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376 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [2 mai 1791]
0 nation! ô ma patrie! vous avez déjà rendu une partie de vos oracles, et le généreux patriotisme y a prêté une oreille attentive, et il brûle du désir le plus ardent d'être à ce moment si fortuné pour lui.
0 abus destructeurs! vous allez rentrer dans ce néant qui vous redemande à grands cris depuis si longtemps! Des mots vous ont donné naissance, mais aussi un seul va vous détruire. Considérez Fabîme que vous vous êtes creusé; considérez-en la profondeur... elle est inexprimable : c'est là que vous descendrez. Ce beau temps n'est plus, ces beaux jours prétendus de lumière sont éteints pour vous. Vous ne traînerez plus après ces chars de triomphe, que vous promenez si orgueilleusement, ces innocentes victimes qui s'étaient livrées à vous si aveuglément. Ma patrie a parlé, et votre arrêt de mort est prononcé irrévocablement. Abus, l'enfer va vous recevoir dans son sein, le patriotisme va vous y faire rentrer, et, fâché de vous avoir vus prendre de si forts accroissements, il ne vous attirera qu'avec plus de plaisir ; plus de peine il aura à vous y faire descendre, plus sa gloire en sera grande et belle! La France est donc entièrement régénérée. Une nouvelle constitution, établie sur des bases solides et immuables, a rendu à l'homme toute sa dignité, ce beau et sacré caractère qu'il avait en naissant, mais que le plus honteux esclavage lui avait enlevé. Ce grand et magnifique ouvrage va bientôt être consommé.
Un grand nombre de ces insignes abus sont déjà anéantis, et il en existe encore quelques-uns qui ont échappé aux regards de nos nouveaux salons.
■ La constitution civile du clergé est décrétée et acceptée : des églises sont supprimées ; des appointements fixes sont donnés aux ecclésiastiques; enfin les frais du culte sacré de notre auguste religion sont au compte de la nation : elle va reparaître sur le trône le plus brillant et le plus assuré qu'elle ait jamais eu.
Mais des églises supprimées, que fera-t-on des registres qui comportent des actes si nécessaires à la société?
Que fera-t-on des archives, titres et papiers terriers, qui sont et seront si nécessaires à la patrie? Dans quel lieu le public ira-t-il chercher ceux desquels il pourra avoir besoin? C'est ce que l'œil attentif de nos représentants n'a pas encore découvert, car ils n'ont rien statué sur cet objet si important. Mais ce qui doit le plus fixer leur vigilance, c'est l'abus qui existe dans les délivrances des actes de baptême, mariage et inhumation, et dans d'autres parties non moins intéressantes; c'est de voir des bureaux dans des maisons