Tout ce discours est extrait du Journal de la Montar/ne
2. Cette séance importante est rapportée à peu près dans les mêmes termes l^ar le Moniteur, le Journal de la Moniarjne et la Feuille du Salut public. Nous. donnons le texte du premier de ces journaux, sauf pour le commencement de la défense de Dufourny, où nous suivons le Journal de la Montagne, qui est plus complet.
3. Ce décret avait été arrêté en principe sur la proposition de Vadier et de
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Robespierre. — Puisque l'on convient qu'il s'est passé un événement intéressant pour la liberté; que les opérations sublimes de la Convention viennent encore de sauver la patrie, si elle persévère dans ses opérations, si elle continue de distinguer Tinnocence d'avec l'aristocratie, si enfin elle se montre aussi soigneuse de protéger l'une que de frapper l'autre ; puisque l'on convient de tous ces faits, je demande que la conjuration soit à l'ordre du jour; que, si quelque bon citoyen peut développer les circonstances affreuses qui dérivent du principe de cette conspiration, s'il peut vous faire part des détails importants qui n'ont pas été connus jusqu'à présent, qu'il monte à la tribune, et qu'il fasse connaître toute la profonde scélératesse des conspirateurs qui voulaient nous entraîner dans le précipice où seuls ils sont tombés. C'est de cette manière que nous porterons des coups terribles ; c'est ainsi que nous écraserons les ennemis de la liberté, et non par des mesures partielles et inconsidérées ; c'est en allant droit à eux, c'est en les attaquant en face et avec acharnement, c'est en plongeant dans leur cœur le poignard de la justice, que nous pourrons délivrer la liberté de tous les scélérats qui veulent la détruire.
Cet ordre du jour doit sans contredit l'emporter sur celui que vous a proposé Châles. Et qu'importe que la Convention oblige chacun de ses membres à rendre compte de sa fortune? N'est-il pas évident que les fripons seuls pourront échapper à la rigueur de celte«mesure? Les fripons ont leur fortune en portefeuille ou chez l'étranger. Brissot se disait pauvre, et l'on sait qu'il avait des maisons à Londres ; Chabot disait qu'il n'avait pas touché la dot de sa femme ; tous les coupables qui ont péri par la main de la justice se disaient pauvres. Les scélérats diront toujours au peuple : « Nous sommes pauvres et incorruptibles ; vous ne pouvez pas prouver que nous sommes riches. » Citoyens, regardons comme un principe^invariable de ne jamais présenter au mauvais citoyen le moyen de se ranger parmi les patriotes ; exigeons d'eux des preuves qui appartiennent exclusivement aux patriotes, et rejetons tout ce qui peut être commun aux patriotes et aux aristocrates. Les patriotes sont purs ; s'il en est à qui la fortune ait accordé des dons que la vertu méprise et que la cupidité seule estime, ils sont bien loin de vouloir les cacher ; ils n'ont pas de plus grand désir que d'en faire un noble usage ; il n'y a que les conspirateurs qui mettent leur intérêt à les soustraire à la vue du peuple. Les preuves que nous devons exiger, c'est une vie dont les moments
Couthon, et renvoyé au Comité de salut public pour la rédaction. Moniteur, t. XX, p. 143 ; Procès-verbal de la Convention, t. XXXV, p. 1.
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soient tous marqués par des actions vertueuses, une vie remplie de sacrifices faits à la patrie. Qu'importe que Ton ait monté sa garde et payé régulièrement ses impositions? Qu'importe que l'on me dise : « Tu ne prouveras pas que ma fortune ait augmenté depuis la Révolution ? » Il faut renvoyer au temps de La Fayette les moyens qui n'étaient mis en usage que par ses amis et ses partisans. C'est avec dételles preuves qu'ils prétendaient être les seuls patriotes; eux seuls possédaient au suprême degré le patriotisme, parce qu'eux seuls pouvaient remplir les formalités qu'ils exigeaient eux-mêmes pour être patriotes. Ce n'est donc pas par le nombre de gardes qu'ils ont montées ou qu'ils ont fait monter pour eux, qu'il faut juger les hommes, mais par le sacrifice continuel de leur ambition et de leur orgueil à la cause de la patrie. Il résulte de là que la proposition faite à la Convention d'obliger tous les membres à rendre compte de leur fortune n'est pas aussi importante qu'elle le paraît au premier coup d'o.vil. Je sais qu'elle part d'une âme honnête et juste, mais elle ne présente pas des résultats heureux.
