‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 4)Chapitre 6 sur 187 · C'est le rédacteur du Moniteur qui parle · texte numérisé non relu

C'est le rédacteur du Moniteur qui parle

22 SOCIÉTP: des jacobins [26 MARS 1794]

fûmes respectivement sollicités d'attendre Teffet des promesses données par le département du Jura de rétracter ses arrêtés et de rentrer dans le devoir. Ce délai ne nuisit pas beaucoup à l'expédition; car la force armée fut réunie à Dôle trois jours après, en vertu de nouveaux ordres que nous adressâmes à Besançon et à Dijon. Cette force pouvait s'élever à environ quinze ou seize cents hommes. A peine le bruit de ce rassemblement eut jeté l'inquiétude dans le Jura et les départements voisins, que nous sommes accueillis de commissaires de toutes les contrées voisines, qui nous avertissent que nous sommes dans l'erreur, qu'on nous trompe sur les forces du Jura, que tout le peuple partage l'égarement des administrateurs, que plus de quinze mille hommes sont en marche, qu'ils sont bien armés, qu'ils ont huit pièces de canon, et que, si les forces de la République éprouvent un échec, c'en est fait de ces contrées : la révolte s'y établit en guerre civile, et l'on ne peut calculer quelles en seront les suites. Mon dénonciateur et quelques hommes, que je ferai connaître, sont les seuls qui aient cherché à nous persuader qu'il fallait mépriser ces conseils. Mon attention dut alors se porter sur tout ce qui m'environnait, sur tous les résultats d'une grande démarche. Le Doubs n'offrait pas de secours : la suite a fait voir qu'on méditait dans ce pays-là une révolte ; le Mont-Terrible était moins assuré que le Doubs; l'Ain était aussi révolté que le Jura ; il armait pour Lyon et pour le Jura. La Côte-d'Or me donnait plus d'espérance ; mais combien était-elle faible ! Je savais que Lyon était révolté, que le Mont-Blanc était menacé, que le Rhin était dans une situation pénible, que la Suisse était pleine de réfractaires et d'émigrés attendant avec impatience le résultat des événements. Ajoutez à toutes ces considérations que les gardes nationaux de la Côte-d'Or, trompés par des intrigants et des fédéralistes, ne voulaient pas marcher, qu'ils ne voulaient que fraterniser ou retourner chez eux, qu'ils l'avaient solennellement déclaré partout, qu'ils disaient à qui voulait l'entendre que cette guerre leur était suspecte, que les deux partis paraissaient dirigés par la même famille, que le Dumas qui poussait la guerre à Dôle était frère de Dumas qui poussait la guerre à Lons-le- Saunier, que le père des deux frères était de la gendarmerie nationale du Jura et décidé en faveur du département, que d'ailleurs on n'avait tenté encore aucune voie de persuasion, qu'il fallait épuiser celles-là avant de répandre le sang des Français. On sait assez le résultat de ces rumeurs, et l'impression qu'elles devaient faire sur des esprits assez mal disposés. Pendant ce temps-là j'appris par des informations bien sûres que la force départementale était bien réel-

lement de quatorze mille hommes, qu'il n'y avait rien d'exagéré, que, si on en venait aux mains avant que l'égarement du peuple fût tombé, il pouvait en résulter des malheurs déplorables. Cette situation me détermina, ainsi que mon collr^gue ; nous prîmes le parti de nous rendre à Lons-le-Saunier, pour voir si nous ne pourrions pas ramener le peuple égaré, et pour sonder les dispositions des esprits dans les autres parties du département. L'administration nous écrivit en conséquence qu'elle allait licencier la force qui avait été réunie. II est bien vrai que la représentation nationale n'y fut pas respectée ; mais nous fîmes entendre au peuple rassemblé des vérités utiles, et jamais le mot de Constitution ne fut entendu et accueilli qu'avec les applaudissements les plus prononcés. Jusque-là, je ne crois pas qu'il soit possible de faire le moindre reproche aux représentants du peuple, et il est évident que tout était perdu, s'ils eussent suivi les conseils de celui qui les dénonce.

