DISCOURS DU CURÉ D'ISSY-L'ÉVÊQUE AUX JACOBINS
d'après « le lendemain » DU 2i MARS 1791
[20 mars 1791 '.]
« Je viens offrir à cette Société les prémices de ma liberté. Malgré la calomnie de mes ennemis, elle a toujours reconnu mon patriotisme, et j'ose dire que c'est par ses soins que je me trouve hors de l'esclavage. Le despotisme n'a point encore perdu tous ses droits; j'en ai été pendant huit mois la victime, mais ce malheur n'éteindra pas en moi le patriotisme pour y faire naître le ressentiment. Non, Messieurs, mon cœur est toujours Je même, mon courage n'a point perdu sa force. Je. renouvelle donc, en votre présence, le serment prononcé; je suis né patriote, je vivrai et mourrai dans ces sentiments. »
Ce discours, dans la bouche d'un infortuné, a été applaudi, et l'assemblée a décidé que M. le ciu'é aurait un billet d'entrée à ses séances tant qu'il serait à Paris 2.
. [Le Journal des patriotes, dans son n° XXIX, s'élève contre la théorie que l'Assemblée nationale et la nation ne font qu'un, et que l'Assemblce a droit à la même obéissance respectueuse que le peuple souverain, et il ajoute :]
M. du Port a raisonné tout à fait dans le même sens aux Jacobins, le 21 mars, quand il a dit mot à mot : « Il faut environner de toute la surveillance publique les agents du pouvoir exécutif, parce qu'ils sont susceptibles de corruption. Pour les agents du pouvoir législatif, on peut les regarder comme incorruptibles, et, par conséquent, investis de toute la puissance publique. »
1. On a Ml plus haut, p. 211, que l'abbé Carion fut entendu dans la séance du 20 mars ITJl.
2. Le Lendemain ajoute : " Quelle bienfaisance! avec cette carte, apparemment, on ne manque pas de pain. ->
[24 MARS 1791] SÉANCE DU 2i MARS 1791 217
d'après le « JOURNAL DE PERLET » DU 26 MARS 1791
La Société des amis de la constitution de Paris, instruite de la marche des Impériaux dans le Porrentruy^, et persuadée que ces troupes ne sont qu'un noyau pour attirer les mécontents, a arrêté d'écrire à toutes les Sociétés affiliées dans les départements des frontières, afin de les inviter à la plus sévère circonspection, pour ne donner aucun prétexte aux hostilités.
d'après « LE LENDEMALN » DU 31 MARS 1791
Les Jacobins font feu des quatre pieds. Fiers de leurs succès dans le choix qui a été fait des évèques schismatiques, ils portent leur ambition plus loin : ils veulent nommer les ministres. Le sieur Tournon a d'abord proposé modestement de les laisser à la nomination du roi, mais à condition qu'il y aurait un Comité de vérification nationale et un Comité de surveillance.
Le sieur Laclos lui a succédé, et vomi une énorme quantité de bile contre le roi.
Le sieur Barnave a péroré avec moins de fureur sur le même objet, mais a dit la même chose.
[Même séance, parodie '^.]
Le mode d'organisation du ministère occupe sérieusement messieurs les Jacobins.