En déjouant les conspirateurs, nous n'avons pas encore atteint le but auquel nous tendons. Tant qu'il y aura une ligue de tyrans conjurés contre la France, la liberté sera exposée à de grands dangers. Cette réflexion doit soutenir votre justice et notre vigilance, et nous engager à ne pas abandonner les grandes mesures que nous devons prendre. J^rapper l'aristocratie, dès qu'elle paraît vouloir devenir insolente, lui arracher le masque dont elle se couvre, voilà l'ordre du jour. Epouvantons l'aristocratie, de manière non seulement qu'elle ne puisse plus nous attaquer, mais qu'elle n'ose pas même essayer de nous tromper. D'un autre côté, protégeons l'innocence, et ravissons à la tyrannie l'affreux espoir de détruire les patriotes ! [De vifs applaudissements se font entendre.)
La proposition de Robespierre est adoptée.
Arthur. — J'étais appelé pour déposer au Tribunal révolutionnaire des faits importants à la charge des conjurés. Le jury s'est trouvé suffisamment instruit, et je n'ai pu être entendu. D'après la motion de Robespierre, je viens déposer dans votre sein ce que je devais dire au Tribunal. En 1790, Danton fut porté par le district des Cordeliers à la place de notable de la commune de Paris ; il fut rejeté par l'aristocratie; mais Mirabeau, qui influençait l'Assemblée, le fit nommer au département. Depuis cette époque, Danton ne fit plus parler de lui ; mais il reparut sur la scène politique à la mort de son protecteur. Cette conduite prouve qu'il ne parlait en public que pour obtenir des places. Danton fut nommé commissaire dans la Belgique.
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A son retour, il fit un éloge pompeux de Dumouriez, que l'on savaiêtre venu à Paris pour sauver Capet. 11 proposa de faire dans Paris une insurrection pour sauver la Belgique, et alors la Belgique était évacuée. Il avait formé le projet de faire assassiner les citoyens de Paris par les aristocrates. Il vint à la mairie, et dit au maire : « Il faut qu'il y ait une insurrection; j'ai de l'argent à ma disposition; j'en dont nerai, s'il le faut; il est indispensable que le peuple marche et que la Convention soit purgée. » Il est évident que Danton voulait fournir à Dumouriez un prétexte pour marcher sur Paris. Si l'on avait touché aux membres de la Convention, Dumouriez aurait dit à ses soldats : « Je vous conjure, au nom de tous les départements, de marcher et de punir la ville de Paris, qui a violé la représentation nationale. » L'insurrection n'a pas eu lieu, et Dumouriez a été obligé de dire aux soldats que c'était au nom du roi qu'il marchait sur Paris. Les soldats ont reconnu le piège, et nous avons été sauvés. L'argent que Danton possédait fut offert à Santerre ; mais il ne fut pas distribué assez promptement pour faire naître un mouvement. Le 10 mars, Desfieux et le commandant des Marseillais voulurent faire une insurrection ; ils allèrent à la Commune où se trouvaient alors une foule de citoyens. On annonça qu'il était question de tirer le canon d'alarme, de sonner le tocsin. La Commune montra beaucoup de fermeté ; elle déclara qu'il y aurait peine de mort contre ceux qui voudraient tirer le canon d'alarme, sonner le tocsin, fermer les barrières, etc. Une députation arriva en même temps, et la fermeté qu'elle déploya lui imposa tellement que Fournier l'Américain n'osa pas lire la pétition dans laquelle il devait demander une insurrection.