Avant de partir pour Lons-le-Saunier, j'écris au Comité de salut public notre situation ; j'envoie Championnet, commandant du 6" bataillon de la Drôme, pour apporter ma lettre ; je marque qu'on ne . peut compter sur la force ; que celles qui sont en notre disposition sont bien au-dessous de la force départementale. Réponse de sa part qu'il ne faut se servir d'aucune force, n'en espérer aucune ; que nous avons mal fait de le faire, et que tout doit tourner en négociation- Cette réponse est de l'ancien Comité de salut public. Je leur proposai par Championnet de faire voyager trois bataillons de l'armée du Rhin sur trois villes désignées, Poligny, Dôie et Seurre ; que les bataillons paraîtraient se diriger vers les PjTénées-Orientales ; mais que, dans une nuit, il serait très possible, par une marche bien secrète, d'envelopper Lons-le-Saunier et de saisir les coupables. Même réponse; on ne veut que négociations. Ne pouvant trouver de sûreté dans le Jura, nous gagnons Besançon ; cette ville était dans une situation dangereuse, et la montagne était dans un état de révolte bien prêt à éclater. Je m'y transporte, j'examine les moyens de prévenir les malheurs. Ce voyage dura dix-sept jours, et pendant ce temps-là mon collègue observait à Besançon les mouvements du Jura. Tout paraissait s'y calmer; le peuple attendait la Constitution avec impatience, et était parfaitement disposé à l'accepter. Les dispositions des administrateurs ne nous étaient pas si bien connues ; mais, ne pouvant les contenir par la force, nous étions résolus à attendre et à dissimuler. Deux commissaires nous sont envoyés de leur part avec un arrêté dont toutes les dispositions étaient bonnes, mais dont un article était couvert sous des expressions artificieuses. Nous le leur

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faisons observer ; ils nous répondent que l'assemblée serait bientôt décidée à tout rétracter, qu'ils en sont sûrs, s'ils pouvaient prendre quelque confiance en nos dispositions ; mais qu'ils ont appris par une lettre qu'on doit faire marcher des forces de l'armée du Rhin ; que cette lettre était écrite par Ragmey ; que cette nouvelle a répandu beaucoup d'agitation ; que, si nous prenions quelque confiance dans leurs dispositions, ils termineraient bientôt cette crise par une rétractation prompte et solennelle. Nous crûmes que ce dénoûment pourrait préparer facilement tout le monde à l'acceptation de la Constitution, et nous écrivîmes effectivement que nous rendions justice à leurs intentions, et qu'en corrigeant leur arrêté et lui donnant plus de clarté, le peuple sortirait enfin de l'égarement où il était. C'est cette lettre qu'on nous reproche, et qui n'a été de notre part qu'un excès de confiance ; mais que pouvions-nous faire contre un peuple égaré, et réduits à négocier ?

Alors survint le décret qui mettait hors de la loi tous les membres du Comité de salut public du Jura, et avec eux plus de six cents personnes ; qui ordonnait l'information, et déléguait le tribunal de Dôle pour l'exécuter. Ce préliminaire faillit amener le retour des hostilités; deux hommes furent tués, trois furent blessés, et Dôle fut menacé d'une invasion. Au même instant, le Mont-Terrible éprouve des secousses violentes ; l'ennemi est aux portes, et les fanatiques armés se soulèvent. On m'écrit qu'il faut envoyer des forces sur le champ, que tout est perdu, si on retarde ; on m'écrit que les montagnes du Doubs se concertent avec les rebelles du Mont-Terrible ; de sorte qu'il faut aller apaiser les révoltés à vingt lieues et exécuter un décret rigoureux sans aucune force et contre des gens armés. Je pris des précautions pour le Mont-Terrible et le Doubs, et je partis pour Paris. Je représente au Comité de sûreté générale que le décret est bien difficile à exécuter, qu'il est plus prudent d'en donner un qui soit commun à toutes les administrations révoltées ; il y adhère ; le Comité de salut public s'y refuse, et il peut me rendre la justice que je n'y opposai aucune observation. Je retourne dans le Jura avec Bernard ; notre premier soin fut d'organiser les autorités constituées, de réunir les patriotes persécutés, de leur mettre l'autorité dans les mains, et d'aller à Besançon concerter de nouveaux moyens pour faire exécuter les décrets de la Convention. Alors ces messieurs avaient disparu ; ils étaient émigrés, mais leurs complices n'étaient pas punis. Au même instant la montagne du Doubs se révolte ; les lignes de Wissembourg sont menacées ; on demande des secours avec les plus vives instances ; il faut s'en occuper sur le champ. Je de-

