‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 4)Chapitre 40 sur 187 · Sur ce rapport, voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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[2i) JLILLET 1794]

avec la liberté, en fut le premier soutien, et dont les patriotes les plus purs aiment encore à dire qu'ils ont entouré le berceau ; c'est elle qui propagea la première dans toutes les classes du peuple ces lumières éternelles que le fanatisme et les préjugés de tous genres avaient presque éteintes, ces lumières qui ont éclairé les hommes sur leurs droits et les ont aidés à se débarrasser des chaînes de l'esclavage • ; mais, trompée par des séducteurs qui ne voulaient qu'abuser de sa grande influence, elle s'est corrompue. Canal autrefois des vertus et des lumières, elle est devenue la sentine des vices et le repaire protecteur de l'ignorance. Destructrice des rois, elle est épouse et mère des tyrans; elle a plus de voix, plus de bouches que la Renommée pour publier ses volontés, plus de bras que le Briarée de la fable pour les exécuter. C'est elle qu'ils vont faire agir.

Le bruit des désagréments essuyés par Robespierre à la Convention précédera d'abord la visite qu'il se promet de lui faire ; ce bruit aura son effet.

Au simple récit des faits, la Société s'attendrit, puis murmure, puis gronde. Il est temps : Robespierre paraît.

Sa présence lui rend le calme ; alors il lui confie ses chagrins * ; et, pour preuve de l'injustice qu'il éprouve, il lui fait une lecture de ce discours si mal accueilli par les représentants. De touchants applaudissements le dédommagent de l'impression que lui en ont outrageusement refusé ses collègues ^ ; elle la lui accorde avec empressement. Elle fait plus ; elle fait remonter sur tous les députés qui la courtisent encore, et qui voudraient le supplanter dans son esprit, toute sa colère. S'ils veulent parler, elle leur impose silence ; s'ils insistent, elle les chasse*. Elle veut même épurer tous ses amis, et

4. On ne sera pas surpris du témoignage flatteur que je donne ici à la Société des Jacobins envisagée dans les premiers temps de sa formation : il n'est personne de bonne foi qui ne convienne qu'elle ait eu dans son sein une foule d'hommes respectables par leurs talents et leurs vertus. On ne peut dissimuler qu'elle a rendu les plus grands services à la Révolution ; mais, autant il est vrai qu'elle a servi la chose publique dans les premiers temps de son existence, autant il est certain qu'elle lui a nui, sur les derniers temps, où elle était le foyer des factions et le point de réunion des ambitieux qu'elle étayait [dans leurs entreprises. [Note de l'orifjinal.)

2. Ce fait est confirmé par la lecture de la Séance de la Société des Jacobins au 8 thermidor. Cette pièce est au n" 2369, 14" carton. {Note de l'original.) — Nous avons dit plus haut, p. 243, que cette pièce ne se trouvait plus aux Archives.

3. La Convention, dans la séance du 8 thermidor, décréta d'abord l'impression du discours de Robespierre, puis rapporta ce décret. C'est dans la séance du 30 thermidor suivant qu'elle décréta décidément l'impression de ce discours.

4. Ce fait est constant par le Procès-verbal de la séance des Jacobins du S thermidor. Il est au Comité, n" 2369, 14' carton. Voyez ce que dit Billaud, dans la

ceux-là seuls qui seront unis de sentiments avec Robespierre resteront dans ses bonnes grâces.

Traditions rapportées au tome iv, p. 256 tue.' i.' Histoire de France depuis la Révolution de 1789, écrite d'après les mémoires et les manuscrits contempoiains recueillis dans les dépôts civils et militaires^ par le citoyen F. Emmanuel Toulongeon, ancien militaire, ex-constituant, mcînbre de l'Institut national de France *.

Robespierre cependant ne jugeait pas sa situation. En rentrant dans sa demeure, où il vivait en commensal, il parla tranquillement des débats du matin, et dit : « Je n'attends plus rien de la Montagne ;^ ils veulent se défaire de moi comme d'un tyran; mais la masse de V Assemblée m'entendra. »

Il parut tranquille pendant cette journée, et alla le soir aux Jacobins; il y relut le discours qu'il avait prononcé le matin, et ce discours y fut accueilli avec des acclamations effrénées. On jura de défendre Robespierre et de vaincre ou de périr avec lui. L'entbousiasme simulé, plus dangereux encore que le fanatisme, ouvrit les avis les plus incendiaires contre la Convention ; et Robespierre, accoutumé à vaincre avec les Jacobins, dut se croire non seulement en sûreté, mais maître de ses ennemis.

A cette séance assistaient deux membres du Comité de salut public, que leurs collègues y avaient envoyés pour en connaître les résultats. Ces deux observateurs intéressés, Collot-d'Herbois et Billaud-Varenne, revinrent rendre compte de leur mission, effrayés de ce qu'ils venaient d'entendre. Saint-Just était présent. Collot-d'Herbois l'interpella rudement et lui reprocha que les violences dont ils venaient d'être témoins étaient son ouvrage et celui de Robespierre, son chef. Pendant le temps qui avait précédé le retour de Collot

séance de la Convention du 9 thermidor, sur celle des Jacobins de la veille. Mo" niteur, n° 311, U thermidor, page 1212. Voyez encore le Moniteur du 18 thermidor, première et deuxième colonnes. {Note de l'original.) — Cette dernière réfé- -rence est inexacte : il n'y a rien sur cet objet, Moniteur du 18. U s'agit peut-être du Moniteur du 24, où il y a une Relation de l'événement des 8 et 9 thermidor^ par Roux (de la Haute Marne), dont nous ne voyons rien de précis à extraire. • 1. 2e éd., Paris et Strasbourg, 1801-1810, 7 vol. in-8». — Bibl. nat., La 32/68a.

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d'Herbois et de son collègue, Saint-Just était resté, écrivant sur la table où les autres membres du Comité étaient en séance avec lui.

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