté, la vertu avec le crime, c'est ce qui ne se conçoit pas, c'est ce qui est impossible. Un homme libre peut pardonner à son ennemi, s'il ne lui présente que

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la mort; il ne lui pardonnera jamais s'il ne lui présente que des fers. York parle d'humanité! Quoi! York, un tyran, un soldat de Georges, l'orateur d'un gouvernement qui a rempli l'univers de ses crimes et de ses infamies!,.. Qu'un tyran est donc odieux, alors même qu'il parle d'humanité ! York attribue le décret à un prétexte, et il n'entreprend pas de prouver ce prétexte. Ce prétexte, ce sont les victimes des tyrans anglais. — Nos troupes, ajoute-t-il, ne croiront pas la nation française dans son égarement. . . Et que nous importe qu'elles n'y croient pas, pourvu qu'elles croient à la valeur de nos soldats et à la force de leurs boulets ? La nation française est sans doute égarée, mais cet égarement dure bien longtemps ; c'est sans doute au duc d'York qu'il est réservé d'éclairer la nation française. S. A, fait une comparaison entre la France et l'Angleterre. Que signifie ce parallèle ? Qu'a de commun le cœur mort d'un esclave avec celui qui est embrasé du feu sacré de la liberté ? L'Angleterre est un misérable météore qui disparaît devant l'astre républicain. On veut rapprocher le Français de l'Anglais dans les champs de bataille pour corrompre la vertu républicaine ; il faut de la distance entre les soldats de la liberté et les esclaves de la tyrannie. Ne nous étonnons pas que le duc d'York ait été si efl'rayé de ce décret, car la principale force des tyrans conjurés contre la France consiste dans les points d'appui qu'ils savent se ménager parmi nous ; ils voudraient se réserver, après avoir été vaincus, un moyen encore de communication, pour continuer leurs trames perfides... Le duc dTork, en faisant circuler sa proclamation, s'imagine peutêtre que les armées françaises déféreront plutôt à ses ordres qu'aux décrets de la Convention ; mais nous ne sommes plus aux temps des Brissot, des Guadet, des Gensonné ; la République s'est glissée depuis entre les nombreuses factions, elle les a toutes abattues. Celle d'Orléans n'existe plus, quoique sans doute il lui faille encore quelques crimes ; mais la République existe, quoiqu'elle n'ait pas été d'abord le but de la Révolution ; car, je le répète, elle s'est glissée comme furtivement, à travers une trouée révolutionnaire, au milieu des factions rivales, qui toutes tendaient à établir un nouveau système de tyrannie. Voilà pourquoi les vrais républicains ont été regardés comme des intrus ; voilà pourquoi, lorsque la République s'est élevée, toutes les factions se sont agitées à la fois pour l'anéantir, elle et ses défenseurs ; voilà pourquoi il y a eu si peu de patriotes purs dans l'origine de la Révolution ; voilà pourquoi les tyrans et leurs suppôts s'agitent encore dans tous les sens, pour semer parmi nous les divisions, les discordes et la désorganisation.

Ils savent trop bien qu'un peuple ne peut combattre avec succès ses ennemis conjurés qu'avec cet accord, cet ensemble et ce point de ralliement qui seul doit être l'àme de toutes ses victoires et de ses triomphes.

« Ce plan de division est donc continuellement suivi dans ses ramifications infinies. Ne pouvant attaquer le peuple en masse, on cherche à l'isoler de la Convention nationale, la Convention d'avec les Comités, et les membres de ces Comités d'avec eux-mêmes. Voilà le but des proclamations du duc d'York; les factions ne sont pas mortes, elles remueront encore. S. A. R. se flatte que les soldats des deux nations borneront leur ressentiment à la Convention nationale. Le duc d'York compte donc sur des trames ourdies dans l'intérieur; il compte donc encore sur les pièges de l'imposture, sur le système d'immoralité, et enfin sur les assassinats et sur tous les crimes!