mande à la Convention nationale que Prost nous soit adjoint ; il connaît le Jura ; les patriotes le désirent et le demandent. Prost arrive ; je n'ai plus rien fait dans le Jura ; je n'y ai exercé aucun caractère. Voilà les faits dans la plus exacte vérité ; on peut trouver des erreurs, des fautes dans ma conduite, mais certes il faudrait être bien aveugle pour m'accuser, pour faire soupçonner me? principes et mes intentions, surtout lorsque je vous aurai fait connaître mes opérations et les motifs que j'ai eus de ne plus retourner dans le Jura.

(En cet instant, la séance devenant très peu nombreuse, la Société, sur la proposition d'un de ses membres, ajourne la suite de la discussion à la prochaine séance, et celle-ci est levée à plus de dix heures et demie.)

PRÉSIDENCE DE LEGENDRE

L'ordre du jour appelait Bassal à la tribune, pour répondre aux dénonciations portées contre lui dans la séance dernière. Il prend la parole, et s'occupe d'abord à développer le peu de ressources qu'il avait à sa disposition pour terrasser la rébellion. Il représente qu'il eût été imprudent et même insensé d^exposer très peu de patriotes contre des milliers de rebelles.

CoLLOT d'Herbois, interrompant l'orateur. — Il me semble que l.i discussion actuelle est funeste à la chose publique. L'n bon principe a été professé à cette tribune : c'est que celui qui a maintenant la parole avait une mission spéciale du Comité de salut public pour apaiser les troubles du Jura par la voie des négociations. Mais que signifient les moyens de défense fondés sur le calcul du nombre des patriotes qui combattent pour la liberté ? N'y eût-il qu'un seul patriote pour parler au peuple, il serait écouté. Un représentant, ne fût-il entouré que de deux gardes nationaux, serait toujours assez fort, parce qu'il a pour lui le peuple tout entier, qui est prêt à prendre sa défense. Il est donc contraire aux principes que nous professons, aux intérêts de la démocratie, de se réduire pour sa défense à des calculs fondés sur des circonstances particulières. Il est contraire à l'intérêt de la République de calculer si, au moment où

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l'on combat pour la liberté, on a tous les mo\'ens de triompher. Il peut arriver qu'un petit nombre de patriotes soit accablé par une grande quantité d'aristocrates et de rebelles ; mais ils ne mourront pas sans espoir d'être vengés ; la masse du peuple écrasera après leur mort les scélérats qui en auront été la cause. Lorsqu'une cité rebelle prononce avec insolence une volonté contraire au vœu du peuple, le petit nombre de patriotes qui s'y trouve peut lui dire : «Ta destruction est certaine. Je périrai ici; mais vous, rebelles, vous périrez à votre tour. » C'est ainsi que les patriotes font pâlir les rebelles et les contre-révolutionnaires de tout genre; car comment imaginer qu'ils ont plus de courage que les patriotes ? Ont-ils du courage, ceux qui ont résisté au peuple, ces administrateurs du Jura qui ont établi le fédéralisme et l'ont répandu dans les départements méridionaux? Ils étaient secondés par Pitt, par ses agents, par l'infâme Précy ; mais leurs forteresses et leurs murailles sont tombées ; les murs de Lyon ont été brisés par les foudres du peuple, et les scélérats et les traîtres ont été punis. Quand on défend la cause et les intérêts d'un grand peuple, on est toujours asse'z soutenu. Je ne demande que deux gardes nationaux à mes côtés pour représenter la force armée de la République, et j'irais avec ces deux volontaires affronter, s'il le fallait, dix départements fédéralisés. Que celui qui est à la tribune écarte les calculs mathématiques ; qu'il fasse voir quMl n'y a pas de résistance à opposer au peuple ; qu'il dise qu'il avait des ordres du Comité de salut public pour agir comme il l'a fait, et alors il n'y aura rien à répliquer. Mais songeons que peutêtre des circonstances pareilles à celles qui ont lieu dans le Jura se préparent ; les aristocrates pourraient bien compter sur des calculs mathématiques ; mais les représentants du peuple qui ont du courage seront forts de la puissance du peuple tout entier.

