‹ La société des Jacobins; recueil de documentsChapitre 20 sur 243 · Nous n'avons pas pu rotrouver co dijcrot · texte numérisé non relu

Nous n'avons pas pu rotrouver co dijcrot

[28 .TANv. 1791J SÉANCE DU 28 JANVIER 1791 41

ouvriers fabricants de faïence; ce moyen, a-t-il dit, est de mettre un impôt très fort sur les boutons qui viennent d'Angleterre.

A l'élection du président de rAssemblée nationale, M. Mirabeau a réuni toutes les voix.

Lettre de la Société des amis de la constitution de Besançon, qui donne avis que la frontière de ce côté est réellement menacée.

Députation de la section de la Bibliothèque, dont l'arrêté porte que l'assemblée générale dénonce au procureur de la Commune le Club monarchique et demande la permanence de toutes les sections en ce moment.

Plusieurs membres témoignent des inquiétudes sur des apparences qu'on voudrait enlever le roi ; un membre dit que le Club monarchique est assemblé ce soir aux Jésuites, rue Saint-Antoine.

Rapport sur l'organisation de la garde nationale. M. Barnave et M. Robespierre ont parlé sur cet objet, et inspiré le plus grand intérêt.

Députation de la section des Quatre-Nations qui s'exprime dans le même sens que celle de la Bibliothèque : « Nous ne prendrons, disentils, pour les pauvres, aucune portion venant de mains aussi impures '.»

Députation de la section de la Fontaine de Grenelle; elle dénonce, comme toutes les autres, le Club monarchique, etc.

Députation du 8^ bataillon de la 2" division de la garde nationale, qui vient faire part qu'il a nommé M. d'Aiguillon pour son commandant.

Un membre monte à la tribune pour dire que le conseil général de la Commune n'a trouvé aucun sujet légal dans les dénonciations contre le Club monarchique, mais qu'il a refusé les onze mille livres que ce club offrait de remettre à la municipalité, pour être distribuées aux pauvres par les mains des délégués du peuple.

XYI

d'après le « JOURNAL DES CLUBS »

Un membre a fait la motion de changer la salle où se tenaient les séances, parce qu'elle devenait trop étroite pour le nombre des

i. Le Club inonavcîiique avait offert des secours pour les pauvres. [Noie de l'orifjinal.) — Voir plus haut, p. 28.

42 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [20 janv. 1791]

membres qui s'augmente tous les jours. Il a proposé l'église des Jacobins, et, après beaucoup de discussion, on a ajourné cette question à lundi.

Le président a annoncé que M. de Mirabeau avait eu la majorité pour la présidence de l'Assemblée nationale'.

Adresse des gardes nationales de Lille, qui demandent l'affiliation avec la Société des amis de la constitution et disent que chez eux le thermomètre de Taristocratie baisse tous les jours.

Un membre rapporte qu'il a pris des informations qui le confirment dans le soupçon d'un vo3'age des tantes du roi pour le pays étranger. M. d'Aiguillon prend la parole et dit que la liberté doit laisser à. tous les individus, grands ou petits, le droit d'aller et venir, quand ils le veulent, et où ils le veulent, et où il leur plaît; qu'il n'}- a dans l'empire que le roi et son héritier qui doivent rester pour occuper le trône; qu'ils sont les deux seules personnes qu'on peut empêcher de se déplacer.

La section de la rue des Lombards est venue en députation apporter l'arrêté contre le Club monarchique et sa dénonciation au conseil général de la Commune. Cet arrêté, très bien fait, est motivé sur ce que le club, prenant seulement et exclusivement le sens de la constitution au mot monarchique, paraît annoncer qu'il s'attache uniquement à la couronne, sans s'embarrasser de la nation et de la loi, etc.

La distribution du pain, pour s'attacher la classe indigente du peuple, est aussi vivement représentée connue un délit que le procureur général de la Commune doit poursuivre jusqu'à la punition des coupables.