« Que signifie aussi cette préférence que me donne à moi le duc d'York ? Je croyais être citoyen français, et il me fait roi de France et de Navarre ! » ,

Après avoir chargé de mépris et de ridicule ces astucieuses, perfides et cruelles contextures : « J'estime trop, ajoute Robespierre, le titre de citoyen pour ne pas m'indigner de cette assimilation à un duc d'York. Qu'y a-t-il de préférable pour un ami de la liberté à l'amour de ses concitoyens? Et le peuple français descendrait-il de son plus haut degré de gloire pour s'abaisser jusqu'au trône ? Le duc d'York ajoute que je suis entouré d'une garde militaire. Vous le voyez, c'est un fait bien constant. Or il rapproche tout cela avec les motions insidieuses, entre autres celle de donner des gardes militaires aux représentants du peuple. Ainsi, quand les Hébert et les Chaumette prêchaient l'athéisme, on disait dans l'étranger que le peuple de France était un peuple d'athées, foulant aux pieds jusqu'à l'Etre suprême. Défions-nous de tant de pièges, tenons-nous fortement attachés aux principes. Le système contre la Convention est connu, c'est assez dire qu'il est déjoué. On veut nous rendre suspects au peuple, et nous ôter le courage de démasquer et de combattre ses ennemis ; il n'y a que les poignards qui le puissent. Tant que nous existerons, nous démasquerons, nous combattrons les tyrans, les traîtres, et tous les scélérats ! »

Ce discours, rempli de si grandes et de si belles vérités, a été entendu avec cet enthousiasme que son intérêt pressant devait nécessairement faire naître. L'impression en a été ordonnée, en invitant Robespierre à le rédiger.

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Un membre a demandé de plus qu'en l'envoyant aux armées, il en fût envoyé un exemplaire au duc d'York.

Barère appuie l'impression, la distribution et l'envoi aux armées. « Quant au duc, nous n'avons, dil-il, que des boulets à lui envoyer. » Il développe, à ce sujet, les puissantes considérations qui ont dicté le décret qui porte qu'on ne fera point de prisonniers anglais ni hanovriens.

La Société adopte la proposition de Barère, et arrête l'impression, la distribution et l'envoi aux armées.

PRÉSIDENCE DE LOUIS (dU BAS-RIIIN)

\La section du Panthéon-Français présente un cavalier jacobin, qu'elle a armé et équipé. Le président donne l'accolade au cavalier et à la députation. — Une députation de la Société populaire de Granville vient jurer à la Société des Jacobins l'attachement le plus inviolable. Le président invite la députation à la séance.

Dumas. — J'annonce à la Société que Guadet et Salle ont enfin payé de leur tête leurs crimes contre la République ; ces scélérats s'étaient réfugiés à Saint-Emilion ; on les a trouvés dans le grenier du père de Guadet. Salle s'y occupait à faire une comédie, oîi le Comité de salut public jouait les principaux rôles, et y était traité comme il est facile de se l'imaginer; mais Salle ne se doutait pas qu'il s'agissait plutôt d'une tragédie, où il devait figurer lui-même. Une âme criminelle ne peut trouver de ressource, et tous les conspirateurs doivent se persuader enfin que le dénoûment de toutes les trames qu'ils entreprennent sera toujours le dernier supplice.

[La section des Lombards présente un citoyen, père de famille, épileptique, et ayant plusieurs cicatrices honorables; elle invite la Société à appuyer la demande de ce citoyen en augmentation de secours. La Société renvoie au Comité de salut public, et arrête une collecte pour ce citoyen. La môme section rappelle que la Société lui avait déjà nommé des commissaires au sujet des aveugles travailleurs; elle rend justice au zèle qu'ils ont mis dans leurs démarches, et, sur le désir que la députation en témoigne, la Société charge les mêmes commissaires de continuer leurs soins.