Bassal. — Je déclare que je suis dans les mêmes principes que Collot d'Herbois ; mais j'ai été obligé de rendre compte des faits pour répondre aux inculpations. Je voulais vous prouver qu'il m'était impossible de traverser un peuple immense et égaré, pour aller jusqu'aux administrations coupables, sans avoir à ma disposition des forces considérables. A l'époque oïi le décret qui ordonnait de prendre des mesures de rigueur arriva, je reçus six dépêches dans lesquelles on me demandait des forces, au moment où je n'en avais pas assez pour moi. Le général Beauharnais me demandait la garnison de Besançon ; on me demandait des troupes pour le département du Mont-ïerrible, pour un district voisin du même département qui voulait se réunir à lui. Le Mont-Blanc était menacé; le général

de l'armée des Alpes avait besoin de la cavalerie que j'avais à ma disposition. Il fallut envoyer des secours dans le département du Doubs, qui était en révolte, tellement que cinquante-deux rebelles ont été guillotinés pour cette seule affaire. Je voulais vous prouver qu'il était impossible d'entrer en hostilité, et que la négociation était le moyen le plus siir de réussir. Je redoutais le désespoir des fédéralistes, qui auraient pu tout entreprendre, s'ils avaient été poussés à bout. Je savais d'ailleurs que ces rebelles ouvriraient enfin les yeux d'un peuple égaré en le poussant à des excès et en lui imprimant des mouvements immodérés. Au reste, je fis ce que je pus pour arrêter le progrès de l'incendie ; j'empêchai les fédéralistes de marcher pour secourir Lyon et d'aller porter dans le département de l'Ain la désolation et le désordre. On a demandé quel est le résultat des mesures que j'ai prises pour la punition des coupables ; mon embarras était si grand à ce sujet que je me rendis au Comité de salut public pour lui en faire part. Le Comité me dit qu'il ne fallait pas d'amnistie ; je le pensais bien aussi ; mais le Comité sentit comme moi les difficultés ; il me donna un nouveau mandat, et ce mandat portait que je ferais des amas d'armes et des rassemblements d'hommes sur la frontière. J'arrivai avec mon collègue au commencement de septembre, et nous travaillâmes avec tant d'activité qu'à la fin du mois vingt-quatre bataillons étaient organisés ; seize se rendirent en bon ordre à l'armée, et nous cherchâmes des moyens pour armer promptement les huit autres. Alors je demandai au Comité de salut public le représentant du peuple Prost ; il était désiré par les patriotes. Depuis ce moment, je n'ai pas mis le pied dans le département du Jura ; je ne puis répondre de tout ce qui s'y est passé. Au reste, je déclare qu'il n'}' a jamais eu de dénonciations portées contre moi sur la conduite que j'ai tenue dans ce département, et que, sur deux mille huit cents arrestations que j'ai ordonnées, pas un seul patriote n'a eu à se plaindre ; j'invoque à cet égard le témoignage des citoyens dans le pays desquels j'ai été envoyé en mission. Quant au succès, je puis assurer que je me suis trouvé dans des circonstances telles qu'il m'était impossible d'agir mieux.

Legendre rend hommage au patriotisme du citoyen Bassal, dénoncé, et du citoyen Dumas, son dénonciateur ; il annonce à la Société que, dans le temps où les patriotes étaient persécutés par La Fayette et les hommes puissants d'alors, ils trouvèrent tous, sans en excepter Marat, un asile assuré chez Bassal, qui était alors curé de Saint-Louis à Versailles. Après quelques observations, il demande

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Tordre du jour sur la dénonciation, et il invite ces deux citoyens à se transporter au Comité de sûreté générale, s'ils croient que la dénonciation intéresse le salut public. — L'ordre du jour est adopté.

Dumas prend la parole pour donner des renseignements sur la situation actuelle du Jura.