L'orateur développe ensuite le projet formé par Bonhomet et d'autres individus de faire une insurrection à l'époque du 24 mars. On devait se rassembler au Champ-de-Mars, sous prétexte d'un repas civique célébré en réjouissance de la réunion des sections de Bon- Conseil et des Lombards. Un courrier devait arriver sur ces entrefaites et apporter les plus mauvaises nouvelles. Alors tous ceux qui voulaient une insurrection seraient rentrés dans Paris, se seraient répandus dans les sections pour les engager à se lever en masse et à marcher au-devant de l'ennemi. Il fait part ensuite que, le 28 du mois d'août, il demanda au représentant Delacroix s'il y avait quelques nouvelles, et que celui-ci lui répondit : « Nous en recevons de très mauvaises ; des armées nombreuses sont sur notre territoire, et nous n'avons que très peu de moyens. Il faut nécessairement
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qu'un chef ?e mette à la tête des afTaires, sans quoi nous sommes perdus. L'orateur termine en annonçant qu'ayant rencontré le nommé Du[)lain, au moment où Danton venait de partir pour Arcissur-Aube, Duplain lui dit que Danton était de très mauvaise Immeur, qu'il regardait les mesures que l'on prenait comme contre-révolutionnaires; qu'en conduisant Marie-Antoinette à l'échafaud on détruisait l'espoir de traiter avec les puissances étrangères ; que Custine avait été jugé trop légèrement, et que cette conduite envers nos meilleurs généraux nous mettait dans l'impossibilité de vaincre.
Levasseuv rappelle l'audace avec laquelle Delacroix vint rendre compte à la Convention de la conduite qu'il avait tenue dans la Belgique et de l'effronterie avec laquelle il soutint qu'il n'avait commis aucune dilapidation. Il instruisit la Société que le district de Béthune écrivit, lors de l'évacuation de la Belgique, qu'il avait arrêté deux voitures chargées de caisses remplies d'effets, et que les voituriers, qui n'avaient pas de passeports, avaient déclaré que ces caisses appartenaient à Danton et à Delacroix. Ces deux individus ayant eu connaissance de cette pièce, ils se la firent remettre par un commis du Comité de correspondance, et le Comité de salut public n'en fut point instruit. Ils vinrent ensuite à la Convention se plaindre de ce que le district de Béthune avait arrêté leurs malles, et par ce stratagème trompeur ils obligèrent ce district à relâcher les voitures.
Châles fait part que Delacroix avait pris la défense de Chabot, et qu'il avait osé dire que, malgré ses scélératesses, il était très politique de lui pardonner,
Arthur ajoute que Delacroix avait épousé une ci-devant comtesse, ■qui avait un tabouret chez Madame. Cet homme avait acheté beau- •coup de meubles d'émigrés, et dans les nombreux envois qu'il fit de ces objets dans le village d'Anet, sa patrie, on trouve des linges marqués au chiffre de l'archiduchesse d'Autriche, gouvernante des Pays-Bas.
Un citoyen annonce que Simond * a solhcité en sa présence la liberté de plusieurs personnes suspectes du Mont-Blanc, et qu'il a dit qu'il ne voulait être d'aucun Comité de la Convention, parce qu'il n'aimait pas le sang. Ainsi cet homme, par les calomnies les plus iperfides, avilissait ouvertement la Convention nationale.
1. Simond avait été arrêté en même temps qu'Hérault de Séchelles, quelques jours avant Danton, pour avoir essayé de faire relâcher un prisonnier. Le jour même de cette séance des Jacobins, Vadier avait fait à la Convention un rapport pour établir que Simond, Dillon, G. Desmoulins et plusieurs autres accusés avaient essayé de soulever les détenus. Moniteur, t. XX, p. 142.