Une députation des sections de la Fontaine-Grenelle et du Bonnet- Rouge réunies présente plusieurs citoyens qui, victimes de la faction de

l'étranger, ont gémi un instant dans les fors, mais que les Comités de salut public et de sûreté générale se sont empressés de faire élargir aussitôt qu'ils ont eu connaissance de l'injustice de leur détention ; elle fait à cette occasion lecture d'une adresse pour confondre les détracteurs du gouvernement et les suppôts de la tyrannie, qui voudraient faire entendre que la liberté des citoyens n'a pas de garantie en France. — Le président témoigne par sa réponse, et la Société par ses applaudissements, le plaisir qu'elle éprouve de voir ces citoyens en liberté. « Les intrigants, dit le président, tentent en vain de circonvenir les Comités ; les citoyens sont tous également sûrs d'avoir part à la vigilance et à la justice qui ne cessent de diriger toutes leurs opérations. »]

Couthon présente quelques observations sur l'esprit de certains journalistes : « Je me plais à croire, dit-il, que celui qui est chargé de la rédaction du Jow^nal de la Montagne est bon citoyen ; mais parmi ses articles , celui de la Convention surtout est quelquefois présenté avec inexactitude ; des inexactitudes insérées au Journal de la Montagne pourraient fournir à la malveillance occasion de dire qu'elles sont consacrées par la Société. Hier, par exemple, le représentant du peuple Le Bon fut dénoncé à la Convention nationale ; cependant il paraît que Le Bon a régénéré le département où il avait été en mission, et qu'il y a fait le plus grand bien. Son dénonciateur était Guffroy, qui fut Jacobin, et tous ceux qui en voulaient à Le Bon se sont adressés à Gufîroy, qui s'est rendu leur défenseur officieux. Je n'entends pas préjuger ce qu'ont voulu faire Guffroy et ses clients; leurs dénonciations ont été portées aux Comités, et la Convention jugera ; mais ce que je veux dire, c'est que plusieurs journaux ont appuyé avec une certaine affectation en rapportant ce qui avait été dit contre Le Bon. Si cet article pour le Journal de la Montagne a été pris sur d'autres journaux inexacts, j'invite fraternellement Rousseau à veiller davantage par lui-même sur les objets de sa rédaction. J'observe, quant aux autres journaux, qu'il en est beaucoup qui affectent de donner aux Comités de salut public et de sûreté générale des louanges qui tiennent de la flagornerie. Les républicains qui servent leur pays n'aiment pas ces flagorneries. Que les journalistes ne croient donc pas s'accréditer auprès de nous en nous flattant ; ils doivent rapporter littéralement. Mais il est de ces journalistes qui sont payés par l'étranger ; s'ils ne tiennent pas un langage ouvertement contre-révolutionnaire, ils rapportent tantôt un article de Genève, tantôt d'Amérique, de manière à révéler ou à faire pressentir aux ennemis des choses qui peuvent servir leurs projets liberticides. Pitt a un cabinet à Paris comme à Londres. Il fait remuer les factions, et nous ne devons pas les perdre un instant de

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vue. L'assassinat est encore à Tordre du jour ; il y en a encore des preuves. Les agents de Pitt cherchent à égarer l'opinion publique, et profiteraient de cet égarement pour frapper ses victimes ; le lendemain vous ne manqueriez pas de voir éclore des milliers d'intrigues pour consommer la perte de la liberté. Nous avons beaucoup d'ennemis; vous en avez dans votre sein; mais nous avons pour nous l'instinct du patriotisme, et nous découvrirons tous les conspirateurs. H faut que la République arrive ù son terme, et que nous prenions la résolution d'exterminer tous ceux qui ne veulent pas la République. Voilà les observations que j'avais à faire. J'invite les bons citoyens à surveiller tous nos ennemis et à lire et surveiller aussi les journaux qui les secondent par des perfidies adroites. »

