C'était Duhem. Voir pins haut, p. l-ii
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tation nationale, et qu'elle surveillera sans cesse tous les ennemis du peuple, on arrête que la rétlaclion du procès-verbal sera renvoyée au Comité de correspondance, pour recueillir tous les détails de la séance et répondre par là aux calomnies vomies contre les plus chauds défenseurs de la liberté et de l'égalité.
Une députation de la Société de Salon, département des Bouchesdu-Rhùne, fait lecture d'une adresse qu'elle a présentée à la Convention nationale.
in membre, député de la Société des antipolitiques d'Aix^ retrace les manœuvres des aristocrates dans ce département, où l'on a tenté, par des émeutes populaires concertées, d'ouvrir les prisons à tous les détenus.
One députation de la Société de Marseille parle ensuite dans le même sens. « To.ut le département des Bouches-du-Rhône, dit-elle, a repris, à la deuxième année de la République, l'attitude imposante qu'il avait prise en 1789. Tous les patriotes de ces contrées ont les yeux ouverts sur les Jacobins de Paris ; ils attendent tout de leur énergie. Si les Parisiens pouvaient être opprimés, nous leur apporterions les mêmes secours que contre le tyran. Nous ne savons, finitelle, que parler franchement et combattre avec force. »
L'accolade fraternelle est donnée par le président aux deux députations, au milieu des applaudissements unanimes et prolongés.
La Société arrête ensuite que le procès-verbal de ce jour sera imprimé et envoyé à toutes les Sociétés affiliées. Les adresses de Grenoble et les discours des Jacobins de Salon et de Marseille, ainsi que les réponses du président, seront imprimées à la suite dudit procèsverbal.
Séance levée à dix heures du soir.
Signé : Raisson, vice-président : Vol'lland, ex-président ; •AuvREST, secrétaire ; Moxestier (du Puy-de- Dôme), député, secrétaire.
PRÉSmENCE DE DELMAS
.Après la lecture de la correspondance, Duquesnoy prend la parole sur une lettre de quatre citoyens d'Arras, incarcérés à Paris, et qui
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sollicitent l'apimi des Jacobins pour obtenir leur liberté. « Vous vous êtes déclarés les défenseurs officieux de Tinnocence opprimée, dit Duquesnoy, mais vous ne voulez pas être les apologistes et les soutiens des complices de Robespierre. Or, les quatre individus d'Arras, qui vous écrivent aujourd'bui pour solliciter vos bons offices, ont soutenu le i)arli du tyran, même après sa chute ; ils ont tenté de faire lever le peuple d'Arras, et l'ont pressé de voler k la défense de leur ami. C'est moi qui les ai fait arrêter d'après les renseignements que j'ai reçus sur leur conduite; je demande que la Société passe à l'ordre du jour sur la pétition. » [Adopté.)
« II y a, continue-t-il, dans les prisons, douze à quinze autres citoyens de la uiéme commune, que je crois patriotes ; la Société peut leur accorder des défenseurs officieux. » {Renvoyé au Comité.)
Monestier fait lecture du procès-verbal de la séance du 23 fructidor, dont la Société arrêta l'impression dans une séance précédente.
Le rédacteur s'était servi de l'ancienne expressien de Sociétémère ; mais les amis de l'égalité, convaincus que toute dénomination qui semblerait rappeler toute idée de prééminence et de supériorité ne convenait pas entre des frères parfaitement égaux entre eux, arrêtent que désormais on ne se servira plus de ces expressions : la Soclélcmère., et abjurent ce vain titre'.
Le rapporteur du Comité de présentation fait lecture d'une liste de candidats dont il propose l'admission dans la Société,
Cette liste est adoptée.
Un membre demande si ces candidats ont produit un certificat qui constatait la conduite qu'ils ont tenue dans la nuit du 9 au 10 thermidor.
Le rapporteur observe que c'est la première demande que le Comité leur a faite, et à laquelle tous ont satisfait.
Carrier. — On publie partout que nous sommes les continuateurs de Robespierre. Quoique les invectives ne puissent pas plus nous atteindre, que les brouillards n'atteignent l'astre du jour, nous devons cependant ne rien négliger pour que nos lumières ne puissent pas être absorbées par les nuages, dont on veut nous couvrir. Je crois donc que nous éclaircirons l'horizon en mentionnant dans nos procèsverbaux que tous les candidats sont tenus de nous prouver leur conduite dans la nuit du 9 au 10 thermidor.