Les deux commissaires envoyés à Versailles ont fait leur rapport et ont apporté un procès-verbal des Amis de la constitution établis en cette ville. Suivant ce rapport et ce procès-verbal il y a, dans les différentes écuries des gardes ou du château, près de 700 chevaux, tandis qu'il n'y en avait que 70 il y a un mois. Les voitures de la cour paraissaient être disposées pour un départ : des malles étaient chargées, et les armes de ces voitures efFacées.

Les commis de la barrière de Sèvres se plaignent de ce qu'ils ont été obligés de souffrir de la part de troupes de contrebandiers qui ont passé avec des vessies remplies d'eau-dc-vie et le pistolet à la main, menaçant d'incendier leur demeure.

I. Le procès-verbal de la séance de rAsseiublée constituante du 29 janvier 1791 au soir ne donne pas le nombre de voix obtenu par Mirabeau. Il dit seuleuient (p. 42) « fiu'une 1res grande majorité s'est réunie en faveur de M. de Mirabeau».

[29 .T.vNv. 179!] SÉANCE DU 29 JANVIER 1791 43

Les fermiers généraux, à qui ils ont envoyé ces avis, n'ont pas averti la municipalité pour obtenir main-forte, et ce sont les commis eux-mémess qui, lassés de voir que les secours n'arrivaient pas, se sont adressés à l'administration, qui vient d'ordonner des forces suffisantes pour qu'il n'y ait rien à craindre de ce côté.

On a dénoncé que chez M. de la Salle, lieutenant général, était rassemblée toute la maréchaussée ou gendarmerie de l'Ile-de-France ; que ce rassemblement, au nombre d'environ 200, était arrivé avec armes et bagages et sous prétexte d'un ancien décompte à faire. M. Menou a répondu que M. de la Salle était un bon citoyen et a assuré qu'il n'y avait aucun mauvais dessein dans cette affaire purement accidentelle.

Un membre a fait une vive sortie contre la municipalité sur la proclamation qu'elle a rendue en faveur du Club monarchique. M. Biauzat a pris la défense des nouveaux administrateurs; il a exposé combien il était important de ne pas faire tomber dans le mépris ceux qui étaient chargés de faire exécuter la loi. M. d'Aiguillon, en appuyant et approuvant le préopinant, a dit qu'il ne fallait pas non plus que ce corps restât sans action dans un moment où ses commettants attendaient de lui la plus grande activité. On a généralement appuyé la motion d'inviter toutes les sections à tenir tous les jours une séance, jusqu'à ce que la crise actuelle fût passée.

M. de Robespierre a parlé avec force sur la nécessité de surveiller l'administration, et de l'urgence des assemblées permanentes dans le moment actuel.

Une députation de la section des Arcis a témoigné sa reconnaissance pour l'activité patriotique et le zèle que la Société met à soutenir la constitution. La même section fait part d'un arrêté qu'elle a pris, qui dénonce le Club monarchique au conseil général de la Commune.

Un membre a parlé sur l'affaire des chasseurs, sur l'inculpation faite à la Société au sujet d'une lettre adressée aux sections. M. d'Aiguillon a pris la parole pour proposer d'adresser une autre lettre qui interpréterait le peu de mots qu'on avait remarqué produire une impression différente de l'intention dans laquelle ils ont été écrits ; que c'était faire honneur aux chasseurs, et leur donnner des marques de confiance, que de découvrir les sujets qui auraient pu se laisser corrompre.

On a ajourné cette lecture à lundi.

U SOCIÉTÉ DES JACOBINS [29 jany. 1791]

XYII

d'après « LE LENDEMAIN » DU 30 JANVIER 1791

Le fanatisme jacobite s'exalte de plus en plus. L'idée d'un Comité des recherehes que nous avons annoncée hier, pour rassurer les bons citoyens et leur prouver avec quelle sécurité ils doivent dormir désormais sur leurs deux oreilles, a trouvé, dans la séance d'hier aux Jacobins, des coryphées mieux préparés, des enthousiastes mieux endoctrinés. Et, en dépit de M. de Noailles, qu'on avait oublié de mettre dans les intérêts d'une aussi heureuse invention, ce bureau de confiance, d'un genre nouveau et à prix fixe, a pensé s'ouvrir, à compter d'aujourd'hui, contre les aristocrates et tous ceux auquels on donnerait les honneurs de la calomnie.

