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rôles mensongères, ses mines étudiées et artificieuses, nous avaient tous séduits; elles nous avaient séduits, parce que nous apportions ici des cœurs purs, parce qu'il n'est toujours que trop facile aux hypocrites raffinés de faire croire à la sincérité de leurs sentiments, en affectant le langage du patriotisme et de la vertu, dans le temps même où leurs âmes cadavéreuses semblent ne respirer que pour les crimes de l'amour-propre, de l'orgueil et de l'ambition. Citoyens, depuis le commencement de la Révolution, avec quelle étonnante rapidité n'avons-nous pas vu les idoles se succéder les unes aux autres, séduire, entraîner et tromper le peuple, ce peuple toujours bon, toujours confiant, parce qu'il est essentiellement vertueux ! Nous avons vu La Fayette, Dumouriez, Petion, ce fourbe pour lequel des milliers de chapeaux étaient couverts de cette inscription : « Petion ou la mort ! » et, enfin, le scélérat Robespierre. Tous ceux qui ont étudié l'histoire ne savent que trop que la plupart des peuples ont été, jusqu'à nous, victimes de cette honteuse idolâtrie. Sachons donc enfin nous en préserver; que l'expérience du passé commence enfin à nous profiter, à nous et à nos frères de tous les départements. De quelque vernis de réputation dont se pare un homme, quelque estimable qu'il nous paraisse, soit par rapport à ses lumières, soit par rapport à ses vertus, si quelqu'un se lève au milieu de nous et qu'il l'accuse d'un forfait quelconque, que ce courageux citoyen ait le droit de parler en silence ; écoutons-le avec attention ; recueillons et pesons jusqu'à la moindre de ses paroles, et, après l'avoir entendu avec cette rigoureuse impartialité qui convient à des patriotes, à des républicains, faisons sur l'heure même justice de l'hypocrite ou du calomniateur. Que l'homme tout entier disparaisse à nos yeux, et que ses actions seules, déposant pour ou contre lui, l'acquittent ou le condamnent dans l'esprit de son siècle et de la postérité. Voilà mon opinion. Je demande donc que la Société arrête qu'il sera fait une seconde adresse instructive aux Sociétés affiliées, dans laquelle on développera les vrais principes de la liberté publique, et que provisoirement celle qui vient d'êlrc lue soit adoptée et envoyée. »
La Société arrête l'impression et l'envoi de l'adresse, proposée par Royer *, avec le discours dernièrement prononcé par Dubois- Crancé '.
Un membre obtient la parole pour une motion d'ordre. Après avoir rappelé l'état d'oppression dans lequel les Jacobins gémissaient sous le tyran Robespierre, il les invite à consolider la liberté, à l'établis-