1. Cet am-té fui pris sur la motion de Carrier et de Raissou. Aniutles patriotiques, p. 30H.)
« Nous ajouterons, reprend Levasseur, que pour être Jacobin, il faut avoir démoli la Bastille, assiégé le château des Tuileries, voté la mort du tyran, et prononcé l'arrêt fatal des Brissot, Gorsas et compagnie. » {Applaudi) *.
Un citoyen de Marseille fait lecture d'une adresse de la Société populaire de cette commune *.
Après cette lecture, l'orateur ajoute : « Je ne vous ai donné connaissance de cette pièce que pour vous faire connaître l'esprit qui règne parmi les patriotes de Marseille, Jamais peut-être circonstance ne fut plus défavorable pour eux, mais en même temps plus capable de faire briller leur zèle et leur énergie. Depuis l'entrée de l'armée républicaine dans Marseille, la calomnie s'est attachée aux patriotes de cette commune. Lorsque le représentant Maignet est venu parmi nous, nous avons enfin respiré ; il a été l'ami des patriotes, il les a serrés entre ses bras
« Le système d'aujourd'hui paraît être le même que celui d'autrefois. En ce moment, on incarcère les pak-iotes sous les mêmes prétextes que ceux qu'on alléguait jadis ; les uns sont accusés d'exactions, les autres de sentiments et d'actions fédéralistes. Vous avez vu le président et l'accusateur public du tribunal criminel de Marseille traduits au Tribunal révolutionnaire pour cause de fédéralisme ; vous avez pris leur défense, et leur innocence a été reconnue. C'est ainsi que, du temps des Barbaroux et consorts, nous fûmes accusés d'être fédéralistes : aujourd'hui le même système se reproduit ; il parait avoir la même cause. .Yous sommes encore sous le couteau de l'aristocratie, qui, tous les jours, obtient sa liberté. Les patriotes du Midi sont debout
« Nous vous le répétons : le seul moyen de faire triompher la liberté et de repousser la mort qui les menace, c'est d'écraser les oppresseurs d'un bout de la France à l'autre. Les hommes libres sont d'accord sur ce point ; de toutes parts, ils émettent le même vœu et font le même serment; ils savent que, tant que raristocra,tie existera,
1. Nous reproduisons ce discours de Levasseur et celui de Carrier, d'après les Annales patriotiques. Le Moniteur dit seulement : « Carrier désire que le rapporteur annonce désormais à la tribune que tous les certificats ont été vérifiés par le Comité, et que tous les procès -verbaux fassent mention du visa. » {Adopté.)
2. Cette adresse est imprimée dans le Journal de la Montagne, numéro du :J0 fructidor, t. III, p. 1134. Elle fait connaître que Jeanbon Saint-André est venu à la Société de Marseille et qu' « il y a parlé principes et Révolution en véritable montagnard ». De plus, Jeanbon Saint-André a expliqué pourquoi il avait accusé certains Marseillais de fédéralisme, dans un arrêté du 13 fructidor.
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ils seront persécutés, et que la liberté sera, pour ainsi dire, en tutelle. Les aristocrates nous ont livré une guerre à mort ; il nous faut donc aussi la leur déclarer. {Oui, oui! s'écrie toute l'assemblée.)
« Oui, les patriotes du Midi veulent se lever, mais avec la Montagne, mais avec la Convention. C'est d'elle qu'ils attendent la liberté et la vie, et ce n'est qu'en la secondant qu'ils veulent conquérir et conserver ces dons, les plus précieux que nous ait faits la nature. Mais enfin ce n'est pas assez que de s'asseoir sur la Montagne, il faut en professer les principes. La place que nous occupons peut bien supposer les sentiments d'amis du peuple, mais elle ne les donne pas. Qui constitue et caractérise le véritable ami du peuple et de la liberté ? C'est le respect que nous témoignons pour les lois révolutionnaires, et l'inflexible rigueur avec laquelle nous poursuivons partout leur exécution. »
L'orateur termine en demandant que les patriotes du Midi continuent de fraterniser avec les Jacobins , qu'ils fassent taire la calomnie, et qu'ils empêchent par leur sagesse et leur zèle les conspirateurs de triompher. [Ce discours reçoit de nombreux applaudissements.)
