‹ La société des Jacobins; recueil de documentsChapitre 129 sur 243 · NOUVELLE DÉNONCIATION · texte numérisé non relu

NOUVELLE DÉNONCIATION

d'un grand complot de contre-révolution faite a la tribune des jacobins »

[Mars 1791.]

Ces jours derniers, un honorable membre de l'honorable assemblée jacobite, instruit d'une infinité de projets de contre-révolution dont il a fait intercepter toutes les correspondances par les vénérables frères de la propagande, et qui lui ont été envoyés, escortés de ville en ville par tous les Jacobins du monde, M. Voidel enfin, puisqu'il faut le nommer, croyant que la patrie était en danger, arriva tout couvert de sueur et chargé de sa précieuse découverte. A l'aspect de ce fatras de papiers, l'Assemblée rit et applaudit. Aussitôt tous les membres quittèrent leurs places, entourèrent M. Voidel, et le questionnèrent sur sa découverte. MM. Lameth, Barnave, du Port et Menou, ne pouvant contenir leur joie, crièrent: LEtat est encore sauue/ L'assemblée fit écho.

Le président, ayant pris la sonnette, sonna, et rappela avec sa sonnette les lionorables membres à leurs places. Quelques-uns s'étaient déjà emparés de plusieurs copies de ces projets contre-révolutionnaires. M. Alexandre Lameth, frappé de ce qu'annonçait une de ces copies, demanda le premier la parole en balbutiant ces mots : Arrivée en France des troupes de Vempereur de la Chine, de Tippou-Sa/b et du Grand Mogol. MM. Barnave et d'Aiguillon, annonçant la désertion de nos troupes de ligne pour s'occuper de la culture du tabac, demandaient aussi la parole. M. Voidel la leur disputait; comme il était seul dépositaire de tous ces projets de cuntre-révolution, et qu'il devait reconnaître les plus dangereux, le président la lui accorda. M. Voidel monta à la tribune, et, ayant tiré de sa poche le projet qui lui paraissait le plus à craindre, il dit :

« Messieurs, nous avons plus d'ennemis que nous ne pensons, même parmi nos municipalités. Voilà la perfidie la plus inouïe. La munici-

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