Un autre citoyen annonce que, dans le temps de la nomination de La Fayette à la place de commandant de la garde nationale parisienne, Danton déclara que celte nomination n'était que provisoire, et qu'il faudrait bientôt nommer le ci-devant duc d'Orléans.
Garnier {de Saintes) présente les détails qu'il a déjà donnés à la Convention sur sa mission dans le département de la Sarthe. Il parle des calomnies odieuses et des bruits injurieux répandus contre la représentation nationale, du projet formé par les conspirateurs, amis intimes de Philippeaux, d'exciter une insurrection contre la Convention ; des injures faites aux représentants, que l'on traitait de contrerévolutionnaires, parce qu'ils frappaient courageusement tous les ennemis masqués du bien public. Il déclare que le moyen qui devait être employé pour exciter un mouvement populaire était la famine. Un administrateur des subsistances refusait d'envoyer des denrées dans les districts qui en manquaient, tandis qu'il en procurait abondamment à ceux qui n'en avaient pas un besoin aussi pressant. Les conspirateurs ont jeté les hauts cris quand il a fait arrêter un prêtre contre lequel il avait des faits graves. Les écrits de Philippeaux ont été répandus avec profusion ; la Société d'Alençon, qui en avait reçu, les a voués à l'exécration, et elle a voté une adresse de félicitations au représentant dans le département de la Sarthe. Garnier annonce que six conspirateurs sont arrivés au Tribunal révolutionnaire et que quatre autres sont près d'y arriver. Après avoir présenté quelques réflexions sur les troubles que les conspirateurs fomentaient, il termine ainsi : « Si nous nous purgeons, c'est pour avoir le droit de purger la France. Nous ne laisserons aucun corps hétérogène dans la République : les ennemis de la liberté doivent trembler, car la massue est levée ; ce sera la Convention qui la lancera. Nos ennemis ne sont pas aussi nombreux qu'on veut le faire croire ; bientôt ils seront mis en évidence, et ils paraîtront sur le théâtre de la guillotine. On dit que nous voulons détruire la Convention : non, elle restera intacte ; mais nous voulons élaguer de ce grand arbre les branches mortes. Les grandes mesures que nous prenons ressemblent à des coups de vent qui font tomber les fruits véreux et laissent à l'arbre les bons fruits ; après cela vous pourrez cueillir ceux qui resteront ; ils seront mûrs et pleins de saveur ; ils porteront la vie dans la République. Que m'importe que les branches soient nombreuses, si elles sont cariées ? Il vaut mieux qu'il en reste un plus petit nombre, pourvu qu'elles soient vertes et vigoureuses. »
Coutkon donne connaissance du complot tramé par Simond, l'ex-
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constituant Tliouret et le ci-devant général Arthur Dillon ; il entre dans les mêmes détails qu'il a présentés à la Convention, et annonce que la prison du Luxembourg devait être ouverte. Les conjurés devaient se porter en foule au Comité de salut public pour en égorger les membres ; ils devaient, après cela, délivrer les conspirateurs Danton, Delacroix, etc., et massacrer les membres du Tribunal révolutionnaire ; les issues de la Convention et des Jacobins devaient être occupées afin d'empêcher la réunion des patriotes ; le petit Capet devait être tiré du Temple^ et proclamé roi sous la régence de Danton.
Vadier. — Je demande la parole pour faire connaître un fait relatif à un individu qui avait paru jusqu'ici patriote. M'étant trouvé dernièrement dans l'anti-salle du Tribunal révolutionnaire, j'y vis Dufourny, avec lequel je m'entretins sur TafTaire de Danton et des conjurés ; il me dit qu'il n'y avait aucune preuve à alléguer contre la conduite passée de Danton. J'ai été étrangement surpris de voir Dufourny douter des crimes de Danton, après son fameux voyage à Londres, après tous les faits consignés dans le rapport de Saint- Just. Je déclare que depuis longtemps j'observais Dufourny, et que je ne savais que penser de son assiduité opiniâtre au Comité de sûreté générale.