Mais l'école de M. de Noailles, qui a déclamé trop loyalement contre cette proposition, l'a fait encore échouer. On espère que, dans la première séance, un très sérieux efTort fera reconnaître cet enfant du Directoire '.

En attendant, et pour prendre revanche, les chefs des Jacobins se sont occupés de se créer parmi eux une municipalité, dont l'invention n'est pas moins piquante. — On a demandé qu'un membre de chaque section se retirât dans un comité particulier, pour aviser aux démarches que la Commune de Paris aurait dorénavant à faire, ainsi qu'aux instructions aimables à donner aux sections. — Cette petite municipalité postiche n'a cependant pas pu s'organiser; non pas qu'on manquât de pantins, mais parce que quelques esprits trop méfiants, trop soupçonneux, ont cru que des Amis de la constitution ne pourraient pas ojjposer un fantôme monstrueux d'autorité insidieuse à une municipalité constitutionnelle.

A propos de Jacobins, on ne voit pas quels fruits ils ont pu espérer de tirer d'une nouvelle alerte donnée, dans la soirée de vendredi, par M. Dubois de Crancé sur un prétendu projet d'enlever le roi dans la nuit. 11 aurait bien dû, au moins, faire grâce à la garde nationale dune gaieté (pii a mis tfuis les bataillons sur pied jusqu'à quatre

1. Les journaux routrc-rùvolutiomuiires dcsignnieiit sous ce nom ironique les meneurs îles Jacobins.

[29 j AN V. 1791] SÉANCE DU 29 JANVIER 1791 43

heures du matin. Est-ce pour tenir le peuple en haleine qu'il nous a assaisonné cette dénonciation de tous ces grands mots de contre-révolution, de conspiration, auxquels le peuple lui-même ne croit plus que comme à un moyen de faire vivre, tous les matins, les deux mille aboyeurs de journaux que les factieux ont à leurs ordres? Des chroniqueurs (car il en est aussi contre eux) plus malins que nous, ou peut-être mieux instruits des délibérations du Directoire, prétendent que les chefs de cette Société, au milieu desquels M. Dubois de Crancé peut bien figurer, voyant leur popularité baisser, ont résolu de se ménager une hausse depuis quelques jours, en se donnant l'attitude de sentinelles infatigables.

[Même séance, d'après les Révolutions de France et de Brabant, n° 62, p. 451 et4oi :]

...On a dénoncé aux Jacobins qu'elle (la reine) devait fuir dans la nuit de mardi à mercredi', déguisée en jockey, et tapisser en espalier le derrière d'une chaise de poste, après qu'elle aurait détaché tous les serpents de sa chevelure et les aurait lancés au milieu de la France...

...A la même séance des Jacobins, M. Gourtomer, chef de division 2, a été dénoncé pour neuf bévues, mais lourdes, et de ces impérities que loi appelle criminelles, et égales au dol. hnpentia dolo proxima. T(nites ces bévues ou trahisons tendaient à mettre la garde nationale aux prises avec les citoyens, et à faire ruisseler le sang dans Paris. Le commandant, stupide ou perfide, a prévenu la vindicte publique en donnant sa démission de chef de division.

[Gamille Desmoulins, dans le même numéro, p. 482, revient encore sur celle séance.]

M. Dubois de Crancé a dénoncé aux Jacobins, comme un fait constant et indubitable, les préparatifs de la fuite du roi. Sur sa dénonciation, la Société a nommé deux de ses membres pour se transporter à Versailles. A leur arrivée, la Société affiliée des Amis de la constitution de Versailles s'est assemblée extraordinairement. Tandis que l'un de nos deux députés restait à recueillir une foule de dénonciations confirmatives de celles de M. Dubois de Crancé, l'autre, accom-

1. Il est sans doutu question do la nuit du mardi 2a au mcrcrL'di 26 janvier

noi.

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