Un autre citoyen de Marseille prend la parole : « Ennemis des tyrans, amis de la patrie et de la liberté, c'est à vous que je parle. Rome vit naître dans son sein les Brutus et les Scœvola ; je me présente pour marcher sur leurs traces. Plus heureuse que Rome, la République française ne flotte pas dans une incertitude aussi triste ; Rome n'eut qu'un Brutus, et la France en j^roduit des milliers. »
L'opinant fait ensuite un tableau très animé des malheurs et des maux sans nombre enfantés par la tyrannie ; il se plaint aussi de l'incarcération des patriotes et de l'élargissement des contre-révolutionnaires. Après avoir fortement invité les Jacobins à venir au secours de l'innocence opprimée, il termine par cette profession de foi : « République une, indivisible et démocratique ; gouvei'nement révolutionnaire; élargissement des patriotes; guerre éternelle à V aristocratie. » [Applaudissements.)
Duhem fait part que le père du citoyen qui vient de parler a été une victime du fédéralisme, et qu'il est mort en héros de la liberté.
Loys annonce que ce citoyen, nommé Barthélémy, a été enfermé pendant quatre mois avec son malheureux père, que les fédéralistes ont égorgé, et que son frère a été aussi plongé pendant quatre mois dans les cachots de Commune-Afl"ranchie, par les rebelles de cette cité. Il observe qu'il n'y a guère de familles aussi intéressantes dans la République. {Applaudissements.)
[i.i SEPTEMBRE 1794] SOCIÉTÉ DES JACOBLXS
[Un citoyen, ci-devant soldat au 34* régiment, s'adresse à la Société pour se faire réintégrer dans son régiment, qui Ta expulsé. Renvoyé aux Comités d'administration et de correspondance. La Société arrête l'insertion au Journal de la Montagne d'une adresse de la Société de Valence '. »]
Duhem fait part à la Société qu'il a été mis aujourd'hui en avant, à la Convention, une motion tendant à divulguer les secrets de l'Etat ; celte motion consistait à demander que la Convention connût ce qui se passe à Meudon*. Il déclare que ce sont des expériences très utiles à la République que l'on fait dans cet endroit, et que les hommes qui les font sont les mêmes que ceux qui ont donné le télégraphe, par le moyen duquel le Comité de salut public correspond avec les armées trois fois dans une demi-journée, et le ballon observateur qui a tant contribué à la victoire, qui a immortalisé les Français dans les plaines de Fleurus. Fourcroy et Guyton sont continuellement occupés à ces expériences, d'après un arrêté du Comité de salut public. L'orateur se plaint de certains individus qui l'ont obsédé pour lui arracher le secret de ce qui se passe à Meudon, et qui prétendaient qu'on y a fait des découvertes contre-révolutionnaires; il parle des folliculaires, qui fatiguent les oreilles des bons citoyens en demandant la liberté de la presse, et qui ne prouvent que trop par leurs pamphlets, calomniateurs outrés des opérations du gouvernement, que cette même liberté existe. Il termine en déclarant que la seule punition qu'on puisse leur infliger, c'est de les traîner dans la boue.
Vadier. — J'ajouterai quelques observations à ce qu'a dit mon collègue Duhem. Il n'y a pas de jour et de moment où l'on ne combine les moyens de détruire les Jacobins et la République, qui ne font qu'un. Depuis que l'on a osé mettre en avant cette opinion, des hommes qui ne parlent jamais ont pris la parole pour l'appuyer. L'ombre de Roland, le docteur Lanthenas, a prétendu qu'il n'y avait plus de Jacobins qu'à la Convention. Depuis le moment oii l'on a dit qu'il n'y avait plus de Montagne, on a commencé à saper les fondements de la République. Qui est-ce donc qui a sauvé la liberté au 31 mai, au 10 août, au 9 thermidor, si ce n'est la Montagne? Peuton jamais assimiler le Marais à la Montagne dans aucune hypothèse? 11 est aussi impossible qu'un ennemi furieux de la liberté en devienne le soutien et le défenseur qu'il est impossible à un tigre de devenir une colombe.
1. Nous donnons cette partie entre crochets d'après le Journal de la Montagne. L'adresse, dont il est ici question, est imprimée dans ce journal, à la suite de celle de Marseille.