‹ La société des Jacobins; recueil de documentsChapitre 101 sur 243 · MARS 1T91J ASSEMBLÉE JACOBITE · texte numérisé non relu

MARS 1T91J ASSEMBLÉE JACOBITE

Je voudrais pouvoir dire le même bien d'un autre ministre qui, malheureusement, quoi qu'en aitjugérAssemblée nationale, aconservé l'esprit de l'ancien ministère. M. de Montmorin, puisqu'il faut le nommer, ne nous a témoigné ni la même confiance, ni les mêmes égards. En vain lui avons-nous répété plusieurs fois que nous venions en votre nom : il semblait se refroidir davantage. Il ne nous a dit que des choses insignifiantes et vagues, quoique consolantes. Il a refusé tous les détails, disant qu'il ne les devait qu"à l'Assemblée nationale, comme si vous n'en partagiez pas, vous n'en dirigiez pas tous les travaux. Nous sommes sortis fort mécontents, non point à cause de notre réception personnelle, mais à cause de vous, dont nous étions les représentants. [La Société témoigne, par de lotigs et bruyants murmures, son propre mécontenteynent.) Ce ministre n'est pas de nos amis. Il faut donc le veiller de près; examiner ses projets, les contrarier, tel est notre devoir. [On applaudit .)

31.... M. le ministre de la guerre, que je ne puis plus louer après M. Broglie, ou plutôt vous. Messieurs, par son ministère, venez de me nommer lieutenant général en second des troupes de ligne d'.\lsace. Je viens vous en faire mes remerciements.Demain je pars. Mais, avant que de partir, je viens faire devant vous mon serment ; en le présentant au milieu de cette auguste Société, c'est comme si je le prêtais devant l'Assemblée nationale. (Applaudi à plusieurs 7'eprises.) 'Je jure donc d'être fidèle à la nation, à la loi et au roi; de maintenir de tout mon pouvoir au dedans et au debors la constitution décrétée par l'Assemblée nationale et le respect dû à cette Société, qui seule a bien connu toute la latitude de la liberté. [La salle retentit d'applaudissements.)

Plusieurs voix crient qu'il faut dès ce moment discuter toute la conduite de M. de Montmorin; d'autres veulent qu'à cause de la mauvaise réception faite aux députés de la Société, on le dénonce au Comité des recherches et ensuite à l'Assemblée nationale, pour qu'elle renvoie l'affaire aux tribunaux. M. Yoiilel offre ses services. Après de grandes agitations et un long tumulte, on passe à l'ordre du jour : c'était le remplacement des droits d'entrée.

Un commissaire au bureau des impositions est monté à la tribune: « Messieurs, il faut changer tous les impôts. Ils étaient tyranniques et destructeurs; mais on peut conserver le mode en le déguisant. [Applaudi.) Il n'y a, selon moi, rien de si facile que de remplacer les droits d'entrée, il n'y a qu'à doubler l'impôt sur les chevaux, sur les voitures et sur les domestiques, et, si cela ne suffit pas, il n'y a qu'à le tripler. C'est ainsi que faisait l'ancien gouvernement, qui entendait bien cette partie. Quand il n'avait pas assez d'un vingtième, il en met-

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