Robespierre ajoute de nouveaux développements à ces observations vivement applaudies. « Quiconque, dit-il, a des idées de la Révolution et de ses ennemis doit s'apercevoir de leur tactique : ils ont plusieurs moyens ; mais il en est un, le plus simple et le plus puissant, c'est d'égarer l'opinion publique sur les principes et sur les hommes. Voilà pourquoi les journaux jouent toujours un rôle dans les révolutions. Les ennemis ont toujours payé des écrivains; de là ce concours de moyens moraux que les journalistes fournissent aux ennemis du dehors et du dedans, avec les obstacles organisés par les factions. Depuis que le gouvernement a pris une attitude imposante, les journalistes ont pris une nouvelle tournure en falsifiant ou dissimulant, en appuyant ou évitant, selon que les choses tendent à accréditer les calomnies, à avilir la représentation nationale, et à favoriser la cause des tyrans d'une manière quelconque. Celui dont je vais parler n'est pas un de ceux sur qui tombe ma censure. Cependant le Moniteur n'est pas sans reproche, puisqu'il peut avoir une très grande influence sur l'opinion, et qu'on peut lui reprocher d'avoir rapporté des flagorneries et des inexactitudes. Les flagorneries font douter de la véracité des écrivains; un écrivain véridique et patriote doit aussi rapporter avec exactitude et littéralement, afin que ce qu'il rapporte puisse éclairer l'opinion publique, ou qu'elle juge ce qu'il rapporte, s'il est mauvais. — Robespierre rappelle une réflexion de rédacteur, insérée dans le Moniteur^ sur le commentaire qu'il fit à la dernière séance des Jacobins contre la proclamation du duc d'York aux armées britanniques. Cette réflexion est ainsi conçue : « Chaque mot de ce discours vaut une phrase, chaque phrase un discours. » Le style de cette réflexion apologétique est fortement improuvé par Robespierre '.

1. Nous devons faire observer que nous avons tiré littéralement cette séance

Les inexactitudes qu'il reproche de plus dans le rapport de ce même discours, inséré dans le Moniteur, consistent : i" en ce qu'il v est dit qu'il avait dit que « la faction d'Orléans n'était plus, quoique « sans doute il lui fallut encore quelques crimes. » Il observe avoir dit au contraire que cette faction existait encore, qu'elle était la faction de l'Angleterre, et qu'elle faisait des efforts continuels, quoiqu'elle ne triomphât pas. 2° En ce qu'il est dit : « Le duc d'York, ajoute l'orateur, dit que je suis entouré d'une garde militaire ; vous le voyez, c'est un fait bien constant. »

Robespierre réclame sur ce qu'en disant : « C'est un fait bien constant », on n'a pas fait entendre que c'était par ironie qu'il avait dit : « Ce fait est bien constant, » et qu'on n'a pas rapporté les réflexions qu'il fit à la suite, et qui en sont la preuve. « De sorte, continuet-il, que c'est accréditer une calomnie, puisqu'il est faux en effet que moi ni aucun représentant du peuple ayons de garde militaire. » Il invite en conséquence le rédacteur du Moniteur à réparer ces erreurs.

Le scrutin épuratoire a occupé une partie de la séance. Munier, Boichon, Barbier, Curtius, Petit-Pas, Emmery, Filion, Masson, Lehoug, Derosière et Fleury ont été adoptés.

PRÉSIDENCE DE LOUIS (dU BAS-RIIIn)

[Plusieurs dénonciations contenues dans les différentes lettres qui composent la correspondance sont envoyées aux divers Comités de la Convention nationale, qui en doivent connaître. Deux de ces dénonciations ont pour objet des menées fanatiques, dirigées et suivies par des réfractaires et des contrerévolutionnaires.

La Société arrête l'insertion au Journal de la Montagne de deux adresses. L'une est envoyée par la Société de Joigny, en réponse à une lettre de la Société des Jacobins, qui recommandait la surveillance. En voici la conclusion :

« Intrépides Jacobins, vous qui surveillez la malveillance avec une sévère vigilance, vous qui découvrez les complots et qui les déjouez, vous qui faites punir les traîtres, si vous vous apercevez que le vaisseau de la République

du Journal de la Montagne , comme nous sommes depuis longtemps dans l'usage de le faire, et que ce n'est que par inadvertance que nous y avons laissé subsister la phrase dont s'est plaint Robespierre. A. M. (Note du Moniteur.)

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