Dufourny. — Ayant été chargé d'une mission pour arrêter les gens suspects, j'étais obligé d'aller très souvent au Comité de sûreté générale pour lui faire part des découvertes que j'avais faites. Étant à la poursuite de Proly et des Prey, je ne pouvais pas m'exempter d'avoir des relations avec ceux qui les fréquentaient, et c'est pour cette raison que je parlai à Fabre d'Eglantine, qui me parut un intrigant souple et adroit. Si je l'ai fréquenté, c'est parce que je cherchais à découvrir quelques indices de la conspiration de Proly et autres.
Vadier affirme qu'il n'y a pas deux mois que Dufourny était attaché très assidûment au Comité de sûreté générale. Il présente quelques observations sur les indices que Dufourny dit avoir donnés au Comité et rappelle que l'une de ces pièces était un écrit de Philippeaux, qui ne servit à rien. — J)ufourny répond qu'il était obligé de donner toutes les pièces, même celles qui venaient de la part de Philippeaux. — Un membi^e annonce que Dufourny a dit au Tribunal qu'il n'y avait aucun fait plausible contre Danton, tandis qu'il était constant que Barère, membre du Comité de salut public, avait été du Club des Feuillants.
Une citoyenne des tribunes rapporte que Dufourny lui a dit au Tri-
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bunal, en parlant du rapport de Saint-Just : « De quoi se mêle Saint- Jiist ? Il ne lui appartient pas de juger personne. »
Un citoyen des tribunes rapporte que, s'étant trouvé sur la place de la Révolution, lorsque l'on venait de guillotiner quatre individus, plusieurs citoyens dirent entre eux : a Voilà quatre scélérats de moins ! » Et qu'alors Dufourny répliqua : « Qu'en savez-vous ? Il Ci^t si facile de perdre un homme ! » — Dufourny nie formellement ce dernier fait. II répond à la citoyenne qui l'a dénoncé que, n'ayant pas assisté aux délibérations du Tribunal, il ne savait pas quelles preuves on citait pour constater les crimes des accusés, et que, dans cette idée, il demandait que l'on daignât attendre les éclaircissements nécessaires pour pouvoir prononcer sur leur compte. Il prétend avoir dit à la citoyenne que le rapport du Comité de salut public n'était pas suffisant pour juger, que la Convention ne voulait pas, en décrétant d'accusation un individu, faire naître contre lui un [)réjugé défavorable, et qu'il fallait attendre la décision du Tribunal. Quant au reproche qui lui est fait relativement à Barère, il répond qu'il a pu dire que Barère avait été du Club des Feuillants, puisque le fait est vrai * .
Robespierre. — Je suis loin de vouloir faire un crime de l'opinion que l'on peut avoir sur un individu. Jfe ne veux pas douter de la probité d'un homme, quand elle est aussi bien attestée que celle de Dufourny est attestée par lui-môme. Je laisse de côté toutes ces choses pour ne vous parler que de l'ensemble de la conduite de Dufourny. Il fréquentait, il n'y a pas longtemps, le Comité de sûreté générale ; jadis c'était le Comité de salut public. Il assistait à toutes les délibérations, il ne pouvait pas manquer à une séance ; c'est une preuve de son zèle excessif pour le bien public ! Il avait pour prétexte sa qualité de président au département de Paris. Il y avait une telle affectation dans ses assiduités que je lui dis: « Yous assistez trop régulièrement à nos délibérations ; il me semble que votre premier devoir serait de faire mettre en arrestation tous les aristocrates qui nous entourent. » Il n'y avait pas alors d'autorité qui pût les arrêter autre que le département de Paris. Toujours ils furent tranquilles ; toujours Paris fut cerné par eux ; ils affluaient dans tous les lieux voisins de cette commune. Le président du département, malgré son patriotisme et sa probité, a donc alors oublié le premier de ses devoirs, celui de dissiper les rassemblements.
1. Jusqu'ici nous avons reproduit la défense de Dufournj- d'après le Jom-nal de la Montagne.