Dumas. — L'ignorance du peuple de ce pays favorise tous les malveillants et les encourage dans l'exécution de leurs affreux projets. Je divise ce peuple en trois classes avant la Révolution française : les nobles insolents, les prêtres impérieux , et la masse des individus adoptant la servitude que les deux premières classes lui offraient. Depuis la Révolution, ce furent les nobles et leurs agents qui occupèrent les places et qui s'emparèrent de la confiance du peuple ; on vit à la tête de l'administration du département les Montciel, les Théodore Lameth, les Terrier. Quelque nombreux que fussent les aristocrates, ils tremblaient devant une Société composée de quarante patriotes ; leur audace était enchaînée. Cependant, quand le fédéralisme eut donné aux scélérats un point de ralliement, il fut impossible aux patriotes d'arrêter le torrent. Je reproche aux représentants du peuple d'avoir fraternisé avec les rebelles, tandis qu'il fallait ne correspondre avec eux qu'avec la hache et la pique. Les signataires d'adresses liberticides sont maintenant dans les places ; des hommes mis hors de la loi sont encore en liberté, et se promènent tranquillement, en criant d'une voix hypocrite : Vive la République! Vive la Montagne !

Après des réflexions assez étendues pour prouver qu'il est instant de tourner les regards sur le sort des patriotes et de punir les traîtres, l'orateur témoigne la plus grande confiance dans les sentiments révolutionnaires du représentant Lejeune ; il demande que le Comité de sûreté générale recueille les délibérations liberticides prises par l'administration du Jura, les assassinats, les brutalités et les violences exercées envers les patriotes, et que ce recueil soit envoyé au représentant du peuple Lejeune, qui fera traduire les coupables au Tribunal révolutionnaire.

Dumas est invité à s'associer avec les commissaires envoyés par les patriotes opprimés du Jura, et à se transporter au Comité de sûreté générale pour y donner les éclaircissements nécessaires.

[Quelques citoyens invalides remercient les Jacobins de ce qu'ils ont envoyé une commission pour se rendre compte des abus qui existaient dans leur liôtel ; ils demandent que les commissaires retournent aux invalides pour y voir de nouveaux abus. — Accordé.

Un militaire, qui a rendu de grands services à la liberté dans le pays

il Avignon, se plaint des persécutions affreuses qu'il éprouve de la part d'un tribunal composé de signataires d'adresses fédéralistes. Ce citoyen est renvoyé au Comité des défenseurs officieux ; Bassal et Dumas sont en outre nommés commissaires pour l'accompagner au Comité de sûreté générale, où il dénoncera les signataires. — On renvoie au Comité de correspondance une pétition do la Société de Tournon-l'Union ', qui demande que la Société des Jacobins lui donne de nouvelles cartes, attendu que les anciennes ont été brûlées, parce que la signature d'Hébert s'y trouvait. — Fressinet envoie de .Nîmes trois épis de blé germes cette année, et dont la longueur est déjà de deux pouces. — Une députation est nommée pour aller porter à la Convention nationale ces trois épis, présage favorable d'une récolte abondante et |)récoce.]

La séance est levée à dix heures.

PRÉSIDENCE DE LEGE.NDRE

[Les Sociétés de Bounnont, de Varennes-en-Argonne, de Montdidier, de Belleville, de Vesoul, de Castres, de Valence, etc., applaudissent au châtiment des conspirateurs. — La Société populaire de Cherbounj écrit que les trésors de Pitt ne corrompront jamais ses membres. — La Société de Lille envoie le procès-verbal de sa séance du l*"" germinal; on y lit qu'un membre a proposé que, le jour du combat qui va bientôt être livré, tous les citoyens se portassent en masse en seconde ligne, pour encourager les soldats peur ramasser les blessés, ramener les prisonniers, et prêter main-forte aux combattants en cas de besoin. — Un autre a demandé « que la Société marchât en corps à la tète de cette nouvelle armée, et que tout membre qui serait assez lâche pour ne pas partager le péril de ce grand jour fût déclaré incapable de porter le nom de Républicain. » — Un troisième a demandé qu'on écrivît au commissaire ordonnateur pour faire aménager des litières commodes pour des blessés. Cette dernière proposition a été adoptée. — La Société de Bar-sur-Aube demande qu'on empêche des commerçants d'exporter du sucre fondu sous la forme de sirops de France en Suisse par Belfort. Renvoyé aux Comités de commerce et d'agriculture*.

Le citoyen Desenne, sculpteur, présente à la Société le buste de Chalier. — Lacombe saisit cette occasion pour annoncer que la police a donné ordre de resserrer tous les bustes de ce martyr de la liberté*. Il demande que la

1. Cest probablement le nom révolutionnaire de Tournon-Saint-Martin Jndre].

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